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ECG1 · Maths appliquées · semaine 2

Ensembles et applications

Ensemble, élément, appartenance, parties d'un ensemble, réunion, intersection, complémentaire et produit cartésien. Applications, composition, injection, surjection, bijection et application réciproque. Tout exposé théorique est exclu, le vocabulaire est mis en place au fil du semestre.

Sommaire

Le cours

Résumé en cinq points

  1. Une égalité d'ensembles se démontre par double inclusion, une inclusion se démontre en partant d'un élément quelconque.
  2. Réunion, intersection et complémentaire traduisent « ou », « et » et « non ». Le complémentaire échange réunion et intersection.
  3. P(E)\mathcal{P}(E) est l'ensemble des parties de EE, il a 2n2^n éléments quand EE en a nn, et c'est l'ensemble des événements en probabilités.
  4. Injective signifie au plus un antécédent, surjective au moins un, bijective exactement un. Ces propriétés dépendent des ensembles de départ et d'arrivée, pas seulement de la formule.
  5. Une bijection a une réciproque, et la réciproque d'une composée se calcule en inversant l'ordre des facteurs.
Pourquoi ce chapitre

Ce chapitre ne contient presque aucun théorème. Il contient un vocabulaire et des notations, sans lesquels les autres chapitres deviennent illisibles.

  • L'ensemble des solutions d'un système linéaire est un ensemble.
  • L'univers d'une expérience aléatoire, un événement, l'ensemble des parties d'un univers fini, un échantillon statistique sont aussi des ensembles.

Les opérations logiques du chapitre précédent se transposent directement en opérations ensemblistes, et cette traduction sera utilisée telle quelle en probabilités.

La partie sur les applications prépare deux choses :

  • le théorème de la bijection en analyse, qui donne l'existence et l'unicité d'une solution à une équation du type f(x)=kf(x) = k ;
  • le dénombrement, où la factorielle s'interprète comme un nombre de bijections d'un ensemble fini sur lui-même.

Le programme demande des exemples simples et exclut les manipulations abstraites.

1Ensembles et parties

1.1Vocabulaire de base

Définition 1.1Ensemble

Un ensemble est une collection d'objets appelés ses éléments. On écrit x∈Ex \in E pour dire que xx est un élément de EE, et x∉Ex \notin E dans le cas contraire.

Un ensemble peut être décrit de deux façons :

  • en extension, par la liste de ses éléments entre accolades, comme {1,3,5}\{1, 3, 5\} ;
  • en compréhension, par une propriété caractérisant ses éléments, comme l'ensemble des réels xx tels que x2<4x^2 < 4.

Définition 1.2Ensemble vide, cardinal

L'ensemble vide, noté ∅\varnothing, ne contient aucun élément. Un ensemble fini possède un nombre fini d'éléments ; ce nombre est son cardinal.

Les ensembles de nombres usuels sont N\N, Z\Z, Q\Q, R\R.

Attention

Il ne faut pas confondre l'élément xx et l'ensemble {x}\{x\} qui le contient. L'ensemble {∅}\{\varnothing\} n'est pas vide : il possède un élément.

1.2Inclusion et égalité

Définition 1.3Inclusion

AA est une partie (ou un sous-ensemble) de EE, et on note A⊂EA \subset E, quand tout élément de AA est un élément de EE. Formellement : pour tout xx, si x∈Ax \in A alors x∈Ex \in E.

Deux ensembles sont égaux quand ils ont les mêmes éléments. Pour démontrer A=BA = B, on démontre les deux inclusions A⊂BA \subset B et B⊂AB \subset A, traduction ensembliste de la double implication.

Propriété 1.4Inclusion

Hypothèses

  • AA, BB, CC sont des ensembles.

Alors :

  • ∅\varnothing est inclus dans tout ensemble ;
  • si A⊂BA \subset B et B⊂CB \subset C, alors A⊂CA \subset C (transitivité).

MéthodeDémontrer A⊂BA \subset B

  1. Écrire « soit xx un élément de AA ».
  2. Démontrer que xx appartient à BB.

1.3Ensemble des parties

Définition 1.5Ensemble des parties

L'ensemble de toutes les parties de EE se note P(E)\mathcal{P}(E). Ses éléments sont des ensembles.

Exemple 1.6

Si E={a,b}E = \{a, b\}, alors P(E)\mathcal{P}(E) contient quatre éléments : ∅\varnothing, {a}\{a\}, {b}\{b\} et {a,b}\{a, b\}.

