Le cours
Résumé en cinq points
- Premier principe pour un système fermé : , avec la convention du receveur. Sous forme élémentaire, .
- ne dépend que des états extrêmes, et dépendent du chemin. On calcule souvent par différence, .
- Transformation isochore : . Transformation monobare avec équilibre mécanique aux extrémités : avec .
- Pour le gaz parfait, ne dépend que de et . Pour une phase condensée, une seule capacité thermique, et pour l'eau.
- Une transition de phase se fait à et fixées, avec sous pression constante. Les enthalpies de changement d'état de l'eau sont bien plus grandes que les énergies de chauffage courantes.
Pourquoi ce chapitre
On écrit enfin une équation qui relie la variation d'état d'un système à ce qu'il a échangé. Le premier principe est une conservation de l'énergie généralisée, qui inclut l'agitation microscopique. Son usage est mécanique : on définit un système, on écrit un bilan, on calcule. La difficulté n'est pas conceptuelle, elle est de rigueur.
Les erreurs viennent toujours des mêmes endroits :
- un système mal défini ;
- une confusion entre une variation de fonction d'état et un terme d'échange ;
- l'oubli d'un changement d'état.
Ce chapitre introduit aussi l'enthalpie, fonction d'état construite pour rendre les transformations monobares aussi simples que les transformations isochores. La calorimétrie, la thermochimie et les machines thermiques en découlent.
1Le premier principe
1.1Énoncé
Loi 1.1Premier principe
Hypothèses
- le système est fermé ;
- la convention est celle du receveur : tout ce qui entre est compté positivement.
Alors il existe une fonction d'état extensive, l'énergie interne , telle qu'entre un état initial et un état final où est l'énergie cinétique macroscopique du système dans le référentiel d'étude, le travail total reçu de l'extérieur et le transfert thermique reçu.
Dans la quasi-totalité des exercices, le système est globalement immobile au départ et à l'arrivée, donc et
AttentionSystème fermé
Si de la matière traverse la frontière, elle emporte de l'énergie et ce bilan est faux. La première ligne de toute résolution est de définir un système fermé.
1.2Forme entre deux états voisins
Pour une transformation élémentaire entre deux états infiniment proches,
La notation désigne la différentielle d'une fonction d'état, la notation une quantité élémentaire échangée. Cette distinction est exigible et doit pouvoir être expliquée en une phrase.
AttentionNotation
Écrire est une faute : il n'existe pas de fonction d'état chaleur.
1.3Statut des différents termes
Les correcteurs vérifient ce point systématiquement.
Propriété 1.2Variation de fonction d'état
est la variation d'une fonction d'état :
- elle ne dépend que de l'état initial et de l'état final, pas du chemin suivi ;
- elle est nulle sur un cycle ;
- on peut la calculer sur un chemin fictif commode, même si le système n'a pas réellement suivi ce chemin.
Propriété 1.3Termes d'échange
et sont des termes d'échange :
- ils dépendent du chemin suivi ;
- ils ne sont pas nuls sur un cycle ;
- ils ne caractérisent pas un état du système mais une transformation.
Un système ne contient ni travail ni chaleur.
Conséquence pratique : si l'on connaît sur un chemin donné et que l'on sait calculer , on obtient par différence, C'est souvent la seule manière d'accéder au transfert thermique.
1.4Extensivité
L'énergie interne est extensive : l'énergie interne d'un système formé de plusieurs parties est la somme de leurs énergies internes. Cette propriété est la base de tous les bilans avec plusieurs corps.
Exemple 1.4Calorimètre
Pour un calorimètre contenant de l'eau et un bloc métallique : Si le système global est isolé, cette somme est nulle, ce qui donne directement l'équation sur la température finale.
1.5Cas de la transformation isochore
Propriété 1.5Transformation isochore
Hypothèses
- le volume est constant ;
- il n'y a pas d'autre travail que celui des forces de pression.
Alors et
Le transfert thermique reçu à volume constant est égal à la variation d'énergie interne. Cela donne un sens physique à la capacité thermique à volume constant, .
2Enthalpie et transformations monobares
2.1Définition
Définition 2.1Enthalpie
L'enthalpie est définie par C'est une fonction d'état, puisque , et en sont. Elle est extensive et s'exprime en joules.
