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ECG1 · Maths appliquées · semaine 1

Éléments de logique et raisonnement par récurrence

Connecteurs logiques, quantificateurs universel et existentiel, proposition conditionnelle avec sa réciproque, sa contraposée et sa négation. Conditions nécessaires et suffisantes, contre-exemple, disjonction des cas et raisonnement par l'absurde. Apprentissage du raisonnement par récurrence et des notations somme et produit.

Sommaire

Le cours

Résumé en cinq points

  1. Une implication n'est fausse que si l'hypothèse est vraie et la conclusion fausse. Sa contraposée lui est équivalente, sa réciproque ne l'est pas, sa négation est « hypothèse vraie et conclusion fausse ».
  2. On nie une phrase quantifiée en échangeant ∀\forall et ∃\exists dans l'ordre, puis en niant la propriété finale.
  3. Un contre-exemple réfute une proposition universelle, un exemple ne la démontre jamais.
  4. Une récurrence se rédige en trois étapes nommées, initialisation, hérédité, conclusion, et l'hypothèse porte sur un entier fixé.
  5. Trois sommes doivent être connues par cœur : celle des entiers, celle des carrés et la somme géométrique avec son cas particulier q=1q = 1.
Pourquoi ce chapitre

Ce chapitre n'est pas un exposé théorique. C'est une boîte à outils de rédaction, introduite en début d'année puis réutilisée partout ensuite. Une copie de concours est notée sur l'enchaînement logique autant que sur le résultat. Savoir ce qu'on suppose, ce qu'on démontre, et dans quel sens va une implication sépare une démonstration d'un brouillon.

Deux outils reviennent ensuite partout :

  • le raisonnement par récurrence, qui sert dès les suites arithmético-géométriques, les puissances de matrices et les coefficients binomiaux ;
  • les notations somme et produit, qui servent en statistiques pour la moyenne et la variance, en probabilités pour les probabilités totales, et en analyse pour les sommes géométriques.

Ces notations sont aussi le pont naturel vers l'informatique, où une somme se traduit par une boucle.

1Propositions et connecteurs logiques

1.1Proposition

Définition 1.1Proposition

Une proposition est un énoncé mathématique qui est soit vrai, soit faux, jamais les deux.

Exemple 1.2

  • « 12 est divisible par 4 » est vraie.
  • « La fonction exponentielle est décroissante sur R\R » est fausse.
  • « x>3x > 3 » n'est pas une proposition tant que xx n'est pas fixé. Elle le devient quand on donne une valeur à xx ou quand on quantifie xx.

1.2Négation

Définition 1.3Négation

La négation de PP, notée « non PP », est vraie exactement quand PP est fausse. Nier deux fois redonne PP.

Attention

La négation de « x⩾0x \geqslant 0 » est « x<0x < 0 », pas « x⩽0x \leqslant 0 ». L'attention aux inégalités larges et strictes est le premier réflexe à acquérir.

1.3Connecteurs « et » et « ou »

Définition 1.4Connecteurs « et » et « ou »

  • « PP et QQ » est vraie quand les deux propositions sont vraies en même temps.
  • « PP ou QQ » est vraie dès que l'une au moins des deux est vraie.

Le « ou » des mathématiques est inclusif : il n'exclut pas le cas où les deux sont vraies.

Exemple 1.5

Dans la phrase « un client bénéficie de la remise s'il est étudiant ou s'il achète plus de 50 euros », un étudiant qui achète 80 euros bénéficie bien de la remise.

Loi 1.6Lois de De Morgan

  • La négation de « PP et QQ » est « non PP ou non QQ ».
  • La négation de « PP ou QQ » est « non PP et non QQ ».

Exemple 1.7

Dire qu'un réel xx n'appartient pas au segment [0,1]\intff{0}{1}, c'est nier « x⩾0x \geqslant 0 et x⩽1x \leqslant 1 ». Cela revient à dire « x<0x < 0 ou x>1x > 1 ».

Ces deux connecteurs correspondent aux opérations sur les ensembles, intersection pour le « et » et réunion pour le « ou », et aux opérations sur les événements en probabilités.

2La proposition conditionnelle

2.1Implication

Définition 2.1Implication

« Si PP alors QQ », notée P⇒QP \Rightarrow Q, est fausse dans un seul cas : PP est vraie et QQ est fausse. Elle est vraie dans tous les autres cas.

En particulier, une implication dont l'hypothèse est fausse est vraie, ce qui surprend au début mais ne pose jamais de problème en pratique.

Définition 2.2Condition suffisante, condition nécessaire

Dans P⇒QP \Rightarrow Q, PP est une condition suffisante pour QQ, et QQ est une condition nécessaire pour PP.

Exemple 2.3

Pour qu'une entreprise soit cotée en bourse il est nécessaire qu'elle soit une société par actions, mais ce n'est pas suffisant.

2.2Réciproque, contraposée, négation

Trois énoncés se construisent à partir de P⇒QP \Rightarrow Q et il ne faut jamais les confondre.

Définition 2.4Réciproque

La réciproque de P⇒QP \Rightarrow Q est Q⇒PQ \Rightarrow P. Elle n'a aucune raison d'être vraie en même temps que l'implication directe.

Exemple 2.5

« nn est divisible par 6 ⇒\Rightarrow nn est pair » est vraie. Sa réciproque est fausse : il suffit de prendre n=4n = 4.