Propriété 1.7Cardinal de P(E)\mathcal{P}(E)

Si EE a nn éléments, P(E)\mathcal{P}(E) en a 2n2^n. Ce résultat sera revu avec les coefficients binomiaux.

Attention

Ne pas mélanger les deux symboles : on écrit A⊂EA \subset E et A∈P(E)A \in \mathcal{P}(E). Ce sont deux façons de dire la même chose, avec des symboles différents.

La notation P(Ω)\mathcal{P}(\Omega) est celle qu'utilise le programme pour l'ensemble des événements d'une expérience aléatoire d'univers fini Ω\Omega.

1.4Réunion, intersection, complémentaire

Soient AA et BB deux parties d'un ensemble EE.

Définition 1.8Opérations ensemblistes

  • La réunion A∪BA \cup B est l'ensemble des éléments qui appartiennent à AA ou à BB, au sens inclusif du « ou ».
  • L'intersection A∩BA \cap B est l'ensemble des éléments qui appartiennent à AA et à BB.
  • Le complémentaire de AA dans EE, noté A‾\overline{A}, est l'ensemble des éléments de EE qui n'appartiennent pas à AA. Il dépend de l'ensemble EE de référence.
  • La différence « AA privé de BB » est l'ensemble des éléments de AA qui ne sont pas dans BB. Il est égal à A∩B‾A \cap \overline{B}.

Quand A∩BA \cap B est vide, on dit que AA et BB sont disjoints. En probabilités, on dira que les événements sont incompatibles.

Propriété 1.9Règles de calcul

Les règles sont exactement celles des connecteurs logiques.

  • La réunion et l'intersection sont commutatives et associatives.
  • Chacune est distributive par rapport à l'autre : A∩(B∪C)=(A∩B)∪(A∩C),A∪(B∩C)=(A∪B)∩(A∪C).\begin{aligned} A \cap (B \cup C) &= (A \cap B) \cup (A \cap C),\\ A \cup (B \cap C) &= (A \cup B) \cap (A \cup C). \end{aligned}
  • Le complémentaire du complémentaire de AA est AA.

Propriété 1.10Formules de De Morgan

A∪B‾=A‾∩B‾,A∩B‾=A‾∪B‾.\begin{aligned} \overline{A \cup B} &= \overline{A} \cap \overline{B},\\ \overline{A \cap B} &= \overline{A} \cup \overline{B}. \end{aligned}

À retenir

Prendre le complémentaire échange réunion et intersection.

Exemple 1.11Fichier client

Dans un fichier client EE, soit AA l'ensemble des clients ayant commandé au moins une fois cette année et BB l'ensemble des clients abonnés à la newsletter.

  • A∩B‾A \cap \overline{B} est l'ensemble des clients actifs non abonnés, une cible marketing naturelle.
  • A∪B‾\overline{A \cup B} est l'ensemble des clients ni actifs ni abonnés.

1.5Produit cartésien

Définition 1.12Produit cartésien

Le produit cartésien A×BA \times B est l'ensemble des couples (a,b)(a, b) avec aa dans AA et bb dans BB.

Un couple est ordonné : (1,2)(1, 2) et (2,1)(2, 1) sont deux couples différents, alors que les ensembles {1,2}\{1, 2\} et {2,1}\{2, 1\} sont égaux.

On note R2\R^2 le produit R×R\R \times \R, ensemble des couples de réels, qui s'identifie au plan muni d'un repère. Plus généralement Rn\R^n est l'ensemble des nn-uplets (x1,…,xn)(x_1, \dots, x_n) de réels. Ces notations serviront pour les systèmes linéaires, les matrices colonnes et les régionnements du plan.

Propriété 1.13Cardinal d'un produit

Hypothèses

  • AA et BB sont finis, de cardinaux pp et qq.

Alors A×BA \times B a pqpq éléments. Ce principe multiplicatif est la base du dénombrement.

2Applications

2.1Définition

Définition 2.1Application

Une application ff de EE dans FF associe à chaque élément xx de EE un unique élément de FF, noté f(x)f(x).

  • EE est l'ensemble de départ, FF l'ensemble d'arrivée.
  • f(x)f(x) est l'image de xx ; si y=f(x)y = f(x), xx est un antécédent de yy.

