Le cours
L'essentiel
- L'optique géométrique est un modèle de rayons, valable tant que les dimensions en jeu sont grandes devant la longueur d'onde ; sinon il y a diffraction, sur un angle de l'ordre de . Le visible s'étend d'environ à dans le vide.
- Savoir énoncer les lois de Snell-Descartes, , et établir la condition de réflexion totale : seulement du milieu le plus réfringent vers le moins réfringent, au delà de l'angle limite .
- Savoir construire l'image d'un objet par un miroir plan, par une lentille convergente et par une lentille divergente, et donner sa nature réelle ou virtuelle.
- Dans les conditions de Gauss, rayons paraxiaux, un système centré est approximativement stigmatique et aplanétique, ce qui autorise les formules de conjugaison. Le stigmatisme approché se juge par rapport au détecteur.
- Pour une lentille mince : Descartes, et ; Newton, . Savoir passer de l'une à l'autre et vérifier sur le cas .
- Savoir établir qu'une image réelle d'un objet réel sur un écran à la distance exige , et en déduire la méthode de Bessel.
- Œil : vergence variable et capteur fixe, punctum proximum vers , plage d'accommodation de l'ordre de , résolution angulaire de l'ordre de . Appareil photographique : focale fixée et lentille mobile ; diaphragme, focale et durée d'exposition agissent sur la profondeur de champ, l'éclairement et le flou de bougé.
- Fibre à saut d'indice : savoir établir le cône d'acceptance, , et la dispersion intermodale , de l'ordre de par kilomètre pour et .
Pourquoi ce chapitre
Ce chapitre ouvre souvent l'année de physique-chimie en MPSI : il demande peu d'outils mathématiques et beaucoup de rigueur. Son vrai sujet est la notion de modèle, puisqu'on part du rayon lumineux, qui n'existe pas, pour en tirer des prédictions vérifiables sur un banc d'optique. Il installe aussi les réflexes de calcul algébrique, grandeurs orientées et mesures algébriques, utiles toute l'année. Aux concours, il fournit des exercices de conjugaison, des constructions graphiques et des questions de modélisation de dispositifs réels : l'œil, l'appareil photographique et la fibre optique.
1Sources lumineuses
Source ponctuelle monochromatique
Définition 1.1Source ponctuelle monochromatique
Une source ponctuelle est une source dont les dimensions sont négligeables devant les distances du montage. Elle est monochromatique si elle n'émet qu'une seule fréquence .
Remarque
C'est une idéalisation : aucune source réelle n'est rigoureusement ponctuelle ni rigoureusement monochromatique.
Propriété 1.2Fréquence et longueur d'onde
La fréquence d'une onde lumineuse ne change pas quand la lumière change de milieu ; la longueur d'onde, elle, change. Dans le vide, Dans un milieu transparent d'indice , la longueur d'onde vaut .
Exemple 1.3
Une radiation de longueur d'onde dans le vide a une longueur d'onde dans un verre d'indice . Sa fréquence, , est la même dans les deux milieux.
Spectre et couleur
Définition 1.4Spectre
Le spectre d'une source est la répartition de sa puissance lumineuse selon la longueur d'onde. Caractériser une source, c'est donner son spectre.
Exemple 1.5Trois types de spectres
Une lampe spectrale donne un spectre de raies. Une lampe à incandescence donne un spectre continu. Un laser donne une raie très fine.
RemarqueOrdres de grandeur du visible
Dans le vide, le visible s'étend d'environ pour le violet à pour le rouge, le vert se situant vers . En dessous de se trouve l'ultraviolet, au dessus de l'infrarouge. On relie ainsi la longueur d'onde dans le vide à la couleur.
2Le modèle de l'optique géométrique
Définition du modèle
Définition 2.1Rayon lumineux
Le modèle de l'optique géométrique décrit la lumière par des rayons. Un rayon lumineux est une courbe orientée le long de laquelle se propage l'énergie lumineuse.
Propriété 2.2Propagation des rayons
Dans un milieu homogène et isotrope, les rayons lumineux sont des droites. Les rayons sont indépendants : deux rayons qui se croisent ne se perturbent pas.
Définition 2.3Indice d'un milieu transparent
L'indice d'un milieu transparent est où est la vitesse de propagation de la lumière dans le milieu. On a toujours .
RemarqueOrdres de grandeur
L'air a un indice de , l'eau , un verre ordinaire ou le cœur d'une fibre en silice environ , le diamant .
Limites du modèle
Propriété 2.4Domaine de validité
Le modèle de l'optique géométrique est valable quand les dimensions des objets rencontrés par la lumière sont grandes devant la longueur d'onde. Quand une ouverture a une taille comparable à , la lumière diffracte : l'angle de diffraction par une fente de largeur est de l'ordre de .
Exemple 2.5Diffraction par une fente
Une fente de largeur éclairée à diffracte sur un angle de l'ordre de À de la fente, la tache s'élargit donc d'environ : l'effet est bien visible à quelques mètres.
RemarqueAutres limites
L'optique géométrique ne décrit pas non plus les interférences, la polarisation, ni l'émission et l'absorption de lumière, qui relèvent de la physique quantique.
3Réflexion et réfraction
Lois de Snell-Descartes
À l'interface entre deux milieux transparents d'indices et , un rayon incident donne naissance à un rayon réfléchi et à un rayon réfracté. Tous les angles sont mesurés par rapport à la normale à l'interface au point d'incidence.
Définition 3.1Plan d'incidence
Le plan d'incidence est le plan qui contient le rayon incident et la normale à l'interface au point d'incidence.
