Le cours
Résumé en cinq points
- Un système pluritechnologique se lit à travers trois réalités : le besoin exprimé dans le cahier des charges, le modèle virtuel qui simule, le système matériel qui se mesure. L'ingénieur compare les performances et réduit les écarts.
- Le besoin se traduit en exigences vérifiables, chacune associée à un critère et à un niveau. SysML structure ces exigences, et sa syntaxe n'est pas exigible.
- L'analyse du cycle de vie couvre extraction, fabrication, transport, utilisation, fin de vie et recyclage. Elle sert à repérer l'étape qui domine l'impact.
- La chaîne d'information acquiert, traite et communique. La chaîne de puissance alimente, module, convertit, transmet et agit. Moduler dose l'énergie, convertir en change la nature.
- Les chaînes sont liées soit en boucle, dans un système asservi qui compare la sortie à une consigne, soit par une succession d'états déclenchés par des événements, dans un système séquentiel.
Pourquoi ce chapitre
Les sciences industrielles de l'ingénieur ne partent pas d'une équation mais d'un objet réel : un portail motorisé, un robot, une direction assistée. Avant de modéliser ou de calculer, il faut savoir à quoi sert le système, ce qu'on attend de lui et comment il est organisé. Ce chapitre donne ce vocabulaire.
Il sert dans toutes les épreuves, car chaque sujet de concours commence par une présentation du système, un extrait de cahier des charges et des diagrammes à lire. Un candidat qui sait lire une exigence, repérer une chaîne fonctionnelle et dire quelle performance est demandée gagne les premières questions en quelques minutes. Il sait surtout ce qu'il cherche dans la suite du sujet.
1Système pluritechnologique et démarche de l'ingénieur
1.1Système pluritechnologique
Définition 1.1Système pluritechnologique
Un système est un ensemble organisé de constituants qui interagissent pour satisfaire un besoin. Il est dit pluritechnologique quand il mobilise plusieurs formes d'énergie (électrique, mécanique, hydraulique, pneumatique, thermique) et plusieurs technologies (électronique, informatique, mécanique).
Les systèmes étudiés sont aussi communicants : ils échangent des informations avec l'utilisateur ou avec d'autres systèmes.
Exemple 1.2Portail coulissant motorisé
- Il reçoit un ordre d'une télécommande par radio.
- Une carte électronique décide de l'ouverture.
- Un moteur électrique entraîne un pignon qui engrène sur une crémaillère fixée au vantail.
- Des capteurs de fin de course et des cellules photoélectriques informent la carte.
1.2Les trois réalités d'un système et les écarts
Le programme organise l'étude d'un système autour de trois réalités imbriquées.
- La réalité du besoin, traduite dans le cahier des charges défini avec un client. Elle donne les performances attendues.
- La réalité virtuelle, c'est-à-dire un modèle qui permet de simuler le comportement du système. Elle donne les performances simulées.
- La réalité matérielle, le système réel sur lequel on mesure. Elle donne les performances mesurées.
La démarche de l'ingénieur consiste à comparer ces trois familles de performances.
- L'écart entre attendu et mesuré dit si le système répond au besoin.
- L'écart entre mesuré et simulé dit si le modèle est fidèle.
- L'écart entre attendu et simulé dit si la solution envisagée, telle que modélisée, peut répondre au besoin.
On optimise ensuite le modèle et le système pour faire converger ces performances. Presque toutes les questions d'un sujet de concours se rangent dans l'un de ces trois écarts, et il est utile de dire lequel on est en train d'évaluer.
2Analyser le besoin et les exigences
2.1Ingénierie système et diagrammes associés
L'ingénierie système est une démarche qui décrit un système de façon globale, du besoin jusqu'à la fin de vie, à l'aide de modèles partagés par tous les métiers. Le langage le plus répandu est SysML, pour Systems Modeling Language.
Remarque
La connaissance de la syntaxe d'un langage d'ingénierie système n'est pas exigible. La structure des diagrammes est fournie, et on demande de les lire ou de les compléter.
Les diagrammes rencontrés dans ce chapitre sont les suivants.
- Le diagramme de contexte place le système au centre et les éléments extérieurs autour : utilisateur, environnement, autres systèmes.
- Le diagramme des cas d'utilisation représente les services rendus aux acteurs extérieurs, sous forme d'ovales reliés à des acteurs.
- Le diagramme des exigences liste les exigences sous forme de blocs, chacune avec un identifiant et un texte. Elles sont reliées entre elles par des liens de décomposition ou de raffinement, et reliées aux éléments qui les satisfont.
Les diagrammes de définition de blocs et de bloc interne, qui décrivent la structure, et le diagramme d'états, qui décrit le comportement séquentiel, viennent plus tard dans l'année.