Deux applications sont égales quand elles ont même ensemble de départ, même ensemble d'arrivée, et même image en chaque point. Changer l'ensemble de départ ou d'arrivée change l'application, même si la formule reste la même. C'est ce qui se passe quand on restreint la fonction carré à l'intervalle des réels positifs.

Définition 2.2Image d'une application

L'image de EE par ff, notée f(E)f(E), est l'ensemble des images des éléments de EE. C'est une partie de FF, en général strictement incluse dans FF.

Le programme précise que l'image réciproque d'une partie de l'ensemble d'arrivée n'est pas un attendu : on n'utilisera donc pas cette notion.

2.2Composition

Définition 2.3Composée

Si ff va de EE dans FF et gg va de FF dans GG, la composée g∘fg \circ f va de EE dans GG et est définie par (g∘f)(x)=g(f(x)).(g \circ f)(x) = g(f(x)).

L'ordre compte : on applique ff d'abord.

Attention

La composition n'est pas commutative en général. Avec f(x)=x+1f(x) = x + 1 et g(x)=x2g(x) = x^2, on a g(f(x))=(x+1)2g(f(x)) = (x+1)^2 et f(g(x))=x2+1f(g(x)) = x^2 + 1, qui diffèrent.

Propriété 2.4Associativité et neutre

  • La composition est associative : h∘(g∘f)=(h∘g)∘fh \circ (g \circ f) = (h \circ g) \circ f, ce qui permet d'écrire sans parenthèses.
  • L'application identité de EE, notée IdE\mathrm{Id}_E, associe xx à xx. Elle est neutre pour la composition.

2.3Injection, surjection, bijection

Soit ff une application de EE dans FF.

Définition 2.5Injection, surjection, bijection

  • ff est injective quand deux éléments distincts de EE ont toujours des images distinctes. De façon équivalente et plus commode pour rédiger : pour tous xx et x′x' de EE, si f(x)=f(x′)f(x) = f(x') alors x=x′x = x'. Autrement dit, tout élément de FF a au plus un antécédent.
  • ff est surjective quand tout élément de FF possède au moins un antécédent. De façon équivalente, f(E)=Ff(E) = F.
  • ff est bijective quand elle est à la fois injective et surjective. Autrement dit, tout élément yy de FF possède exactement un antécédent.

Exemple 2.6Exemples de référence

  • La fonction carré de R\R dans R\R n'est ni injective, puisque 22 et −2-2 ont la même image, ni surjective, puisque −1-1 n'a pas d'antécédent.
  • La même formule, de R+\R_+ dans R+\R_+, est bijective.
  • La fonction exponentielle de R\R dans R\R est injective et non surjective, mais de R\R dans ]0,+∞[\intoo{0}{+\infty} elle est bijective.

L'injectivité et la surjectivité ne dépendent pas seulement de la formule.

2.4Application réciproque

Définition 2.7Application réciproque

Si ff est une bijection de EE sur FF, son application réciproque, notée f−1f^{-1}, va de FF dans EE. Elle associe à chaque yy de FF son unique antécédent par ff. Elle est caractérisée par f−1∘f=IdE,f∘f−1=IdF.f^{-1} \circ f = \mathrm{Id}_E, \qquad f \circ f^{-1} = \mathrm{Id}_F.

La réciproque d'une bijection est elle-même une bijection, et sa réciproque est ff.

Propriété 2.8Équation f(x)=yf(x) = y

Hypothèses

  • ff est une application de EE dans FF.

Alors ff est bijective de EE sur FF si et seulement si, pour tout yy de FF, l'équation f(x)=yf(x) = y possède une unique solution xx dans EE. Cette solution est f−1(y)f^{-1}(y).

C'est sous cette forme que la bijection servira en analyse pour résoudre des équations.

2.5Composée de deux bijections

Propriété 2.9Réciproque d'une composée

Hypothèses

  • ff est une bijection de EE sur FF ;
  • gg est une bijection de FF sur GG.

Alors g∘fg \circ f est une bijection de EE sur GG, et (g∘f)−1=f−1∘g−1.(g \circ f)^{-1} = f^{-1} \circ g^{-1}.

L'ordre s'inverse, comme pour l'inverse d'un produit de matrices. Pour défaire deux opérations successives, on défait d'abord la dernière.

2.6Cas des ensembles finis

Propriété 2.10Ensembles finis de même cardinal

Hypothèses

  • EE et FF sont deux ensembles finis de même cardinal nn ;
  • ff est une application de EE dans FF.

