Ton programme de MPSI : ce chapitre est traité par Relations entre structure des entités chimiques et propriétés physiques macroscopiques (PCSI).
Hors programme en MPSI, donc pas exigible :
- Polarisabilité
- Séparation d'espèces d'un mélange : extraction par solvant, lavage, constante de partage, log P
- Espèces amphiphiles, micelles, structure des membranes cellulaires
- Émulsions
Le cours
Résumé en cinq points
- Les interactions de van der Waals valent de à , ne sont pas directionnelles et augmentent avec la polarisabilité. La liaison hydrogène vaut de à et est directionnelle.
- Les températures de changement d'état d'un corps pur moléculaire se comparent par liaison hydrogène d'abord, polarisabilité ensuite, compacité enfin.
- Un solvant se caractérise par son moment dipolaire, sa permittivité relative et son caractère protique. Ces grandeurs déterminent sa capacité à dissoudre des ions ou des molécules.
- La constante de partage gouverne l'extraction liquide-liquide. Une extraction récupère le produit voulu, un lavage élimine une impureté.
- Une entité amphiphile porte tête hydrophile et queue hydrophobe. Au-delà de la concentration micellaire critique, elle forme des micelles, et à deux chaînes des bicouches, d'où membranes, émulsions et détergence.
Pourquoi ce chapitre
Ce chapitre relie le dessin d'une molécule à ce que l'on observe au laboratoire.
- Pourquoi l'eau bout à alors que le sulfure d'hydrogène, plus lourd, est un gaz à température ambiante.
- Pourquoi le chlorure de sodium se dissout dans l'eau et pas dans le cyclohexane.
- Pourquoi on choisit tel solvant d'extraction, pourquoi on lave une phase organique, pourquoi un savon décrasse.
Les outils sont peu nombreux : polarité, polarisabilité, liaison hydrogène, permittivité relative. Ils permettent de comparer et d'interpréter, rarement de calculer. Le travail attendu est un raisonnement qualitatif argumenté.
En khôlle, la question typique est un classement à justifier, par exemple ranger trois composés par température d'ébullition croissante. Aux travaux pratiques, ce chapitre justifie tous les gestes de séparation et de purification.
1Interactions entre entités
1.1Interactions de van der Waals
Définition 1.1Interactions de van der Waals
Les interactions de van der Waals sont des interactions attractives entre molécules ou entités neutres, de courte portée, dont l'énergie varie en avec la distance entre centres. Elles sont toujours présentes.
On en distingue trois contributions :
- Keesom, entre dipôles permanents : elle existe entre deux molécules polaires, qui s'orientent en moyenne favorablement ;
- Debye, entre un dipôle permanent et un dipôle induit : une molécule polaire déforme le nuage électronique d'une molécule voisine, qui acquiert un dipôle induit ;
- London ou de dispersion, entre dipôles instantanés induits : à chaque instant, la répartition électronique d'une molécule est dissymétrique, ce qui crée un dipôle instantané qui en induit un chez la voisine.
La contribution de London existe même entre entités apolaires, et c'est souvent la plus importante pour les grosses molécules.
À retenir
Les interactions de van der Waals valent de à , soit cent fois moins qu'une liaison covalente, et ne sont pas directionnelles.
1.2Polarisabilité
Définition 1.2Polarisabilité
La polarisabilité mesure l'aptitude du nuage électronique d'une entité à se déformer sous l'effet d'un champ électrique. Elle est d'autant plus grande que le nuage est volumineux et que les électrons de valence sont éloignés du noyau, donc faiblement retenus.
Lien avec le tableau périodique :
- la polarisabilité d'un atome augmente quand on descend une colonne ;
- elle augmente de la droite vers la gauche d'une période ;
- pour une molécule, elle augmente avec le nombre d'électrons, donc en gros avec la masse molaire.
L'iode est beaucoup plus polarisable que le fluor. Les interactions de London augmentent avec la polarisabilité.
Exemple 1.3Dihalogènes
Le diiode est solide alors que le difluor est gazeux à température ambiante, bien que les deux molécules soient apolaires.
1.3Liaison hydrogène
Définition 1.4Liaison hydrogène
Une liaison hydrogène met en jeu un atome d'hydrogène lié à un atome très électronégatif et petit, en pratique le fluor, l'oxygène ou l'azote, et un doublet non liant porté par un autre atome de ce même type. On la note .
- Elle est plus forte que les interactions de van der Waals : de à , souvent cité autour de .
- Elle reste dix à vingt fois plus faible qu'une liaison covalente.
- Elle est directionnelle, l'alignement X, H et Y étant le plus favorable. Cela a des conséquences structurales importantes, par exemple la structure ouverte de la glace ou la double hélice de l'ADN.
Une liaison hydrogène peut être intermoléculaire, entre deux entités, ou intramoléculaire, à l'intérieur d'une même entité quand la géométrie le permet. Une liaison hydrogène intramoléculaire diminue l'aptitude de la molécule à en former avec ses voisines, ce qui abaisse sa température d'ébullition et modifie sa solubilité.