2.2Cahier des charges
Définition 2.1Cahier des charges
Le cahier des charges est le document contractuel qui fixe ce que le client attend. Il énonce les fonctions à remplir et les contraintes à respecter, sans imposer de solution technique.
Il sert deux fois :
- en conception, il guide le choix des solutions ;
- en validation, il sert de référence pour juger les performances simulées ou mesurées.
2.3Traduire un besoin fonctionnel en exigences
Le besoin est exprimé par le client dans ses mots, par exemple « je veux ouvrir mon portail sans descendre de voiture ». L'ingénieur le traduit en exigences, c'est-à-dire en énoncés précis, vérifiables et indépendants de la solution.
Définition 2.2Exigence fonctionnelle et non fonctionnelle
Une exigence fonctionnelle dit ce que le système doit faire : « le système doit permettre l'ouverture du portail à distance ».
Une exigence non fonctionnelle, ou contrainte, dit dans quelles conditions : « le système doit s'arrêter en présence d'un obstacle », « le système doit fonctionner entre et degrés Celsius ».
Exemple 2.3Exigence vérifiable
« Le portail doit s'ouvrir rapidement » n'est pas vérifiable. « Le portail doit s'ouvrir en moins de » l'est.
2.4Qualifier et quantifier les exigences, critères et niveaux
Définition 2.4Critère et niveau
Pour rendre une exigence vérifiable, on lui associe un critère, grandeur qui permet de juger, et un niveau, valeur attendue du critère, souvent avec une tolérance ou une limite.
Pour le portail, le critère « durée d'ouverture » a le niveau « inférieure à ». Le critère « effort sur un obstacle » a pour niveau une valeur maximale de quelques centaines de newtons, fixée par la réglementation de sécurité.
On distingue souvent trois familles de critères, qui reviendront toute l'année pour les systèmes asservis :
- la stabilité : le système ne diverge pas et n'oscille pas trop ;
- la précision : la sortie atteint la valeur voulue ;
- la rapidité : elle l'atteint assez vite.
À retenir
Qualifier une exigence, c'est dire à quelle famille elle appartient. La quantifier, c'est lui donner un niveau chiffré.
3Impact environnemental et analyse du cycle de vie
3.1Domaines d'application et critères technico-économiques et environnementaux
Le programme demande de définir les domaines d'application d'un système, c'est-à-dire les conditions d'usage prévues (lieu, climat, fréquence d'utilisation, type d'utilisateur), et les critères qui permettent de comparer les solutions. Ces critères sont :
- techniques : performances, masse, encombrement ;
- économiques : coût d'achat, coût d'usage, coût de maintenance ;
- environnementaux : consommation d'énergie, matières utilisées, émissions, recyclabilité.
Exemple 3.1Vélo à assistance électrique
Au sens de la réglementation européenne, un vélo à assistance électrique a un moteur de puissance nominale continue d'au plus , et l'assistance doit se couper au-delà de . Au-delà, il change de catégorie et d'obligations. Le domaine d'application impose donc directement des niveaux de critères.
3.2Analyse du cycle de vie
Définition 3.2Analyse du cycle de vie
L'analyse du cycle de vie évalue l'impact environnemental d'un produit sur toutes les étapes de sa vie.
Le programme en cite six, qu'il faut savoir nommer :
- l'extraction des matières premières ;
- la fabrication ;
- l'utilisation ;
- la fin de vie ;
- le recyclage ;
- le transport, qui n'est pas une étape de plus dans la chronologie mais intervient entre toutes les autres.
Pour chaque étape, on recense les flux entrants (énergie et matières) et sortants (déchets et émissions). On les traduit en indicateurs : émissions de gaz à effet de serre en kilogrammes équivalent , consommation d'eau, épuisement des ressources.
L'intérêt est de repérer l'étape dominante, qui dépend fortement du produit.
- Pour un appareil électronique portable, l'essentiel de l'empreinte carbone vient de la fabrication, en particulier des composants électroniques et de l'écran. Prolonger la durée d'usage est le levier principal.
- Pour un véhicule thermique ou un appareil de chauffage, c'est l'utilisation qui domine. L'efficacité énergétique est le levier principal.
Une conclusion d'analyse du cycle de vie n'a de sens qu'avec cette hiérarchie.
3.3Évaluer l'impact environnemental et sociétal
Il s'agit de prendre en compte les exigences liées au développement durable et de sensibiliser aux aspects sociétaux. Concrètement, on attend de savoir :
- formuler des exigences environnementales : « la consommation en veille doit être inférieure à » ;
- discuter un choix de solution sous cet angle : réparabilité, pièces standard, matériaux recyclables ;
- identifier des effets sociétaux : sécurité des usagers, accessibilité, emploi, dépendance à une ressource.
Attention
Une réponse de concours sur ce point reste argumentée et reliée au système étudié, jamais générale.