Loi 3.2Lois de Snell-Descartes
On considère une interface entre deux milieux transparents, homogènes et isotropes, d'indices (milieu d'incidence) et , dans le cadre de l'optique géométrique.
- Les rayons réfléchi et réfracté appartiennent au plan d'incidence.
- Réflexion : l'angle de réflexion est égal à l'angle d'incidence , les deux rayons étant de part et d'autre de la normale.
- Réfraction : l'angle de réfraction vérifie
Propriété 3.3Sens de la déviation
Pour une incidence non normale () : en passant dans un milieu plus réfringent (), le rayon réfracté se rapproche de la normale () ; en passant dans un milieu moins réfringent (), il s'en écarte (), lorsque le rayon réfracté existe. En incidence normale, : le rayon n'est pas dévié.
Démonstration
Pour , la loi de la réfraction donne . Si , alors , et comme la fonction sinus est strictement croissante sur , . Si , le même argument donne lorsque le rayon réfracté existe. Enfin, pour , la loi donne , donc : le rayon traverse l'interface sans être dévié.
RemarqueSchéma à savoir tracer
On trace une interface horizontale, la normale verticale en pointillés au point d'incidence, le rayon incident oblique dans le milieu 1, le rayon réfléchi symétrique par rapport à la normale dans le milieu 1, et le rayon réfracté qui poursuit dans le milieu 2 en se rapprochant de la normale si .
Réflexion totale
Définition 3.4Angle limite
Pour , on définit l'angle limite par
Proposition 3.5Condition de réflexion totale
Il n'existe pas de rayon réfracté si et seulement si et . Toute l'énergie repart alors dans le milieu 1 : c'est la réflexion totale. Elle n'est possible que du milieu le plus réfringent vers le moins réfringent.
Démonstration
Un rayon réfracté d'angle existe si et seulement si l'équation admet une solution , c'est-à-dire si et seulement si .
Si , on a : le rayon réfracté existe toujours.
Si , le facteur est supérieur à 1. La condition d'existence s'écrit , soit par croissance stricte du sinus sur . Il n'y a donc pas de rayon réfracté exactement quand .
Exemple 3.6Valeurs numériques
Pour une interface verre d'indice vers air : , soit . Pour une interface eau vers air : , soit .
Attention
La réflexion totale n'existe pas de l'air vers le verre : dans ce sens, il y a toujours un rayon réfracté. Avant d'invoquer la réflexion totale, on vérifie que la lumière va bien du milieu le plus réfringent vers le moins réfringent.
4Stigmatisme et approximation de Gauss
Stigmatisme rigoureux et approché
Définition 4.1Stigmatisme rigoureux
Un système optique est stigmatique pour un couple de points et si tout rayon issu de émerge du système en passant par . On dit alors que est l'image de .
Propriété 4.2
Le miroir plan est le seul système optique rigoureusement stigmatique pour tout point de l'espace.
Remarque
Résultat admis.
Définition 4.3Stigmatisme approché
Un système présente un stigmatisme approché pour et si les rayons issus de émergent dans une tache de petite dimension autour de .
Propriété 4.4Rôle du détecteur
L'image est perçue nette si la tache image est plus petite qu'un élément du détecteur : un pixel du capteur, ou le grain de la rétine. Le stigmatisme approché est donc relatif au détecteur ; ce n'est pas une propriété absolue du système.
Miroir plan
Propriété 4.5Image par un miroir plan
Le miroir plan donne d'un point objet un point image symétrique de par rapport au plan du miroir. Si est réel, est virtuel, et réciproquement. L'image d'un objet étendu est symétrique de l'objet et de même taille.
Démonstration
Soit le projeté orthogonal de sur le miroir et le symétrique de par rapport au plan du miroir. Un rayon issu de frappe le miroir en . D'après la première loi de Snell-Descartes, le rayon réfléchi est dans le plan d'incidence, qui contient , et la normale en , donc aussi et . D'après la deuxième loi, il fait avec la normale le même angle que le rayon incident, de l'autre côté. Or la symétrie par rapport au plan du miroir conserve les angles et fixe : la droite fait avec la normale le même angle que , de l'autre côté. Le rayon réfléchi est donc porté par la droite : son prolongement passe par . Comme c'est vrai pour tout point , le miroir est rigoureusement stigmatique pour le couple .
RemarqueChiralité
La symétrie plane inverse la chiralité : une main droite a pour image une main gauche. C'est ce qui explique l'inversion gauche-droite apparente d'un texte lu dans un miroir.
Exemple 4.6Construction
Pour construire l'image de , on trace deux rayons issus de , on les réfléchit en appliquant la loi de la réflexion, et on prolonge les rayons réfléchis en arrière du miroir : ils se coupent en , symétrique de .
Conditions de l'approximation de Gauss
Définition 4.7Conditions de Gauss
On se place dans l'approximation de Gauss quand les rayons sont peu inclinés sur l'axe optique et rencontrent le système près de cet axe. De tels rayons sont dits paraxiaux. En pratique, on diaphragme le faisceau et on limite le champ.
Propriété 4.8Conséquences
Dans les conditions de Gauss, tout système centré est :
- approximativement stigmatique pour tout point de l'espace ;
- aplanétique : l'image d'un objet plan perpendiculaire à l'axe est un plan perpendiculaire à l'axe.
Ces deux propriétés rendent possibles les formules de conjugaison.
Remarque
Résultat admis.