1.4Échelle d'énergies à retenir
- Liaison covalente : de à .
- Interaction ionique dans un solide : quelques centaines de .
- Liaison hydrogène : de à .
- Interactions de van der Waals : de à .
Pour comparaison, l'énergie d'agitation thermique vaut environ à .
À retenir
Cette hiérarchie explique qu'un changement d'état casse les interactions entre entités sans casser les molécules.
2Températures de changement d'état des corps purs moléculaires
Fondre ou vaporiser un corps pur moléculaire, c'est vaincre les interactions entre molécules. Plus ces interactions sont fortes, plus la température de changement d'état est élevée.
MéthodeComparer des températures d'ébullition
Appliquer trois critères dans cet ordre.
- Liaisons hydrogène. Une molécule portant un hydrogène lié à O, N ou F aura une température d'ébullition nettement plus haute qu'une molécule comparable qui n'en forme pas.
- Taille et polarisabilité. À famille constante, la température d'ébullition croît avec la masse molaire.
- Forme de la molécule. À masse molaire égale, une molécule ramifiée, plus compacte, offre une surface de contact plus faible, donc des interactions de London plus faibles, donc une température d'ébullition plus basse.
Exemple 2.1Les trois critères
- Liaison hydrogène : l'éthanol bout vers , le méthoxyméthane, de même formule brute, vers .
- Taille : dans la série des alcanes linéaires, le méthane est gazeux, le pentane bout vers , le décane vers .
- Forme : le pentane bout vers , le 2,2-diméthylpropane vers .
AttentionAnomalie à savoir commenter
Dans la série , , , , la température d'ébullition devrait croître avec la masse molaire. L'eau fait exception, avec une valeur bien supérieure à celle attendue, à cause des liaisons hydrogène. La même anomalie se retrouve pour et dans leurs séries respectives.
3Solvants moléculaires
3.1Grandeurs caractéristiques
Définition 3.1Moment dipolaire permanent
Le moment dipolaire permanent mesure la polarité de la molécule de solvant, donc son aptitude à interagir avec des espèces polaires et à solvater des ions par orientation.
Définition 3.2Permittivité relative
La permittivité relative , sans dimension, est telle que, dans un milieu de permittivité relative , la force d'interaction entre deux charges est divisée par par rapport au vide.
Un solvant de forte permittivité affaiblit donc l'attraction entre un cation et un anion, et favorise leur dissociation.
Valeurs repères de à :
- eau : environ ;
- diméthylsulfoxyde : environ ;
- acétonitrile : environ ;
- éthanol : environ ;
- acétone : environ ;
- dichlorométhane : environ ;
- éthoxyéthane : environ ;
- cyclohexane : environ .
Définition 3.3Caractère protique
Un solvant est protique s'il possède un hydrogène lié à un atome très électronégatif, donc s'il peut céder un proton et former des liaisons hydrogène en tant que donneur. Un solvant polaire sans hydrogène acide est dit polaire aprotique.
L'eau, les alcools et les acides carboxyliques sont protiques. L'acétone, le diméthylsulfoxyde et l'acétonitrile sont polaires aprotiques.
3.2Classification usuelle
- Solvants polaires protiques : eau, méthanol, éthanol. Ils solvatent bien les cations comme les anions, les anions étant stabilisés par liaison hydrogène.
- Solvants polaires aprotiques : acétone, acétonitrile, diméthylsulfoxyde. Ils solvatent bien les cations, mais mal les anions, qui restent donc plus disponibles et plus réactifs. Ce point réapparaît dans l'étude des substitutions nucléophiles.
- Solvants apolaires : cyclohexane, toluène, éthoxyéthane dans une moindre mesure. Ils dissolvent les espèces peu polaires.
4Mise en solution, solubilité, miscibilité
4.1Dissolution d'un solide ionique
La dissolution se décompose conceptuellement en deux étapes :
- rompre le réseau, ce qui coûte de l'énergie ;
- solvater les ions libérés, ce qui en libère.
Le bilan détermine la facilité de dissolution. Il faut un solvant de forte permittivité relative pour affaiblir l'attraction entre ions, et un solvant capable de solvater efficacement ces ions. L'eau réunit les deux qualités, d'où sa capacité à dissoudre de nombreux sels. Un solvant apolaire ne dissout quasiment pas un solide ionique.
4.2Dissolution d'une espèce moléculaire
Loi 4.1Qui se ressemble s'assemble
Une espèce se dissout bien dans un solvant avec lequel elle établit des interactions du même type et de même intensité que celles qu'elle établissait avec ses semblables.
- Une molécule polaire ou capable de liaisons hydrogène se dissout bien dans un solvant polaire protique.
- Une molécule apolaire se dissout bien dans un solvant apolaire.
- Dans une série homologue, la solubilité dans l'eau chute quand la chaîne carbonée s'allonge, parce que la fraction apolaire de la molécule devient dominante.
Exemple 4.2Alcools dans l'eau
Le méthanol est miscible à l'eau en toutes proportions, le butan-1-ol ne l'est que partiellement, l'octan-1-ol très peu.