2.2Premier principe en bilan d'enthalpie
Théorème 2.2Bilan d'enthalpie
Hypothèses
- transformation monobare, de pression extérieure constante ;
- équilibre mécanique dans l'état initial et dans l'état final : ;
- le seul travail est celui des forces de pression.
Alors
Démonstration
Le travail vaut . Le premier principe donne , donc Comme est égale à la pression du système dans les deux états extrêmes, cette quantité est exactement . Donc .
Le transfert thermique reçu au cours d'une transformation monobare avec équilibre mécanique aux extrémités est égal à la variation d'enthalpie. La plupart des expériences de laboratoire se font à l'air libre, donc sous pression atmosphérique constante.
AttentionHypothèses
La transformation n'a pas besoin d'être isobare, ni quasi statique. Il suffit que la pression du système soit définie et égale à au début et à la fin.
2.3Capacité thermique à pression constante
Définition 2.3Capacité thermique à pression constante
On définit . Pour une masse , on écrit souvent avec la capacité thermique massique.
2.4Cas du gaz parfait
Pour un gaz parfait, , donc
Propriété 2.4Seconde loi de Joule
Hypothèse : le gaz est parfait.
Alors ne dépend que de , puisque n'en dépend que. C'est la conséquence de la première loi de Joule et de l'équation d'état.
Propriété 2.5Relation de Mayer
Hypothèse : le gaz est parfait.
Alors, en dérivant par rapport à ,
En posant , il vient
Exemple 2.6Gaz parfaits usuels
- Gaz parfait monoatomique : donne , et .
- Gaz parfait diatomique aux températures usuelles : et , valeur à retenir pour l'air.
2.5Cas de la phase condensée incompressible et indilatable
Le volume molaire d'une phase condensée est très petit, de l'ordre de pour l'eau. Le terme est donc faible, et sa variation est faible devant celle de dans les conditions usuelles.
Propriété 2.7Enthalpie d'une phase condensée
Hypothèse : phase condensée peu compressible et peu dilatable.
Alors on admet que ne dépend que de la température. Il n'y a plus qu'une seule capacité thermique, , notée . Pour une variation de température sans changement d'état,
Exemple 2.8Eau liquide
La capacité thermique massique de l'eau liquide vaut , ordre de grandeur à citer de mémoire. Cette valeur est élevée, ce qui explique l'inertie thermique des océans et l'usage de l'eau comme fluide caloporteur.
3Transitions de phase
3.1Enthalpies de transition
Une transition de phase d'un corps pur se fait à température et à pression constantes, liées par la relation .
Définition 3.1Enthalpie de transition
L'enthalpie de transition, ou chaleur latente, est le transfert thermique nécessaire pour transformer une unité de masse ou une mole d'une phase à l'autre, à cette température et sous cette pression.
On note l'enthalpie massique de fusion, celle de vaporisation, celle de sublimation. Elles dépendent de la température.
- Elles sont positives dans le sens solide vers liquide, liquide vers gaz et solide vers gaz, puisque ces transitions demandent de l'énergie pour rompre les liaisons.
- Les transitions inverses (solidification, liquéfaction, condensation solide) ont des enthalpies opposées, donc négatives.
Propriété 3.2Relation entre les enthalpies de transition
À la température du point triple, Elle vient du fait que l'enthalpie est une fonction d'état : le chemin solide vers gaz direct et le chemin solide vers liquide vers gaz donnent la même variation.
Exemple 3.3Ordres de grandeur pour l'eau
- Enthalpie massique de fusion à : environ .
- Enthalpie massique de vaporisation à : environ .
Vaporiser un kilogramme d'eau coûte autant d'énergie que le chauffer de à environ cinq fois de suite. C'est ce qui rend la transpiration efficace pour refroidir, et ce qui explique le rôle de la vapeur d'eau dans les transferts d'énergie atmosphériques.
3.2Bilans avec changement d'état
L'enthalpie étant extensive, si une masse d'un corps change de phase sous pression constante à la température de transition, la variation d'enthalpie du système vaut . Le transfert thermique correspondant vaut la même chose si la transformation est monobare.