Propriété 4.9Linéarisation
Pour des angles petits exprimés en radians, et . Les lois de Snell-Descartes deviennent linéaires :
Exemple 4.10
Pour , : l'erreur relative commise en remplaçant par est d'environ .
5Lentilles minces
Vocabulaire et propriétés
Définition 5.1Lentille mince
Une lentille mince est un système centré dont l'épaisseur est négligeable devant les rayons de courbure de ses faces et devant les distances de conjugaison. On la caractérise par son centre optique , son axe optique et sa distance focale image , où est le foyer principal image.
Dans toute la suite, les lentilles minces sont utilisées dans les conditions de Gauss, et l'axe optique est orienté dans le sens de propagation de la lumière.
Propriété 5.2Rayons particuliers
- Tout rayon passant par le centre optique n'est pas dévié.
- Tout rayon incident parallèle à l'axe émerge en passant par le foyer principal image .
- Tout rayon incident passant par le foyer principal objet émerge parallèle à l'axe.
- Tout faisceau incident de rayons parallèles entre eux converge, après la lentille, en un point du plan focal image, appelé foyer secondaire image. On le trouve en traçant le rayon de ce faisceau qui passe par .
Définition 5.3Vergence
La vergence d'une lentille est exprimée en dioptries (symbole ) avec en mètres. Une lentille est convergente si , divergente si .
Propriété 5.4Position des foyers
Les foyers et sont symétriques par rapport à : .
Exemple 5.5
Une lentille de vergence a pour distance focale ; elle est convergente. Une lentille de vergence a ; elle est divergente, et son foyer image est situé avant la lentille.
Nature de l'image
Définition 5.6Objet et image réels ou virtuels
Un objet est réel si la lumière diverge effectivement de lui, virtuel si les rayons incidents convergent vers lui sans l'atteindre. Une image est réelle si les rayons émergents convergent effectivement en un point : elle se recueille alors sur un écran. Elle est virtuelle si seuls les prolongements des rayons émergents se coupent : elle n'est visible qu'à l'œil, à travers le système.
Attention
Une image virtuelle ne se recueille pas sur un écran, même placé exactement à sa position. Réciproquement, un œil placé derrière une image réelle peut la voir : réel et virtuel ne se distinguent pas par la visibilité à l'œil.
Formules de conjugaison
Propriété 5.7Formules de Descartes
Pour une lentille mince de distance focale dans les conditions de Gauss, avec origine au centre optique, un point de l'axe et son image vérifient Le grandissement transversal d'un objet perpendiculaire à l'axe, d'image , vaut
Propriété 5.8Formules de Newton
Avec les origines aux foyers, dans les mêmes conditions,
Démonstration
On part des formules de Descartes. Notons et , supposés non nuls. En multipliant la relation de conjugaison par , on obtient Par la relation de Chasles et , et . Alors Pour le grandissement, la relation de Descartes donne , donc et Enfin d'après ce qui précède, d'où .
RemarqueHypothèses
Toutes ces relations supposent l'approximation de Gauss et une lentille mince. Toutes les grandeurs sont des mesures algébriques sur l'axe orienté dans le sens de propagation de la lumière.
Exemple 5.9Montage symétrique
Plaçons un objet réel à la distance avant une lentille convergente : . Alors L'image est réelle, renversée et de même taille. Avec Newton : , , et le produit vaut bien , avec . C'est un point de repère à retenir.
Attention
Une erreur de signe est l'erreur numéro un du chapitre. On oriente toujours l'axe dans le sens de la lumière et on ne manipule que des mesures algébriques : pour un objet réel devant la lentille, .
Condition de formation d'une image réelle
Proposition 5.10Condition de formation d'une image réelle
Soit un objet réel et un écran placé à la distance de l'objet, après lui. On peut former l'image de l'objet sur l'écran avec une lentille mince convergente de distance focale , placée entre l'objet et l'écran, si et seulement si Pour , il existe exactement deux positions de la lentille, symétriques par rapport au milieu du segment objet-écran. Pour , la position est unique, au milieu, et le grandissement vaut .
Démonstration
Posons , où est le point objet sur l'axe et le centre de la lentille. L'écran est en avec , donc . L'objet est réel et l'image se forme sur l'écran si et seulement si , et la relation de conjugaison est satisfaite : En multipliant par , avec et : Le discriminant vaut . Comme , il est positif ou nul si et seulement si : c'est une condition nécessaire.
Réciproquement, supposons . Les racines sont . Comme , , donc . Il vient et : chaque racine donne une position acceptable, avec un objet réel et une image réelle sur l'écran.
Si , il y a deux racines distinctes. Leur somme vaut , donc les distances et de l'objet à la lentille ont pour moyenne : les deux positions sont symétriques par rapport au milieu du segment objet-écran. Si , la racine est double, , et , d'où .
RemarqueMéthode de Bessel
L'existence de deux positions pour est à la base de la méthode de Bessel de mesure d'une distance focale, plus précise que les méthodes à une seule position.
Constructions graphiques
Propriété 5.11Construction de l'image d'un objet à distance finie
Pour construire l'image d'un point objet hors de l'axe, on trace deux des trois rayons particuliers issus de . Leur intersection, ou celle de leurs prolongements, donne . Le point , image du pied de l'objet sur l'axe, s'en déduit par aplanétisme : c'est le projeté orthogonal de sur l'axe.
Exemple 5.12Lentille convergente et lentille divergente
Avec une lentille convergente et un objet réel placé avant , les rayons émergents se coupent effectivement après la lentille : l'image est réelle et renversée. Avec un objet réel entre et , seuls leurs prolongements se coupent, avant la lentille : l'image est virtuelle, droite et agrandie. Avec une lentille divergente, l'image d'un objet réel est toujours virtuelle, droite et réduite.