4.3Miscibilité de deux solvants
Deux solvants sont totalement miscibles si les interactions croisées sont comparables aux interactions propres à chacun.
- L'eau et l'éthanol sont miscibles, tous deux polaires protiques.
- L'eau et le cyclohexane ne le sont pas, car mélanger obligerait à rompre des liaisons hydrogène de l'eau sans compensation.
- L'eau et l'éthoxyéthane sont partiellement miscibles.
5Séparation d'espèces d'un mélange
5.1Extraction liquide-liquide
On met en contact la solution avec un solvant non miscible où l'espèce voulue est plus soluble, on agite, on laisse décanter et on sépare les phases.
Définition 5.1Constante de partage
La constante de partage est le rapport, à l'équilibre, de l'activité de l'espèce dans les deux phases, souvent approché par le rapport des concentrations. On la détermine en dosant l'espèce dans chaque phase après équilibre.
Définition 5.2Coefficient log P
Le coefficient est un cas particulier normalisé : le logarithme décimal du rapport des concentrations entre l'octan-1-ol et l'eau.
Un élevé signale une espèce lipophile, un faible ou négatif une espèce hydrophile. Il sert de descripteur en pharmacologie, car il conditionne le passage des membranes.
À retenir
À quantité totale de solvant fixée, extraire en plusieurs fois avec de petits volumes est plus efficace qu'extraire en une seule fois avec le volume total.
5.2Lavage
Il faut distinguer extraction et lavage, distinction explicitement exigible.
- Dans une extraction, on récupère l'espèce passée dans le solvant ajouté.
- Dans un lavage, on élimine une impureté en la faisant passer dans la phase que l'on jettera, et l'on conserve la phase de départ.
Au laboratoire, on identifie les phases dans l'ampoule à décanter par comparaison des masses volumiques, à confirmer en ajoutant quelques gouttes d'eau et en observant dans quelle phase elles se rendent.
Attention
On ne jette jamais une phase avant la fin de la manipulation.
Deux lavages usuels :
- une solution aqueuse saturée en chlorure de sodium diminue la solubilité des espèces organiques dans la phase aqueuse et élimine une partie de l'eau entraînée ;
- une solution d'hydrogénocarbonate de sodium élimine un acide, en le transformant en un ion très soluble dans l'eau ; il faut alors prévoir le dégagement de dioxyde de carbone.
5.3Dissolution et précipitation
On peut aussi séparer en jouant sur la solubilité. On provoque la précipitation d'une espèce :
- en refroidissant ;
- en ajoutant un solvant dans lequel elle est peu soluble ;
- en modifiant le pH pour passer d'une forme ionique soluble à une forme neutre peu soluble.
La recristallisation combine dissolution à chaud et précipitation à froid. Elle repose sur une solubilité très dépendante de la température pour le produit, et la plus constante possible pour les impuretés.
6Amphiphilie
6.1Entités amphiphiles
Définition 6.1Entité amphiphile
Une entité amphiphile porte deux parties de comportements opposés :
- une tête polaire ou ionique, hydrophile, par exemple un carboxylate, un sulfonate ou un ammonium ;
- une queue carbonée longue, apolaire, hydrophobe, typiquement une chaîne de 12 à 18 carbones.
Un savon, carboxylate à longue chaîne, en est l'exemple type. Prévoir le caractère amphiphile d'une entité consiste à repérer la coexistence d'un groupe très polaire et d'une chaîne carbonée longue.
6.2Micelles
En solution aqueuse, au-delà d'une certaine concentration, les entités amphiphiles s'associent spontanément en micelles. Les queues hydrophobes se rassemblent au cœur, à l'abri de l'eau, et les têtes hydrophiles forment la surface au contact de l'eau. Le diamètre d'une micelle est de l'ordre de quelques nanomètres.
Définition 6.2Concentration micellaire critique
La concentration micellaire critique est la concentration à partir de laquelle les micelles se forment.
- Au-dessous, les entités sont dispersées et s'accumulent surtout à la surface du liquide.
- Au-dessus, toute addition supplémentaire alimente les micelles.
Cette transition se repère par un changement brutal de pente sur des courbes de tension superficielle ou de conductivité en fonction de la concentration. Ordre de grandeur : quelques millimoles par litre pour un tensioactif courant. Plus la chaîne est longue, plus la concentration micellaire critique est basse.
6.3Bicouches et membranes cellulaires
Une entité amphiphile à deux chaînes hydrophobes, comme un phospholipide, ne s'organise pas en micelle sphérique mais en bicouche. Deux feuillets se font face, queues contre queues à l'intérieur, têtes polaires tournées vers l'eau des deux côtés.
C'est le modèle de base des membranes cellulaires, dans lesquelles s'insèrent des protéines. Cette structure est fluide et ne met en jeu que des interactions faibles, ce qui explique sa souplesse et sa capacité de réparation.
6.4Émulsions et détergence
Définition 6.3Émulsion
Une émulsion est une dispersion d'un liquide sous forme de fines gouttelettes dans un autre liquide non miscible. On distingue la phase dispersée, sous forme de gouttelettes, et la phase continue qui les entoure.