Définition 2.6Contraposée

La contraposée de P⇒QP \Rightarrow Q est « non Q⇒Q \Rightarrow non PP ». Elle est toujours vraie en même temps que l'implication directe : les deux énoncés disent exactement la même chose.

Exemple 2.7

« Si le chiffre d'affaires a augmenté alors l'entreprise a vendu au moins un produit » a pour contraposée « si l'entreprise n'a vendu aucun produit alors le chiffre d'affaires n'a pas augmenté ».

Définition 2.8Négation d'une implication

La négation de P⇒QP \Rightarrow Q est « PP et non QQ ». Une implication est donc niée par un contre-exemple, une situation où l'hypothèse est réalisée et pas la conclusion.

2.3Équivalence

Définition 2.9Équivalence

P⇔QP \Leftrightarrow Q signifie que les deux implications P⇒QP \Rightarrow Q et Q⇒PQ \Rightarrow P sont vraies. On dit que PP est une condition nécessaire et suffisante pour QQ.

Pour démontrer une équivalence, le plus sûr est de démontrer les deux implications séparément.

Attention

Ne pas enchaîner des symboles ⇔\Leftrightarrow alors qu'une étape n'est qu'une implication. Élever au carré, multiplier par une quantité qui peut être nulle, appliquer une fonction non strictement monotone : ces opérations ne conservent qu'une implication. Il faut alors vérifier les solutions trouvées à la fin.

2.4Quantifications implicites

Beaucoup d'énoncés conditionnels cachent un « pour tout ».

Exemple 2.10

« Si une fonction est dérivable en un point alors elle est continue en ce point » signifie en réalité « pour toute fonction ff et tout point aa, si ff est dérivable en aa alors ff est continue en aa ».

Repérer cette quantification cachée est indispensable pour savoir nier correctement.

3Quantificateurs

3.1Les deux quantificateurs

Définition 3.1Quantificateur universel

« ∀x∈E, P(x)\forall x \in E,\ P(x) » se lit « pour tout xx de EE, P(x)P(x) est vraie ».

Pour la démontrer, on écrit « soit xx un élément de EE » et on démontre P(x)P(x) sans jamais utiliser de propriété particulière de xx.

Définition 3.2Quantificateur existentiel

« ∃x∈E, P(x)\exists x \in E,\ P(x) » se lit « il existe au moins un xx de EE tel que P(x)P(x) ». La notation ∃!\exists ! signifie qu'il existe un unique élément vérifiant la propriété.

Pour la démontrer, on exhibe un élément précis et on vérifie qu'il convient, ou on invoque un théorème d'existence.

3.2Négation d'une phrase quantifiée

La règle est mécanique : on échange chaque ∀\forall en ∃\exists et chaque ∃\exists en ∀\forall, dans l'ordre où ils apparaissent, puis on nie la propriété finale.

Propriété 3.3Négation des quantificateurs

  • La négation de « ∀x∈E, P(x)\forall x \in E,\ P(x) » est « ∃x∈E, non P(x)\exists x \in E,\ \text{non } P(x) ».
  • La négation de « ∃x∈E, P(x)\exists x \in E,\ P(x) » est « ∀x∈E, non P(x)\forall x \in E,\ \text{non } P(x) ».

Autrement dit, on réfute une proposition universelle par un contre-exemple unique.

Exemple 3.4Fonction non majorée

Dire qu'une fonction ff n'est pas majorée sur R\R, c'est nier ∃M∈R, ∀x∈R, f(x)⩽M.\exists M \in \R,\ \forall x \in \R,\ f(x) \leqslant M. La négation est ∀M∈R, ∃x∈R, f(x)>M.\forall M \in \R,\ \exists x \in \R,\ f(x) > M.

3.3L'ordre des quantificateurs compte

On peut permuter deux quantificateurs de même nature, jamais un ∀\forall et un ∃\exists.

Exemple 3.5

  • ∀x∈R, ∃y∈R, y>x\forall x \in \R,\ \exists y \in \R,\ y > x est vraie : il suffit de prendre y=x+1y = x + 1.
  • ∃y∈R, ∀x∈R, y>x\exists y \in \R,\ \forall x \in \R,\ y > x est fausse : aucun réel n'est plus grand que tous les réels.

Dans le premier cas yy dépend de xx, dans le second il est le même pour tous les xx.

3.4Règle d'écriture

Le programme exclut explicitement l'emploi des quantificateurs comme abréviations. On n'écrit pas « la suite est croissante ∀n\forall n ». On écrit soit une phrase entièrement en français, soit une formule entièrement symbolique.

Remarque

Dans une formule, la variable quantifiée est muette : « ∀x∈E, P(x)\forall x \in E,\ P(x) » et « ∀t∈E, P(t)\forall t \in E,\ P(t) » ont le même sens.

4Les types de raisonnement

4.1Raisonnement direct

On part des hypothèses et on enchaîne des implications vraies jusqu'à la conclusion. C'est le mode par défaut.

4.2Raisonnement par contraposée

Pour démontrer P⇒QP \Rightarrow Q, on démontre « non Q⇒Q \Rightarrow non PP ». On l'utilise quand la négation de la conclusion est plus facile à manipuler que l'hypothèse.