Propriété 5.13Objet à l'infini
Pour un objet à l'infini vu sous un diamètre apparent petit, l'image se forme dans le plan focal image et sa taille vaut environ .
Démonstration
Les rayons issus d'un point de l'objet à l'infini forment un faisceau parallèle, incliné d'un angle sur l'axe pour le point extrême. Ce faisceau converge au foyer secondaire image, sur le plan focal image. Le rayon du faisceau qui passe par n'est pas dévié : il coupe le plan focal image, situé à la distance de , à la hauteur , soit dans les conditions de Gauss. Les rayons issus du point sur l'axe convergent en , d'où une image de taille .
Remarque
Le programme de MPSI, contrairement à celui de PCSI, ne demande pas de modéliser un système à plusieurs lentilles. Ce point, utile en travaux pratiques, n'est pas exigible.
6Modèles de dispositifs optiques
L'œil
Définition 6.1Modèle de l'œil
On modélise l'œil par une lentille mince convergente de vergence variable, le cristallin, et un capteur plan fixe, la rétine, situé à distance fixe derrière la lentille. Comme la distance lentille-capteur est imposée, la mise au point se fait en changeant la vergence : c'est l'accommodation.
Définition 6.2Punctum remotum et punctum proximum
Le punctum remotum est le point le plus éloigné vu net par l'œil ; le punctum proximum est le point le plus proche vu net.
RemarqueOrdres de grandeur
Pour un œil emmétrope, c'est-à-dire normal, le punctum remotum est à l'infini et le punctum proximum à environ . La plage d'accommodation est de l'ordre de . La limite de résolution angulaire vaut environ une minute d'arc, soit : deux points vus sous un angle plus petit sont perçus confondus.
Exemple 6.3Plage d'accommodation
Notons la distance cristallin-rétine, fixe. Pour voir net un point , la vergence doit valoir . Au punctum remotum, et . Au punctum proximum, et . La vergence varie donc de .
L'appareil photographique
Définition 6.4Modèle de l'appareil photographique
On modélise l'appareil photographique par une lentille convergente de focale et un capteur plan. La focale est fixée par l'objectif choisi ; la mise au point se fait en déplaçant la lentille par rapport au capteur.
Définition 6.5Profondeur de champ
Un point est vu net tant que sa tache image sur le capteur reste plus petite qu'un diamètre de tolérance lié à la taille du pixel. La profondeur de champ est l'intervalle des distances objet qui donnent une image acceptable pour un réglage donné.
RemarqueConstruction de la profondeur de champ
- Placer le plan de mise au point et son image, le capteur.
- Depuis les bords du diaphragme, tracer le cône de lumière qui intercepte sur le capteur un disque du diamètre de tolérance.
- Remonter ce cône à travers la lentille, de part et d'autre du plan de mise au point : les points objets extrêmes dont la tache reste dans ce disque limitent la profondeur de champ.
Propriété 6.6Influence des réglages
- Fermer le diaphragme allonge la profondeur de champ, mais réduit l'éclairement du capteur et impose une durée d'exposition plus longue.
- Allonger la durée d'exposition augmente la lumière reçue, mais fait apparaître un flou de bougé sur les sujets mobiles.
- Augmenter la focale agrandit l'image, réduit le champ observé et diminue la profondeur de champ.
Attention
L'œil et l'appareil photographique font la mise au point de façon opposée. Pour l'œil, le capteur est fixe par rapport à la lentille et la vergence varie. Pour l'appareil, la focale est fixée et c'est la position de la lentille qui varie.
La fibre optique à saut d'indice
Définition 6.7Fibre à saut d'indice
Une fibre optique à saut d'indice est formée d'un cœur cylindrique d'indice entouré d'une gaine d'indice , avec . La lumière y est guidée par réflexions totales successives sur l'interface cœur-gaine.
Définition 6.8Ouverture numérique
L'ouverture numérique de la fibre est
Proposition 6.9Cône d'acceptance
Un rayon contenu dans un plan qui contient l'axe, qui entre dans la fibre depuis l'air par la face d'entrée, perpendiculaire à l'axe, avec un angle par rapport à l'axe, est guidé si et seulement si Le cas d'égalité, qui correspond à un rayon réfracté rasant dans la gaine, est inclus par convention comme frontière du cône. Lorsque , les rayons acceptés forment un cône de demi-angle au sommet .
Démonstration
On prend l'indice de l'air égal à 1 et . À l'entrée, la loi de la réfraction donne l'angle du rayon dans le cœur, mesuré par rapport à l'axe qui est la normale à la face d'entrée : Comme la face d'entrée est perpendiculaire à l'interface cœur-gaine, le rayon rencontre cette interface sous l'angle d'incidence . Le rayon est guidé, et ce à chaque réflexion puisque l'angle se conserve dans une fibre rectiligne pour un rayon contenu dans un plan qui contient l'axe, si et seulement si l'angle d'incidence sur l'interface est au moins égal à l'angle limite, le cas d'égalité (rayon réfracté rasant, qui n'emporte pas d'énergie dans la gaine) étant inclus par convention comme frontière du cône : Pour , , donc cette condition équivaut à , c'est-à-dire , soit puisque . Avec la relation d'entrée, cela s'écrit . Si , par croissance de , c'est équivalent à .