Une émulsion n'est pas stable en soi : les gouttelettes tendent à coalescer.
Un agent émulsifiant amphiphile se place à l'interface, tête du côté aqueux et queue du côté organique, ce qui abaisse la tension interfaciale et ralentit la coalescence. La mayonnaise et le lait en sont des exemples courants.
La détergence relève du même mécanisme. Une salissure grasse, insoluble dans l'eau, est solubilisée au cœur des micelles de savon, dont l'extérieur hydrophile est compatible avec l'eau. Le rinçage emporte alors l'ensemble.
Méthodes
MéthodeRéflexes du chapitre
- Pour comparer deux températures de changement d'état, chercher d'abord la liaison hydrogène, puis la polarisabilité, puis la forme.
- Pour justifier une solubilité, identifier les interactions dans le soluté pur, dans le solvant pur, puis les interactions croisées possibles.
- Pour un solide ionique, raisonner sur la permittivité relative et la solvatation des deux ions.
- Devant un protocole d'extraction, écrire d'abord quelle espèce doit finir dans quelle phase, et dire si l'étape est une extraction ou un lavage.
- Devant une molécule, chercher la coexistence d'une tête polaire et d'une longue chaîne avant de parler d'amphiphilie.
Attention
Ne jamais invoquer une liaison hydrogène si aucun hydrogène n'est lié à O, N ou F.
Ce qu'il faut savoir refaire en khôlle
- Citer les trois contributions de van der Waals et dire laquelle subsiste entre deux entités apolaires.
- Relier la polarisabilité à la position d'un élément dans le tableau périodique, et l'illustrer sur les dihalogènes.
- Donner les ordres de grandeur énergétiques de la liaison covalente, de la liaison hydrogène et des interactions de van der Waals.
- Classer par température d'ébullition croissante une série de composés donnés, avec justification complète.
- Interpréter la miscibilité de deux solvants et la solubilité d'une espèce moléculaire ou ionique.
- Définir la constante de partage et le , et justifier pourquoi plusieurs extractions valent mieux qu'une.
- Distinguer extraction et lavage sur un protocole donné, et justifier le rôle d'un lavage à l'hydrogénocarbonate ou à l'eau salée.
- Décrire une micelle, une bicouche et une émulsion, et interpréter le pouvoir détergent d'un savon.
Méthodes et exercices
Les résultats à connaître
- Interactions de van der Waals : trois contributions, Keesom, Debye et London, toutes attractives, avec une énergie en 1/r⁶. Modèle admis. Les expressions détaillées des trois termes ne sont pas exigibles.
- Contribution de London : elle existe entre toutes les entités, c'est la seule entre entités apolaires, et elle croît avec la polarisabilité. Exigible sans démonstration.
- Polarisabilité : elle augmente en descendant une colonne et avec le nombre d'électrons. Exigible, avec une interprétation qualitative par l'éloignement des électrons de valence.
- Liaison hydrogène : il faut un H lié à N, O ou F, et un doublet non liant porté par N, O ou F. Elle est directionnelle. Exigible.
- Ordres de grandeur, en kJ·mol⁻¹ : liaison covalente de 150 à 1000, liaison hydrogène de 10 à 40, van der Waals de 1 à 10, et RT vaut environ 2,5 à 298 K. Exigibles.
- Moment dipolaire d'une molécule : c'est la somme vectorielle des moments de liaison. Il est nul pour une géométrie symétrique comme CO₂ ou CCl₄. Exigible, en lien avec la géométrie VSEPR.
- Loi de Coulomb dans un milieu de permittivité relative εr : F = q q' / (4π ε₀ εr r²). Admise. Son usage à l'échelle moléculaire est un modèle grossier.
- Comparaison des températures de changement d'état : liaison hydrogène d'abord, polarisabilité ensuite, forme enfin. Règle d'interprétation exigible, fiable pour l'ébullition, beaucoup moins pour la fusion.
- Classification des solvants : polaire protique, polaire aprotique, apolaire. Exigible.
- Constante de partage K = corg / caq à l'équilibre. Le log P se définit avec l'octan-1-ol et l'eau. Définitions exigibles, et le sens du rapport doit toujours être précisé.
- À volume total fixé, plusieurs extractions successives valent mieux qu'une seule. Exigible avec justification.
- Concentration micellaire critique, micelle et bicouche. Exigible en description qualitative.
- Paramètres de solubilité, balance hydrophile-lipophile chiffrée, lois quantitatives de la tension superficielle : non exigibles en PCSI. On ne les invoque pas sans données fournies.
Clés de démonstration
Le chapitre ne contient pas de théorème. En revanche, quelques justifications doivent être déroulées sans hésiter.
Plusieurs extractions valent mieux qu'une. Un bilan de matière sur une extraction donne la fraction restant en phase aqueuse : 1/(1 + a), avec a = K V/Va. Avec n extractions de volume V/n, la fraction restante devient (1 + a/n)−n. L'astuce est l'inégalité de Bernoulli : (1 + a/n)n ≥ 1 + a. Elle s'obtient en gardant les deux premiers termes du binôme, tous les autres étant positifs. L'inégalité est stricte dès que n ≥ 2.