Alors ff est injective si et seulement si elle est surjective, donc si et seulement si elle est bijective. Ce résultat sert au dénombrement.

Propriété 2.11Nombre de bijections

Le nombre de bijections d'un ensemble à nn éléments sur un ensemble à nn éléments vaut n!n!.

Justification informelle : on choisit l'image du premier élément parmi nn possibilités, celle du deuxième parmi les n−1n - 1 restantes, et ainsi de suite. Le programme cite explicitement cette interprétation de n!n!.

3Liens avec le reste du programme

  • Probabilités. L'univers Ω\Omega d'une expérience aléatoire est un ensemble fini, un événement est une partie de Ω\Omega, donc un élément de P(Ω)\mathcal{P}(\Omega).
    • « AA et BB » se lit A∩BA \cap B, « AA ou BB » se lit A∪BA \cup B, « non AA » se lit A‾\overline{A}.
    • Deux événements incompatibles sont deux parties disjointes.
    • Un système complet d'événements est une famille de parties deux à deux disjointes dont la réunion est Ω\Omega.
  • Systèmes linéaires. L'ensemble des solutions d'un système à nn inconnues est une partie de Rn\R^n. Le décrire, c'est décrire une partie d'un produit cartésien.
  • Analyse. Le théorème de la bijection dit qu'une fonction continue et strictement monotone sur un intervalle II réalise une bijection de II sur l'intervalle f(I)f(I). C'est la principale source de bijections du programme.
  • Informatique. Une liste Python indexée de 00 à n−1n - 1 peut se voir comme une application de l'ensemble des indices dans l'ensemble des valeurs. Vérifier qu'une liste n'a pas de doublon revient à vérifier l'injectivité, ce qui s'écrit avec deux boucles imbriquées, en comparant chaque paire d'indices distincts.

Méthodes

MéthodeDémontrer une égalité d'ensembles

  1. Procéder par double inclusion A⊂BA \subset B et B⊂AB \subset A.
  2. Sauf si un calcul par équivalences est manifestement réversible.

MéthodeDémontrer une inclusion

  1. Partir d'un élément quelconque du premier ensemble.
  2. Montrer qu'il appartient au second.

MéthodeDémontrer l'injectivité

  1. Supposer f(x)=f(x′)f(x) = f(x').
  2. En déduire x=x′x = x'.

MéthodeDémontrer la surjectivité

  1. Prendre yy quelconque dans l'ensemble d'arrivée.
  2. Résoudre l'équation f(x)=yf(x) = y, c'est-à-dire exhiber un antécédent.

MéthodeDémontrer la bijectivité et obtenir la réciproque

  1. Résoudre f(x)=yf(x) = y en xx en fonction de yy.
  2. Si la solution est unique, la bijectivité est prouvée et l'expression obtenue est celle de la réciproque.

MéthodeRéfuter injectivité ou surjectivité

  1. Pour réfuter l'injectivité, exhiber deux antécédents distincts de la même image.
  2. Pour réfuter la surjectivité, exhiber un élément sans antécédent.

Ce qu'il faut savoir refaire en khôlle

  1. Démontrer une égalité d'ensembles par double inclusion sur un exemple simple.
  2. Écrire les deux formules de De Morgan et les justifier avec les connecteurs logiques.
  3. Écrire l'ensemble des parties d'un ensemble à trois éléments et donner son cardinal.
  4. Décider si une application donnée est injective, surjective, bijective, avec justification dans les deux sens.
  5. Montrer qu'une fonction affine non constante de R\R dans R\R est bijective et calculer sa réciproque.
  6. Expliquer pourquoi la fonction carré devient bijective quand on restreint le départ et l'arrivée aux réels positifs.
  7. Énoncer la réciproque d'une composée de deux bijections et justifier l'inversion de l'ordre.
  8. Traduire en langage ensembliste une situation de probabilités portant sur deux événements.

