Le cours
Résumé en cinq points
- Un produit scalaire est une forme bilinéaire symétrique définie positive. La norme associée est .
- Cauchy-Schwarz dit , avec égalité exactement pour les familles liées. La preuve passe par le discriminant du trinôme .
- Une famille orthogonale sans vecteur nul est libre. Pythagore relie orthogonalité et addition des carrés des normes.
- Dans une base orthonormée, les coordonnées sont des produits scalaires, , et la matrice de passage vers une autre base orthonormée vérifie .
- Tout sous-espace d'un espace euclidien admet un supplémentaire orthogonal , de dimension , et toute famille orthonormale se complète en base orthonormée.
Pourquoi ce chapitre
Le produit scalaire ajoute à la structure d'espace vectoriel deux notions géométriques : la longueur et l'angle droit. Cela permet de mesurer, de comparer, de projeter. En ECG, ce chapitre sert trois usages.
- L'algèbre bilinéaire pure, avec les bases orthonormées et le supplémentaire orthogonal.
- L'optimisation : est muni de sa structure euclidienne canonique quand on étudie les fonctions de variables, et le gradient s'écrit avec un produit scalaire.
- Les statistiques descriptives bivariées, où la covariance joue le rôle d'un produit scalaire et le coefficient de corrélation celui d'un cosinus.
L'inégalité de Cauchy-Schwarz est l'un des rares résultats du programme dont la démonstration tombe régulièrement en khôlle.
1Produit scalaire
1.1Définition
Définition 1.1Produit scalaire
Soit un espace vectoriel réel. Un produit scalaire sur est une application qui à tout couple de vecteurs de associe un réel, noté , et qui vérifie quatre propriétés :
- bilinéarité : l'application est linéaire par rapport à la première variable quand la seconde est fixée, et linéaire par rapport à la seconde quand la première est fixée ;
- symétrie : pour tous et ;
- positivité : pour tout ;
- caractère défini : si , alors .
On résume en disant qu'un produit scalaire est une forme bilinéaire symétrique définie positive. Grâce à la symétrie, il suffit de vérifier la linéarité par rapport à une seule variable.
1.2Exemples à connaître
Exemple 1.2Produit scalaire canonique sur
Pour et : C'est celui qui est sous-entendu quand on parle de la structure euclidienne canonique de .
Exemple 1.3Version matricielle
Sur , l'application est un produit scalaire. C'est le même que le précédent, écrit en colonnes.
Exemple 1.4Produit scalaire à poids
Sur , l'application est un produit scalaire. Plus généralement, on peut affecter à chaque coordonnée un coefficient strictement positif. Si l'un des coefficients est nul ou négatif, le caractère défini positif tombe.
Exemple 1.5Produit scalaire intégral
Sur l'espace des polynômes de degré au plus , l'application est un produit scalaire. La bilinéarité et la symétrie sont claires. La positivité vient de la positivité de l'intégrale. Pour le caractère défini, si avec continue et positive, alors est nulle sur , donc a une infinité de racines, donc est le polynôme nul.
Exemple 1.6Un exemple qui n'en est pas un
Sur , l'application est bilinéaire, symétrique et positive, mais pas définie : le vecteur est non nul et donne .
1.3Norme associée
Définition 1.7Norme associée
La norme associée au produit scalaire est . Un vecteur de norme 1 est dit unitaire, ou normé.
Propriété 1.8Propriétés de la norme
Pour tous vecteurs et et tout réel :
- , avec si et seulement si ;
- ;
- (inégalité triangulaire).
Si est non nul, le vecteur est unitaire. C'est l'opération de normalisation.
1.4Identités de développement
Propriété 1.9Développement de la norme
Par bilinéarité et symétrie, pour tous vecteurs et :
Propriété 1.10Identité de polarisation
Pour tous vecteurs et :
La norme détermine entièrement le produit scalaire.
2Inégalité de Cauchy-Schwarz
2.1Énoncé
Théorème 2.1Inégalité de Cauchy-Schwarz
Pour tous vecteurs et d'un espace vectoriel réel muni d'un produit scalaire : Il y a égalité si et seulement si la famille est liée, c'est-à-dire si l'un des deux vecteurs est un multiple de l'autre.
2.2Démonstration
Démonstration
Si , les deux membres sont nuls et la famille est liée : l'égalité a lieu. Supposons non nul. Pour tout réel , posons . En développant, C'est un trinôme du second degré en , de coefficient dominant strictement positif. Comme est un carré de norme, pour tout . Un trinôme de signe constant positif a un discriminant négatif ou nul. Donc ce qui donne , puis l'inégalité annoncée en prenant les racines carrées.
Cas d'égalité. Il y a égalité si et seulement si le discriminant est nul, donc si et seulement si le trinôme admet une racine double . Alors , donc , et la famille est liée. Réciproquement, si , un calcul direct donne .
