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PSI · Physique · semaine 1

Stabilité des systèmes linéaires

Fonction de transfert opérationnelle d'un système linéaire continu et invariant, que l'on transpose en fonction de transfert harmonique ou en équation différentielle. Stabilité d'un système d'ordre 1 ou 2, jugée sur les signes des coefficients de l'équation différentielle ou de la fonction de transfert.

Sommaire

Le cours

Résumé en cinq points

  1. Un système linéaire continu et invariant est décrit par une équation différentielle à coefficients constants. Sa fonction de transfert H(p)=N(p)D(p)H(p) = \dfrac{N(p)}{D(p)} s'obtient en remplaçant ddt\dfrac{\dd}{\dd t} par pp, sans transformée de Laplace.
  2. On passe de H(p)H(p) à la fonction de transfert harmonique en remplaçant pp par iω\ii\omega, et à l'équation différentielle en remplaçant pkp^k par la dérivée kk-ième.
  3. Un système est stable si son régime libre tend vers zéro pour toutes conditions initiales, c'est-à-dire si toutes les racines de DD ont une partie réelle strictement négative. Seul le dénominateur compte.
  4. À l'ordre 1 et à l'ordre 2, le système est stable si et seulement si tous les coefficients du dénominateur, ou de l'équation homogène, sont non nuls et de même signe. Sous forme canonique : τ>0\tau > 0, ou Q>0Q > 0.
  5. À l'ordre 3 ou plus, cette condition reste nécessaire mais n'est plus suffisante : p3+p2+2p+8p^3 + p^2 + 2p + 8 a tous ses coefficients positifs et décrit pourtant un système instable.
Pourquoi ce chapitre

Ce chapitre ouvre l'électronique de deuxième année. Il reprend les circuits linéaires et le filtrage de première année et ajoute une question neuve : le système est-il stable ? Filtres, asservissements et oscillateurs reposent sur cette notion.

Le chapitre fixe aussi une écriture commune avec les sciences industrielles de l'ingénieur : la fonction de transfert H(p)H(p). Aux concours, on demande très souvent de passer d'une équation différentielle à H(p)H(p), puis à H(iω)H(\ii\omega), et de conclure sur la stabilité en regardant des signes. Il faut connaître le critère exact et ses limites.

1Fonction de transfert d'un système linéaire continu et invariant

1.1Système entrée-sortie linéaire, continu, invariant

Un système reçoit un signal d'entrée e(t)e(t) et fournit un signal de sortie s(t)s(t), par exemple deux tensions d'un circuit.

Définition 1.1Système linéaire, continu, invariant

Un système entrée-sortie est :

  • linéaire : la réponse à une combinaison linéaire d'entrées est la même combinaison linéaire des réponses (principe de superposition) ;
  • continu : les signaux sont des fonctions du temps tt réel, par opposition aux signaux échantillonnés du traitement numérique ;
  • invariant : les caractéristiques du système ne dépendent pas du temps.

Dans les cas du programme (circuits à résistances, condensateurs, bobines et sources commandées linéaires, oscillateurs mécaniques), ces trois propriétés se traduisent par une équation différentielle linéaire à coefficients constants :

andnsdtn+⋯+a0s=bmdmedtm+⋯+b0e.\begin{aligned} &a_n \frac{\dd^n s}{\dd t^n} + \dots + a_0 s \\ &= b_m \frac{\dd^m e}{\dd t^m} + \dots + b_0 e. \end{aligned}

Les coefficients aka_k et bkb_k sont des constantes réelles.

Définition 1.2Ordre d'un système

L'ordre du système est l'entier nn, plus haut ordre de dérivation de la sortie (avec an≠0a_n \neq 0). Pour les systèmes physiques usuels, on a m⩽nm \leqslant n.

AttentionCondition de validité

La linéarité ne vaut que pour des signaux assez petits : un composant réel finit par saturer.

1.2Fonction de transfert opérationnelle H(p)H(p)

On associe à l'équation différentielle une écriture symbolique : on remplace chaque dérivation ddt\dfrac{\dd}{\dd t} par une multiplication par la variable pp. La dérivée kk-ième devient pkp^k. L'équation s'écrit alors D(p) s=N(p) eD(p)\,s = N(p)\,e, avec D(p)=anpn+⋯+a1p+a0,N(p)=bmpm+⋯+b1p+b0.\begin{aligned} D(p) &= a_n p^n + \dots + a_1 p + a_0, \\ N(p) &= b_m p^m + \dots + b_1 p + b_0. \end{aligned}

Définition 1.3Fonction de transfert opérationnelle

La fonction de transfert opérationnelle est le quotient H(p)=N(p)D(p)H(p) = \dfrac{N(p)}{D(p)}.

Le dénominateur D(p)D(p) porte toute l'information sur le régime libre du système, donc sur sa stabilité. Le numérateur décrit la manière dont l'entrée attaque le système.

RemarquePoint de programme

En PSI, H(p)H(p) est un simple codage de l'équation différentielle, sans aucune référence à la transformée de Laplace. On lit pp comme « dériver une fois par rapport au temps ».