Méthodes et exercices

Les résultats à connaître

  • Deux ensembles sont égaux si et seulement si chacun est inclus dans l'autre. Exigible, c'est la méthode de la double inclusion.
  • Lois de De Morgan ensemblistes. Le complémentaire de A ∪ B est Ā ∩ B̄, celui de A ∩ B est Ā ∪ B̄. Exigibles avec démonstration, par traduction logique.
  • Distributivité, A ∩ (B ∪ C) = (A ∩ B) ∪ (A ∩ C) et A ∪ (B ∩ C) = (A ∪ B) ∩ (A ∪ C). Exigibles avec démonstration.
  • Différence, A privé de B est égal à A ∩ B̄. Exigible, c'est une définition à savoir réécrire.
  • Si E a n éléments, P(E) en a 2ⁿ. Admis à ce stade, redémontré avec les coefficients binomiaux. Si A a p éléments et B en a q, A × B en a pq. Admis, principe multiplicatif.
  • La composition est associative et non commutative en général. Exigible.
  • La composée de deux injections est injective, celle de deux surjections est surjective, celle de deux bijections est bijective. Exigibles avec démonstration.
  • Réciproque d'une composée de bijections, (g ∘ f)⁻¹ = f⁻¹ ∘ g⁻¹. Exigible avec démonstration.
  • f est bijective de E sur F si et seulement si pour tout y de F, l'équation f(x) = y a une unique solution dans E. Exigible, c'est la définition reformulée, et la méthode de calcul de f⁻¹.
  • Si g ∘ f = Id_E et f ∘ g = Id_F, alors f est bijective et g = f⁻¹. Exigible avec démonstration.
  • Pour E et F finis de même cardinal, injective, surjective et bijective sont équivalentes. Admis, sert au dénombrement.
  • Le nombre de bijections d'un ensemble à n éléments sur lui-même vaut n!. Admis, interprétation citée par le programme.
  • Hors programme, à signaler si un exercice les demande. L'image réciproque f⁻¹(B) d'une partie de l'ensemble d'arrivée, les manipulations abstraites sur des applications quelconques, le théorème de Cantor, les cardinaux infinis.

Clés de démonstration

De Morgan ensembliste. Soit x ∈ E. Dire x ∉ A ∪ B, c'est dire non(x ∈ A ou x ∈ B), donc (x ∉ A et x ∉ B) par De Morgan logique, donc x ∈ Ā ∩ B̄. Chaque étape est une équivalence. Astuce, un énoncé ensembliste est une phrase logique sur un x générique, on traduit et on revient.

Composée d'injections. Si g(f(x)) = g(f(x′)), l'injectivité de g donne f(x) = f(x′), puis celle de f donne x = x′. Astuce, on remonte de l'extérieur vers l'intérieur.

Composée de surjections. Soit z ∈ G. Par surjectivité de g, il existe y ∈ F avec g(y) = z, puis par celle de f, il existe x ∈ E avec f(x) = y. Alors g(f(x)) = z. Astuce, on construit l'antécédent en deux temps, de l'arrivée vers le départ.

Réciproque d'une composée. On vérifie (f⁻¹ ∘ g⁻¹) ∘ (g ∘ f) = f⁻¹ ∘ (g⁻¹ ∘ g) ∘ f = f⁻¹ ∘ f = Id_E par associativité, et de même dans l'autre sens. Astuce, la réciproque est unique, il suffit d'exhiber une application qui fonctionne des deux côtés.

Caractérisation par g ∘ f = Id_E et f ∘ g = Id_F. La première égalité donne f injective, car f(x) = f(x′) entraîne x = g(f(x)) = g(f(x′)) = x′. La seconde donne f surjective, car y = f(g(y)). Astuce, chaque identité livre une propriété, il faut les deux.

Exemples et contre-exemples à connaître

  1. Si E = {1, 2}, alors {1} ⊂ E et {1} ∈ P(E), mais 1 ∉ P(E). Appartenance et inclusion ne vivent pas au même étage.
  2. {∅} n'est pas vide, il contient un élément, l'ensemble vide. Et ∅ ⊂ A pour tout ensemble A.
  3. Les couples (1, 2) et (2, 1) sont différents, alors que {1, 2} = {2, 1}. Le produit cartésien est ordonné, l'ensemble ne l'est pas.
  4. Le complémentaire dépend de l'ensemble de référence. Le complémentaire de N dans Z est l'ensemble des entiers strictement négatifs, dans R c'est bien plus gros.
  5. x ↦ x² est injective de R₊ dans R, surjective de R dans R₊, bijective de R₊ dans R₊, ni l'un ni l'autre de R dans R. Les ensembles font partie de l'application.
  6. L'exponentielle est injective de R dans R, non surjective, et bijective de R sur l'ensemble des réels strictement positifs, de réciproque ln.
  7. n ↦ n + 1 est injective de N dans N sans être surjective, 0 n'a pas d'antécédent. Sur un ensemble fini, ce serait impossible.
  8. f l'inclusion de N dans Z et g la valeur absolue de Z dans N. Alors g ∘ f = Id_N, pourtant f n'est pas surjective et g n'est pas injective. Une seule identité ne donne pas la bijectivité.
  9. Avec f(x) = x + 1 et g(x) = 2x, g ∘ f(x) = 2x + 2 et f ∘ g(x) = 2x + 1. La composition n'est pas commutative.
  10. x ↦ x³ est bijective de R sur R, alors que x ↦ x² ne l'est pas. Une fonction strictement monotone est injective, la surjectivité se lit sur l'image.