Exemple 4.1Carré pair

Soit nn un entier. Si n2n^2 est pair alors nn est pair. La contraposée s'écrit : si nn est impair alors n2n^2 est impair.

Preuve directe : n=2k+1n = 2k + 1 donne n2=4k2+4k+1=2(2k2+2k)+1,\begin{aligned} n^2 &= 4k^2 + 4k + 1\\ &= 2(2k^2 + 2k) + 1, \end{aligned} qui est impair.

4.3Raisonnement par l'absurde

Pour démontrer une proposition PP, on suppose « non PP » et on aboutit à une contradiction.

Exemple 4.2Irrationalité de 2\sqrt{2}

On suppose 2=p/q\sqrt{2} = p/q avec pp et qq entiers sans facteur commun. Alors p2=2q2p^2 = 2q^2, donc p2p^2 est pair, donc pp est pair d'après le résultat précédent.

En écrivant p=2mp = 2m on obtient 4m2=2q24m^2 = 2q^2, donc q2=2m2q^2 = 2m^2 et qq est pair lui aussi. Cela contredit l'hypothèse que pp et qq n'ont pas de facteur commun.

Attention

Ne pas confondre absurde et contraposée. La contraposée retourne une implication et reste un raisonnement direct déguisé. L'absurde suppose le contraire de ce qu'on veut prouver. Quand la contraposée suffit, on la préfère : elle se rédige mieux.

4.4Disjonction des cas

On découpe la situation en cas couvrant toutes les possibilités et on démontre la conclusion dans chaque cas. Vérifier que les cas sont exhaustifs fait partie de la démonstration. C'est l'outil naturel pour les valeurs absolues et la partie entière.

Exemple 4.3

Pour tout entier nn, le produit n(n+1)n(n+1) est pair.

  • Si nn est pair, le produit l'est.
  • Si nn est impair, alors n+1n + 1 est pair et le produit l'est aussi.

4.5Contre-exemple

Un seul contre-exemple réfute une proposition universelle, et il doit être explicité complètement. À l'inverse un exemple ne démontre jamais une proposition universelle.

Exemple 4.4

Pour réfuter « toute suite bornée est convergente », la suite de terme général (−1)n(-1)^n suffit.

4.6Analyse-synthèse

L'introduction du programme cite ce mode de raisonnement. Pour déterminer tous les objets vérifiant une propriété :

  • analyse : on suppose qu'un objet convient et on en déduit sa forme obligatoire, ce qui donne des candidats ;
  • synthèse : on vérifie ensuite lesquels conviennent vraiment.

5Le raisonnement par récurrence

5.1Principe

Théorème 5.1Principe de récurrence

Hypothèses

  • P(n)P(n) est une propriété dépendant d'un entier nn, et n0n_0 est un entier ;
  • P(n0)P(n_0) est vraie ;
  • pour tout entier n⩾n0n \geqslant n_0, la véracité de P(n)P(n) entraîne celle de P(n+1)P(n+1).

Alors P(n)P(n) est vraie pour tout entier n⩾n0n \geqslant n_0.

Une rédaction de récurrence comporte trois parties nommées :

  • Initialisation : on vérifie P(n0)P(n_0), en calculant explicitement les deux membres.
  • Hérédité : on fixe un entier n⩾n0n \geqslant n_0, on suppose P(n)P(n) vraie (c'est l'hypothèse de récurrence), et on démontre P(n+1)P(n+1).
  • Conclusion : on invoque le principe de récurrence et on énonce le résultat.

5.2Exemple

Exemple 5.2Somme des premiers entiers

Montrons que pour tout entier n⩾1n \geqslant 1, 1+2+⋯+n=n(n+1)21 + 2 + \dots + n = \dfrac{n(n+1)}{2}.

Initialisation : pour n=1n = 1 le membre de gauche vaut 1 et celui de droite vaut 1×22=1\frac{1 \times 2}{2} = 1.

Hérédité : soit n⩾1n \geqslant 1 tel que la formule soit vraie au rang nn. Alors 1+2+⋯+n+(n+1)=n(n+1)2+(n+1)=(n+1)(n+2)2,\begin{aligned} &1 + 2 + \dots + n + (n+1)\\ &= \frac{n(n+1)}{2} + (n+1)\\ &= \frac{(n+1)(n+2)}{2}, \end{aligned} ce qui est la formule au rang n+1n + 1.

Conclusion : la formule est vraie pour tout n⩾1n \geqslant 1.

5.3Deux variantes utiles

MéthodeRécurrence double

  1. Initialiser aux deux premiers rangs n0n_0 et n0+1n_0 + 1.
  2. Démontrer que P(n)P(n) et P(n+1)P(n+1) entraînent P(n+2)P(n+2).

C'est la forme adaptée aux suites vérifiant une relation de récurrence linéaire d'ordre 2, du type un+2=a un+1+b unu_{n+2} = a\,u_{n+1} + b\,u_n.

MéthodeRécurrence forte

  1. Initialiser au rang n0n_0.
  2. Supposer P(k)P(k) vraie pour tous les entiers kk compris entre n0n_0 et nn.
  3. Démontrer P(n+1)P(n+1).

C'est la forme adaptée quand le passage au rang suivant utilise plusieurs rangs antérieurs.