2.3Conséquence et usages
L'inégalité triangulaire s'en déduit. On développe , on majore par , et on reconnaît le carré de .
Exemple 2.2Application numérique classique
Avec le produit scalaire canonique sur , en prenant , on obtient Cette majoration sert souvent en probabilités et en statistiques.
En statistique bivariée, l'inégalité de Cauchy-Schwarz appliquée à la covariance donne la majoration du coefficient de corrélation linéaire par 1 en valeur absolue.
3Orthogonalité
3.1Vecteurs et sous-espaces orthogonaux
Définition 3.1Orthogonalité
Deux vecteurs et sont orthogonaux lorsque . On note parfois . Deux sous-espaces vectoriels et sont orthogonaux lorsque tout vecteur de est orthogonal à tout vecteur de .
Le vecteur nul est orthogonal à tous les vecteurs, et c'est le seul vecteur orthogonal à lui-même. Pour vérifier que et sont orthogonaux, il suffit, par bilinéarité, de le faire sur une famille génératrice de et une famille génératrice de .
3.2Familles orthogonales et orthonormales
Définition 3.2Familles orthogonales et orthonormales
Le programme ne considère que des familles finies. Une famille est orthogonale lorsque dès que . Elle est orthonormale, ou orthonormée, lorsqu'en plus chaque vecteur est unitaire :
Théorème 3.3Liberté d'une famille orthogonale
Hypothèses
- est une famille orthogonale ;
- elle ne contient pas le vecteur nul.
Alors cette famille est libre. En particulier, toute famille orthonormale est libre.
Démonstration
Supposons . Prenons le produit scalaire avec . Par bilinéarité, tous les termes d'indice différent de s'annulent, et il reste . Comme est non nul, , donc . Ceci vaut pour tout .
3.3Théorème de Pythagore
Théorème 3.4Théorème de Pythagore
Si et sont orthogonaux, alors .
La réciproque est vraie dans un espace réel : si , alors .
Cela se lit directement sur le développement de la norme.
Propriété 3.5Pythagore pour vecteurs
Si est une famille orthogonale, alors On développe la somme double et tous les termes croisés sont nuls.
4Espaces euclidiens
4.1Définition
Définition 4.1Espace euclidien
Un espace euclidien est un espace vectoriel réel de dimension finie, muni d'un produit scalaire. On note en général sa dimension.
4.2Existence de bases orthonormées
Théorème 4.2Existence de bases orthonormées
Tout espace euclidien admet au moins une base orthonormée.
On peut construire une telle base à partir d'une base quelconque par le procédé d'orthonormalisation de Schmidt, qui consiste à retrancher à chaque nouveau vecteur ses composantes sur les précédents, puis à normaliser. Le programme précise que ce procédé peut être présenté sur des exemples en petite dimension, mais qu'il n'est pas exigible.
4.3Coordonnées dans une base orthonormée
Propriété 4.3Coordonnées et norme
Hypothèse
- est une base orthonormée de .
Alors, pour tout vecteur : Par le théorème de Pythagore appliqué à la famille orthogonale des :
Démonstration
Comme la famille est une base, s'écrit . En prenant le produit scalaire avec , tous les termes s'annulent sauf le -ième, et il reste .
Dans une base orthonormée, les coordonnées se lisent par un simple produit scalaire, sans résoudre de système.
4.4Expression matricielle
Propriété 4.4Expression matricielle
Hypothèses
- est une base orthonormée de ;
- et sont les colonnes des coordonnées de et dans .
Alors
Attention
Ces formules sont fausses dans une base quelconque. Elles caractérisent même les bases orthonormées.
4.5Changement de bases orthonormées
Propriété 4.5Matrice de passage orthogonale
Hypothèses
- et sont deux bases orthonormées de ;
- est la matrice de passage de à .
Alors . Une telle matrice est dite orthogonale.
Le programme précise qu'aucune autre connaissance sur les matrices orthogonales n'est exigible.
Idée de la justification. Le coefficient d'indice de est le produit scalaire des colonnes et de . C'est le produit scalaire des vecteurs numéro et numéro de , calculé dans la base orthonormée . Ce produit vaut 1 si et 0 sinon. Donc .
Pour inverser une matrice de passage entre bases orthonormées, il suffit de transposer. C'est un gain de temps en réduction des matrices symétriques.
4.6Supplémentaire orthogonal
Définition 4.6Orthogonal d'un sous-espace
Soit un sous-espace vectoriel d'un espace euclidien . L'orthogonal de , noté , est l'ensemble des vecteurs de orthogonaux à tous les vecteurs de .
C'est un sous-espace vectoriel de , par bilinéarité du produit scalaire. De plus , car un vecteur des deux vérifie , donc .