MéthodeBilan avec changement d'état
- Décomposer en étapes : chauffage de la phase initiale jusqu'à la température de transition, transition complète ou partielle, puis chauffage de la phase finale.
- Sommer les variations d'enthalpie : est une fonction d'état, le résultat ne dépend pas du chemin.
- Vérifier a posteriori que l'hypothèse faite sur l'état final est cohérente.
AttentionHypothèse sur l'état final
Si l'on a supposé que toute la glace fond et que l'on trouve une température finale négative en degrés Celsius, l'hypothèse est fausse. L'état final est alors un mélange d'eau et de glace à dont il faut déterminer la composition.
3.3Protocole expérimental
Le programme demande de mettre en œuvre une mesure de grandeur thermodynamique énergétique. Le dispositif est un calorimètre : une enceinte aussi bien isolée que possible, munie d'un thermomètre et d'un agitateur. On suppose l'ensemble adiabatique et la transformation monobare, donc .
Le calorimètre absorbe lui-même de l'énergie. On caractérise cette absorption par sa capacité thermique, souvent exprimée par la masse en eau, c'est-à-dire la masse d'eau qui aurait la même capacité thermique. On la détermine d'abord par une expérience préliminaire, par exemple par la méthode des mélanges avec deux masses d'eau à des températures différentes.
MéthodeMesurer une capacité thermique massique
- Introduire un bloc de masse et de température connues dans une masse d'eau connue.
- Relever la température finale.
- Écrire : l'équation donne la capacité cherchée.
MéthodeMesurer l'enthalpie de fusion de la glace
- Introduire une masse connue de glace à , préalablement essuyée, dans l'eau du calorimètre.
- Relever la température finale.
- Écrire le bilan enthalpique à trois termes : la fusion de la glace, le chauffage de l'eau de fonte de à la température finale, et le refroidissement de l'eau initiale et du calorimètre.
Sources d'erreur à citer :
- les fuites thermiques pendant la durée de l'expérience ;
- la glace mal essuyée, qui apporte de l'eau liquide non comptée ;
- l'incertitude sur la lecture du thermomètre, souvent dominante car les écarts de température mesurés sont petits.
Méthodes
MéthodePoser un bilan
- Définir le système, vérifier qu'il est fermé, préciser la nature de la transformation : trois lignes obligatoires.
- Choisir la bonne fonction d'état : transformation isochore, ; monobare avec équilibre mécanique aux extrémités, . Se tromper de fonction est l'erreur la plus fréquente.
- Pour une variation de fonction d'état, emprunter si besoin un chemin fictif commode. Pour ou , suivre le chemin réel.
- Dans un système composite isolé, écrire que la somme des variations d'enthalpie ou d'énergie interne est nulle.
MéthodeContrôler un résultat
- Avec changement d'état, contrôler que la température trouvée est compatible avec la phase supposée.
- Comparer l'énergie de chauffage à l'énergie de changement d'état, en général bien plus grande.
Ce qu'il faut savoir refaire en khôlle
- Énoncer le premier principe pour un système fermé et expliquer la différence de statut entre , et .
- Expliquer pourquoi on écrit mais et .
- Établir que pour une transformation isochore, puis que pour une transformation monobare, en énonçant les hypothèses exactes.
- Montrer que d'un gaz parfait ne dépend que de , puis établir la relation de Mayer.
- Justifier que l'enthalpie d'une phase condensée peut être considérée comme fonction de la seule température.
- Citer la capacité thermique massique de l'eau liquide et les enthalpies massiques de fusion et de vaporisation de l'eau.
- Conduire un bilan de calorimétrie complet avec changement d'état, et vérifier la cohérence de l'état final supposé.
- Décrire un protocole de mesure de l'enthalpie massique de fusion de la glace et citer deux sources d'erreur.
Méthodes et exercices
Les résultats à connaître
- Premier principe pour un système fermé. ΔU + ΔE_c,macro = W + Q, en convention du receveur. C'est un postulat. L'énoncé est exigible, avec la condition « système fermé ».
- Forme élémentaire. dU = δW + δQ entre deux états voisins. Exigible, avec la distinction entre la différentielle d'une fonction d'état et une quantité échangée.
- Extensivité de U et de H. Pour un système formé de plusieurs parties, ΔU = Σ ΔU_i. Exigible. C'est la base de toute la calorimétrie.