5.4Erreurs classiques

Attention

  • Oublier l'initialisation : l'égalité n=n+1n = n + 1 est héréditaire et pourtant fausse partout.
  • Écrire « supposons que la propriété est vraie pour tout nn » : c'est la conclusion, pas l'hypothèse. On suppose la propriété vraie pour un entier nn fixé.
  • Ne pas préciser le rang de départ, ou initialiser à un rang où la propriété n'a pas de sens.
  • Utiliser l'hypothèse de récurrence sans indiquer à quel moment on s'en sert.

6Notations somme et produit

6.1Écriture

Définition 6.1Somme et produit

La somme des termes u1,u2,…,unu_1, u_2, \dots, u_n se note ∑i=1nui\sum_{i=1}^{n} u_i. L'indice ii est muet : on peut le renommer sans changer la valeur.

On peut aussi sommer sur un ensemble, ∑α∈Auα\sum_{\alpha \in A} u_\alpha, où AA est un sous-ensemble fini de N\N ou de N2\N^2. Le produit se note de même avec le symbole ∏\prod.

Deux règles servent en permanence :

  • la linéarité : ∑(λui+vi)=λ∑ui+∑vi\sum (\lambda u_i + v_i) = \lambda \sum u_i + \sum v_i ;
  • le changement d'indice, qui décale ou retourne l'indice à condition de changer les bornes.

Attention

Le nombre de termes d'une somme allant de i=pi = p à i=ni = n vaut n−p+1n - p + 1. Se tromper d'une unité sur ce compte est l'erreur la plus fréquente du chapitre.

6.2Sommes à connaître

Propriété 6.2Sommes usuelles

  • Somme des nn premiers entiers : ∑k=1nk=n(n+1)2\displaystyle\sum_{k=1}^{n} k = \frac{n(n+1)}{2}.
  • Somme des carrés : ∑k=1nk2=n(n+1)(2n+1)6\displaystyle\sum_{k=1}^{n} k^2 = \frac{n(n+1)(2n+1)}{6}.

Propriété 6.3Somme géométrique

Hypothèses

  • qq est un réel différent de 1.

Alors ∑k=0nqk=1−qn+11−q.\sum_{k=0}^{n} q^k = \frac{1 - q^{n+1}}{1 - q}. Si q=1q = 1, la somme vaut n+1n + 1.

À retenir

Le cas q=1q = 1 est à traiter à part systématiquement.

6.3Télescopage

Propriété 6.4Somme télescopique

Si la somme s'écrit ∑k=pn(ak+1−ak)\sum_{k=p}^{n} (a_{k+1} - a_k), les termes intermédiaires se simplifient et la somme vaut an+1−apa_{n+1} - a_p.

6.4Factorielle

Définition 6.5Factorielle

Le produit des entiers de 1 à nn se note n!n!, avec la convention 0!=10! = 1, et (n+1)!=(n+1)×n!(n+1)! = (n+1) \times n!.

Cette notation prépare le chapitre des coefficients binomiaux.

6.5Lien avec l'informatique

Une somme se traduit directement par une boucle. En pseudo-code, on initialise une variable ss à 0, puis pour chaque kk allant de 1 à nn on remplace ss par s+u(k)s + u(k), et on renvoie ss.

def somme(u, n):
    s = 0
    for k in range(1, n + 1):
        s = s + u(k)
    return s

La bibliothèque numpy fournit np.sum pour sommer les coefficients d'un tableau.

Méthodes

MéthodeDémontrer ou réfuter une proposition universelle

  1. Pour la démontrer, commencer par « soit xx un élément quelconque de EE ».
  2. Pour la réfuter, chercher un contre-exemple parmi les cas limites : 0, 1, les valeurs négatives.

MéthodeDémontrer une équivalence

  1. Séparer les deux implications.
  2. Ne les regrouper que si chaque étape est manifestement réversible.

MéthodeNier un énoncé

  1. L'écrire entièrement avec ses quantificateurs, y compris ceux qui sont implicites.
  2. Échanger ∀\forall et ∃\exists dans l'ordre, puis nier la propriété finale.

MéthodeProuver une égalité dépendant d'un entier

  1. Tester les premiers rangs.
  2. Écrire clairement la propriété P(n)P(n) sur la copie.
  3. Tenter une récurrence.

MéthodeTraiter une somme

  1. Se demander d'abord si elle est arithmétique, géométrique ou télescopique.
  2. Appliquer la formule correspondante, en traitant les cas particuliers.

Ce qu'il faut savoir refaire en khôlle

  1. Donner la réciproque, la contraposée et la négation d'un énoncé conditionnel proposé en français.
  2. Nier une phrase à deux ou trois quantificateurs et interpréter la négation obtenue.
  3. Expliquer avec un exemple pourquoi « ∀x ∃y\forall x\ \exists y » et « ∃y ∀x\exists y\ \forall x » n'ont pas le même sens.
  4. Démontrer par contraposée que si n2n^2 est pair alors nn est pair.
  5. Démontrer par l'absurde que 2\sqrt{2} est irrationnel.
  6. Rédiger une récurrence simple complète, en nommant les trois étapes.
  7. Mettre en place une récurrence double sur une suite définie par un+2=a un+1+b unu_{n+2} = a\,u_{n+1} + b\,u_n.
  8. Calculer une somme géométrique, une somme d'entiers, une somme télescopique, en traitant les cas particuliers.