Théorème 4.7Supplémentaire orthogonal
Hypothèses
- est un espace euclidien ;
- est un sous-espace vectoriel de .
Alors . On dit que est le supplémentaire orthogonal de . On en déduit
Idée de la preuve. Soit une base orthonormée de . Pour dans , posons . Ce vecteur appartient à . Pour chaque , un calcul direct donne . Donc est orthogonal à tous les , donc à tout entier. On a écrit avec dans et dans . La somme est donc , et elle est directe d'après l'intersection nulle. Le vecteur est la projection orthogonale de sur , notion étudiée au quatrième semestre.
Pour déterminer , on écrit une famille génératrice de , puis on traduit l'orthogonalité à chacun de ses vecteurs. On obtient un système linéaire homogène dont est l'ensemble des solutions.
4.7Complétion d'une famille orthonormée
Théorème 4.8Complétion en base orthonormée
Toute famille orthonormale d'un espace euclidien peut être complétée en une base orthonormée de cet espace.
C'est une version orthonormée du théorème de la base incomplète. On peut l'obtenir en prenant une base orthonormée de l'orthogonal du sous-espace engendré par la famille de départ, puis en concaténant.
Méthodes
MéthodeVérifier qu'une application est un produit scalaire
- Traiter la symétrie en premier, elle est en général immédiate.
- Prouver la linéarité par rapport à la première variable.
- Écrire et montrer que c'est une somme ou une intégrale de termes positifs, nulle seulement si .
Ce dernier point est le plus souvent piégé.
MéthodeDémontrer une inégalité numérique
- Reconnaître un produit scalaire.
- Choisir les deux vecteurs.
- Appliquer Cauchy-Schwarz.
Le choix du vecteur constant est le plus fréquent.
MéthodeConstruire une base orthonormée
- Partir d'une base, en petite dimension.
- Rendre le deuxième vecteur orthogonal au premier en lui retranchant sa composante.
- Normaliser chaque vecteur.
MéthodeDéterminer un supplémentaire orthogonal
- Écrire les conditions d'orthogonalité aux générateurs de .
- Résoudre le système.
- Vérifier la dimension obtenue avec la formule .
MéthodeCalculer dans une base orthonormée
Utiliser systématiquement Cela évite tout système linéaire.
Ce qu'il faut savoir refaire en khôlle
- Donner la définition complète d'un produit scalaire et vérifier les axiomes sur un exemple à poids ou sur un exemple intégral.
- Démontrer l'inégalité de Cauchy-Schwarz par la méthode du trinôme, et traiter le cas d'égalité.
- En déduire l'inégalité triangulaire.
- Démontrer qu'une famille orthogonale sans vecteur nul est libre.
- Énoncer et démontrer le théorème de Pythagore, avec sa réciproque dans le cas réel, et sa version pour vecteurs.
- Démontrer que dans une base orthonormée les coordonnées sont les , et en déduire l'expression de la norme.
- Justifier que la matrice de passage entre deux bases orthonormées vérifie .
- Déterminer pour un plan ou une droite de , et vérifier la formule des dimensions.
Méthodes et exercices
Les résultats à connaître
- Un produit scalaire est une forme bilinéaire symétrique définie positive. Grâce à la symétrie, la linéarité par rapport à une seule variable suffit. Exigible.
- Produit scalaire canonique sur Rⁿ, Σ xi yi, et sa version en colonnes ᵗXY. Exigibles, ainsi que les exemples à poids et l'exemple intégral ∫₀¹ P(t)Q(t) dt sur Rn[x].
- Norme associée, ||x|| = √⟨x, x⟩, avec ||λx|| = |λ| ||x|| et ||x|| = 0 si et seulement si x = 0. Exigible.
- Identités de développement, ||x + y||² = ||x||² + 2⟨x, y⟩ + ||y||², et polarisation ⟨x, y⟩ = (||x + y||² − ||x||² − ||y||²)/2. Exigibles, par bilinéarité.
- Inégalité de Cauchy-Schwarz, |⟨x, y⟩| ≤ ||x|| ||y||, avec égalité si et seulement si (x, y) est liée. Exigible avec démonstration, par le trinôme t ↦ ||x + ty||².
- Inégalité triangulaire, ||x + y|| ≤ ||x|| + ||y||. Exigible avec démonstration à partir de Cauchy-Schwarz.
- Toute famille orthogonale ne contenant pas le vecteur nul est libre. Exigible avec démonstration, produit scalaire d'une combinaison nulle avec chaque vecteur.
- Théorème de Pythagore, x ⊥ y si et seulement si ||x + y||² = ||x||² + ||y||², et sa version pour une famille orthogonale finie. Exigible.
- Tout espace euclidien admet une base orthonormée. Exigible comme énoncé. L'orthonormalisation de Schmidt n'est pas exigible, mais sa pratique en dimension 2 ou 3 est attendue.