Définition 1.4Formes canoniques

  • Ordre 1 : H(p)=H01+τpH(p) = \dfrac{H_0}{1 + \tau p}, avec H0H_0 le gain statique et τ\tau la constante de temps. Une variante passe-haut est H(p)=H0 τp1+τpH(p) = \dfrac{H_0\,\tau p}{1 + \tau p}.
  • Ordre 2 : H(p)=H01+pQω0+p2ω02,H(p) = \frac{H_0}{1 + \frac{p}{Q\omega_0} + \frac{p^2}{\omega_0^2}}, avec ω0\omega_0 la pulsation propre et QQ le facteur de qualité. On écrit aussi le terme du milieu 2ξpω0\dfrac{2\xi p}{\omega_0}, avec ξ=12Q\xi = \dfrac{1}{2Q} le coefficient d'amortissement.

1.3Transposer H(p)H(p) dans le domaine temporel

C'est le chemin inverse : à chaque pkp^k multipliant ss ou ee, on associe la dérivée kk-ième de ss ou de ee. On obtient l'équation différentielle qui relie entrée et sortie.

Exemple 1.5Circuit RC série

Entrée : la tension ee appliquée à l'ensemble. Sortie : la tension ss aux bornes du condensateur. La loi des mailles et la relation i=Cdsdti = C\dfrac{\dd s}{\dd t} donnent RC dsdt+s=e.RC\,\frac{\dd s}{\dd t} + s = e. Donc H(p)=11+RCpH(p) = \dfrac{1}{1 + RCp}, avec τ=RC\tau = RC. Ordre de grandeur : R=1 kΩR = 1 \unite{k\Omega} et C=100 nFC = 100 \unite{nF} donnent τ=0,1 ms\tau = 0{,}1 \unite{ms}.

Exemple 1.6Circuit RLC série

Sortie aux bornes du condensateur. On obtient LC d2sdt2+RC dsdt+s=e,LC\,\frac{\dd^2 s}{\dd t^2} + RC\,\frac{\dd s}{\dd t} + s = e, soit H(p)=11+RCp+LCp2H(p) = \dfrac{1}{1 + RCp + LCp^2}. Par identification, ω0=1LC\omega_0 = \dfrac{1}{\sqrt{LC}} et Q=1RLCQ = \dfrac{1}{R}\sqrt{\dfrac{L}{C}}.

1.4Transposer H(p)H(p) dans le domaine fréquentiel

Pour une entrée sinusoïdale de pulsation ω\omega, on travaille en notation complexe : dériver revient à multiplier par iω\ii\omega.

Définition 1.7Fonction de transfert harmonique

La fonction de transfert harmonique s'obtient en remplaçant pp par iω\ii\omega : H(iω)=N(iω)D(iω)H(\ii\omega) = \dfrac{N(\ii\omega)}{D(\ii\omega)}. C'est le rapport des amplitudes complexes de la sortie et de l'entrée en régime sinusoïdal établi.

Exemple 1.8Circuit RC

H(iω)=11+iωRCH(\ii\omega) = \dfrac{1}{1 + \ii\omega RC}. Le gain vaut 11+ω2τ2\dfrac{1}{\sqrt{1 + \omega^2\tau^2}} et le déphasage vaut −arctan⁡(ωτ)-\arctan(\omega\tau).

AttentionCondition de validité essentielle

H(iω)H(\ii\omega) décrit le régime sinusoïdal établi. Ce régime n'existe que si le régime transitoire s'éteint, c'est-à-dire si le système est stable. Pour un système instable, la formule H(iω)H(\ii\omega) se calcule toujours, mais elle ne décrit rien d'observable : le transitoire diverge et masque tout. On vérifie donc la stabilité avant de tracer un diagramme de Bode et de l'interpréter.

1.5Rappels de première année : filtrage et décomposition harmonique

Ces capacités sont révisées sans ajout.

  • Un signal périodique de fréquence ff se décompose en une somme de sinusoïdes de fréquences ff, 2f2f, 3f3f, etc. (fondamental et harmoniques), plus une composante continue (valeur moyenne).
  • Par linéarité, la sortie d'un système stable en régime établi est la somme des réponses à chaque composante. Chaque harmonique de pulsation ω\omega est multiplié en amplitude par le gain ∣H(iω)∣\abs{H(\ii\omega)} et déphasé de l'argument de H(iω)H(\ii\omega).
  • Le diagramme de Bode trace le gain en décibels, 20log⁡∣H(iω)∣20\log\abs{H(\ii\omega)}, et la phase en fonction de log⁡ω\log\omega.
  • Un passe-bas d'ordre 1 a une asymptote de pente −20 dB-20 \unite{dB} par décade en haute fréquence. Un passe-bas d'ordre 2 a une pente de −40 dB-40 \unite{dB} par décade.

2Stabilité

2.1Définition

Définition 2.1Stabilité

Un système linéaire continu et invariant est stable si son régime libre tend vers zéro, quelles que soient les conditions initiales. Le régime libre est la solution de l'équation homogène, obtenue avec une entrée nulle : andnsdtn+⋯+a1dsdt+a0s=0.a_n \frac{\dd^n s}{\dd t^n} + \dots + a_1 \frac{\dd s}{\dd t} + a_0 s = 0.

Après une perturbation, un système stable revient à son état de repos. On rencontre aussi la définition « à toute entrée bornée correspond une sortie bornée », qui conduit au même critère dans les cas usuels. On retient la version par le régime libre, celle que le programme met en avant.