Méthodes et exercices

Les résultats à connaître

  • Lois de De Morgan logiques. non(P et Q) équivaut à (non P ou non Q), non(P ou Q) équivaut à (non P et non Q). Exigibles, justification par table de vérité.
  • Une implication P ⇒ Q équivaut à sa contraposée non Q ⇒ non P. Sa réciproque Q ⇒ P est indépendante. Sa négation est (P et non Q). Exigibles, table de vérité ou lecture des cas.
  • Condition nécessaire et condition suffisante. Dans P ⇒ Q, P est suffisante pour Q, Q est nécessaire pour P. Vocabulaire exigible.
  • Négation d'une phrase quantifiée. On échange ∀ et ∃ dans l'ordre d'apparition, puis on nie la propriété finale. Exigible, à appliquer sans hésiter.
  • Un contre-exemple réfute une proposition universelle. Un exemple ne démontre jamais une proposition universelle. Exigible.
  • Principe de récurrence simple, double, forte. Admis, tout exposé théorique est exclu par le programme. La rédaction en trois étapes nommées est exigible.
  • Somme des entiers, Σ de k = 1 à n de k = n(n + 1)/2. Exigible avec démonstration par récurrence.
  • Somme des carrés, Σ de k = 1 à n de k² = n(n + 1)(2n + 1)/6. Exigible avec démonstration par récurrence.
  • Somme géométrique, pour q ≠ 1, Σ de k = 0 à n de qᵏ = (1 − qⁿ⁺¹)/(1 − q), et n + 1 si q = 1. Exigible avec démonstration.
  • Télescopage, Σ de k = p à n de (a₍ₖ₊₁₎ − aₖ) = a₍ₙ₊₁₎ − aₚ. Exigible avec démonstration par récurrence ou par écriture des termes.
  • Linéarité de la somme et changement d'indice. Exigibles, ce sont des règles de calcul.
  • Factorielle, 0! = 1 et (n + 1)! = (n + 1) × n!. Définition exigible.
  • Hors programme en ECG, à signaler si un exercice les demande. Toute axiomatique de N, la logique formelle, l'arithmétique (divisibilité comme théorie, PGCD, nombres premiers). Seule la parité d'un entier, vue au lycée, est utilisée.

Clés de démonstration

Contraposée équivalente à l'implication. Dans une table à quatre lignes, P ⇒ Q est fausse seulement pour (P vraie, Q fausse), et non Q ⇒ non P est fausse seulement pour (non Q vraie, non P fausse), qui est la même ligne. Astuce, une implication n'a qu'un seul cas de fausseté, il suffit de le comparer.

Somme des entiers. Initialisation à n = 1. Hérédité, on ajoute n + 1 à n(n + 1)/2 et on factorise par (n + 1). Astuce, factoriser avant de développer, le facteur (n + 1) est toujours là.

Somme des carrés. Hérédité, n(n + 1)(2n + 1)/6 + (n + 1)² = (n + 1)(2n² + n + 6n + 6)/6 = (n + 1)(n + 2)(2n + 3)/6. Astuce, on factorise par (n + 1), puis on vérifie que 2n² + 7n + 6 = (n + 2)(2n + 3) en développant le membre de droite.

Somme géométrique. On note S la somme, on calcule qS, et on soustrait, qS − S = qⁿ⁺¹ − 1. Astuce, la multiplication par q décale tous les termes d'un rang, tout s'annule sauf les deux extrémités. On divise par q − 1, ce qui impose q ≠ 1.

Télescopage. On écrit les termes, (a₍ₚ₊₁₎ − aₚ) + (a₍ₚ₊₂₎ − a₍ₚ₊₁₎) + … + (a₍ₙ₊₁₎ − aₙ). Chaque a intermédiaire apparaît une fois avec un plus et une fois avec un moins. Astuce, la rédaction rigoureuse est une récurrence sur n, l'écriture avec des points de suspension sert d'explication.

Parité. Si n est impair alors n² est impair, car (2k + 1)² = 2(2k² + 2k) + 1. Astuce, c'est la contraposée de « n² pair ⇒ n pair », et c'est le lemme qui sert dans l'irrationalité de √2.

Exemples et contre-exemples à connaître

  1. « ∀x ∈ R, ∃y ∈ R, y > x » est vraie avec y = x + 1, alors que « ∃y ∈ R, ∀x ∈ R, y > x » est fausse. On ne permute jamais un ∀ et un ∃.
  2. « Si 2 + 2 = 5 alors 7 est pair » est une implication vraie. Une hypothèse fausse rend l'implication vraie, ce qui déroute au début.
  3. « x > 2 ⇒ x² > 4 » est vraie, sa réciproque est fausse, x = −3 le montre. Être supérieur à 2 est suffisant pour avoir un carré supérieur à 4, pas nécessaire.
  4. La propriété « n = n + 1 » est héréditaire et fausse pour tout n. Sans initialisation, une récurrence ne démontre rien.
  5. « 2ⁿ ≥ n² » est fausse pour n = 3 et vraie pour n = 0, 1, 2 puis pour tout n ≥ 4. Le rang initial d'une récurrence n'est pas toujours 0 ou 1.
  6. La suite de terme général (−1)ⁿ est bornée et ne converge pas. Un seul contre-exemple réfute « toute suite bornée converge ».
  7. Le « ou » mathématique est inclusif. « x ≥ 0 ou x ≤ 0 » est vraie pour tout réel, y compris pour x = 0 où les deux sont vraies.
  8. La somme Σ de k = 3 à 10 de 1 vaut 8, pas 7. Le nombre de termes de p à n est n − p + 1.
  9. Pour q = 1, la somme géométrique vaut n + 1 et la formule (1 − qⁿ⁺¹)/(1 − q) n'a pas de sens. Le cas q = 1 se traite à part, à chaque fois.
  10. Nier « f est croissante sur R », c'est-à-dire « ∀x ∈ R, ∀y ∈ R, (x ≤ y ⇒ f(x) ≤ f(y)) », donne « ∃x ∈ R, ∃y ∈ R, x ≤ y et f(x) > f(y) ». Deux quantificateurs et une implication à nier, c'est le test de khôlle.