Techniques du chapitre

Double inclusion. Mini-exercice, montrer que A ∩ (A ∪ B) = A. Si x ∈ A ∩ (A ∪ B), alors x ∈ A. Si x ∈ A, alors x ∈ A ∪ B, donc x ∈ A ∩ (A ∪ B). Les deux inclusions donnent l'égalité.

Chaîne d'équivalences. Mini-exercice, montrer que A privé de (B ∪ C) est égal à (A privé de B) ∩ (A privé de C). Pour x ∈ E, x ∈ A et x ∉ B ∪ C équivaut à x ∈ A et x ∉ B et x ∉ C, qui équivaut à (x ∈ A et x ∉ B) et (x ∈ A et x ∉ C). Chaque étape est réversible, une seule chaîne suffit.

Injectivité par le calcul. Mini-exercice, f(x) = 3x − 5 de R dans R. Si 3x − 5 = 3x′ − 5, alors x = x′. Injective.

Réfuter l'injectivité ou la surjectivité. Mini-exercice, f(x) = x² − 2x de R dans R. Non injective, f(0) = f(2) = 0. Non surjective, f(x) = (x − 1)² − 1 ≥ −1, donc −2 n'a pas d'antécédent.

Bijectivité et réciproque par résolution de f(x) = y. Mini-exercice, f(x) = 3x − 5 de R dans R. Pour y réel, 3x − 5 = y équivaut à x = (y + 5)/3, unique solution. Donc f est bijective et f⁻¹(y) = (y + 5)/3.

Restreindre pour rendre bijective. Mini-exercice, f(x) = x² − 2x. Sur [1, +∞[, f est strictement croissante à valeurs dans [−1, +∞[, et pour y ≥ −1, l'équation (x − 1)² = y + 1 avec x ≥ 1 donne x = 1 + √(y + 1), unique. Bijection de [1, +∞[ sur [−1, +∞[.

Traduire une situation aléatoire. Mini-exercice, on lance deux dés, A « la somme vaut 7 », B « le premier dé est pair ». A ∩ B est l'ensemble des couples (2, 5), (4, 3), (6, 1). Ā est « la somme est différente de 7 ». Le complémentaire de A ∪ B est « la somme n'est pas 7 et le premier dé est impair ».

Exercices classiques corrigés

Choisis ton niveau. Difficulté indicative ; les exercices qui se suivent restent dans l'ordre.

Exercice 1. Parties d'un ensemble

Classiques de khôlle et concours · Niveau khôlle

Soit E = {a, b, c}. Écrire P(E). Montrer ensuite que pour deux ensembles A et B, A ⊂ B si et seulement si P(A) ⊂ P(B).

Technique distinguer élément et partie, puis double implication.

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  1. P(E) contient ∅, {a}, {b}, {c}, {a, b}, {a, c}, {b, c}, {a, b, c}, soit 8 = 2³ éléments. 2. Si A ⊂ B et X ∈ P(A), alors X ⊂ A ⊂ B, donc X ∈ P(B). 3. Réciproquement, si P(A) ⊂ P(B), comme A ∈ P(A), on a A ∈ P(B), donc A ⊂ B.

piège : Oublier ∅ et E eux-mêmes dans P(E).

Exercice 2. Égalités d'ensembles

Classiques de khôlle et concours · Niveau khôlle

Soient A, B, C trois parties de E. (a) Montrer que si A ∪ B = A ∩ B alors A = B. (b) Montrer que (A ∩ B̄) ∪ (Ā ∩ B) = (A ∪ B) ∩ (complémentaire de A ∩ B).

Technique double inclusion avec disjonction selon l'appartenance à A.