Remarque

La stabilité est une propriété du système, pas de l'entrée. Elle ne dépend que du membre de gauche de l'équation différentielle, donc du dénominateur D(p)D(p).

2.2Lien avec les racines du dénominateur

On cherche des solutions de l'équation homogène de la forme ert\e^{rt}. En reportant, on trouve que rr doit être racine de l'équation caractéristique anrn+⋯+a1r+a0=0a_n r^n + \dots + a_1 r + a_0 = 0. C'est exactement D(r)=0D(r) = 0 : les racines de l'équation caractéristique sont les racines du dénominateur de H(p)H(p), appelées pôles.

Chaque racine r=σ+iΩr = \sigma + \ii\Omega fournit un terme en eσt\e^{\sigma t} multiplié éventuellement par une oscillation de pulsation Ω\Omega.

  • Si σ<0\sigma < 0, le terme décroît exponentiellement.
  • Si σ>0\sigma > 0, il croît exponentiellement : c'est une divergence.
  • Si σ=0\sigma = 0, il reste constant ou oscille sans s'amortir.

Théorème 2.2Critère général de stabilité

Le système est stable si et seulement si toutes les racines de DD ont une partie réelle strictement négative. Ce critère vaut à tout ordre.

Le travail du chapitre consiste à le traduire, aux ordres 1 et 2, en une simple lecture de signes.

2.3Système d'ordre 1

Équation homogène : a1dsdt+a0s=0a_1 \dfrac{\dd s}{\dd t} + a_0 s = 0, avec a1≠0a_1 \neq 0. L'unique racine est r=−a0a1r = -\dfrac{a_0}{a_1}. Le régime libre vaut s(t)=s(0) e−a0t/a1.s(t) = s(0)\,\e^{-a_0 t/a_1}.

Théorème 2.3Stabilité à l'ordre 1

Un système d'ordre 1 est stable si et seulement si a1a_1 et a0a_0 sont non nuls et de même signe.

Discussion des trois cas :

  • a0a1>0\dfrac{a_0}{a_1} > 0 : décroissance exponentielle de constante de temps τ=a1a0\tau = \dfrac{a_1}{a_0}. Stable.
  • a0a1<0\dfrac{a_0}{a_1} < 0 : croissance exponentielle. Instable.
  • a0=0a_0 = 0 : la solution libre est constante, elle ne revient pas à zéro. Le système est à la limite de stabilité, on le classe parmi les non stables.

Exemple 2.4Intégrateur pur

C'est le cas a0=0a_0 = 0 : H(p)=1τpH(p) = \dfrac{1}{\tau p}. Avec une entrée constante, sa sortie croît linéairement sans limite.

Sur la forme canonique H01+τp\dfrac{H_0}{1 + \tau p}, la stabilité équivaut à τ>0\tau > 0. Un circuit RC passif (τ=RC>0\tau = RC > 0) est donc toujours stable. Une constante de temps négative suppose un composant actif.

2.4Système d'ordre 2

Équation homogène : a2d2sdt2+a1dsdt+a0s=0a_2 \dfrac{\dd^2 s}{\dd t^2} + a_1 \dfrac{\dd s}{\dd t} + a_0 s = 0, avec a2≠0a_2 \neq 0.

Théorème 2.5Stabilité à l'ordre 2

Un système d'ordre 2 est stable si et seulement si les trois coefficients a2a_2, a1a_1, a0a_0 sont non nuls et de même signe.

Démonstration

On note r1r_1 et r2r_2 les deux racines. Leur somme vaut −a1a2-\dfrac{a_1}{a_2} et leur produit vaut a0a2\dfrac{a_0}{a_2}.

Sens direct. Supposons les trois coefficients de même signe et non nuls. Alors le produit est strictement positif et la somme strictement négative.

  • Si les racines sont réelles, elles ont le même signe (produit positif), et ce signe est négatif (somme négative).
  • Si elles sont complexes conjuguées, leur partie réelle commune vaut la moitié de la somme, donc −a12a2<0-\dfrac{a_1}{2a_2} < 0.

Dans tous les cas, le système est stable.

Réciproque, par contraposée.

  • Si a0a2<0\dfrac{a_0}{a_2} < 0, les racines sont réelles et de signes opposés : l'une est positive, le système diverge.
  • Si a0=0a_0 = 0, la racine r=0r = 0 donne un terme constant qui ne s'éteint pas.
  • Si a1a2<0\dfrac{a_1}{a_2} < 0, la somme des racines est positive, donc au moins une racine a une partie réelle positive.
  • Si a1=0a_1 = 0 avec a0a2>0\dfrac{a_0}{a_2} > 0, les racines sont imaginaires pures : le régime libre oscille sans s'amortir, c'est l'oscillateur harmonique idéal, à la limite de stabilité.

Sur la forme canonique H01+pQω0+p2ω02\dfrac{H_0}{1 + \frac{p}{Q\omega_0} + \frac{p^2}{\omega_0^2}}, avec ω02>0\omega_0^2 > 0, la stabilité équivaut à Q>0Q > 0. Le signe de QQ fixe celui du terme d'amortissement.

Rappel des régimes transitoires d'un système stable d'ordre 2, vus en première année :

  • Q<12Q < \dfrac{1}{2} : régime apériodique, deux racines réelles négatives.
  • Q=12Q = \dfrac{1}{2} : régime critique, racine double négative, retour le plus rapide sans oscillation.
  • Q>12Q > \dfrac{1}{2} : régime pseudo-périodique, oscillations amorties. Le nombre d'oscillations visibles est de l'ordre de QQ.