Proposition 6.10Dispersion intermodale
Sur une longueur de fibre, l'écart entre les durées de parcours du rayon le plus lent et du rayon le plus rapide parmi les rayons guidés vaut
Démonstration
Dans le cœur, la lumière se propage à la vitesse . La durée de parcours d'un rayon est donc proportionnelle à la longueur de son trajet.
Le rayon le plus rapide suit l'axe : son trajet a pour longueur et sa durée vaut .
Un rayon incliné de sur l'axe parcourt, pour avancer de le long de l'axe, une longueur , qui croît avec . Le rayon guidé le plus lent est donc celui qui arrive juste à l'angle limite, avec . Son trajet a pour longueur et sa durée vaut D'où
Exemple 6.11Ordre de grandeur
Avec , et : Deux impulsions émises à moins de d'intervalle arrivent confondues, ce qui plafonne le débit. D'où l'usage de fibres à gradient d'indice ou de fibres monomodes sur les liaisons longues.
Méthodes
MéthodeMener un calcul de conjugaison sans erreur de signe
- Orienter l'axe optique dans le sens de propagation de la lumière.
- Ne manipuler que des mesures algébriques : pour un objet réel devant la lentille, ; pour une lentille divergente, .
- Choisir Descartes si les positions sont repérées depuis , Newton si elles le sont depuis les foyers.
- Contrôler le résultat sur un cas connu, par exemple le montage symétrique où .
MéthodeConstruire une image avant de calculer
- Faire un schéma à l'échelle approximative : axe, lentille, foyers et , objet.
- Tracer deux des trois rayons particuliers issus du point hors de l'axe et en déduire , puis par aplanétisme.
- Lire sur le dessin la nature de l'image, son sens et l'ordre de grandeur de sa taille.
- Faire le calcul : il doit confirmer le dessin.
MéthodeAssocier deux lentilles en travaux pratiques
- Écrire la conjugaison par la première lentille : l'objet donne une image intermédiaire .
- Utiliser comme objet pour la seconde lentille, qui en donne l'image finale .
- Nommer toutes les images intermédiaires et écrire les conjugaisons dans l'ordre de la traversée.
Ce montage n'est pas un attendu du programme de MPSI.
MéthodeModéliser un dispositif optique réel
- Identifier la lentille équivalente et le capteur.
- Repérer ce qui est fixe et ce qui est réglable : pour l'œil, le capteur est fixe et la vergence varie ; pour l'appareil photographique, c'est l'inverse, la focale est fixée et la lentille se déplace.
- En déduire comment se fait la mise au point.
MéthodeTraiter une question de guidage ou de réflexion totale
- Vérifier que la lumière va du milieu le plus réfringent vers le moins réfringent ; sinon, il n'y a pas de réflexion totale.
- Calculer l'angle limite par .
- Relier l'angle d'incidence sur l'interface aux angles d'entrée par la géométrie et par la loi de la réfraction.
MéthodeMesurer une distance focale
- Autocollimation : on accole un miroir plan à la lentille et on déplace l'objet. Quand l'image se forme nette dans le plan de l'objet lui-même, avec un grandissement de , l'objet est dans le plan focal objet ; on lit alors comme la distance objet-lentille.
- Méthode de Bessel, plus précise : on fixe la distance entre l'objet et l'écran, avec , et on repère les deux positions de la lentille qui donnent une image nette. On exploite alors la condition et l'équation du second degré qui la fonde.
Exercices d'application
Exercice 1. Réfraction et réflexion totale à la surface de l'eau
Un rayon lumineux se propage dans l'eau, d'indice , et atteint la surface plane qui la sépare de l'air, d'indice .
- L'angle d'incidence vaut . Calculer l'angle de réfraction.
- Calculer l'angle limite. Que se passe-t-il pour un angle d'incidence de ?
Voir le corrigé
-
D'après la loi de la réfraction, , soit . Comme , le rayon réfracté existe et . On vérifie que : en passant dans un milieu moins réfringent, le rayon s'écarte de la normale.
-
La lumière va de l'eau vers l'air, du plus réfringent vers le moins réfringent : la réflexion totale est possible. L'angle limite vérifie , soit . Pour , on aurait : il n'y a pas de rayon réfracté. Toute la lumière est réfléchie dans l'eau, c'est la réflexion totale.
Exercice 2. Image par une lentille convergente
Un objet réel de hauteur , perpendiculaire à l'axe, est placé avant une lentille mince convergente de distance focale .
- Déterminer la position de l'image par la formule de Descartes, puis son grandissement et sa taille.
- Vérifier le résultat avec la formule de Newton et donner la nature de l'image.
Voir le corrigé
-
L'axe est orienté dans le sens de la lumière. L'objet est avant la lentille, donc . La formule de Descartes donne en , donc . Le grandissement vaut , et .
-
On a , donc et . Le produit vaut : la formule de Newton est vérifiée. De plus , ce qui confirme le calcul. L'image est réelle, car : elle se forme après la lentille et se recueille sur un écran. Elle est renversée () et deux fois plus grande que l'objet.
Exercice 3. Image par une lentille divergente
Un objet réel est placé avant une lentille mince divergente de distance focale . Déterminer la position et la nature de l'image, ainsi que le grandissement.
Voir le corrigé
On a et . La formule de Descartes donne en , donc . L'image est située avant la lentille, du côté d'où vient la lumière : seuls les prolongements des rayons émergents s'y coupent, elle est virtuelle. Le grandissement vaut L'image est droite () et trois fois plus petite que l'objet, conformément à la construction graphique : une lentille divergente donne d'un objet réel une image virtuelle, droite et réduite.