Techniques du chapitre

Nier une phrase quantifiée. Mini-exercice, nier « ∃M ∈ R, ∀n ∈ N, uₙ ≤ M », qui dit que la suite est majorée. Négation, « ∀M ∈ R, ∃n ∈ N, uₙ > M ». Lecture, aussi grand que soit M, un terme de la suite le dépasse.

Contraposée. Mini-exercice, montrer que si x² ≠ 4 alors x ≠ 2. Contraposée, si x = 2 alors x² = 4, ce qui est immédiat. On a démontré l'énoncé initial sans jamais manipuler x² ≠ 4.

Disjonction des cas. Mini-exercice, montrer que pour tout réel x, |x − 1| + |x + 1| ≥ 2. Si x ≥ 1, la somme vaut 2x ≥ 2. Si −1 ≤ x < 1, elle vaut (1 − x) + (x + 1) = 2. Si x < −1, elle vaut −2x > 2. Les trois cas couvrent R.

Récurrence pour une inégalité. Mini-exercice, montrer que pour tout n ∈ N, 3ⁿ ≥ 1 + 2n. Initialisation, 1 ≥ 1. Hérédité, 3ⁿ⁺¹ = 3 × 3ⁿ ≥ 3 + 6n ≥ 1 + 2(n + 1) car 6n + 3 − 2n − 3 = 4n ≥ 0. Conclusion pour tout n.

Récurrence sur une suite définie par une relation. Mini-exercice, u₀ = 3 et u₍ₙ₊₁₎ = 2uₙ − 1. Montrer uₙ = 2ⁿ⁺¹ + 1. Initialisation, 2 + 1 = 3. Hérédité, 2(2ⁿ⁺¹ + 1) − 1 = 2ⁿ⁺² + 1. Conclusion.

Changement d'indice. Mini-exercice, écrire Σ de k = 1 à n de 2ᵏ⁻¹ avec un indice partant de 0. On pose j = k − 1, qui va de 0 à n − 1, et la somme devient Σ de j = 0 à n − 1 de 2ʲ = 2ⁿ − 1.

Télescopage après décomposition. Mini-exercice, calculer Σ de k = 1 à n de 1/(k(k + 1)). Comme 1/(k(k + 1)) = 1/k − 1/(k + 1), la somme vaut 1 − 1/(n + 1) = n/(n + 1).

Somme double sur un triangle. Mini-exercice, compter les couples (i, j) d'entiers avec 1 ≤ i ≤ j ≤ n. Pour j fixé, i prend j valeurs, donc le total est Σ de j = 1 à n de j = n(n + 1)/2.

Exercices classiques corrigés

Choisis ton niveau. Difficulté indicative ; les exercices qui se suivent restent dans l'ordre.

Exercice 1. Vrai ou faux, avec négation

Classiques de khôlle et concours · Niveau khôlle

Pour chaque phrase, dire si elle est vraie et écrire sa négation. (a) ∀x ∈ R, ∃n ∈ N, n > x. (b) ∃M ∈ R, ∀x ∈ R, x² ≤ M. (c) ∀x ∈ R, (x² = 1 ⇒ x = 1). (d) ∀x ∈ R, ∀y ∈ R, (x < y ⇒ ∃z ∈ R, x < z < y).

Technique négation mécanique, puis un exemple ou un contre-exemple.

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  1. (a) vraie, si x < 0 l'entier n = 0 convient, sinon n = ⌊x⌋ + 1 convient. Négation, ∃x ∈ R, ∀n ∈ N, n ≤ x. 2. (b) fausse, pour M donné, x = |M| + 1 vérifie x² > M. Négation, ∀M ∈ R, ∃x ∈ R, x² > M, qui est vraie. 3. (c) fausse, x = −1 vérifie l'hypothèse et pas la conclusion. Négation, ∃x ∈ R, x² = 1 et x ≠ 1. 4. (d) vraie, z = (x + y)/2 convient. Négation, ∃x ∈ R, ∃y ∈ R, x < y et ∀z ∈ R, (z ≤ x ou z ≥ y).

piège : Nier une implication en niant les deux membres. La négation de P ⇒ Q est (P et non Q).

Exercice 2. Réciproque, contraposée, négation

Classiques de khôlle et concours · Niveau khôlle

Soit l'énoncé « si une suite réelle est croissante et majorée, alors elle converge ». Écrire sa réciproque, sa contraposée, sa négation. Laquelle est vraie, laquelle est fausse ?

Technique identifier P et Q, puis appliquer les définitions.