Si Q<0Q < 0 et ∣Q∣>12\abs{Q} > \dfrac{1}{2}, on observe des oscillations dont l'amplitude croît exponentiellement. Dans un circuit réel, cette croissance est arrêtée par une non-linéarité, comme la saturation d'un amplificateur. C'est le principe des oscillateurs, étudiés plus loin.

À retenir

À l'ordre 1 ou 2, le système est stable si et seulement si les coefficients du dénominateur sont non nuls et de même signe.

2.5Exemples classiques

Exemple 2.6Circuit RLC série passif

Les coefficients LCLC, RCRC et 11 sont strictement positifs dès que R>0R > 0 : le circuit est stable, la résistance dissipe l'énergie. Avec une résistance totale négative, réalisée par un composant actif qui fournit de l'énergie, le coefficient du milieu change de signe et le circuit devient instable.

Exemple 2.7Oscillateur mécanique amorti

Une masse mm reliée à un ressort de raideur kk et soumise à un frottement fluide de coefficient hh vérifie md2xdt2+hdxdt+kx=F(t).m\frac{\dd^2 x}{\dd t^2} + h\frac{\dd x}{\dd t} + kx = F(t). Les trois coefficients sont positifs : le système est stable. C'est l'analogue exact du circuit RLC.

Exemple 2.8Pendule inversé

Au voisinage de la verticale haute, pour de petits angles, on obtient une équation du type d2θdt2−gℓ θ=0,\frac{\dd^2\theta}{\dd t^2} - \frac{g}{\ell}\,\theta = 0, ℓ\ell étant une longueur caractéristique. Les coefficients 11, 00 et −gℓ-\dfrac{g}{\ell} ne sont pas de même signe : l'équilibre est instable.

Exemple 2.9Avec une fonction de transfert

H(p)=52p2−3p+4H(p) = \dfrac{5}{2p^2 - 3p + 4} est instable, car −3-3 n'a pas le signe des deux autres coefficients.

2.6Le critère ne vaut pas tel quel à l'ordre 3 ou plus

À tout ordre, une moitié du critère reste vraie.

Propriété 2.10Condition nécessaire à tout ordre

Si le système est stable, tous les coefficients de DD sont non nuls et de même signe. Dès l'ordre 3, cette condition n'est plus suffisante.

Exemple 2.11Contre-exemple à l'ordre 3

Soit D(p)=p3+p2+2p+8D(p) = p^3 + p^2 + 2p + 8. Tous les coefficients sont strictement positifs. Pourtant p=−2p = -2 est racine, et D(p)=(p+2)(p2−p+4).D(p) = (p + 2)(p^2 - p + 4). Le facteur p2−p+4p^2 - p + 4 a des coefficients de signes différents, ses racines ont une partie réelle égale à 12\dfrac{1}{2}, positive. Le système est instable.

RemarqueHors programme, pour la culture.

Pour l'ordre 3 et au-delà, il faut des conditions supplémentaires sur les coefficients (critère de Routh-Hurwitz). À l'ordre 3, avec a3a_3, a2a_2, a1a_1, a0a_0 tous positifs, il faut en plus a2a1>a3a0a_2 a_1 > a_3 a_0. Le contre-exemple ci-dessus donne 1×2=21 \times 2 = 2, inférieur à 1×8=81 \times 8 = 8.

En PSI, on se limite aux ordres 1 et 2, ou à des systèmes d'ordre supérieur dont on sait factoriser le dénominateur.

2.7Pièges classiques

AttentionPièges classiques

  • Regarder le numérateur : le signe des coefficients de N(p)N(p) ne joue aucun rôle dans la stabilité.
  • Oublier qu'un coefficient nul compte : a1=0a_1 = 0 ou a0=0a_0 = 0 donne un système non stable, à la limite de stabilité.
  • Appliquer le critère des signes à l'ordre 3 : il ne donne alors qu'une condition nécessaire.
  • Conclure avant d'avoir regroupé tous les termes en ss du même côté.
  • Interpréter H(iω)H(\ii\omega) pour un système instable : le gain calculé n'est alors pas mesurable.
  • Croire qu'une simplification de H(p)H(p) par un facteur commun au numérateur et au dénominateur ne change rien. Si le facteur simplifié correspond à une racine instable, l'instabilité existe toujours dans le système réel. En cas de doute, on raisonne sur l'équation différentielle complète.

3Capacités numériques et expérimentales

Numérique : une méthode d'Euler en Python permet de tracer s(t)s(t) et de voir la décroissance d'un système stable ou la divergence d'un système instable. Le pas doit rester petit devant la plus petite constante de temps, sinon la méthode crée elle-même une divergence artificielle.

Expérimental : un montage instable part en saturation ou oscille spontanément sans entrée. Un montage stable d'ordre 1 soumis à un échelon atteint 99 % de sa valeur finale en environ 5τ5\tau.