Exercice 4. Mesure d'une focale par la méthode de Bessel
Un objet réel et un écran sont fixés à la distance l'un de l'autre. On trouve deux positions d'une lentille convergente qui donnent une image nette sur l'écran, distantes de .
- Montrer que .
- En déduire et vérifier la condition de formation d'une image réelle.
Voir le corrigé
-
Avec , les positions de la lentille pour lesquelles l'image se forme sur l'écran sont données par les racines de , soit . La lentille est à la distance de l'objet, donc la distance entre les deux positions vaut
-
En élevant au carré, , d'où On vérifie que : la condition est satisfaite, et même strictement, ce qui est cohérent avec l'existence de deux positions distinctes.
Exercice 5. Fibre optique à saut d'indice
Une fibre à saut d'indice a un cœur d'indice et une gaine d'indice . On prend .
- Calculer l'ouverture numérique et le demi-angle au sommet du cône d'acceptance.
- Calculer la dispersion intermodale sur une longueur et en déduire un ordre de grandeur du débit maximal.
Voir le corrigé
-
L'ouverture numérique vaut Comme , le demi-angle au sommet du cône d'acceptance vaut .
-
La dispersion intermodale vaut Deux impulsions doivent être séparées d'au moins pour être distinguées à l'arrivée. Le débit est donc limité à environ impulsions par seconde, soit de l'ordre de .
Méthodes et exercices
Les résultats à connaître
- Lois de Snell-Descartes. Rayons réfléchi et réfracté dans le plan d'incidence, r = i, et n₁ sin i₁ = n₂ sin i₂, angles comptés depuis la normale. Lois admises, énoncé exigible.
- Réflexion totale. Si n₁ > n₂ et sin i₁ > n₂ / n₁, il n'y a pas de rayon réfracté. Exigible avec démonstration.
- Miroir plan. Il est rigoureusement stigmatique pour tout point, et l'image est le symétrique de l'objet. Construction exigible.
- Approximation de Gauss. Avec des rayons peu inclinés sur l'axe et proches de lui, tout système centré est approximativement stigmatique et aplanétique. Énoncé exigible, preuve générale admise.
- Stigmatisme approché et détecteur. L'image est perçue nette si la tache image est plus petite que l'élément sensible, pixel ou cellule rétinienne. Exigible.
- Lentille mince. Centre optique, foyers principaux et secondaires, distance focale, vergence. Définitions exigibles, propriétés admises dans le modèle.
- Formules de Descartes et de Newton, avec le grandissement. Exigibles sans démonstration. Savoir passer de l'une à l'autre.
- Image réelle d'un objet réel sur un écran à distance D par une lentille convergente, possible si et seulement si D ≥ 4f'. Exigible avec démonstration.
- Œil : lentille de vergence variable et capteur fixe. Ordres de grandeur exigibles : résolution angulaire environ 3 × 10⁻⁴ rad, plage d'accommodation environ 4 δ.
- Appareil photographique : lentille et capteur, profondeur de champ construite géométriquement, rôle de la focale, du diaphragme et de la durée d'exposition. Exigible.
- Fibre à saut d'indice, entrée depuis l'air : sin θmax = √(n₁² − n₂²) et δt = n₁ L (n₁ − n₂) / (n₂ c). Exigibles avec démonstration.
- Hors programme en MPSI : associations de lentilles, lentilles épaisses, dioptres et miroirs sphériques, formules du prisme. Lunette et microscope n'apparaissent que comme applications guidées.
Clés de démonstration
Réflexion totale. La réfraction impose sin i₂ = (n₁ / n₂) sin i₁. Un sinus ne dépasse pas 1, donc un rayon réfracté existe si et seulement si (n₁ / n₂) sin i₁ ≤ 1, toujours vrai si n₁ < n₂. Astuce : raisonner sur l'existence d'une solution en i₂, pas sur un dessin.
Miroir plan. Soit A' le symétrique de A et I un point quelconque du miroir frappé par un rayon issu de A. La symétrie conserve l'angle avec la normale, donc A'I porte le rayon réfléchi. Astuce : I étant arbitraire, un seul rayon quelconque suffit.
Descartes vers Newton. Par Chasles, OA = FA − f' et OA' = f' + F'A'. On multiplie Descartes par f' × OA × OA', ce qui donne f' (OA − OA') = OA × OA', puis on substitue : il reste FA × F'A' = − f'². Astuce : chasser les dénominateurs avant de substituer.
Condition D ≥ 4f'. Avec x = OA, on a OA' = x + D et Descartes donne x² + D x + D f' = 0, de discriminant D (D − 4f'). Astuce souvent oubliée : la somme des racines vaut − D < 0 et leur produit D f' > 0, donc les deux racines sont négatives, l'objet est réel. De plus x₁ + D = − x₂ > 0, l'image est réelle.
Cône d'acceptance. À l'entrée, sin θ = n₁ sin r. Sur l'interface cœur-gaine l'incidence vaut 90° − r, et le guidage exige cos r ≥ n₂ / n₁, soit n₁ sin r ≤ √(n₁² − n₂²). Astuce : la monotonie de sinus et cosinus entre 0 et 90°.
Dispersion intermodale. Un rayon incliné de r parcourt L / cos r à la vitesse c / n₁, en n₁ L / (c cos r). Cette durée croît avec r, de r = 0 jusqu'à cos r = n₂ / n₁. Astuce : lire le rapport des longueurs sur un seul segment entre deux réflexions.
Profondeur de champ. Un point objet a son image à la distance q de la lentille, le capteur est à q₀. Le cône qui s'appuie sur le diaphragme de diamètre d découpe sur le capteur, par Thalès, un disque de diamètre d |q − q₀| / q. Astuce : travailler côté image, puis revenir côté objet.