Dissociation d'une paire d'ions. L'énergie d'attraction molaire au contact vaut NA e² / (4π ε₀ εr r). Le solvant la divise par εr. L'astuce consiste à comparer cette énergie à RT et non à zéro. Si elle ne vaut que quelques RT, l'agitation thermique sépare les ions.
Effet de la ramification. L'interaction de London est de courte portée, en 1/r⁶, donc seules les zones en contact comptent. Une molécule compacte, presque sphérique, offre moins de surface de contact qu'une chaîne linéaire de même masse. L'astuce est de raisonner sur la surface et non sur la masse.
Liaison hydrogène intramoléculaire. Si le donneur et l'accepteur sont proches dans la même molécule, typiquement dans un cycle à six atomes, l'hydrogène est déjà engagé. Il ne crée plus de liaison avec les voisines ni avec l'eau. L'astuce est de compter les liaisons hydrogène intermoléculaires possibles par molécule.
Baisse de la solubilité dans l'eau avec la longueur de chaîne. Loger une chaîne apolaire dans l'eau oblige à rompre des liaisons hydrogène eau-eau. Les interactions eau-chaîne créées sont plus faibles et ne compensent pas cette perte. Plus la chaîne est longue, plus ce coût l'emporte sur le gain dû au groupe polaire. L'astuce est de faire le bilan des interactions rompues et créées.
Rupture de pente à la CMC. Avant la CMC, chaque tensioactif ajouté libère des ions libres et mobiles. Au-delà, il rejoint une micelle volumineuse qui retient une partie des contre-ions. L'astuce est de raisonner sur la conductivité apportée par mole ajoutée : elle diminue, donc la pente baisse.
Exemples et contre-exemples à connaître
- Dihalogènes à 25 °C : F₂ et Cl₂ sont gazeux, Br₂ est liquide (il bout vers 59 °C), I₂ est solide. C'est l'illustration pure de la polarisabilité sur des molécules apolaires.
- Éthanol (ébullition vers 78 °C) et méthoxyméthane (vers −24 °C) ont la même formule C₂H₆O. La liaison hydrogène à elle seule crée cent degrés d'écart.
- CO₂ est apolaire malgré deux liaisons polaires. SO₂, coudé, est polaire. La polarité se lit sur la géométrie.
- L'acétone est accepteur mais pas donneur de liaison hydrogène. Pure, elle n'en forme pas (ébullition vers 56 °C). Elle est pourtant miscible à l'eau, qui lui apporte les hydrogènes.
- CCl₄ apolaire bout plus haut (vers 77 °C) que CH₂Cl₂ polaire (vers 40 °C). London l'emporte sur Keesom : 74 électrons contre 42.
- Le néopentane bout plus bas que le pentane (10 °C contre 36 °C) mais fond bien plus haut (vers −17 °C contre −130 °C). C'est un contre-exemple : la fusion dépend aussi de l'empilement cristallin, que la symétrie favorise.
- Le 2-nitrophénol forme une liaison hydrogène intramoléculaire et fond vers 45 °C. Le 4-nitrophénol fond vers 114 °C.
- La glace est moins dense que l'eau liquide. La directionnalité des liaisons hydrogène impose une structure ouverte. C'est un contre-exemple à la règle « le solide est plus dense que le liquide ».
- Le dichlorométhane (densité 1,33) est plus dense que l'eau, contrairement au cyclohexane (0,78), à l'éthoxyéthane (0,71) et à l'éthanoate d'éthyle (0,90). C'est le piège classique de l'ampoule à décanter.
- Le diiode est violet dans le cyclohexane et jaune-brun dans l'eau. La couleur indique dans quelle phase il se trouve.
Techniques du chapitre
-
Inventaire des interactions par molécule. On compare le propan-2-ol (60 g·mol⁻¹) et l'acétone (58 g·mol⁻¹). Les masses sont voisines, donc la polarisabilité l'est aussi. Le propan-2-ol est donneur et accepteur, l'acétone seulement accepteur. Le propan-2-ol bout donc plus haut, vers 82 °C contre 56 °C.
-
Lire la polarité sur la géométrie. BF₃ est plan trigonal : ses trois moments de liaison s'annulent, la molécule est apolaire. NH₃ est pyramidal, donc polaire. Ne concluez jamais sur les seules électronégativités.
-
Choisir un solvant d'extraction. Il doit satisfaire quatre critères : non miscible avec la phase de départ, soluté plus soluble dedans, facile à évaporer, le moins toxique possible. Pour extraire la caféine d'une solution aqueuse, on prend le dichlorométhane (non miscible, bon solvant de la caféine, ébullition vers 40 °C). L'acétone est exclue car elle est miscible à l'eau.
-
Identifier les phases. On compare les densités, puis on confirme en ajoutant une goutte d'eau. Pour un ester de densité 0,87 sur une solution aqueuse, la phase organique est en haut. Avec du dichlorométhane, elle est en bas.