Méthodes

MéthodeÉtablir l'équation différentielle et les fonctions de transfert

  1. Écrire l'équation différentielle à partir des lois de Kirchhoff et des relations des composants, en regroupant tous les termes en ss à gauche.
  2. Passer à H(p)H(p) en remplaçant chaque ddt\dfrac{\dd}{\dd t} par pp, puis à H(iω)H(\ii\omega) en remplaçant pp par iω\ii\omega.
  3. Faire le chemin inverse sans hésiter.

MéthodeConclure sur la stabilité à l'ordre 1 ou 2

  1. Lire les signes des coefficients du dénominateur.
  2. Tous non nuls et de même signe : stable. Sinon : non stable.
  3. Pour conclure sur un paramètre, mettre sous forme canonique : τ>0\tau > 0 à l'ordre 1, Q>0Q > 0 et ω02>0\omega_0^2 > 0 à l'ordre 2.

MéthodeTrouver la limite de stabilité selon un paramètre

  1. Repérer le coefficient où intervient le paramètre réglable (gain d'un montage, résistance).
  2. Chercher la valeur qui annule ce coefficient : c'est la limite de stabilité.

MéthodeTraiter l'ordre 3 ou plus

  1. Chercher une racine évidente pour factoriser.
  2. À défaut, rappeler que le critère des signes n'est que nécessaire.

MéthodeInterpréter un diagramme de Bode

  1. Vérifier la stabilité avant toute interprétation.

Ce qu'il faut savoir refaire en khôlle

  1. Établir l'équation différentielle d'un circuit RC ou RLC et en déduire H(p)H(p) et H(iω)H(\ii\omega).
  2. Partir d'une fonction de transfert donnée et écrire l'équation différentielle correspondante.
  3. Énoncer la définition de la stabilité par le régime libre et la relier aux racines du dénominateur.
  4. Démontrer le critère de stabilité d'un système d'ordre 2 avec la somme et le produit des racines.
  5. Discuter la stabilité selon un paramètre, par exemple le signe d'une résistance équivalente, et trouver la limite de stabilité.
  6. Donner un contre-exemple montrant que le critère des signes ne suffit pas à l'ordre 3.
  7. Expliquer pourquoi H(iω)H(\ii\omega) n'a de sens physique que pour un système stable.

Méthodes et exercices

Les résultats à connaître

  • Système linéaire continu invariant. Décrit par une équation différentielle linéaire à coefficients constants réels, d'ordre n égal au plus haut ordre de dérivation de la sortie. Modèle exigible, valable pour des signaux assez petits.
  • Fonction de transfert opérationnelle. H(p) = N(p)/D(p), obtenue en remplaçant chaque d/dt par p. Simple codage de l'équation différentielle, sans transformée de Laplace. Exigible.
  • Passage au domaine temporel. Chaque pᵏ appliqué à s ou à e redevient une dérivée k-ième. Exigible dans les deux sens.
  • Fonction de transfert harmonique. H(jω) s'obtient en remplaçant p par jω. Elle décrit le régime sinusoïdal établi, qui n'existe que pour un système stable. Exigible.
  • Définition de la stabilité. Le régime libre, solution de l'équation homogène, tend vers zéro pour toutes conditions initiales. Définition exigible.
  • Critère général. Stable si et seulement si toutes les racines de D ont une partie réelle strictement négative. Sert de justification, la capacité exigible porte sur les ordres 1 et 2.
  • Critère d'ordre 1. a1 ds/dt + a0 s = … est stable si et seulement si a1 et a0 sont non nuls et de même signe. Forme canonique H0/(1 + τp), stable si et seulement si τ > 0. Exigible avec démonstration.
  • Critère d'ordre 2. a2, a1, a0 non nuls et de même signe. Forme canonique avec ω_0² > 0, stable si et seulement si Q > 0. Exigible avec démonstration.
  • Condition nécessaire à tout ordre. Un système stable a tous les coefficients de D non nuls et de même signe. Non suffisante dès l'ordre 3. À savoir illustrer par un contre-exemple.
  • Critère de Routh-Hurwitz, et sa forme d'ordre 3 a2 a1 > a3 a0 pour des coefficients positifs. Hors programme, pour la culture.
  • Filtrage d'un signal périodique par un système stable. Chaque harmonique est multiplié par |H(jω)| et déphasé de arg H(jω). Révisé de première année, sans ajout.

Clés de démonstration

Régime libre et pôles. On cherche des solutions exp(rt) de l'équation homogène. En reportant, r vérifie D(r) = 0. Un terme exp(rt) avec r = σ + jΩ a pour module exp(σt), donc il s'éteint si et seulement si σ < 0. L'astuce est de reconnaître dans l'équation caractéristique le dénominateur de H.

Ordre 1. L'unique racine vaut −a0/a1. Elle est strictement négative si et seulement si a0 et a1 sont non nuls et de même signe. L'astuce est de traiter à part le cas a0 = 0, racine nulle, terme constant qui ne s'éteint pas.

Ordre 2, sens direct. Somme des racines −a1/a2 < 0 et produit a0/a2 > 0. Racines réelles, même signe par le produit, négatif par la somme. Racines conjuguées, partie réelle commune égale à la demi-somme, négative. L'astuce est d'utiliser les relations coefficients et racines sans calculer le discriminant.

Ordre 2, réciproque par contraposée. Produit négatif, une racine positive. Produit nul, racine nulle. Somme positive, au moins une partie réelle positive. Somme nulle avec produit positif, racines imaginaires pures, oscillation entretenue. L'astuce est de lister les cas où un coefficient change de signe ou s'annule.