- Transformation isochore, sans autre travail que celui des forces de pression. ΔU = Q. Exigible avec démonstration.
- Transformation monobare avec équilibre mécanique dans l'état initial et dans l'état final, sans autre travail que celui des forces de pression. ΔH = Q. Exigible avec démonstration. Toutes les hypothèses doivent être citées.
- Variante avec un travail supplémentaire, par exemple électrique. Sous les mêmes hypothèses, ΔH = Q + W_autre. La démonstration est identique, il faut savoir la retrouver.
- Gaz parfait. Hm(T) = Um(T) + RT, donc Hm ne dépend que de T. Exigible avec démonstration. La relation de Mayer, CP,m − CV,m = R, est exigible avec démonstration. Il faut connaître CV,m = 3R/2 pour un gaz monoatomique et CV,m = 5R/2 pour un gaz diatomique aux températures usuelles.
- Phase condensée incompressible et indilatable. Hm ne dépend que de T, et CP ≈ CV. La justification est exigible, par un ordre de grandeur.
- Ordre de grandeur exigible. c(eau liquide) ≈ 4,18 kJ·K⁻¹·kg⁻¹.
- Changement d'état. ΔH = m Δh pour une masse m qui change de phase à T et P fixées. Exigible. La relation Δh_sub = Δh_fus + Δh_vap au point triple doit pouvoir être justifiée.
- Autres modèles de fluide. Si le système n'est ni un gaz parfait ni une phase condensée idéale, l'énoncé donne Um(T, Vm) ou Hm(T, P).
- À signaler si un énoncé les utilise :
- Le premier principe pour un fluide en écoulement (systèmes ouverts) relève de la deuxième année.
- La loi de Laplace est présentée avec le second principe.
- Les coefficients calorimétriques généraux sont hors programme.
Clés de démonstration
Isochore. On a δW = − Pext dV, et dV = 0 à chaque instant, donc W = 0. Le premier principe donne alors ΔU = Q. L'astuce : le travail des forces de pression est nul même si la pression extérieure est mal définie, car rien ne bouge.
Monobare. Comme Pext = P₀ est constante, W = − P₀ (Vf − Vi). On écrit donc Q = ΔU + P₀V_f − P₀V_i. L'astuce décisive consiste à remplacer P₀ par Pf dans le premier produit et par Pi dans le second. Ce remplacement n'est permis que grâce à l'équilibre mécanique aux extrémités. On reconnaît alors Hf − Hi.
Gaz parfait et relation de Mayer. L'équation d'état PV = nRT donne H = U + nRT. Comme U ne dépend que de T (première loi de Joule), H ne dépend que de T. En dérivant par rapport à T, on obtient CP = CV + nR. L'astuce : on dérive des fonctions d'une seule variable, donc aucune question de variable bloquée ne se pose.
Phase condensée. Le modèle incompressible et indilatable fixe Vm, donc Um ne dépend que de T. On écrit Hm = Um(T) + P Vm, dont la variation liée à la pression vaut Vm ΔP.
- Pour l'eau, un bar de plus donne 18 × 10⁻⁶ × 10⁵ = 1,8 J·mol⁻¹.
- Un kelvin de plus coûte Cm ≈ 75 J·mol⁻¹.
- L'astuce est cette comparaison chiffrée : un bar pèse autant qu'environ 0,02 K.
Enthalpie de sublimation. Au point triple, les trois phases coexistent à la même température et à la même pression. Le chemin solide vers gaz et le chemin solide vers liquide vers gaz relient les mêmes états, donc donnent la même ΔH. L'astuce : le point triple est le seul point où les deux chemins sont réalisables à T et P fixées.
Transfert thermique par différence. ΔU se calcule sur n'importe quel chemin, W se calcule sur le chemin réel, et Q = ΔU − W. L'astuce : ne jamais chercher Q directement hors des cas isochore et monobare.
Exemples et contre-exemples à connaître
- Détente de Joule-Gay-Lussac. Un gaz parfait, dans une enceinte rigide et calorifugée, envahit brutalement un compartiment vide. On a W = 0 et Q = 0, donc ΔU = 0 et la température ne change pas. Cet exemple montre qu'un gaz peut se dilater sans recevoir de travail.