-
Calculer une fraction extraite. On utilise n_restant/n₀ = 1/(1 + K Vorg/Vaq). Avec K = 4 et des volumes égaux, il reste 1/5 du soluté, soit 20 %, et l'on en a extrait 80 %.
-
Mesurer K. Après équilibre, on dose les deux phases. Si corg = 0,080 mol·L⁻¹ et caq = 0,0050 mol·L⁻¹, alors K = 16 et log K = 1,2. On précise toujours « organique sur aqueux ».
-
Repérer une CMC. On trace deux droites de part et d'autre de la rupture de pente, puis on prend l'abscisse de leur intersection. Sur une courbe de tension superficielle en fonction de log c, la CMC marque le début du plateau.
-
Reconnaître un amphiphile. Le dodécanoate de sodium en est un : tête carboxylate et chaîne de 11 carbones. L'éthanoate de sodium n'en est pas un, car sa chaîne est trop courte. L'octadécane non plus, car il n'a pas de tête polaire.
Exercices classiques corrigés
Choisis ton niveau. Difficulté indicative ; les exercices qui se suivent restent dans l'ordre.
Exercice 1. Trois composés de masse voisine
Classiques de khôlle et concours · Khôlle
Classer par température d'ébullition croissante le propane (44 g·mol⁻¹), le méthoxyméthane (46 g·mol⁻¹) et l'éthanol (46 g·mol⁻¹), en justifiant.
Technique inventaire des interactions à masse quasi constante.
Voir le corrigé
- Les masses sont voisines, donc la contribution de London est comparable pour les trois.
- Le propane est quasi apolaire : seule l'interaction de London agit.
- Le méthoxyméthane est coudé autour de l'oxygène, donc polaire : Keesom et Debye s'ajoutent. Il n'a aucun H lié à O, donc pas de liaison hydrogène entre ses molécules.
- L'éthanol possède un groupe O-H : il forme des liaisons hydrogène.
- Classement : propane (vers −42 °C) < méthoxyméthane (vers −24 °C) < éthanol (vers 78 °C).
piège : Attribuer une liaison hydrogène au méthoxyméthane parce qu'il contient un oxygène. Ses hydrogènes sont tous liés au carbone.
Exercice 2. Isomères du pentane
Classiques de khôlle et concours · Khôlle
Comparer ébullition et fusion du pentane, du 2-méthylbutane et du 2,2-diméthylpropane.
Technique critère de forme, puis limite de ce critère.
Voir le corrigé
- Les trois isomères ont même formule, donc même nombre d'électrons et une polarisabilité voisine.
- La ramification rend la molécule plus compacte, ce qui réduit la surface de contact et donc les interactions de London.
- Ébullition : 2,2-diméthylpropane (vers 10 °C) < 2-méthylbutane (vers 28 °C) < pentane (vers 36 °C).
- Fusion : le 2,2-diméthylpropane, quasi sphérique, s'empile très bien dans le cristal et fond bien plus haut que le pentane.
piège : Étendre sans précaution à la fusion un raisonnement valable pour l'ébullition.
Exercice 3. Nitrophénols
Classiques de khôlle et concours · Khôlle
Le 2-nitrophénol fond vers 45 °C, le 4-nitrophénol vers 114 °C. Le premier est aussi nettement moins soluble dans l'eau. Interpréter.
Technique liaison hydrogène intramoléculaire.
Voir le corrigé
- Les deux isomères ont même masse et mêmes groupes : la différence vient de la géométrie.
- En position ortho, le H du groupe O-H est proche d'un oxygène du groupe nitro. Il se forme une liaison hydrogène intramoléculaire, avec un cycle à six atomes.
- Cet hydrogène n'est plus disponible pour les molécules voisines : les interactions intermoléculaires sont plus faibles, la fusion plus basse.
- En position para, cette liaison interne est impossible. Les liaisons hydrogène s'établissent entre molécules et avec l'eau.
- Moins de liaisons hydrogène avec l'eau entraîne une solubilité plus faible pour l'isomère ortho.
piège : Dire que l'isomère ortho « n'a pas de liaison hydrogène ». Il en a une, mais interne.
Exercice 4. Pourquoi l'eau dissout le sel et pas le cyclohexane
Classiques de khôlle et concours · Écrit CCINP
Données : e = 1,6·10⁻¹⁹ C, 1/(4π ε₀) = 9,0·10⁹ SI, distance Na⁺-Cl⁻ au contact r = 0,28 nm, NA = 6,0·10²³ mol⁻¹, εr(eau) = 78, εr(cyclohexane) = 2,0. Estimer l'énergie molaire d'attraction d'une paire d'ions au contact dans le vide, dans l'eau et dans le cyclohexane. Conclure.
Technique comparaison à RT.
Voir le corrigé
- Dans le vide : 9,0·10⁹ × (1,6·10⁻¹⁹)² / 2,8·10⁻¹⁰ = 8,2·10⁻¹⁹ J par paire. En multipliant par NA, on obtient environ 490 kJ·mol⁻¹.