4Chaînes fonctionnelles
4.1Architecture d'une chaîne fonctionnelle
Définition 4.1Chaîne fonctionnelle
Une chaîne fonctionnelle est l'ensemble des constituants qui concourent à une tâche du système, par exemple « déplacer le vantail ». On la décompose en deux chaînes qui travaillent ensemble :
- la chaîne d'information élabore les ordres à partir des informations reçues ;
- la chaîne de puissance transforme l'énergie pour agir sur la matière d'œuvre, ici le vantail.
Les ordres passent de la chaîne d'information à la chaîne de puissance. Les informations sur l'état de la matière d'œuvre reviennent vers la chaîne d'information par des capteurs.
Les chaînes fonctionnelles peuvent être à lire ou à compléter avec les éléments fournis. On attend donc de savoir placer un constituant dans la bonne case et nommer sa fonction.
4.2Chaîne d'information, acquérir, traiter, communiquer
- Acquérir. Transformer une grandeur physique en information exploitable. C'est le rôle des capteurs et des interfaces homme-machine (bouton, écran tactile, télécommande). Un codeur incrémental sur l'arbre moteur mesure une position angulaire, une cellule photoélectrique détecte un obstacle, un capteur de fin de course signale que le vantail est en butée.
- Traiter. Élaborer des ordres à partir des informations et d'une consigne. C'est le rôle d'une unité de traitement (microcontrôleur, automate programmable, carte électronique), qui exécute un programme.
- Communiquer. Échanger des informations avec l'utilisateur ou d'autres systèmes : voyant, afficheur, liaison radio, bus de terrain, liaison sans fil.
4.3Chaîne de puissance, alimenter, moduler, convertir, transmettre, agir
- Alimenter. Fournir l'énergie au système à partir d'une source : réseau électrique, batterie, réservoir d'air comprimé. On y associe souvent l'adaptation, un transformateur ou une alimentation qui fournit une tension continue.
- Moduler, ou distribuer. Doser l'énergie envoyée à l'actionneur selon les ordres reçus. C'est le rôle du préactionneur : variateur de vitesse, hacheur, relais, contacteur, distributeur pneumatique.
- Convertir. Changer la nature de l'énergie. C'est le rôle de l'actionneur : moteur électrique qui convertit l'énergie électrique en énergie mécanique de rotation, vérin qui convertit l'énergie pneumatique ou hydraulique en énergie mécanique de translation.
- Transmettre. Adapter et acheminer l'énergie mécanique jusqu'à l'effecteur, en modifiant vitesse, effort ou nature du mouvement : réducteur à engrenages, poulies et courroie, pignon et crémaillère, système vis-écrou.
- Agir. Agir sur la matière d'œuvre. C'est le rôle de l'effecteur : la pince d'un robot, la roue d'un véhicule, le vantail lui-même.
Exemple 4.2Chaîne de puissance du portail coulissant
- L'alimentation secteur est adaptée en basse tension continue.
- Une carte de puissance module l'énergie envoyée au moteur à courant continu.
- Le moteur la convertit en rotation.
- Un réducteur à roue et vis sans fin, puis un pignon et une crémaillère, transmettent et transforment la rotation en translation.
- Le vantail agit en fermant l'accès.
Ordres de grandeur : un moteur de quelques centaines de watts, une vitesse de vantail de l'ordre de à , un vantail de quelques centaines de kilogrammes.
Attention
Ne pas confondre moduler et convertir. Le variateur ne change pas la nature de l'énergie, qui reste électrique, il en dose la quantité. Le moteur, lui, la convertit.
4.4Associer les fonctions aux constituants, architecture fonctionnelle et structurelle
Définition 4.3Architectures fonctionnelle et structurelle
L'architecture fonctionnelle décrit ce que fait le système, sous forme de fonctions reliées par des flux, sans dire comment. L'architecture structurelle, ou organique, décrit de quoi il est fait : les constituants physiques et leurs liaisons.
Associer les fonctions aux constituants, c'est faire correspondre les deux, en disant pour chaque fonction quel constituant la réalise. Une même fonction peut demander plusieurs constituants, et un constituant peut participer à plusieurs fonctions, une carte électronique qui traite et communique par exemple.
Le programme de PCSI demande aussi, dès le premier semestre en travaux pratiques, de repérer sur un système réel les constituants qui réalisent les principales fonctions des chaînes fonctionnelles. La démarche est la même que sur un schéma :
- suivre le trajet de l'énergie depuis la prise ou la batterie jusqu'à l'effecteur ;
- suivre le trajet de l'information depuis chaque capteur jusqu'à l'unité de traitement.
Sur le portail, on repère ainsi le bloc d'alimentation, la carte de commande, le moteur, le réducteur, le pignon, la crémaillère, les cellules et les fins de course.