- Isotherme d'un gaz parfait. ΔU = 0, mais Q = − W ≠ 0. C'est le contre-exemple à « pas d'échauffement, donc pas de transfert thermique ».
- Fusion de la glace. Q > 0 alors que ΔT = 0. Même leçon, pour un changement d'état.
- Compression adiabatique. Q = 0 et pourtant T augmente. C'est le contre-exemple à « adiabatique signifie isotherme ».
- Gaz sous piston libre chauffé brusquement. La pression interne n'est pas définie pendant la transformation, mais elle vaut P₀ au début et à la fin. ΔH = Q s'applique quand même.
- Piston bloqué par une goupille, gaz à P₁ ≠ P₀. On retire la goupille : la transformation est monobare, mais l'état initial n'est pas en équilibre mécanique. En général, ΔH ≠ Q.
- Cycle. ΔU = 0, mais W et Q ne sont pas nuls. C'est le principe d'un moteur.
- Résistance plongée dans l'eau. Si la résistance fait partie du système, l'énergie reçue est un travail électrique. Sinon, c'est un transfert thermique. Le bilan est le même, seule la classification change.
- Capacités thermiques massiques, en kJ·K⁻¹·kg⁻¹ : eau 4,18, aluminium 0,90, fer 0,45, cuivre 0,39. À masse égale, l'eau stocke dix fois plus d'énergie que le cuivre pour le même échauffement.
Techniques du chapitre
Écrire l'en-tête avant tout calcul. On précise le système, on vérifie qu'il est fermé, on donne la nature de la transformation. Mini-exercice : de l'eau bout une minute dans une casserole ouverte, sur une plaque de 1,5 kW dont on suppose toute la puissance transmise à l'eau. Quelle masse s'évapore ?
- Système fermé : toute l'eau initiale, y compris la vapeur qui s'échappe.
- La transformation est monobare, à 100 °C.
- m Δh_vap = 1500 × 60, donc m = 9,0 × 10⁴ / 2,25 × 10⁶ = 40 g.
Choisir U ou H selon les contraintes. Mini-exercice : on chauffe 2,0 mol d'hélium de 300 K à 400 K.
- En enceinte rigide : Q = ΔU = 1,5 × 2 × 8,31 × 100 ≈ 2,5 kJ.
- Sous piston libre à l'air : Q = ΔH = 2,5 × 2 × 8,31 × 100 ≈ 4,2 kJ.
- L'écart nRΔT ≈ 1,7 kJ est le travail fourni à l'atmosphère.
Obtenir Q par différence. Mini-exercice : 1 mol de gaz parfait subit une détente isotherme quasi statique à 300 K qui double son volume.
- W = − nRT ln 2 ≈ − 1,73 kJ.
- ΔU = 0, donc Q = + 1,73 kJ.
Calculer une variation de fonction d'état sans connaître le chemin. Mini-exercice : 1 mol de gaz parfait diatomique passe de (300 K, 1 bar) à (450 K, 3 bar) par un chemin inconnu.
- ΔU = 2,5 × 8,31 × 150 ≈ 3,1 kJ.
- ΔH = 3,5 × 8,31 × 150 ≈ 4,4 kJ.
- Ces deux résultats ne dépendent pas du chemin.
Écrire une somme nulle pour un système composite isolé. Mini-exercice : on mélange 200 g d'eau à 80 °C et 300 g d'eau à 20 °C.
- On écrit 0,2 c (Tf − 80) + 0,3 c (Tf − 20) = 0, donc Tf = 44 °C.
- Chaque terme est écrit sous la forme final moins initial. Inutile de décider qui cède et qui reçoit.
Tester l'état final par un bilan d'énergie disponible. Mini-exercice : on met 100 g de glace à 0 °C dans 200 g d'eau à 20 °C.
- L'eau refroidie jusqu'à 0 °C libère 0,2 × 4180 × 20 = 16,7 kJ.
- Fondre toute la glace demande 33 kJ, donc la glace ne fond pas entièrement.
- Masse fondue : 16,7 / 330 ≈ 51 g. État final : 0 °C.
Inclure un travail électrique dans un bilan monobare. Mini-exercice : une résistance de 500 W chauffe pendant 60 s un calorimètre adiabatique, de capacité 80 J·K⁻¹, qui contient 400 g d'eau.