Condition nécessaire à tout ordre. Si toutes les racines sont à partie réelle négative, D est, à un facteur près, produit de facteurs (p + a) avec a > 0 et de facteurs p² + 2αp + |r|² avec α > 0. Un produit de polynômes à coefficients strictement positifs a des coefficients strictement positifs. L'astuce est de grouper les racines conjuguées.

H(jω) et régime établi. Pour e = E cos ωt, la solution générale est la somme du régime libre et d'une solution particulière sinusoïdale d'amplitude complexe H(jω)E. Si le système est stable, le régime libre disparaît et il ne reste que la partie décrite par H(jω). L'astuce est de séparer solution homogène et solution particulière.

Exemples et contre-exemples à connaître

  1. Circuit RC passif, H = 1/(1 + RCp). Toujours stable, la résistance dissipe.
  2. RLC série passif, D = LCp² + RCp + 1. Stable dès que R > 0. Avec R = 0, oscillation non amortie, limite de stabilité.
  3. Intégrateur pur, H = 1/(τp). Coefficient a0 nul, non stable. Une entrée constante donne une rampe sans fin.
  4. Pendule inversé, d²θ/dt² − (g/ℓ)θ = 0. Coefficients 1, 0, −g/ℓ, instable deux fois.
  5. Oscillateur mécanique amorti, m, h, k positifs. Stable, analogue exact du RLC.
  6. Résistance négative réalisée par un montage actif. Elle peut changer le signe du terme d'amortissement et rendre un RLC instable. Principe des oscillateurs.
  7. D(p) = p³ + p² + 2p + 8 = (p + 2)(p² − p + 4). Coefficients tous positifs et pourtant instable. Le contre-exemple de l'ordre 3.
  8. H(p) = (p − 1)/((p − 1)(p + 2)). La forme simplifiée 1/(p + 2) cache un pôle instable. Il faut raisonner sur l'équation différentielle complète.
  9. H(p) = (p − 3)/(p² + 2p + 5). Numérateur à coefficients de signes opposés, système pourtant stable. Le numérateur ne compte pas.

Techniques du chapitre

Regrouper avant de lire les signes. Tous les termes en s à gauche, puis comparer. Mini-exercice : 2 ds/dt = 3s + e devient 2 ds/dt − 3s = e. Coefficients 2 et −3 de signes opposés, instable.

Passer de l'équation à H(p) et retour. Mini-exercice : 0,5 d²s/dt² + 2 ds/dt + 4s = 3 de/dt donne H(p) = 3p/(0,5p² + 2p + 4). Coefficients du dénominateur positifs, stable.

Identifier une forme canonique. Diviser par a0. Mini-exercice : 10⁻⁶p² + 10⁻⁴p + 1. ω0 = 10³ rad/s, 1/(Qω_0) = 10⁻⁴, Q = 10. Stable, très peu amorti.

Trouver la limite de stabilité. Annuler le coefficient qui dépend du paramètre. Mini-exercice : D(p) = p² + (3 − K)p + 2. Stable si et seulement si K < 3. À K = 3, oscillation à ω = √2 rad/s.

Factoriser à l'ordre 3. Chercher une racine évidente parmi les diviseurs du terme constant. Mini-exercice : p³ + 3p² + 4p + 2, racine −1, quotient p² + 2p + 2 à coefficients positifs. Stable.

Vérifier la stabilité avant Bode. Mini-exercice : H(p) = 1/(1 − 0,01p). |H(jω)| = 1/√(1 + 10⁻⁴ω²) ressemble à un passe-bas. Mais le pôle vaut +100 s⁻¹, le système diverge, ce gain ne se mesure pas.

Exercices classiques corrigés

Choisis ton niveau. Difficulté indicative ; les exercices qui se suivent restent dans l'ordre.

Exercice 1. Passe-haut RC

Classiques de khôlle et concours · Niveau khôlle

Un condensateur C est en série avec une résistance R. On applique e(t) à l'ensemble et on relève s(t) aux bornes de R. Établir l'équation différentielle, H(p), H(jω), et conclure sur la stabilité.

Technique Loi des mailles puis codage d/dt en p.

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  1. Le courant vaut i = s/R. La tension aux bornes du condensateur vaut e − s, donc i = C d(e − s)/dt.
  2. En égalant, RC ds/dt + s = RC de/dt.
  3. H(p) = RCp/(1 + RCp), H(jω) = jωRC/(1 + jωRC).
  4. Coefficients RC et 1 strictement positifs, le système est stable et H(jω) décrit bien le régime établi.

piège : Oublier le terme en de/dt et écrire RC ds/dt + s = e, qui est le passe-bas.

Exercice 2. De H(p) à l'équation différentielle

Classiques de khôlle et concours · Niveau khôlle

H(p) = 4(1 + 0,01p)/(1 + 2 × 10⁻³p + 10⁻⁶p²). Écrire l'équation différentielle. Donner ω0, Q, la nature du régime libre et conclure.

Technique pᵏ devient une dérivée k-ième, puis identification canonique.