- Dans l'eau, on divise par 78 : environ 6,3 kJ·mol⁻¹, soit à peu près 2,5 RT. L'agitation thermique sépare facilement les ions.
- Dans le cyclohexane, on divise par 2 : environ 245 kJ·mol⁻¹, soit près de 100 RT. Les ions restent appariés.
- S'y ajoute la solvatation : les molécules d'eau, polaires, orientent leur oxygène vers le cation et leurs hydrogènes vers l'anion. Le cyclohexane ne solvate pas les ions.
piège : Oublier que l'argument de permittivité ne suffit pas seul. Appliquer εr macroscopique à 0,3 nm est un modèle grossier : les valeurs sont des ordres de grandeur.
Exercice 5. Miscibilités et choix d'un solvant
Classiques de khôlle et concours · Khôlle
Prévoir la miscibilité des couples eau et acétone, eau et dichlorométhane, cyclohexane et toluène. En déduire quel solvant choisir, entre l'éthanol et le cyclohexane, pour extraire le diiode d'une solution aqueuse, et où se trouve la phase organique.
Technique interactions croisées, puis critères d'extraction.
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- Eau et acétone : miscibles, car l'acétone, polaire et accepteur, reçoit des liaisons hydrogène de l'eau.
- Eau et dichlorométhane : non miscibles. Le dichlorométhane est polaire mais ne forme pas de liaisons hydrogène, ce qui ne compense pas le réseau de l'eau.
- Cyclohexane et toluène : miscibles, car tous deux sont peu polaires et interagissent surtout par London.
- L'éthanol est miscible à l'eau : il ne forme pas deux phases, il est donc exclu.
- Le cyclohexane est non miscible, et le diiode, apolaire et très polarisable, y est bien plus soluble. On choisit le cyclohexane. Sa densité de 0,78 place la phase organique en haut, colorée en violet.
piège : Choisir l'éthanol parce que le diiode y est très soluble, sans vérifier la non-miscibilité.
Exercice 6. Une ou trois extractions
Classiques de khôlle et concours · Écrit e3a
Une espèce A est dissoute dans 100 mL d'eau. Sa constante de partage vaut K = corg / caq = 10. On dispose de 60 mL de solvant. Comparer une extraction à 60 mL avec trois extractions à 20 mL, puis démontrer le résultat général.
Technique bilan de matière et inégalité de Bernoulli.
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- Une extraction : la conservation donne n₀ = caq Vaq + K caq Vorg. La fraction restante vaut 1/(1 + 10 × 0,6) = 1/7, soit 14 %. On extrait 86 %.
- Trois extractions : chacune laisse 1/(1 + 10 × 0,2) = 1/3. Après trois, il reste 1/27, soit 3,7 %. On extrait 96 %.
- Cas général : la fraction restante vaut (1 + a/n)−n contre 1/(1 + a), avec a = K V/Vaq. Comme (1 + a/n)n ≥ 1 + a, il reste moins de soluté après n extractions.
- En pratique, on s'arrête à deux ou trois extractions, car le gain décroît alors que le temps et les pertes augmentent.
piège : Inverser le rapport K et écrire 1/(1 + Vorg/(K Vaq)).
Exercice 7. Traitement d'une estérification
Classiques de khôlle et concours · Écrit CCINP
On synthétise l'éthanoate de 3-méthylbutyle (densité 0,87) avec un excès d'acide éthanoïque et de l'acide sulfurique comme catalyseur. Après refroidissement, on ajoute de l'eau et l'on sépare. On traite la phase aqueuse par de l'éthoxyéthane, puis on réunit les phases organiques. On les agite avec une solution d'hydrogénocarbonate de sodium, puis avec de l'eau salée saturée, et l'on sèche. Qualifier chaque étape, dire quelle phase est conservée et justifier les précautions.
Technique distinguer extraction et lavage.
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- Ajout d'eau et séparation : c'est un lavage. L'acide sulfurique et une grande partie de l'acide éthanoïque, très solubles dans l'eau, passent en phase aqueuse. On garde la phase organique, située au-dessus.
- Traitement de la phase aqueuse par l'éthoxyéthane : c'est une extraction. On récupère l'ester dissous dans l'eau.
- Hydrogénocarbonate : c'est un lavage. La réaction CH₃COOH + HCO₃⁻ → CH₃COO⁻ + CO₂ + H₂O transforme l'acide en ion, qui reste dans l'eau. Il faut dégazer souvent l'ampoule à cause du CO₂.
- Eau salée : c'est un lavage. Elle diminue la solubilité de l'ester dans l'eau et retire une partie de l'eau dissoute dans la phase organique.
- Séchage : un sel anhydre, par exemple le sulfate de magnésium, fixe l'eau restante. On filtre ensuite.
piège : Appeler « extraction » toute agitation en ampoule. Le critère est ce que l'on garde.