Exemples et contre-exemples à connaître
- Le miroir plan, seul système rigoureusement stigmatique pour tout point. Réponse attendue à « citez un système rigoureusement stigmatique ».
- Le dioptre plan eau-air n'est pas rigoureusement stigmatique. L'image d'un caillou immergé n'est nette qu'en conditions de Gauss.
- Un objet à l'infini donne une image dans le plan focal image. C'est l'œil au repos ou l'appareil réglé sur l'infini.
- Un objet dans le plan focal objet donne une image à l'infini. C'est l'observation sans fatigue à la loupe.
- Avec une lentille convergente, un objet réel a une image réelle si et seulement s'il est avant F. Elle est alors renversée, car γ = OA' / OA < 0.
- Un objet réel entre F et O d'une convergente donne une image virtuelle, droite et agrandie. C'est la loupe.
- Une divergente donne d'un objet réel une image virtuelle, droite et réduite. Contre-exemple : d'un objet virtuel entre O et F, elle donne une image réelle.
- La réflexion totale est impossible de l'air vers l'eau.
- Une fente de 10 µm éclairée à 500 nm diffracte sur environ 0,05 rad. Le modèle géométrique y est en défaut.
Techniques du chapitre
Technique 1 : traduire en mesures algébriques. Objet réel à 30 cm d'une lentille de focale 20 cm. On a OA = − 30 cm, 1 / OA' = 1/20 − 1/30 = 1/60, OA' = 60 cm et γ = − 2 : image réelle, renversée, deux fois plus grande.
Technique 2 : Newton quand l'objet est repéré par rapport à un foyer. Objet 5 cm avant F, f' = 10 cm. FA = − 5 cm, F'A' = − 100 / (− 5) = 20 cm, γ = f' / FA = − 2. Contrôle : OA = − 15 cm donne bien OA' = 30 cm = f' + F'A'.
Technique 3 : objet à l'infini, taille de l'image f' α. La Lune a un diamètre apparent d'environ 9 × 10⁻³ rad. Avec un objectif de 50 mm, son image mesure 50 × 9 × 10⁻³ ≈ 0,45 mm.
Technique 4 : rayon quelconque par un foyer secondaire. On trace le rayon parallèle passant par O, non dévié. Il coupe le plan focal image en φ'. Le rayon émergent cherché passe par φ'.
Technique 5 : vérifier le sens, puis comparer à ilim. Prisme de verre (n = 1,5) à section rectangle isocèle, rayon entrant normalement par une face de l'angle droit. Il atteint l'hypoténuse sous 45° > ilim ≈ 41,8°, donc il est totalement réfléchi.
Technique 6 : séparer le fixe du réglable. Œil réduit, cristallin à 17 mm de la rétine. Au repos V = 1 / 0,017 ≈ 59 δ, au proximum de 25 cm V ≈ 59 + 4 = 63 δ. Plage d'accommodation : 4 δ.
Technique 7 : résolution angulaire en distance. À 25 cm, l'œil sépare 0,25 × 3 × 10⁻⁴ ≈ 75 µm. Un pixel plus petit n'est pas vu séparément.
Exercices classiques corrigés
Choisis ton niveau. Difficulté indicative ; les exercices qui se suivent restent dans l'ordre.
Exercice 1. Deux positions de l'objet
Classiques de khôlle et concours · Khôlle
Un objet AB de 2 cm est placé devant une lentille convergente de focale 10 cm, à 15 cm puis à 5 cm. Donner position, taille et nature de l'image, et construire.
Technique Descartes, contrôlé par deux rayons particuliers.
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- OA = − 15 cm : 1 / OA' = 1/10 − 1/15 = 1/30, OA' = 30 cm.
- γ = − 2 : image réelle, renversée, A'B' = − 4 cm.
- OA = − 5 cm : 1 / OA' = 1/10 − 1/5 = − 1/10, OA' = − 10 cm.
- γ = 2 : image virtuelle, droite, 4 cm, du même côté que l'objet.
- Construction du second cas : le rayon parallèle à l'axe émerge par F', celui passant par O n'est pas dévié. Les émergents divergent, leurs prolongements se coupent en B'.
piège : Écrire OA = 15 cm. Un objet réel avant la lentille a OA < 0.
Exercice 2. Lentille divergente et objet réel
Classiques de khôlle et concours · Khôlle
Montrer qu'une lentille divergente donne de tout objet réel une image virtuelle, droite et réduite. Application : f' = − 20 cm, objet à 20 cm.
Technique raisonner sur les signes dans Descartes.
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- On a OA < 0 et f' < 0.
- 1 / OA' = 1/f' + 1/OA est somme de deux négatifs, donc OA' < 0 : image virtuelle.
- De plus 1 / OA' < 1 / OA < 0, donc |OA'| < |OA| et 0 < γ < 1 : image droite et réduite.
- Application : 1 / OA' = − 1/10, OA' = − 10 cm, γ = 0,5.
piège : Inverser l'inégalité de l'étape 3 sans tenir compte du signe.
Exercice 3. Se voir en pied dans un miroir
Classiques de khôlle et concours · Khôlle
Une personne de 1,80 m, yeux à 1,70 m du sol, fait face à un miroir plan vertical. Quelle hauteur minimale de miroir, placée où, pour se voir entièrement ? Le résultat dépend-il de la distance ?
Technique image symétrique, puis Thalès.