- Dans une base orthonormée (ei), x = Σ ⟨x, ei⟩ ei et ||x||² = Σ ⟨x, ei⟩². Exigible avec démonstration.
- En base orthonormée, ⟨x, y⟩ = ᵗXY et ||x||² = ᵗXX. Exigible, faux dans une base quelconque.
- La matrice de passage entre deux bases orthonormées vérifie P⁻¹ = ᵗP. Exigible avec justification, ᵗPP = I car les colonnes sont orthonormées. Aucune autre connaissance sur les matrices orthogonales n'est au programme.
- Supplémentaire orthogonal, F⊥ est un sous-espace, E = F ⊕ F⊥, dim F⊥ = dim E − dim F, (F⊥)⊥ = F. Exigibles, la démonstration de E = F ⊕ F⊥ passe par une base orthonormée de F.
- Toute famille orthonormée se complète en une base orthonormée. Exigible comme énoncé.
- Hors programme, à signaler si un exercice les demande, la matrice de Gram, le groupe orthogonal, les espaces préhilbertiens de dimension infinie, et la projection orthogonale comme théorie avant le quatrième semestre.
Clés de démonstration
Cauchy-Schwarz. Si y = 0 tout est nul. Sinon φ(t) = ||x + ty||² = ||y||² t² + 2⟨x, y⟩ t + ||x||² est un trinôme positif ou nul pour tout t, de coefficient dominant strictement positif, donc de discriminant négatif ou nul, ce qui donne ⟨x, y⟩² ≤ ||x||² ||y||². Égalité si et seulement si discriminant nul, si et seulement si φ a une racine t₀, si et seulement si x + t₀y = 0. Astuce, un trinôme de signe constant a un discriminant de signe connu.
Inégalité triangulaire. ||x + y||² = ||x||² + 2⟨x, y⟩ + ||y||² ≤ ||x||² + 2||x|| ||y|| + ||y||² = (||x|| + ||y||)². Astuce, majorer le double produit puis reconnaître un carré.
Famille orthogonale libre. Si Σ ai ui = 0, le produit scalaire avec uj donne aj ||uj||² = 0, et ||uj|| ≠ 0, donc aj = 0. Astuce, le produit scalaire isole un coefficient à la fois.
Coordonnées en base orthonormée. Si x = Σ ai ei, le produit scalaire avec ej donne ⟨x, ej⟩ = aj. La norme suit par Pythagore. Astuce, la même idée que pour la liberté, appliquée à une décomposition au lieu d'une relation nulle.
P⁻¹ = ᵗP. Le coefficient (i, j) de ᵗPP est le produit scalaire des colonnes i et j de P, c'est-à-dire ⟨e'_i, e'_j⟩ calculé dans la base orthonormée B. Cela vaut 1 si i = j et 0 sinon. Astuce, ᵗPP = I suffit, car une matrice carrée inversible à gauche l'est à droite.
E = F ⊕ F⊥. On prend une base orthonormée (u₁, …, up) de F, on pose y = Σ ⟨x, ui⟩ ui, alors x − y est orthogonal à chaque ui donc à F. On a x = y + (x − y). L'intersection est nulle car ⟨x, x⟩ = 0 impose x = 0. Astuce, la construction de y est celle de la projection orthogonale, sans le nom.
Exemples et contre-exemples à connaître
- Sur R², (x, y) ↦ x₁y₁ est bilinéaire, symétrique, positive, mais pas définie, car (0, 1) est non nul de carré scalaire nul. Ce n'est pas un produit scalaire.
- Sur R², (x, y) ↦ x₁y₁ − x₂y₂ est bilinéaire symétrique mais pas positive, (0, 1) donne −1. La positivité se vérifie, elle ne se devine pas.
- Sur R², ⟨x, y⟩ = 2x₁y₁ + 3x₂y₂ est un produit scalaire, alors que 2x₁y₁ + 0x₂y₂ n'en est pas un. Les poids doivent être strictement positifs.
- Sur Rn[x], ⟨P, Q⟩ = ∫₀¹ P(t)Q(t) dt est un produit scalaire, et le caractère défini repose sur le fait qu'un polynôme nul sur [0, 1] a une infinité de racines. Sur l'espace des fonctions continues, le même argument utilise la continuité.
- Sur Mn(R), ⟨A, B⟩ = Tr(ᵗAB) = Σ ai,j bi,j est le produit scalaire canonique lu sur les coefficients. C'est l'exemple qui relie trace et algèbre bilinéaire.
- (x₁ + … + xn)² ≤ n(x₁² + … + x_n²), Cauchy-Schwarz avec le vecteur (1, …, 1). Égalité si et seulement si tous les xi sont égaux.
- Dans R³, la base ((1, 1, 0), (1, −1, 0), (0, 0, 1)) est orthogonale mais pas orthonormée. Il faut diviser les deux premiers vecteurs par √2.