5Liens entre les chaînes fonctionnelles, systèmes asservis et séquentiels
5.1Système asservi
Définition 5.1Système asservi
Dans un système asservi, la chaîne d'information compare en permanence la grandeur de sortie, mesurée par un capteur, à une consigne, et agit sur la chaîne de puissance pour réduire l'écart. Le lien entre les deux chaînes forme une boucle : c'est la chaîne de retour.
Exemples : le régulateur de vitesse d'une voiture, qui maintient la vitesse malgré une côte, ou la direction assistée électrique, qui ajuste le couple d'assistance en fonction du couple mesuré sur le volant.
Le programme de ce premier semestre demande d'identifier cette structure et son vocabulaire :
- grandeurs d'entrée et de sortie ;
- capteur, chaîne directe, chaîne de retour ;
- commande, comparateur, consigne, correcteur, perturbation.
Il demande aussi de distinguer la poursuite, qui suit une consigne qui varie, et la régulation, qui maintient une sortie constante malgré des perturbations. Ce vocabulaire est posé ici et travaillé en détail dans le chapitre consacré aux systèmes asservis.
5.2Système séquentiel
Définition 5.2Système séquentiel
Dans un système séquentiel, le comportement est une suite d'états distincts, et le passage d'un état au suivant est déclenché par des événements.
Le portail en donne l'exemple, avec les états fermé, en ouverture, ouvert, en fermeture.
- Un appui sur la télécommande fait passer de fermé à en ouverture.
- Le contact de fin de course fait passer de en ouverture à ouvert.
- La détection d'un obstacle pendant la fermeture fait repartir en ouverture.
La chaîne d'information décide des transitions, la chaîne de puissance exécute les actions associées à chaque état. Ce comportement se décrit par un diagramme d'états, étudié au second semestre.
5.3Fonctions asservies et fonctions séquentielles d'un même système
La plupart des systèmes réels combinent les deux. Le portail est séquentiel dans sa logique globale, mais pendant la phase d'ouverture la vitesse du moteur peut être asservie pour ralentir en fin de course. Savoir dire, pour une fonction donnée, si elle relève d'un comportement asservi (grandeur continue comparée à une consigne) ou séquentiel (succession d'états) est un attendu direct du programme.
Méthodes
MéthodeDémarche face à un système nouveau
- Commencer par la question « à quoi sert-il et pour qui ? », puis repérer la matière d'œuvre sur laquelle il agit. Toute la suite en découle.
- En début de sujet, noter pour chaque question lequel des trois écarts elle évalue : attendu contre simulé, attendu contre mesuré, simulé contre mesuré.
MéthodeAnalyser une exigence
- Chercher systématiquement le critère et le niveau.
- Si le niveau manque, l'exigence n'est pas vérifiable.
MéthodeRemplir une chaîne fonctionnelle
- Partir de l'effecteur et remonter la chaîne de puissance jusqu'à la source.
- Placer les capteurs en se demandant quelle information chacun renvoie.
- Distinguer préactionneur et actionneur par une seule question : l'énergie change-t-elle de nature ? Si oui, c'est un actionneur.
MéthodeQuestion d'analyse du cycle de vie
- Identifier l'étape dominante.
- Proposer ensuite une amélioration portant sur cette étape.
Ce qu'il faut savoir refaire en khôlle
- Présenter un système réel donné en photographie, son besoin, sa matière d'œuvre et ses principales fonctions.
- Traduire un besoin exprimé en langage courant en deux ou trois exigences vérifiables, avec critères et niveaux.
- Lire un diagramme des exigences ou de cas d'utilisation fourni et en extraire les performances à vérifier.
- Citer les étapes du cycle de vie et dire, pour un produit donné, laquelle domine l'impact, en le justifiant.
- Compléter la chaîne d'information et la chaîne de puissance d'un système, en plaçant chaque constituant sous la bonne fonction, et distinguer architecture fonctionnelle et architecture structurelle.
- Expliquer la différence entre système asservi et système séquentiel sur un exemple, et reconnaître la chaîne de retour d'un asservissement.
- Situer une question de sujet dans la démarche des trois réalités : besoin, modèle, système réel.
Méthodes et exercices
Les résultats à connaître
Ce chapitre n'a pas de théorème. Ses « résultats » sont des modèles d'organisation et quelques relations de puissance, utilisées pour vérifier un niveau d'exigence.
- Démarche des trois réalités (besoin, virtuelle, matérielle) et des trois écarts (attendu et mesuré, mesuré et simulé, attendu et simulé) : exigible, il faut savoir situer une question.
- Structure d'une exigence (identifiant, texte, critère, niveau, éventuellement une tolérance) : exigible. La syntaxe SysML n'est pas exigible, la structure des diagrammes est fournie.