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  1. P est « croissante et majorée », Q est « converge ». 2. Réciproque, « si une suite converge, alors elle est croissante et majorée ». Fausse, la suite de terme général (−1)ⁿ/n converge vers 0 sans être croissante. 3. Contraposée, « si une suite ne converge pas, alors elle n'est pas croissante ou elle n'est pas majorée ». Vraie, comme l'énoncé initial, avec De Morgan pour nier le « et ». 4. Négation, « il existe une suite croissante, majorée et qui ne converge pas ». Fausse.

piège : Nier « croissante et majorée » par « décroissante et non majorée ». La négation de « croissante » est « non croissante », pas « décroissante ».

Exercice 3. Contraposée sur les réels

Classiques de khôlle et concours · Niveau khôlle

Soient a et b deux réels. Montrer que si a + b est irrationnel, alors a est irrationnel ou b est irrationnel.

Technique la contraposée transforme un énoncé négatif en un énoncé positif.

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  1. Contraposée, si a et b sont rationnels, alors a + b est rationnel. 2. Si a = p/q et b = r/s avec p, r entiers et q, s entiers non nuls, alors a + b = (ps + qr)/(qs), quotient d'un entier par un entier non nul. 3. Donc a + b est rationnel, ce qui démontre la contraposée, donc l'énoncé.

piège : Tenter un raisonnement direct à partir de « a + b irrationnel », hypothèse impossible à exploiter.

Exercice 4. Raisonnement par l'absurde

Classiques de khôlle et concours · Niveau khôlle

Montrer qu'il n'existe pas de plus petit réel strictement positif.

Technique supposer l'existence et construire un objet plus petit.

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  1. Supposons qu'il existe un réel m > 0 plus petit que tout réel strictement positif. 2. Le réel m/2 est strictement positif et strictement inférieur à m, car m > 0. 3. Cela contredit la minimalité de m. Conclusion, il n'existe pas de tel réel.

piège : Écrire « le plus petit réel strictement positif est 0 ». Zéro n'est pas strictement positif.

Exercice 5. Récurrence avec rang initial décalé

Classiques de khôlle et concours · Niveau khôlle

Montrer que pour tout entier n ≥ 4, 2ⁿ ≥ n².

Technique récurrence simple avec une inégalité intermédiaire polynomiale.

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  1. Initialisation, n = 4, 16 ≥ 16. 2. Hérédité, soit n ≥ 4 tel que 2ⁿ ≥ n². Alors 2ⁿ⁺¹ ≥ 2n². 3. Il suffit de montrer 2n² ≥ (n + 1)², soit n² − 2n − 1 ≥ 0, soit (n − 1)² ≥ 2, vrai dès que n ≥ 3. 4. Conclusion, l'inégalité est vraie pour tout n ≥ 4.

piège : Vouloir initialiser à n = 0 alors que la propriété est fausse à n = 3. Le rang initial fait partie de l'énoncé.

Exercice 6. Encadrement et monotonie d'une suite par récurrence

Classiques de khôlle et concours · Niveau khôlle

Soit u₀ = 1 et u₍ₙ₊₁₎ = √(2 + uₙ). Montrer que pour tout n, 0 ≤ uₙ ≤ 2, puis que la suite est croissante.

Technique récurrence sur l'encadrement, puis récurrence sur uₙ ≤ u₍ₙ₊₁₎.

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  1. Initialisation, 0 ≤ 1 ≤ 2. 2. Hérédité, si 0 ≤ uₙ ≤ 2, alors 2 ≤ 2 + uₙ ≤ 4, et par croissance de la racine, √2 ≤ u₍ₙ₊₁₎ ≤ 2, donc 0 ≤ u₍ₙ₊₁₎ ≤ 2. 3. Monotonie, propriété « uₙ ≤ u₍ₙ₊₁₎ ». Initialisation, u₁ = √3 ≥ 1. Hérédité, si uₙ ≤ u₍ₙ₊₁₎, alors 2 + uₙ ≤ 2 + u₍ₙ₊₁₎, et la racine étant croissante, u₍ₙ₊₁₎ ≤ u₍ₙ₊₂₎. 4. Conclusion, la suite est croissante et majorée par 2.

piège : Prouver la croissance par le signe de u₍ₙ₊₁₎ − uₙ sans savoir où vit uₙ. L'encadrement doit venir d'abord.

Exercice 7. Récurrence double

Classiques de khôlle et concours · Niveau écrit Ecricome

Soit u₀ = 2, u₁ = 5 et u₍ₙ₊₂₎ = 5u₍ₙ₊₁₎ − 6uₙ. Montrer que pour tout n, uₙ = 2ⁿ + 3ⁿ.

Technique récurrence double, on suppose la formule à deux rangs consécutifs.

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  1. Initialisation, 2⁰ + 3⁰ = 2 et 2 + 3 = 5. 2. Hérédité, soit n tel que uₙ = 2ⁿ + 3ⁿ et u₍ₙ₊₁₎ = 2ⁿ⁺¹ + 3ⁿ⁺¹. Alors u₍ₙ₊₂₎ = 5(2ⁿ⁺¹ + 3ⁿ⁺¹) − 6(2ⁿ + 3ⁿ) = 2ⁿ(10 − 6) + 3ⁿ(15 − 6) = 4 × 2ⁿ + 9 × 3ⁿ = 2ⁿ⁺² + 3ⁿ⁺². 3. Conclusion pour tout n.

piège : Initialiser à un seul rang. Une récurrence double exige deux initialisations, sinon l'hérédité ne démarre pas.