- Dans une base non orthonormée, ⟨x, y⟩ ≠ ᵗXY en général. Avec la base ((1, 0), (1, 1)) de R², le vecteur (1, 1) a pour coordonnées (0, 1) et sa norme vaut √2, pas 1.
- L'orthogonal d'un plan de R³ d'équation ax + by + cz = 0 est la droite Vect((a, b, c)). L'équation donne directement le vecteur normal.
- Une famille orthogonale peut contenir le vecteur nul et n'est alors pas libre. La condition « sans vecteur nul » du théorème n'est pas décorative.
Techniques du chapitre
Vérifier un produit scalaire. Mini-exercice, sur R², ⟨x, y⟩ = x₁y₁ + x₁y₂ + x₂y₁ + 3x₂y₂. Symétrie et bilinéarité sont claires. ⟨x, x⟩ = x₁² + 2x₁x₂ + 3x₂² = (x₁ + x₂)² + 2x₂², somme de carrés, nulle seulement si x₂ = 0 puis x₁ = 0. C'est un produit scalaire. L'astuce est la forme canonique.
Appliquer Cauchy-Schwarz. Mini-exercice, pour x₁, …, xn strictement positifs, montrer (Σ xi)(Σ 1/xi) ≥ n². On prend u = (√xi) et v = (1/√xi), alors ⟨u, v⟩ = n et ||u||² ||v||² = (Σ xi)(Σ 1/xi). Cauchy-Schwarz donne n² ≤ (Σ xi)(Σ 1/xi).
Orthonormaliser en dimension 2. Mini-exercice, à partir de u₁ = (1, 1) et u₂ = (1, 0) dans R². On pose e₁ = u₁/√2. Puis v₂ = u₂ − ⟨u₂, e₁⟩ e₁ = (1, 0) − (1/2)(1, 1) = (1/2, −1/2), puis e₂ = v₂/||v₂|| = (1, −1)/√2. On vérifie ⟨e₁, e₂⟩ = 0.
Déterminer un orthogonal. Mini-exercice, F = Vect((1, 1, 1), (1, 0, −1)) dans R³. Un vecteur (x, y, z) est dans F⊥ si et seulement si x + y + z = 0 et x − z = 0, donc z = x et y = −2x. F⊥ = Vect((1, −2, 1)), de dimension 3 − 2 = 1, ce qui recoupe la formule.
Coordonnées sans système. Mini-exercice, dans la base orthonormée e₁ = (1, 1)/√2, e₂ = (1, −1)/√2 de R², le vecteur x = (3, 1) a pour coordonnées ⟨x, e₁⟩ = 4/√2 = 2√2 et ⟨x, e₂⟩ = 2/√2 = √2. Contrôle, 8 + 2 = 10 = ||x||².
Utiliser P⁻¹ = ᵗP. Mini-exercice, la matrice P de colonnes e₁ et e₂ ci-dessus, de lignes (1/√2, 1/√2) et (1/√2, −1/√2), vérifie ᵗPP = I. Son inverse est sa transposée, ici égale à elle-même. Aucun pivot à faire.
Compléter une famille orthonormée. Mini-exercice, compléter (e₁) = ((1, 2, 2)/3) en base orthonormée de R³. On cherche l'orthogonal, x + 2y + 2z = 0, de base ((2, −1, 0), (2, 0, −1)) qu'on orthonormalise, e₂ = (2, −1, 0)/√5, puis v₃ = (2, 0, −1) − (4/5)(2, −1, 0) = (2/5, 4/5, −1), de norme √(4/25 + 16/25 + 1) = √(45/25) = 3/√5, d'où e₃ = (2, 4, −5)/(3√5).
Exercices classiques corrigés
Choisis ton niveau. Difficulté indicative ; les exercices qui se suivent restent dans l'ordre.
Exercice 1. Produit scalaire intégral
Classiques de khôlle et concours · Niveau khôlle
Sur R2[x], on pose ⟨P, Q⟩ = ∫₀¹ P(t)Q(t) dt. (a) Montrer que c'est un produit scalaire. (b) Calculer ⟨1, x⟩, ||1|| et ||x||. (c) Déterminer un polynôme de degré 1 orthogonal à 1.
Technique axiomes, intégrale d'une fonction continue positive nulle.
Voir le corrigé
- (a) Symétrie et bilinéarité viennent de la linéarité de l'intégrale. Positivité, ∫₀¹ P(t)² dt ≥ 0. Caractère défini, si ∫₀¹ P² = 0 avec P² continue et positive, alors P² est nulle sur [0, 1], donc P a une infinité de racines, donc P = 0. 2. (b) ⟨1, x⟩ = ∫₀¹ t dt = 1/2, ||1||² = 1, ||x||² = ∫₀¹ t² dt = 1/3. 3. (c) On cherche x − a avec ⟨1, x − a⟩ = 1/2 − a = 0, donc x − 1/2. C'est le premier pas de Schmidt.
piège : Dans le caractère défini, oublier la continuité de P², qui est exactement ce qui permet de passer d'une intégrale nulle à une fonction nulle.