- Liens d'un diagramme des exigences (décomposition, raffinement, satisfaction par un bloc) : à savoir lire et compléter, syntaxe non exigible.
- Les six étapes de l'analyse du cycle de vie (extraction, fabrication, utilisation, fin de vie, recyclage, transport) : exigible, à citer sans hésiter.
- Chaîne d'information (acquérir, traiter, communiquer) et chaîne de puissance (alimenter, moduler, convertir, transmettre, agir) : exigible, lecture et complétion.
- Puissance électrique en régime continu, P = U I. Puissance mécanique en rotation, P = C ω avec ω en rad/s. En translation, P = F v. Pour un vérin, F = p S et v = Q/S, d'où P = p Q : relations de physique, mobilisées ici sans démonstration.
- Rendement d'un constituant, η = puissance de sortie / puissance d'entrée, avec 0 < η ≤ 1, en régime permanent : exigible.
- Rendement global d'une chaîne de constituants en série égal au produit des rendements : exigible avec justification, hypothèses régime permanent et aucune dérivation de puissance entre les constituants.
- Pignon et crémaillère, v = R ω (roulement sans glissement, R rayon primitif). Réducteur de rapport k, ω_sortie = k ω_entrée : usage direct ici, étude complète dans le chapitre sur les transmissions.
- Distinction système asservi et système séquentiel, poursuite et régulation : exigible.
- Hors programme signalé : syntaxe SysML, méthodologie normalisée de l'ACV et pondération des indicateurs, choix technologique détaillé des capteurs.
Clés de démonstration
Aucune démonstration n'est exigible au sens mathématique. Quatre justifications reviennent pourtant en khôlle et doivent se dire en trois phrases.
Rendement global. On écrit P₁ = η₁ P₀, P₂ = η₂ P₁, et ainsi de suite jusqu'à la puissance utile. En enchaînant ces égalités, les puissances intermédiaires disparaissent (c'est un télescopage) et il reste P_utile = η₁ η₂ … ηₙ P₀. L'astuce : cela suppose que toute la puissance sortant d'un constituant entre dans le suivant. Un ventilateur branché sur la même alimentation casse l'hypothèse.
Effort en sortie d'une transmission. La puissance se conserve au rendement près, donc Cs ωs = η Ce ωe. Avec ωs = k ωe, on obtient Cs = η Ce / k. L'astuce : un réducteur (k < 1) multiplie le couple autant qu'il divise la vitesse, aux pertes près.
Préactionneur ou actionneur. On regarde la nature de l'énergie à l'entrée et à la sortie du constituant. Si elle change (électrique vers mécanique), c'est une conversion, donc un actionneur. Si elle reste la même mais que sa quantité est dosée par un ordre, c'est une modulation.
Vérifiabilité d'une exigence. Une exigence est vérifiable si l'on peut imaginer un essai ou une simulation dont le résultat se compare sans ambiguïté au niveau. Si le niveau manque, aucun essai ne peut conclure. L'astuce : se demander quelle mesure ou quel essai trancherait. Le critère est la grandeur mesurée ou observée, avec son unité quand il en a une (un taux ou un nombre de cycles n'en ont pas), et le niveau est la valeur ou la condition à atteindre.
Exemples et contre-exemples à connaître
- Le transformateur d'une alimentation n'est pas un actionneur. L'énergie reste électrique, il adapte la tension et relève de la fonction alimenter.
- Le pignon et la crémaillère changent la nature du mouvement (rotation vers translation) sans changer la nature de l'énergie, qui reste mécanique. C'est transmettre, pas convertir.
- Le distributeur d'un vérin pneumatique est le préactionneur, le vérin est l'actionneur. C'est le pendant pneumatique du couple variateur et moteur.
- Le moteur d'un vélo à assistance électrique qui recharge la batterie en descente fonctionne en génératrice. Le même constituant convertit dans l'autre sens, la fonction dépend du sens du flux d'énergie.
- « Le robot doit être silencieux » n'est pas une exigence vérifiable. « Niveau sonore inférieur à 60 dB(A) mesuré à un mètre » l'est.
- Un écran tactile acquiert (appui du doigt) et communique (affichage). Un constituant peut porter plusieurs fonctions.
- Un radiateur piloté par un thermostat relève de la régulation : la consigne est fixe, les perturbations (fenêtre ouverte) sont compensées.
- Le bras d'un robot qui suit une trajectoire programmée relève de la poursuite : la consigne varie dans le temps.
- Un appareil électronique portable et un appareil de chauffage ont des étapes dominantes opposées dans leur cycle de vie. Le levier d'amélioration n'est donc pas le même.