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  1. 10⁻⁶ d²s/dt² + 2 × 10⁻³ ds/dt + s = 4e + 0,04 de/dt.
  2. 1/ω_0² = 10⁻⁶, donc ω0 = 10³ rad/s.
  3. 1/(Qω_0) = 2 × 10⁻³, donc Q = 0,5.
  4. Coefficients tous positifs, stable. Q = 1/2, régime critique, racine double −ω0 = −10³ s⁻¹.

piège : Oublier le facteur 4 dans le terme en de/dt.

Exercice 3. Classer six fonctions de transfert

Classiques de khôlle et concours · Niveau khôlle

Stable ou non : a) 3/(1 − 0,5p), b) (p − 1)/(p² + 3p + 2), c) 1/(p² + 4), d) 2p/(−p² − p − 5), e) 1/(p(1 + τp)) avec τ > 0, f) 1/(p³ + 2p² + 2p + 1).

Technique Signes du dénominateur, factorisation à l'ordre 3.

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  1. a) 1 et −0,5 de signes opposés, pôle +2, instable.
  2. b) Dénominateur 1, 3, 2, stable, pôles −1 et −2. Le numérateur n'intervient pas.
  3. c) Coefficient en p nul, pôles ±2j, oscillation entretenue, non stable.
  4. d) Trois coefficients négatifs, donc de même signe, stable.
  5. e) Dénominateur τp² + p, terme constant nul, non stable. C'est un intégrateur suivi d'un passe-bas.
  6. f) Racine −1, p³ + 2p² + 2p + 1 = (p + 1)(p² + p + 1), second facteur à coefficients positifs, stable.

piège : Déclarer d) instable parce que les coefficients sont négatifs. Seul le signe commun compte.

Exercice 4. Pendule inversé à ressort de torsion

Classiques de khôlle et concours · Niveau khôlle

Une masse ponctuelle m = 0,20 kg est fixée au bout d'une tige rigide sans masse de longueur ℓ = 0,50 m, articulée en bas sur un pivot. Un ressort de torsion de constante C ramène la tige vers la verticale haute. Le pivot exerce un frottement visqueux de couple −h dθ/dt. Pour θ petit, établir l'équation, la condition de stabilité, puis ω0 pour C = 1,5 N·m/rad, g = 9,8 m/s².

Technique Théorème du moment cinétique linéarisé, puis signes.

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  1. Moment d'inertie mℓ². Le poids donne un couple +mgℓ sin θ ≈ mgℓθ, qui écarte de la verticale.
  2. mℓ² d²θ/dt² + h dθ/dt + (C − mgℓ)θ = 0.
  3. Stable si et seulement si h > 0 et C > mgℓ.
  4. mgℓ = 0,98 N·m/rad, inférieur à 1,5, condition remplie si h > 0.
  5. ω0 = √((C − mgℓ)/(mℓ²)) = √(0,52/0,050) ≈ 3,2 rad/s.

piège : Conclure à la stabilité sans frottement. Avec h = 0, le coefficient du milieu est nul, oscillation entretenue, limite de stabilité.

Exercice 5. Rétroaction sur un système d'ordre 1

Classiques de khôlle et concours · Type écrit CCINP

Un système vérifie τ ds/dt + s = Aε avec τ = 1,0 ms et A = 10. On boucle : ε = e − βs (retour soustractif), puis ε = e + βs (retour additif). Donner chaque fonction de transfert et la condition de stabilité. Conclure pour β = 0,1 dans le premier cas et β = 0,15 dans le second.

Technique Remplacer ε, regrouper les termes en s, lire le signe.

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  1. Retour soustractif : τ ds/dt + (1 + Aβ)s = Ae, H = A/(1 + Aβ + τp).
  2. Stable si et seulement si 1 + Aβ > 0, toujours vrai pour Aβ > 0.
  3. Avec β = 0,1 : H0 = 10/2 = 5, constante de temps τ/2 = 0,50 ms. Le bouclage divise le gain et accélère le système dans le même rapport.
  4. Retour additif : τ ds/dt + (1 − Aβ)s = Ae. Stable si et seulement si Aβ < 1.
  5. Avec β = 0,15 : 1 − Aβ = −0,5. Instable, le régime libre croît comme exp(t/(2,0 ms)).

piège : Garder le signe de l'énoncé sans regrouper. L'instabilité n'apparaît qu'après avoir mis (1 − Aβ)s à gauche.

Exercice 6. Circuit RLC et résistance négative

Classiques de khôlle et concours · Type écrit CCINP

Un circuit RLC série, L = 10 mH, C = 100 nF, R = 50 Ω, est complété par un dipôle actif équivalent à une résistance −Rn. Sortie aux bornes du condensateur. Équation, condition de stabilité, valeur de Rn à la limite et fréquence observée. Pour Rn = 60 Ω, que se passe-t-il ?

Technique Résistance totale R − Rn, signe du terme d'amortissement.

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  1. LC d²s/dt² + (R − Rn)C ds/dt + s = e.
  2. Stable si et seulement si Rn < R.
  3. Limite Rn = 50 Ω. Les racines deviennent ±jω_0, ω0 = 1/√(LC) = 1/√(10⁻⁹) ≈ 3,2 × 10⁴ rad/s, f0 ≈ 5,0 kHz.
  4. Sans dipôle actif, Q = √(L/C)/R = 316/50 ≈ 6,3.
  5. Rn = 60 Ω : résistance totale −10 Ω. Racines de partie réelle (Rn − R)/(2L) = 10/0,020 = 500 s⁻¹. Oscillations à environ 5 kHz dont l'amplitude est multipliée par e toutes les 2 ms, jusqu'à la saturation du composant actif.

piège : Dire que le système à la limite est stable parce qu'il ne diverge pas. Il ne revient pas au repos, il est non stable.