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  1. (a) Soit x ∈ A. Alors x ∈ A ∪ B = A ∩ B, donc x ∈ B. Par symétrie des rôles, B ⊂ A. 2. (b) Soit x dans le membre de gauche. Si x ∈ A ∩ B̄, alors x ∈ A ∪ B et x ∉ A ∩ B. Même chose si x ∈ Ā ∩ B. 3. Réciproquement, si x ∈ A ∪ B et x ∉ A ∩ B, alors x est dans A ou dans B mais pas dans les deux. Si x ∈ A, alors x ∉ B, donc x ∈ A ∩ B̄. Si x ∉ A, alors x ∈ B, donc x ∈ Ā ∩ B. 4. L'ensemble obtenu est la différence symétrique, les éléments qui sont dans exactement l'un des deux.

piège : Manipuler les ensembles par calcul formel sans jamais revenir à un élément x.

Exercice 3. Trois applications à classer

Classiques de khôlle et concours · Niveau khôlle

Dire si les applications suivantes sont injectives, surjectives, bijectives. f(n) = 2n de N dans N. g(x) = x³ + 1 de R dans R. h(n) = n² de Z dans N.

Technique résoudre f(x) = y ou exhiber un contre-exemple.

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  1. f injective, 2n = 2n′ donne n = n′. Non surjective, 1 n'a pas d'antécédent dans N. 2. g bijective, pour y réel, x³ = y − 1 a une unique solution réelle, la racine cubique de y − 1, car la fonction cube est strictement croissante et prend toute valeur réelle. 3. h non injective, h(−1) = h(1). Non surjective, 2 n'est le carré d'aucun entier.

piège : Dire que h est surjective parce que « tout entier positif est un carré ». Seuls 0, 1, 4, 9, … le sont.

Exercice 4. Homographie

Classiques de khôlle et concours · Niveau écrit Ecricome

Soit f définie sur R privé de 1 par f(x) = (2x + 1)/(x − 1). Montrer que f est à valeurs dans R privé de 2, puis que f est une bijection de R privé de 1 sur R privé de 2, et calculer f⁻¹.

Technique résoudre f(x) = y en vérifiant l'appartenance aux bons ensembles.

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  1. Si f(x) = 2, alors 2x + 1 = 2x − 2, impossible. Donc f est à valeurs dans R privé de 2. 2. Soit y ≠ 2. Pour x ≠ 1, l'équation (2x + 1)/(x − 1) = y équivaut à 2x + 1 = yx − y, soit x(y − 2) = y + 1, soit x = (y + 1)/(y − 2), division licite car y ≠ 2. 3. Ce candidat est différent de 1, car (y + 1)/(y − 2) = 1 donnerait y + 1 = y − 2, impossible. Il est donc dans l'ensemble de départ. 4. Unique antécédent pour tout y ≠ 2, f est bijective et f⁻¹(y) = (y + 1)/(y − 2). Contrôle, f(−1) = (−1)/(−2) = 1/2 et f⁻¹(1/2) = (3/2)/(−3/2) = −1.

piège : Une erreur de signe en isolant x, jamais détectée faute de tester la réciproque sur une valeur simple.

Exercice 5. Identités et bijectivité

Classiques de khôlle et concours · Niveau khôlle

Soient f de E dans F et g de F dans E avec g ∘ f = Id_E. Montrer que f est injective et g surjective. Donner un exemple où f n'est pas bijective. Montrer que si de plus f ∘ g = Id_F, alors f est bijective de réciproque g.

Technique composer par la bonne application.

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  1. Si f(x) = f(x′), on applique g, x = x′. 2. Pour x ∈ E, x = g(f(x)) a un antécédent par g. 3. Exemple 8 de la section 3. 4. Si f ∘ g = Id_F, alors tout y de F s'écrit f(g(y)), f est surjective donc bijective. En composant g ∘ f = Id_E à droite par f⁻¹, g = f⁻¹.

piège : Conclure à la bijectivité avec une seule identité.

Exercice 6. Une involution

Classiques de khôlle et concours · Niveau écrit Ecricome

Soit f définie sur R privé de 1 par f(x) = x/(x − 1). Montrer que f est à valeurs dans R privé de 1, calculer f ∘ f, en déduire que f est bijective et donner f⁻¹.

Technique une application égale à sa propre réciproque est bijective par la caractérisation à deux identités.