Techniques du chapitre
Technique 1, extraire critère et niveau. Mini-exercice : « le drone doit tenir longtemps en l'air ». Critère : autonomie en vol stationnaire, en minutes. Niveau : au moins 25 min, charge utile embarquée. La condition d'essai fait partie du niveau.
Technique 2, remonter la chaîne de puissance depuis l'effecteur. Mini-exercice : store banne motorisé. Agir : la toile. Transmettre : le tube d'enroulement et le réducteur intégré. Convertir : le moteur tubulaire. Moduler : les relais de la carte. Alimenter : le secteur.
Technique 3, le test de la nature de l'énergie. Mini-exercice : dans un arrosage automatique, l'électrovanne est-elle un actionneur ? Elle reçoit un ordre électrique et laisse passer ou non l'eau sous pression sans en changer la nature. Elle module l'énergie hydraulique, c'est un préactionneur.
Technique 4, vérifier un niveau par ordre de grandeur. Mini-exercice : un vantail de 4,5 m avance à 0,15 m/s, l'exigence est « ouverture en moins de 20 s ». Durée à vitesse constante, 4,5 / 0,15 = 30 s. L'exigence n'est pas satisfaite, sans même compter les phases d'accélération.
Technique 5, puissance à fournir via le rendement global. Mini-exercice : puissance utile 60 W, rendement global 0,4. La source doit fournir 60 / 0,4 = 150 W. On divise par le rendement quand on remonte vers la source.
Technique 6, trancher asservi ou séquentiel. Mini-exercice : un ascenseur. Le choix de l'étage et l'ouverture des portes forment une suite d'états, donc du séquentiel. La vitesse de la cabine, mesurée et comparée à un profil, est asservie.
Technique 7, situer une question dans les trois écarts. Mini-exercice : « comparer la courbe simulée à la courbe relevée sur le banc ». C'est l'écart simulé et mesuré, il juge la fidélité du modèle, pas le respect du cahier des charges.
Exercices classiques corrigés
Choisis ton niveau. Difficulté indicative ; les exercices qui se suivent restent dans l'ordre.
Exercice 1
Classiques de khôlle et concours · Khôlle
On présente une trottinette électrique en libre-service. Décrire son besoin, sa matière d'œuvre, deux cas d'utilisation et ses éléments de contexte.
Technique la question « à quoi sert-il et pour qui ».
Voir le corrigé
- Besoin : permettre à un usager de se déplacer sur quelques kilomètres en ville sans effort physique important.
- Matière d'œuvre : l'usager lui-même, qu'on déplace, et non la trottinette.
- Cas d'utilisation : se déplacer, déverrouiller par téléphone, être rechargée par l'opérateur.
- Contexte : usager, opérateur, chaussée, piétons, réseau de téléphonie, réglementation de la vitesse.
piège : Prendre le système pour la matière d'œuvre, ou oublier l'opérateur qui est un acteur à part entière.
Exercice 2
Classiques de khôlle et concours · Khôlle
Un client dit : « je veux que mon store se replie tout seul quand il y a du vent ». Proposer trois exigences vérifiables.
Technique critère et niveau, sans imposer de solution.
Voir le corrigé
- Exigence fonctionnelle : le système doit replier la toile au-delà d'un seuil de vent. Critère : vitesse du vent. Niveau : repli déclenché dès qu'elle dépasse une valeur fixée par le fabricant de la toile, par exemple 40 km/h.
- Exigence de rapidité : critère, durée entre le dépassement du seuil et la fin du repli. Niveau : au plus 60 s.
- Exigence d'autonomie de fonctionnement : le repli doit se faire sans aucune action de l'utilisateur. Critère : taux de replis complets réussis sans intervention humaine lors d'essais de dépassement du seuil. Niveau : 100 % (par exemple 10 essais réussis sur 10).
piège : Écrire « le store doit posséder un anémomètre ». C'est une solution, pas une exigence.
Exercice 3
Classiques de khôlle et concours · Khôlle
Le diagramme des exigences d'un robot aspirateur contient les blocs suivants. Id 1 « nettoyer le sol d'un logement ». Id 1.1 « autonomie d'au moins 90 min ». Id 1.2 « niveau sonore au plus 65 dB(A) à un mètre ». Id 1.3 « franchir les seuils de porte ». Id 1.3 est raffiné par Id 1.3.1 « hauteur de seuil franchissable au moins 15 mm ». Un bloc « batterie lithium-ion » est relié à Id 1.1 par un lien de satisfaction. Analyser.
Technique lecture d'un diagramme fourni.
Voir le corrigé
- Id 1 est décomposée en trois sous-exigences 1.1, 1.2 et 1.3.
- Id 1.1 et 1.2 sont quantifiées (critère durée en minutes, critère niveau sonore en dB(A)).
- Id 1.3 n'est pas vérifiable seule. Son raffinement 1.3.1 lui donne un critère, la hauteur, et un niveau, 15 mm.