- ΔH = W_élec donne ΔT = 3,0 × 10⁴ / (1672 + 80) ≈ 17 K.
- C'est une méthode électrique pour étalonner un calorimètre.
Exercices classiques corrigés
Choisis ton niveau. Difficulté indicative ; les exercices qui se suivent restent dans l'ordre.
Exercice 1. Capacité thermique d'un métal
Classiques de khôlle et concours · Niveau khôlle
Un bloc de 200 g, sorti d'une étuve à 100 °C, est plongé dans un calorimètre qui contient 300 g d'eau à 20,0 °C. La masse en eau du calorimètre vaut 20 g. La température d'équilibre vaut 24,4 °C. Calculer la capacité thermique massique du métal.
Technique Bilan enthalpique nul pour un système composite, adiabatique et monobare.
Voir le corrigé
- Système : bloc, eau et calorimètre. Il est fermé, adiabatique et monobare, donc ΔH = 0.
- On écrit (0,300 + 0,020) × 4180 × (24,4 − 20,0) + 0,200 × c × (24,4 − 100) = 0.
- On obtient c = 5885 / 15,12 ≈ 3,9 × 10² J·K⁻¹·kg⁻¹. C'est vraisemblablement du cuivre.
- Une incertitude de 0,1 K sur un écart de 4,4 K donne environ 2 % d'incertitude sur c. La lecture du thermomètre domine.
piège : Oublier le calorimètre, ce qui sous-estime c d'environ 6 %.
Exercice 2. Glaçons dans un verre
Classiques de khôlle et concours · Niveau khôlle
On plonge 50 g de glace à − 10 °C dans 200 g d'eau à 30 °C. On donne c_glace = 2,1 kJ·K⁻¹·kg⁻¹. On néglige le récipient. Déterminer l'état final. Reprendre le calcul avec 100 g de glace.
Technique Test de l'hypothèse d'état final, puis bilan par étapes.
Voir le corrigé
- Réchauffer la glace jusqu'à 0 °C demande 0,05 × 2100 × 10 = 1,05 kJ. La fondre demande 16,5 kJ. Total : 17,6 kJ.
- L'eau refroidie jusqu'à 0 °C peut céder 25,1 kJ. Cette valeur dépasse 17,6 kJ, donc toute la glace fond.
- Bilan : 1050 + 16500 + 209 Tf + 836 (Tf − 30) = 0, avec Tf en °C. On trouve Tf ≈ 7,2 °C.
- Avec 100 g de glace, le besoin vaut 2,1 + 33 = 35,1 kJ, plus que les 25,1 kJ disponibles. Seule une partie de la glace fond.
- La masse fondue x vérifie 2100 + 3,3 × 10⁵ x = 25080, soit x ≈ 70 g. L'état final est à 0 °C, avec 30 g de glace restante.
piège : Appliquer la formule du premier cas au second et trouver une température négative sans réagir.
Exercice 3. Même état final, deux chemins
Classiques de khôlle et concours · Niveau khôlle
n moles de gaz parfait diatomique passent de A (P₀, V₀) à C (2P₀, 2V₀) par des étapes quasi statiques.
- Chemin 1 : une isobare puis une isochore.
- Chemin 2 : une isochore puis une isobare.
Calculer ΔU, W et Q pour chaque chemin, en fonction de P₀V₀.
Technique Statut d'une fonction d'état face aux termes d'échange.
Voir le corrigé
- TA = T₀ et TC = 4T₀, donc ΔU = (5/2) nR × 3T₀ = 7,5 P₀V₀ pour les deux chemins.
- Chemin 1 : seule l'isobare à P₀ travaille, donc W₁ = − P₀V₀. On en déduit Q₁ = ΔU − W₁ = 8,5 P₀V₀.
- Chemin 2 : l'isobare est à 2P₀, donc W₂ = − 2P₀V₀ et Q₂ = 9,5 P₀V₀.
- Vérification sur le chemin 1 : l'isobare donne CP ΔT = 3,5 P₀V₀ et l'isochore CV ΔT = 5 P₀V₀. La somme vaut bien 8,5 P₀V₀.
piège : Écrire Q = CV ΔT pour tout le trajet. Cette formule ne vaut que pour une isochore.