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  1. f(x) = 1 donnerait x = x − 1, impossible. 2. Pour x ≠ 1, f(f(x)) = [x/(x − 1)] / [x/(x − 1) − 1] = [x/(x − 1)] / [1/(x − 1)] = x. Donc f ∘ f = Id. 3. Les deux identités f ∘ f = Id sont vérifiées, donc f est bijective et f⁻¹ = f.

piège : Oublier de vérifier que f(x) reste dans l'ensemble de départ avant de composer.

Exercice 7. Fonction logistique

Classiques de khôlle et concours · Niveau écrit BCE, EDHEC ou emlyon

Soit f définie sur R par f(x) = eˣ/(1 + eˣ). Montrer que f est une bijection de R sur ]0, 1[ et calculer f⁻¹.

Technique résoudre f(x) = y avec les propriétés de exp et ln.

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  1. Pour tout x, eˣ > 0 donc 0 < f(x) < 1. 2. Soit y ∈ ]0, 1[. L'équation eˣ/(1 + eˣ) = y équivaut à eˣ(1 − y) = y, soit eˣ = y/(1 − y), quantité strictement positive car 0 < y < 1. 3. Donc l'équation équivaut à x = ln(y/(1 − y)), unique solution. 4. f est bijective et f⁻¹(y) = ln(y/(1 − y)). Cette réciproque s'appelle logit, elle sert en économétrie.

piège : Écrire eˣ = y/(1 − y) sans vérifier que le membre de droite est strictement positif, condition sans laquelle ln n'a pas de sens.

Exercice 8. Applications de R² dans R²

Classiques de khôlle et concours · Niveau écrit BCE, EDHEC ou emlyon

Soit f(x, y) = (x + y, x − y) et g(x, y) = (x + y, xy). Montrer que f est bijective et calculer f⁻¹. Montrer que g n'est ni injective ni surjective.

Technique résoudre un système pour f, chercher deux antécédents ou une valeur non atteinte pour g.

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  1. Pour (u, v) ∈ R², le système x + y = u, x − y = v a pour unique solution x = (u + v)/2, y = (u − v)/2. Donc f est bijective et f⁻¹(u, v) = ((u + v)/2, (u − v)/2). 2. g(1, 2) = g(2, 1) = (3, 2), g n'est pas injective. 3. Si g(x, y) = (0, 1), alors y = −x et −x² = 1, impossible. Le couple (0, 1) n'a pas d'antécédent, g n'est pas surjective.

piège : Croire qu'une application définie par des formules polynomiales est automatiquement surjective.

Exercice 9. Une bijection de N sur Z

Classiques de khôlle et concours · Niveau écrit BCE, ESSEC ou HEC

Soit f définie sur N par f(n) = n/2 si n est pair et f(n) = −(n + 1)/2 si n est impair. Montrer que f est une bijection de N sur Z.

Technique disjonction selon la parité, puis résolution de f(n) = m.

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  1. Les pairs donnent 0, 1, 2, …, les impairs donnent −1, −2, …, f est à valeurs dans Z. 2. Surjectivité, pour m ≥ 0, n = 2m est pair et f(n) = m. Pour m < 0, n = −2m − 1 est un entier naturel impair et f(n) = −(−2m)/2 = m. 3. Injectivité, un pair a une image positive ou nulle, un impair une image strictement négative. Si f(n) = f(n′), n et n′ ont même parité, et alors n/2 = n′/2 ou (n + 1)/2 = (n′ + 1)/2 donne n = n′. 4. f est bijective, N et Z se correspondent terme à terme.

piège : Prouver la surjectivité sans vérifier que l'antécédent proposé est bien un entier naturel de la bonne parité.

Erreurs fréquentes

  1. Confondre ∈ et ⊂, écrire {1} ∈ E ou 1 ⊂ E.
  2. Démontrer une égalité d'ensembles en n'écrivant qu'une inclusion, ou par des calculs sans revenir à un élément.
  3. Oublier que l'injectivité et la surjectivité dépendent des ensembles de départ et d'arrivée, pas seulement de la formule.
  4. Utiliser la notation f⁻¹ pour une application qui n'est pas bijective, alors que l'image réciproque d'une partie n'est pas au programme.
  5. Isoler x dans f(x) = y avec une erreur de signe et ne jamais tester la réciproque sur une valeur simple.

Fiche rédigée à partir du programme officiel d'ECG, mathématiques appliquées de première année, premier semestre, partie I « Raisonnement et vocabulaire ensembliste », section « Ensembles, applications ». Le programme précise que tout exposé théorique est exclu et que ce vocabulaire s'installe progressivement au fil du semestre.