Exercice 2. Cas d'égalité de Cauchy-Schwarz
Classiques de khôlle et concours · Niveau khôlle
Soient a₁, …, an des réels avec Σ ai = n. Montrer que Σ a_i² ≥ n et déterminer le cas d'égalité.
Technique Cauchy-Schwarz avec le vecteur (1, …, 1), égalité si et seulement si famille liée.
Voir le corrigé
- Avec x = (ai) et y = (1, …, 1), ⟨x, y⟩ = Σ ai = n, ||y||² = n. 2. Cauchy-Schwarz, n² ≤ n Σ a_i², donc Σ a_i² ≥ n. 3. Égalité si et seulement si x et y sont liés, c'est-à-dire x = ty, tous les ai égaux à t, et Σ ai = n impose t = 1. Égalité si et seulement si tous les ai valent 1.
piège : Écrire le cas d'égalité comme « x = y » au lieu de « x et y colinéaires », puis oublier de déterminer le coefficient.
Exercice 3. Pythagore et réciproque
Classiques de khôlle et concours · Niveau khôlle
Dans un espace euclidien, montrer que ||x + y|| = ||x − y|| si et seulement si x ⊥ y. Interpréter géométriquement.
Technique développer les deux carrés et soustraire.
Voir le corrigé
- ||x + y||² − ||x − y||² = 4⟨x, y⟩ par les identités de développement. 2. Les normes sont positives, donc ||x + y|| = ||x − y|| équivaut à ||x + y||² = ||x − y||², équivaut à ⟨x, y⟩ = 0. 3. Interprétation, un parallélogramme a ses diagonales de même longueur si et seulement si c'est un rectangle.
piège : Passer des normes aux carrés sans dire que les normes sont positives, l'équivalence en dépend.
Exercice 4. Propriétés de l'orthogonal
Classiques de khôlle et concours · Niveau khôlle
Soient F et G deux sous-espaces d'un espace euclidien E. (a) Montrer que si F ⊂ G alors G⊥ ⊂ F⊥. (b) Montrer que (F + G)⊥ = F⊥ ∩ G⊥. (c) Montrer que (F⊥)⊥ = F.
Technique revenir à la définition, puis dimension pour (c).
Voir le corrigé
- (a) Si x est orthogonal à tout G, il est orthogonal à tout F puisque F ⊂ G. 2. (b) Si x ⊥ F + G, alors x ⊥ F et x ⊥ G car F et G sont inclus dans F + G. Réciproquement si x ⊥ F et x ⊥ G, pour f + g dans F + G, ⟨x, f + g⟩ = 0 + 0. 3. (c) Tout x de F est orthogonal à tout F⊥ par définition, donc F ⊂ (F⊥)⊥. Les dimensions valent dim F et dim E − (dim E − dim F) = dim F. Inclusion et égalité des dimensions donnent l'égalité.
piège : Prouver (c) par double inclusion alors que l'inclusion réciproque n'est pas directe, il faut la dimension.
Exercice 5. Orthonormalisation dans R2[x]
Classiques de khôlle et concours · Niveau khôlle
Sur R2[x] muni de ⟨P, Q⟩ = ∫−11 P(t)Q(t) dt, construire une base orthonormée à partir de (1, x, x²).
Technique Schmidt, en utilisant la parité pour annuler des intégrales.
Voir le corrigé
- ||1||² = 2, e₀ = 1/√2. 2. ⟨x, 1⟩ = 0 par imparité, donc x est déjà orthogonal à e₀. ||x||² = 2/3, e₁ = x √(3/2). 3. ⟨x², e₁⟩ = 0 par imparité, ⟨x², e₀⟩ = (1/√2)(2/3) = √2/3. On pose v₂ = x² − (√2/3) e₀ = x² − 1/3. ||v₂||² = ∫−11 (t² − 1/3)² dt = 2/5 − 4/9 + 2/9 = 8/45. e₂ = (x² − 1/3) √(45/8). 4. Signalement, ce sont, à normalisation près, les trois premiers polynômes de Legendre, un nom qu'un sujet donne mais qui n'est pas au programme.
piège : Oublier de retrancher la composante sur e₀ pour x², en croyant que ⟨x², 1⟩ est nul comme ⟨x, 1⟩. Une fonction paire n'a pas d'intégrale nulle.
Exercice 6. Colonnes orthonormées et P⁻¹ = ᵗP
Classiques de khôlle et concours · Niveau khôlle
Soit P une matrice carrée d'ordre n. Montrer que ᵗPP = In si et seulement si les colonnes de P forment une base orthonormée de Mn,1(R) pour le produit scalaire canonique. Montrer qu'alors les lignes de P sont aussi orthonormées.