Exercice 7. Filtrage par un système stable

Classiques de khôlle et concours · Niveau khôlle

Un passe-bas H = 1/(1 + τp), de fréquence de coupure 1,0 kHz, reçoit e(t) = 2 + 3 cos(2πf_1 t) en volts, f1 = 10 kHz. Donner s(t) en régime établi. Pourquoi faut-il d'abord vérifier la stabilité ?

Technique Superposition, gain et phase harmonique par harmonique.

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  1. τ > 0, stable, le régime établi existe.
  2. Composante continue : H(0) = 1, sortie 2 V.
  3. À f1, ωτ = f1/fc = 10. Gain 1/√101 ≈ 0,0995, amplitude ≈ 0,30 V.
  4. Phase −arctan 10 ≈ −84°.
  5. s(t) ≈ 2 + 0,30 cos(2πf_1 t − 1,47) en volts.
  6. Pour un système instable, le régime libre diverge et masque cette réponse.

piège : Oublier la composante continue, transmise avec le gain statique.

Exercice 8. Simplification trompeuse

Approfondissement · Type écrit Mines-Ponts

Un système obéit à d²s/dt² + ds/dt − 2s = de/dt − e. Un élève écrit H(p) = 1/(p + 2) et conclut à la stabilité. Commenter en résolvant le régime libre.

Technique Revenir à l'équation homogène complète.

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  1. H(p) = (p − 1)/(p² + p − 2) = (p − 1)/((p − 1)(p + 2)). La simplification est algébriquement juste.
  2. Équation homogène d²s/dt² + ds/dt − 2s = 0, racines 1 et −2.
  3. Régime libre A exp(t) + B exp(−2t). Pour des conditions initiales génériques, A est non nul et la sortie diverge.
  4. Le système est instable. Le mode exp(t) n'est pas excité par l'entrée, mais toute perturbation le fait apparaître.

piège : Raisonner sur la fraction simplifiée. Le facteur commun cache un mode instable.

Exercice 9. Boucle d'ordre 3

Approfondissement · Type écrit Centrale

Un système a pour dénominateur D(p) = (1 + τp)³ + K, avec τ > 0 et K > 0. Le critère des signes suffit-il ? Trouver les racines et la condition exacte de stabilité, puis la pulsation des oscillations à la limite.

Technique Variable réduite x = τp et racines cubiques.

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  1. D = τ³p³ + 3τ²p² + 3τp + 1 + K. Tous les coefficients sont positifs pour tout K > 0. Ordre 3, la condition n'est que nécessaire.
  2. D = 0 équivaut à (1 + x)³ = −K. On pose k = K1/3. Alors 1 + x = −k, ou 1 + x = k exp(±jπ/3).
  3. Racine réelle x = −1 − k, négative.
  4. Racines complexes x = −1 + k/2 ± j k√3/2, de partie réelle −1 + k/2.
  5. Stable si et seulement si k < 2, soit K < 8.
  6. À K = 8, x = ±j√3, oscillations à ω = √3/τ.
  7. Contrôle hors programme par la condition d'ordre 3 : 3 × 3 > 1 × (1 + K) redonne K < 8.

piège : Conclure à la stabilité pour tout K parce que les coefficients sont positifs.

Exercice 10. Divergence numérique de la méthode d'Euler

Approfondissement · Type oral Centrale

On simule ds/dt = −s/τ, τ > 0, par la méthode d'Euler explicite de pas h. Montrer que la suite simulée peut diverger alors que le système est stable. Condition sur h ?

Technique Suite géométrique.

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  1. s_(k+1) = sk − (h/τ)sk = (1 − h/τ)sk, donc sk = (1 − h/τ)ᵏ s0.
  2. Convergence vers zéro si et seulement si |1 − h/τ| < 1, soit 0 < h < 2τ.
  3. Pour τ < h < 2τ, la suite tend vers zéro en alternant de signe, ce que le système réel ne fait pas.
  4. Pour h > 2τ, la suite diverge : instabilité numérique, non physique.
  5. En pratique, on prend h au moins dix fois plus petit que la plus petite constante de temps.

piège : Attribuer au système une divergence créée par le schéma numérique.

Erreurs fréquentes

  1. Lire les signes avant d'avoir regroupé tous les termes en s du même côté.
  2. Regarder le numérateur. Seul le dénominateur décide de la stabilité.
  3. Classer comme stable un système dont un coefficient est nul, intégrateur ou oscillateur non amorti.
  4. Appliquer le critère des signes à l'ordre 3 comme s'il était suffisant.
  5. Tracer et interpréter un diagramme de Bode sans avoir vérifié la stabilité.

Fiche de cours rédigée à partir du programme officiel de PSI (2021), partie « Électronique », paragraphe « 1.1. Stabilité des systèmes linéaires ». Elle couvre la fonction de transfert d'un système linéaire continu et invariant, ses traductions fréquentielle et temporelle, et la stabilité des systèmes d'ordre 1 et 2. La rétroaction et l'amplificateur linéaire intégré font l'objet du paragraphe suivant.