Exercice 8. Une somme par deux méthodes

Classiques de khôlle et concours · Niveau écrit Ecricome

Montrer que pour tout n ≥ 1, Σ de k = 1 à n de k × k! = (n + 1)! − 1, par récurrence puis par télescopage.

Technique récurrence avec la relation (n + 1)! = (n + 1) × n!, puis remarquer k × k! = (k + 1)! − k!.

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  1. Initialisation, 1 × 1! = 1 = 2! − 1. 2. Hérédité, (n + 1)! − 1 + (n + 1)(n + 1)! = (n + 1)!(1 + n + 1) − 1 = (n + 2)! − 1. 3. Télescopage, k × k! = (k + 1)k! − k! = (k + 1)! − k!, donc la somme vaut (n + 1)! − 1!.

piège : Écrire (n + 1)! = n! + 1. La factorielle se construit par produit, pas par somme.

Exercice 9. Somme double

Classiques de khôlle et concours · Niveau écrit BCE, EDHEC ou emlyon

Calculer S = Σ pour 1 ≤ i ≤ j ≤ n de i.

Technique sommer d'abord sur i à j fixé, puis utiliser les formules du cours.

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  1. Pour j fixé, Σ de i = 1 à j de i = j(j + 1)/2. 2. Donc S = (1/2) Σ de j = 1 à n de (j² + j) = (1/2)[n(n + 1)(2n + 1)/6 + n(n + 1)/2]. 3. On factorise par n(n + 1)/2, S = (n(n + 1)/4)[(2n + 1)/3 + 1] = n(n + 1)(2n + 4)/12 = n(n + 1)(n + 2)/6. 4. Contrôle, n = 2 donne 1 + 1 + 2 = 4 et la formule donne 2 × 3 × 4/6 = 4.

piège : Sommer sur i de 1 à n sans tenir compte de la contrainte i ≤ j.

Exercice 10. Récurrence forte

Classiques de khôlle et concours · Niveau écrit BCE, EDHEC ou emlyon

Soit u₀ = 1 et, pour n ≥ 0, u₍ₙ₊₁₎ = u₀ + u₁ + … + uₙ. Montrer que pour tout n ≥ 1, uₙ = 2ⁿ⁻¹.

Technique récurrence forte, car le terme suivant dépend de tous les précédents.

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  1. Initialisation, u₁ = u₀ = 1 = 2⁰. 2. Hérédité, soit n ≥ 1 tel que uₖ = 2ᵏ⁻¹ pour tout k de 1 à n. Alors u₍ₙ₊₁₎ = u₀ + Σ de k = 1 à n de 2ᵏ⁻¹ = 1 + (2ⁿ − 1) = 2ⁿ. 3. Conclusion pour tout n ≥ 1. Le terme u₀ = 1 ne suit pas la formule, ce qui justifie le rang de départ.

piège : Utiliser une récurrence simple alors que u₍ₙ₊₁₎ dépend de u₀, …, uₙ et pas seulement de uₙ.

Exercice 11. Renforcer l'hypothèse de récurrence

Classiques de khôlle et concours · Niveau écrit BCE, ESSEC ou HEC

Montrer que pour tout n ≥ 1, Σ de k = 1 à n de 1/k² ≤ 2 − 1/n. En déduire que cette somme est majorée par 2.

Technique la propriété plus forte se propage, la propriété faible ne se propage pas.

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  1. Initialisation, 1 ≤ 2 − 1. 2. Hérédité, si la somme jusqu'à n est au plus 2 − 1/n, alors la somme jusqu'à n + 1 est au plus 2 − 1/n + 1/(n + 1)². 3. Il suffit que 1/(n + 1)² ≤ 1/n − 1/(n + 1) = 1/(n(n + 1)), soit n ≤ n + 1, vrai. 4. Conclusion, puis 2 − 1/n ≤ 2. Remarque, une récurrence directe sur « somme ≤ 2 » échoue, l'hypothèse ne donne rien sur la somme suivante.

piège : Croire qu'une hypothèse plus forte rend la récurrence plus difficile. C'est souvent l'inverse.

Erreurs fréquentes

  1. Écrire une chaîne de ⇔ alors qu'une étape n'est qu'une ⇒, en particulier après une élévation au carré ou une multiplication par une quantité qui peut être nulle.
  2. Confondre réciproque et contraposée. Seule la contraposée est équivalente à l'implication.
  3. Supposer « la propriété est vraie pour tout n » dans l'hérédité, ou oublier l'initialisation, ou initialiser au mauvais rang.
  4. Se tromper d'une unité sur le nombre de termes d'une somme, ou oublier le cas q = 1 d'une somme géométrique.
  5. Utiliser les quantificateurs comme abréviations dans une phrase française, ce que le programme exclut explicitement.

Fiche de cours rédigée à partir du programme officiel d'ECG, mathématiques appliquées de première année, premier semestre, partie I « Raisonnement et vocabulaire ensembliste », sections « Éléments de logique » et « Raisonnement par récurrence », y compris les notations somme et produit. Le vocabulaire des ensembles et des applications fait l'objet de la fiche suivante.