- La batterie est le constituant proposé pour satisfaire l'autonomie. On devra le vérifier par le calcul ou l'essai.
piège : Confondre décomposer (découper une exigence en plusieurs) et raffiner (rendre une exigence précise et chiffrée).
Exercice 4
Classiques de khôlle et concours · Khôlle
Une barrière levante de parking comporte : alimentation secteur, carte de commande à microcontrôleur, pont de transistors, moteur à courant continu, réducteur à roue et vis sans fin, lisse (bras), boucle magnétique au sol, lecteur de ticket, capteurs de fin de course, feu bicolore. Ranger chaque constituant.
Technique remonter la chaîne de puissance, puis suivre les informations.
Voir le corrigé
- Alimenter : alimentation secteur. Moduler : pont de transistors. Convertir : moteur. Transmettre : réducteur. Agir : lisse.
- Acquérir : boucle magnétique (présence d'un véhicule), lecteur de ticket (droit de passage), fins de course (lisse en butée).
- Traiter : carte à microcontrôleur.
- Communiquer : feu bicolore vers le conducteur.
piège : Placer la boucle magnétique sous « traiter » parce qu'elle est reliée à un boîtier électronique. Elle transforme la présence d'une masse métallique en signal, elle acquiert.
Exercice 5
Classiques de khôlle et concours · D'après un écrit CCINP PSI
La lisse doit pivoter de 90° en au plus 3 s. Le moteur tourne à 3 000 tr/min et le réducteur a un rapport k = 1/300. Vérifier l'exigence, puis dire quelle durée d'accélération reste admissible.
Technique ordre de grandeur, puis profil de vitesse.
Voir le corrigé
- Vitesse du moteur, 3 000 tr/min = 50 tr/s. Vitesse de la lisse, 50/300 = 1/6 tr/s, soit 60°/s.
- À vitesse constante, 90° prennent 1,5 s. C'est inférieur à 3 s.
- Avec un profil trapézoïdal symétrique (accélération de durée tₐ, palier, décélération de durée tₐ), l'angle parcouru vaut ω (T − tₐ), donc T = θ/ω + tₐ = 1,5 + tₐ.
- L'exigence T ≤ 3 s impose tₐ ≤ 1,5 s. La marge est confortable.
piège : Oublier de convertir les tours en degrés, ou conclure sur la seule phase à vitesse constante sans discuter les phases transitoires.
Exercice 6
Classiques de khôlle et concours · D'après un écrit CCINP PSI
Un portail coulissant subit un effort résistant de 400 N et doit avancer à 0,15 m/s. Rendements : carte de puissance 0,95, moteur 0,80, réducteur roue et vis 0,50, pignon et crémaillère 0,90. Le pignon a un rayon primitif de 20 mm. Calculer la puissance utile, la puissance appelée à l'alimentation et la vitesse du pignon.
Technique rendement global et relations de puissance.
Voir le corrigé
- Puissance utile, Pu = F v = 400 × 0,15 = 60 W.
- Rendement global, 0,95 × 0,80 × 0,50 × 0,90 ≈ 0,342.
- Puissance appelée, 60 / 0,342 ≈ 175 W.
- Puissance mécanique en sortie du moteur, 60 / (0,50 × 0,90) ≈ 133 W. C'est elle qui sert à choisir le moteur.
- Vitesse du pignon, ω = v/R = 0,15 / 0,020 = 7,5 rad/s, soit environ 72 tr/min.
- Commentaire : le rendement faible du réducteur à roue et vis s'accompagne souvent d'irréversibilité, ce qui empêche de pousser le vantail à la main. C'est un choix de sécurité, pas un défaut.
piège : Additionner les rendements, ou multiplier par le rendement en remontant vers la source au lieu de diviser.
Exercice 7
Classiques de khôlle et concours · Type écrit e3a
Deux perceuses-visseuses à batterie, utilisées de la même façon chaque année, sont comparées (valeurs fictives, en kg équivalent CO₂). Modèle A : fabrication 60, transport 5, utilisation 15, fin de vie 5, durée de vie 5 ans. Modèle B, réparable avec batterie standard : fabrication 75, transport 5, utilisation 30 (même usage annuel, sur deux fois plus d'années), fin de vie 3, durée de vie 10 ans. Laquelle choisir ?
Technique étape dominante et comparaison au même service rendu.
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- Totaux, A : 85, B : 113. A semble meilleur.
- Les deux outils ne rendent pas le même service. On ramène au même service, ici une année d'usage : A, 85/5 = 17 kg par an, B, 113/10 = 11,3 kg par an.
- La fabrication domine dans les deux cas (environ 71 % pour A, environ 66 % pour B). Le levier est donc la durée de vie, et la réparabilité l'actionne.