Technique coefficient (i, j) de ᵗPP, puis inverse à gauche et à droite.
Voir le corrigé
- Le coefficient (i, j) de ᵗPP est ᵗC_i Cj où Ci est la colonne i. ᵗPP = I signifie donc ⟨Ci, Cj⟩ = 0 si i ≠ j et 1 si i = j, ce qui est l'orthonormalité. Une famille orthonormée de n vecteurs en dimension n est une base. 2. Si ᵗPP = I, P est inversible d'inverse ᵗP, donc aussi PᵗP = I. Le coefficient (i, j) de PᵗP est le produit scalaire des lignes i et j, d'où l'orthonormalité des lignes.
piège : Oublier qu'une inverse à gauche d'une matrice carrée est aussi inverse à droite, ce qui est nécessaire pour passer aux lignes.
Exercice 7. Orthogonal d'un plan et décomposition
Classiques de khôlle et concours · Niveau écrit Ecricome
Dans R³ euclidien canonique, soit F le plan d'équation x − y + 2z = 0. (a) Déterminer F⊥. (b) Décomposer le vecteur u = (1, 2, 3) en u = f + g avec f dans F et g dans F⊥. (c) Calculer ||f|| et vérifier Pythagore.
Technique vecteur normal, puis g = ⟨u, n⟩ n / ||n||².
Voir le corrigé
- (a) F⊥ = Vect(n) avec n = (1, −1, 2), car F est l'ensemble des vecteurs orthogonaux à n et (F⊥)⊥ = F. 2. (b) g est colinéaire à n, g = t n, et u − g doit être dans F, soit ⟨u − tn, n⟩ = 0, donc t = ⟨u, n⟩/||n||² = (1 − 2 + 6)/6 = 5/6. g = (5/6, −5/6, 5/3) et f = u − g = (1/6, 17/6, 4/3). On vérifie 1/6 − 17/6 + 8/3 = 0. 3. (c) ||g||² = 25/36 × 6 = 25/6, ||u||² = 14, donc ||f||² = 14 − 25/6 = 59/6 par Pythagore, ce que confirme le calcul direct (1 + 289 + 64)/36 = 354/36 = 59/6.
piège : Prendre f = tn au lieu de g = tn, en confondant le plan et sa normale.
Exercice 8. Cauchy-Schwarz et intégrales
Classiques de khôlle et concours · Niveau écrit Ecricome
Soit f continue et strictement positive sur [0, 1]. Montrer que ∫₀¹ f(t) dt × ∫₀¹ 1/f(t) dt ≥ 1.
Technique produit scalaire intégral avec √f et 1/√f.
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- Sur l'espace des fonctions continues sur [0, 1], ⟨u, v⟩ = ∫₀¹ uv est un produit scalaire, la vérification est celle de l'exercice 1 avec la continuité à la place de l'argument sur les racines. 2. On pose u = √f et v = 1/√f, continues car f est continue et strictement positive. ⟨u, v⟩ = ∫₀¹ 1 = 1, ||u||² = ∫ f, ||v||² = ∫ 1/f. 3. Cauchy-Schwarz donne 1 ≤ ∫ f × ∫ 1/f. Égalité si et seulement si √f et 1/√f sont colinéaires, donc f constante.
piège : Appliquer Cauchy-Schwarz à f et 1/f directement, ce qui majore (∫ 1)² par ∫ f² ∫ 1/f², un résultat vrai mais qui n'est pas celui demandé.
Exercice 9. Produit scalaire sur Mn(R) et trace
Classiques de khôlle et concours · Niveau écrit BCE, type EDHEC
Sur Mn(R), on pose ⟨A, B⟩ = Tr(ᵗAB). (a) Montrer que c'est un produit scalaire. (b) Montrer que Sn(R) et An(R), matrices symétriques et antisymétriques, sont orthogonaux. (c) En déduire que An(R) est le supplémentaire orthogonal de Sn(R), et retrouver dim An(R).
Technique Tr(ᵗAB) = Σ ai,j bi,j, puis Tr(XY) = Tr(YX) pour la transposition.
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- (a) Le coefficient (j, j) de ᵗAB est Σi ai,j bi,j, donc Tr(ᵗAB) = Σi,j ai,j bi,j. C'est le produit scalaire canonique sur les n² coefficients, bilinéaire, symétrique, défini positif. 2. (b) Soient S symétrique et K antisymétrique. ⟨S, K⟩ = Tr(ᵗSK) = Tr(SK). Par transposition, Tr(SK) = Tr(ᵗ(SK)) = Tr(ᵗKᵗS) = Tr(−KS) = −Tr(KS) = −Tr(SK) en utilisant Tr(KS) = Tr(SK). Donc Tr(SK) = 0. 3. (c) An(R) ⊂ Sn(R)⊥, et dim Sn(R)⊥ = n² − n(n + 1)/2 = n(n − 1)/2. Or Mn(R) = Sn ⊕ An donne dim An = n(n − 1)/2. Inclusion et égalité des dimensions, An(R) = Sn(R)⊥.
piège : Dans (b), oublier que la trace est invariante par transposition, Tr(ᵗM) = Tr(M), ce qui est le pivot du calcul.