Exercice 4. Buse à vapeur
Classiques de khôlle et concours · Niveau khôlle
On chauffe 200 g de lait, assimilé à de l'eau, de 5 °C à 65 °C, en y injectant de la vapeur d'eau à 100 °C qui s'y condense. Quelle masse de vapeur faut-il ?
Technique Bilan avec changement d'état et comparaison des ordres de grandeur.
Voir le corrigé
- Système : lait et vapeur injectée. Il est fermé, supposé adiabatique et monobare, donc ΔH = 0.
- La vapeur se condense (− m Δh_vap), puis l'eau formée refroidit de 100 à 65 °C.
- On écrit m (2,25 × 10⁶ + 4180 × 35) = 0,2 × 4180 × 60, d'où m ≈ 21 g.
- La condensation fournit 94 % de l'énergie. Le lait n'est dilué que de 10 %.
piège : Oublier le refroidissement de l'eau condensée, ou compter la condensation avec le mauvais signe.
Exercice 5. Mesure de l'enthalpie de fusion
Classiques de khôlle et concours · Niveau khôlle et TP
Un calorimètre de masse en eau 20 g contient 200 g d'eau à 25,0 °C. On y ajoute 30 g de glace à 0 °C, essuyée. La température finale vaut 12,4 °C. Calculer Δh_fus et discuter les erreurs.
Technique Bilan à trois termes, puis analyse des biais.
Voir le corrigé
- On écrit mg Δh_fus + mg c (12,4 − 0) + 0,22 c (12,4 − 25,0) = 0.
- On obtient Δh_fus = (11587 − 1555) / 0,030 ≈ 3,34 × 10⁵ J·kg⁻¹.
- Une erreur de 0,1 K sur Tf entraîne une erreur d'environ 3,5 kJ·kg⁻¹, soit 1 %.
- Glace mal essuyée : de l'eau liquide est comptée comme de la glace, et Δh_fus est sous-estimée.
- Apport de chaleur par la pièce : Tf est trop haute, et Δh_fus est de nouveau sous-estimée.
piège : Oublier le chauffage de l'eau de fonte entre 0 °C et Tf.
Exercice 6. Bouilloire avec pertes
Classiques de khôlle et concours · Type écrit CCINP
Une bouilloire de 2,0 kW contient de l'eau de capacité thermique C = 4,2 kJ·K⁻¹, initialement à Ta = 20 °C. Les pertes vers l'air ont une puissance h (T − Ta), avec h = 10 W·K⁻¹. Établir T(t), puis calculer la durée pour atteindre 100 °C.
Technique Premier principe entre deux états voisins.
Voir le corrigé
- Système : eau et résistance. Il est fermé et monobare, et il s'agit d'une phase condensée. Entre t et t + dt, dH = C dT = P dt − h (T − Ta) dt.
- L'équation différentielle s'écrit τ dT/dt + T = Ta + P/h, avec τ = C/h = 420 s.
- Solution : T = Ta + (P/h)(1 − e− t/τ). La limite vaut 220 °C, donc l'eau atteint l'ébullition.
- La condition 80 = 200 (1 − e− t/τ) donne t = τ ln(1/0,6) ≈ 215 s. Sans pertes, on aurait 168 s.
- Cas limite : si P < 80 h, l'eau ne bout jamais.
piège : Écrire un bilan global ΔH = P t − Q_pertes alors que les pertes dépendent de T(t).
Exercice 7. Compression brutale
Classiques de khôlle et concours · Type écrit CCINP
De l'air (gaz parfait, γ = 1,4) est enfermé dans un cylindre calorifugé fermé par un piston. Il est initialement à P₁ et T₁ = 300 K. On pose brusquement une masse sur le piston, et la pression extérieure passe à P₂ = 2P₁. Trouver T₂. Montrer que ΔH ≠ Q.
Technique Transformation monobare sans équilibre mécanique initial.
Voir le corrigé
- La transformation est adiabatique, donc Q = 0. Elle est monobare à P₂, donc W = − P₂ (V₂ − V₁).
- On écrit n R/(γ − 1) × (T₂ − T₁) = − nRT₂ + nRT₁ P₂/P₁.