- Conclusion : B est préférable, à usage équivalent.
piège : Comparer des totaux bruts. L'ACV compare des produits rendant le même service, cette référence s'appelle l'unité fonctionnelle.
Exercice 8
Approfondissement · Type oral Centrale
Un drone quadrirotor maintient son altitude en vol stationnaire grâce à un capteur de distance au sol. Il suit aussi une logique décollage, vol, retour automatique si la batterie est faible, atterrissage. Identifier la structure asservie et la partie séquentielle.
Technique trancher asservi ou séquentiel, puis nommer le vocabulaire.
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- Grandeur de sortie : l'altitude. Consigne : l'altitude demandée. Capteur : le capteur de distance, dans la chaîne de retour.
- Le comparateur et le correcteur sont réalisés par le programme du contrôleur de vol. La commande agit sur les variateurs des moteurs.
- Perturbation : une rafale verticale. Maintenir l'altitude malgré elle, c'est de la régulation. Changer d'altitude sur ordre du pilote, c'est de la poursuite.
- Partie séquentielle : les états décollage, vol, retour, atterrissage. L'événement « batterie faible » déclenche la transition vers le retour.
piège : Placer le capteur dans la chaîne directe, ou appeler « régulation » tout système bouclé.
Exercice 9
Approfondissement · Type oral Centrale
Pour un portail, le cahier des charges exige une ouverture en au plus 20 s. Le modèle simulé prévoit 17 s, l'essai sur le système donne 22 s. Conclure et proposer une démarche.
Technique les trois écarts.
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- Attendu et simulé : 17 ≤ 20, la solution modélisée satisfait l'exigence.
- Attendu et mesuré : 22 > 20, le système réel ne la satisfait pas.
- Simulé et mesuré : écart de 5 s, soit près de 30 % de la valeur simulée. Le modèle est trop optimiste.
- Démarche : recaler d'abord le modèle (frottements sous-estimés, rendement du réducteur, tension d'alimentation en charge), puis l'utiliser pour choisir une modification du système réel.
piège : Déclarer le système conforme sur la foi de la simulation, ou modifier le système avant de comprendre pourquoi le modèle s'est trompé.
Exercice 10
Approfondissement · Type écrit Mines-Ponts
Le portail de l'exercice 6 consomme 5 W en veille, 24 h sur 24. Il effectue 8 manœuvres par jour de 20 s chacune, à 175 W. Comparer les énergies annuelles et formuler une exigence environnementale.
Technique bilan d'énergie sur une année d'utilisation.
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- Veille : 5 W × 8 760 h ≈ 43,8 kWh par an.
- Manœuvres : 8 × 20 × 175 = 28 000 J par jour, soit environ 7,8 Wh. Sur l'année, environ 2,8 kWh.
- La veille consomme environ quinze fois plus que le fonctionnement. Dans la phase d'utilisation, c'est elle qui domine.
- Exigence proposée : « la puissance absorbée en veille doit être au plus 1 W », critère puissance de veille, niveau 1 W. Gain : environ 35 kWh par an.
piège : Négliger la veille parce que sa puissance est faible, en oubliant qu'elle dure toute l'année.
Erreurs fréquentes
- Confondre moduler et convertir, ou ranger un transformateur ou un pignon-crémaillère parmi les actionneurs. Toujours poser la question de la nature de l'énergie.
- Écrire une exigence sans niveau, ou y glisser une solution technique. Une exigence dit quoi et combien, jamais comment.
- Additionner des rendements, ou multiplier par le rendement en remontant vers la source. On multiplie les rendements entre eux, et on divise la puissance utile par leur produit.
- Conclure sur la conformité à partir d'une simulation sans dire quel écart on évalue. Préciser à chaque fois attendu, simulé ou mesuré.
- Répondre à une question d'impact environnemental par des généralités. Il faut chiffrer ou hiérarchiser les étapes, comparer au même service rendu et relier la proposition au système étudié.
Fiche de cours rédigée à partir du programme officiel de sciences industrielles de l'ingénieur de PCSI-PSI (2021), compétence A « Analyser », points positionnés au premier semestre. Elle couvre la démarche de l'ingénieur et les trois réalités d'un système, l'analyse du besoin et des exigences (A1) avec l'ingénierie système, le cahier des charges, les critères et niveaux, l'impact environnemental et l'analyse du cycle de vie, puis l'organisation fonctionnelle et structurelle (A3) avec les chaînes d'information et de puissance, l'association des fonctions aux constituants et les liens entre chaînes, systèmes asservis et séquentiels. En PCSI, l'architecture fonctionnelle et structurelle et le repérage des constituants des chaînes fonctionnelles sont positionnés dès le premier semestre. Les frontières de l'étude, les flux et les diagrammes de blocs sont traités au chapitre suivant.