Exercice 10. Coefficient de corrélation
Classiques de khôlle et concours · Niveau écrit BCE, type emlyon
Soient x = (x₁, …, xn) et y = (y₁, …, yn) deux séries statistiques de moyennes x̄ et ȳ, et de variances non nulles. On pose cov(x, y) = (1/n) Σ (xi − x̄)(yi − ȳ) et r = cov(x, y)/(σx σy). Montrer que |r| ≤ 1, et caractériser |r| = 1.
Technique vecteurs centrés et produit scalaire canonique.
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- On pose X = (xi − x̄) et Y = (yi − ȳ), vecteurs de Rⁿ. Alors cov(x, y) = ⟨X, Y⟩/n, σ_x² = ||X||²/n, σ_y² = ||Y||²/n. 2. r = ⟨X, Y⟩/(||X|| ||Y||), et Cauchy-Schwarz donne |r| ≤ 1. Les normes sont non nulles par hypothèse sur les variances. 3. |r| = 1 si et seulement si X et Y sont colinéaires, Y = aX avec a ≠ 0, c'est-à-dire yi − ȳ = a(xi − x̄) pour tout i. Les points (xi, yi) sont alignés sur une droite de pente a, de signe celui de r.
piège : Oublier de centrer les séries avant d'appliquer Cauchy-Schwarz, ce qui majore un autre quotient.
Exercice 11. Distance à un sous-espace
Classiques de khôlle et concours · Niveau écrit HEC ou ESSEC
Soit F un sous-espace d'un espace euclidien E et x un vecteur de E, décomposé en x = y + z avec y dans F et z dans F⊥. Montrer que pour tout f dans F, ||x − f|| ≥ ||x − y||, avec égalité si et seulement si f = y. En déduire la valeur minimale de ∫₀¹ (t² − at − b)² dt lorsque a et b décrivent R.
Technique Pythagore avec x − f = (x − y) + (y − f), puis traduction sur R2[x].
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- x − f = z + (y − f) avec z dans F⊥ et y − f dans F. Pythagore donne ||x − f||² = ||z||² + ||y − f||² ≥ ||z||² = ||x − y||², égalité si et seulement si y − f = 0. 2. Sur R2[x] muni du produit scalaire intégral sur [0, 1], la quantité à minimiser est ||x² − (ax + b)||² avec ax + b décrivant F = R1[x]. Le minimum est atteint pour y égal à la composante de x² dans F. 3. On cherche y = ax + b avec x² − y orthogonal à 1 et à x. ⟨x² − ax − b, 1⟩ = 1/3 − a/2 − b = 0 et ⟨x² − ax − b, x⟩ = 1/4 − a/3 − b/2 = 0. On résout, a = 1, b = −1/6. 4. Le minimum vaut ||x² − x + 1/6||² = ∫₀¹ (t² − t + 1/6)² dt = 1/180. Signalement, c'est la projection orthogonale, étudiée au quatrième semestre, mais tout ici découle de E = F ⊕ F⊥ et de Pythagore, au programme du troisième.
piège : Chercher le minimum par dérivation partielle en a et b sans reconnaître la structure euclidienne, ce qui marche mais coûte deux fois plus de calculs.
Erreurs fréquentes
- Vérifier la bilinéarité et la symétrie, puis oublier le caractère défini, qui est l'axiome le plus souvent piégé.
- Écrire le cas d'égalité de Cauchy-Schwarz comme x = y au lieu de x et y colinéaires.
- Utiliser ⟨x, y⟩ = ᵗXY ou x = Σ ⟨x, ei⟩ ei dans une base qui n'est pas orthonormée.
- Oublier de normaliser après avoir orthogonalisé, ou normaliser avant d'avoir retranché les composantes.
- Confondre F⊥ avec un supplémentaire quelconque de F, ou affirmer (F⊥)⊥ = F par double inclusion sans l'argument de dimension.
Fiche de cours rédigée à partir du programme officiel d'ECG deuxième année, mathématiques approfondies (2021), enseignement du troisième semestre, partie I « Algèbre linéaire et bilinéaire », paragraphe « Algèbre bilinéaire ». Tous les espaces vectoriels sont réels. On identifie et . Les endomorphismes symétriques et la projection orthogonale sont traités au quatrième semestre.