- On en tire T₂ = T₁ (1 + (γ − 1) P₂/P₁)/γ = 300 × 1,8/1,4 ≈ 386 K.
- ΔH = n CP,m (T₂ − T₁) > 0 alors que Q = 0. En effet, P₁ ≠ P₂ dans l'état initial.
- Le second principe montrera qu'une compression réversible donnerait seulement environ 366 K.
piège : Écrire ΔH = Q = 0 et conclure que T₂ = T₁.
Exercice 8. Détente de Joule-Gay-Lussac d'un gaz réel
Approfondissement · Type oral Mines
Une mole de CO₂ occupe 1,0 L dans une enceinte rigide et calorifugée reliée à 1,0 L de vide. On ouvre le robinet. On donne Um = CV,m T − a/Vm, avec a = 0,364 Pa·m⁶·mol⁻² et CV,m = 28,5 J·K⁻¹·mol⁻¹. Calculer ΔT.
Technique Bilan W = 0 et Q = 0 avec une énergie interne fournie par l'énoncé.
Voir le corrigé
- Système : le gaz. Les parois sont rigides et calorifugées, donc W = 0 et Q = 0, d'où ΔU = 0.
- On écrit CV,m ΔT = a (1/Vf − 1/Vi) = 0,364 × (500 − 1000) = − 182 J·mol⁻¹.
- On trouve ΔT ≈ − 6,4 K.
- Interprétation : l'énergie potentielle d'attraction augmente quand les molécules s'éloignent, aux dépens de l'agitation thermique. Pour un gaz parfait, ΔT = 0.
piège : Qualifier la transformation d'isochore ou de monobare. Elle n'est ni l'une ni l'autre pour le gaz.
Exercice 9. Échauffement des freins
Approfondissement · Type écrit Centrale
Une voiture de 1200 kg roule à 90 km/h et freine jusqu'à l'arrêt. Ses disques en fonte ont une masse totale de 24 kg, avec c = 460 J·K⁻¹·kg⁻¹. On admet que les forces de la route ne travaillent pas (roulement sans glissement), on néglige l'air et le freinage est bref. Calculer l'échauffement des disques. Même question pour une descente de 1000 m de dénivelé à vitesse constante, sans frein moteur.
Technique Premier principe avec le terme d'énergie cinétique macroscopique.
Voir le corrigé
- Système : la voiture. Pendant le freinage, Q ≈ 0 et W = 0, donc ΔU = − ΔE_c = 0,5 × 1200 × 25² = 3,75 × 10⁵ J.
- Si toute cette énergie va aux disques, ΔT = 3,75 × 10⁵ / (24 × 460) ≈ 34 K.
- Pour la descente, ΔE_c = 0 et le poids fournit W = mgh ≈ 1,2 × 10⁷ J.
- On trouverait ΔT ≈ 10³ K. En réalité, les disques évacuent l'énergie vers l'air, d'où l'intérêt du frein moteur.
piège : Oublier le travail du poids, ou oublier le terme ΔE_c alors que le système ne reste pas immobile.
Erreurs fréquentes
- Appliquer ΔH = Q sans vérifier l'équilibre mécanique à l'état initial et à l'état final.
- Écrire Q = C ΔT en toutes circonstances. On oublie alors les changements d'état, et le fait que Q dépend du chemin.
- Supposer un état final sans le vérifier. Une température finale négative avec de l'eau liquide doit alerter.
- Mélanger les conventions de signe. Il faut écrire chaque variation sous la forme final moins initial et sommer à zéro.
- Se tromper d'unités :
- Δh en J·kg⁻¹ ou en kJ·mol⁻¹, à ne pas confondre.
- Températures en degrés Celsius dans PV = nRT, alors qu'il faut des kelvins.
- Confusion entre adiabatique et isotherme.
Fiche de cours rédigée à partir du programme officiel de physique-chimie de PCSI (arrêté de 2021), deuxième semestre, thème 3 « l'énergie, conversions et transferts », partie 3.3 « Premier principe. Bilans d'énergie ». Elle utilise les modèles du gaz parfait et de la phase condensée incompressible et indilatable, ainsi que les expressions du travail et des transferts thermiques vues au chapitre précédent.