Exercice 9. Concentration micellaire critique du dodécylsulfate de sodium
Classiques de khôlle et concours · Écrit CCINP
On mesure la conductivité σ de solutions de dodécylsulfate de sodium. Pour c exprimée en mmol·L⁻¹ et σ en mS·m⁻¹, on obtient σ = 7,0 c aux faibles concentrations, et σ = 2,8 c + 34 aux fortes. Déterminer la CMC et interpréter la rupture de pente. Prévoir l'effet d'une chaîne de 14 carbones.
Technique intersection de deux droites et interprétation microscopique.
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- On écrit 7,0 c = 2,8 c + 34, d'où c = 34/4,2 = 8,1 mmol·L⁻¹. C'est l'ordre de grandeur connu pour ce tensioactif.
- Au-dessous de la CMC, chaque ajout apporte un Na⁺ et un anion dodécylsulfate libres : σ croît vite.
- Au-dessus, les anions ajoutés rejoignent des micelles, peu mobiles, qui retiennent une partie des Na⁺ à leur surface. La conductivité apportée par mole diminue, donc la pente baisse.
- Avec une chaîne plus longue, la partie hydrophobe coûte plus cher à laisser au contact de l'eau. Les micelles se forment plus tôt et la CMC baisse.
piège : Dire que la conductivité cesse d'augmenter au-delà de la CMC. Elle augmente toujours, mais moins vite.
Exercice 8. Séparer un acide d'une espèce neutre
Approfondissement · Écrit Mines
Un mélange d'acide benzoïque (pK_a voisin de 4,2) et de naphtalène est dissous dans l'éthoxyéthane. Proposer un protocole pour récupérer les deux solides purs.
Technique jouer sur le pH pour changer la solubilité.
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- On agite avec une solution aqueuse de soude. L'acide devient l'ion benzoate, soluble dans l'eau et quasi insoluble dans l'éther. Le naphtalène, apolaire, reste dans l'éther.
- On sépare les phases. L'éther, en haut, contient le naphtalène. On répète l'opération une seconde fois pour être complet.
- On sèche la phase éthérée puis on évapore le solvant : on récupère le naphtalène.
- On acidifie la phase aqueuse jusqu'à un pH voisin de 1 à 2, bien inférieur au pK_a. L'acide benzoïque, neutre et peu soluble dans l'eau froide, précipite.
- On filtre, on rince à l'eau froide et on sèche. Une recristallisation dans l'eau chaude peut compléter la purification.
piège : Acidifier jusqu'à un pH seulement voisin du pK_a. La moitié de l'acide reste alors sous forme de benzoate dissous.
Exercice 10. Eau contre fluorure d'hydrogène
Approfondissement · Type oral Centrale
La liaison F-H···F est plus forte que la liaison O-H···O. Pourtant l'eau bout vers 100 °C, et HF vers 20 °C. Interpréter, étendre à NH₃ (ébullition vers −33 °C), puis estimer l'enthalpie de vaporisation de l'eau et la comparer à la valeur mesurée, 41 kJ·mol⁻¹.
Technique compter les liaisons hydrogène par molécule, limitées par le plus petit des deux nombres de donneurs et d'accepteurs.
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- L'eau a deux H donneurs et deux doublets accepteurs. Chaque molécule peut participer à quatre liaisons hydrogène, en réseau tridimensionnel.
- HF a trois doublets mais un seul H. Il forme des chaînes : chaque molécule donne une liaison et en reçoit une.
- Une liaison est partagée entre deux molécules. On compte donc environ deux liaisons par molécule d'eau, contre une par molécule de HF. Le nombre l'emporte sur la force individuelle.
- NH₃ a trois H mais un seul doublet. On retrouve au plus une liaison par molécule, et une liaison N-H···N plus faible, d'où l'ébullition la plus basse des trois.
- Estimation pour l'eau : deux liaisons à environ 20 kJ·mol⁻¹ donnent environ 40 kJ·mol⁻¹, soit le bon ordre de grandeur. London et Keesom complètent le bilan, et le liquide a déjà rompu une partie du réseau de la glace. L'accord est donc un ordre de grandeur, pas une égalité.
piège : Conclure sur la seule force d'une liaison sans compter combien chaque molécule peut en former.
Erreurs fréquentes
- Invoquer une liaison hydrogène dès qu'une molécule contient O ou N, alors qu'il faut un hydrogène lié à l'un de ces atomes chez le donneur.
- Déclarer une molécule polaire à partir de ses liaisons sans regarder la géométrie, par exemple pour CO₂ ou CCl₄.
- Placer par réflexe la phase organique en haut. On vérifie toujours la densité, en pensant au dichlorométhane.
- Confondre extraction et lavage, ou écrire la constante de partage sans préciser le sens du rapport.
- Appliquer à la fusion les critères de l'ébullition sans mentionner le rôle de l'empilement cristallin, ou dire qu'une micelle se forme à toute concentration.
Fiche de cours rédigée à partir du programme officiel de PCSI (2021), partie 2.2. Elle couvre les interactions entre entités, van der Waals et liaison hydrogène, leur usage pour interpréter les températures de changement d'état, les propriétés des solvants moléculaires, la mise en solution, la séparation par extraction et lavage, puis l'amphiphilie et les émulsions.