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- À la distance d du miroir, l'image est un segment vertical de 1,80 m situé à d derrière le miroir.
- Le rayon qui semble venir de l'image des pieds coupe le miroir à mi-distance entre l'œil et l'image, donc à 1,70 / 2 = 0,85 m.
- Pour le sommet du crâne, il coupe le miroir à (1,80 + 1,70) / 2 = 1,75 m.
- Le miroir doit couvrir de 0,85 m à 1,75 m, soit 0,90 m, la moitié de la taille.
- Ce facteur 1/2 ne dépend pas de d.
piège : Croire qu'en reculant on se voit mieux.
Exercice 4. Le disque lumineux d'une piscine
Classiques de khôlle et concours · Khôlle
Une source ponctuelle est au fond d'une piscine de profondeur h = 2,0 m, d'eau d'indice 1,33. Montrer que la lumière ne sort que par un disque de la surface et calculer son rayon.
Technique angle limite, puis trigonométrie.
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- On passe de l'eau vers l'air, du plus réfringent au moins réfringent : la réflexion totale est possible.
- sin ilim = 1 / 1,33 ≈ 0,752, ilim ≈ 48,8°.
- Un rayon atteint la surface à la distance ρ de la verticale de la source sous l'incidence i, avec tan i = ρ / h. Il ne sort que si i ≤ ilim.
- R = h tan ilim = h / √(n² − 1) ≈ 2,3 m.
piège : Écrire sin ilim = 1,33. Le rapport s'écrit indice d'arrivée sur indice de départ.
Exercice 5. Méthode de Bessel
Classiques de khôlle et concours · D'après un écrit CCINP MP
Objet et écran fixes, distants de D = 1,00 m. Deux positions nettes de la lentille sont distantes de d = 20 cm. En déduire f', et montrer que les deux grandissements sont inverses.
Technique relations entre les racines d'un trinôme.
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- Les positions vérifient x² + D x + D f' = 0 : somme des racines − D, produit D f'.
- L'écart des racines vaut d = √(D² − 4 D f'), donc f' = (D² − d²) / (4D).
- f' = (1 − 0,04) / 4 = 0,24 m.
- Pour la position 1, OA' = D + x₁ = − x₂, donc γ₁ = − x₂ / x₁. De même γ₂ = − x₁ / x₂, et γ₁ γ₂ = 1.
- Les deux positions échangent les rôles de l'objet et de l'image : retour inverse de la lumière.
piège : Confondre d avec la distance lentille-écran.
Exercice 6. Fibre à faible écart d'indice
Classiques de khôlle et concours · D'après un écrit CCINP MP
Cœur d'indice 1,46, gaine d'indice 1,45. Calculer l'ouverture numérique et le demi-angle d'acceptance dans l'air puis dans l'eau (1,33), puis la dispersion intermodale sur 10 km et un ordre de grandeur du débit maximal.
Technique réfraction d'entrée avec l'indice extérieur, puis bilan de durées.
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- ON = √(1,46² − 1,45²) = √0,0291 ≈ 0,171. Dans l'air, θmax ≈ 9,8°.
- Si la face d'entrée baigne dans un milieu d'indice n₀, n₀ sin θ = n₁ sin r, donc n₀ sin θmax = ON. Dans l'eau, sin θmax ≈ 0,128 et θmax ≈ 7,4°.
- δt = 1,46 × 10⁴ × 0,01 / (1,45 × 3,00 × 10⁸) ≈ 3,4 × 10⁻⁷ s.
- Deux impulsions doivent être séparées d'au moins δt : débit de l'ordre de 1 / δt ≈ 3 × 10⁶ bits par seconde.
- Un faible écart d'indice réduit la dispersion mais aussi l'ouverture, donc la lumière injectée.
piège : Écrire sin θmax = ON hors de l'air. C'est n₀ sin θmax qui vaut ON.
Exercice 7. Œil myope et verre de contact
Classiques de khôlle et concours · D'après un écrit CCINP MP
Œil modélisé par une lentille à 17 mm de la rétine. Remotum à 50 cm, proximum à 12 cm. Calculer la vergence au repos et la plage d'accommodation. Un verre de contact, lentille mince assimilée à une lentille placée au centre optique de l'œil, doit permettre de voir l'infini sans accommoder. Quelle focale ? Quel nouveau proximum ?
Technique conjugaison à capteur fixe, puis une seule conjugaison par le verre, sans formule d'association (hors programme).
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- Au repos, V = 1/0,017 + 1/0,50 ≈ 58,8 + 2,0 = 60,8 δ. C'est trop pour cette taille d'œil, d'où la myopie.
- Au proximum, V ≈ 58,8 + 8,3 = 67,1 δ. Plage : environ 6,3 δ.
- Le verre doit donner d'un objet à l'infini une image au remotum : foyer image à 50 cm avant lui, f' = − 0,50 m, soit − 2 δ.
- Nouveau proximum : l'image par le verre doit être en OA' = − 0,12 m. Donc 1 / OA = 1 / OA' − 1 / f' ≈ − 8,33 + 2,00 = − 6,33 m⁻¹, et OA ≈ − 16 cm.
piège : Corriger une myopie avec une convergente. L'œil myope converge trop.
Exercice 8. Profondeur de champ calculée
Approfondissement · Type écrit Mines
Objectif de focale 50 mm, diamètre utile d = 12,5 mm, réglé sur un sujet à 2,00 m. Diamètre de tolérance ε = 30 µm. Trouver l'intervalle des distances vues nettes, puis l'effet d'un diaphragme de 6,25 mm.
Technique tache d |q − q₀| / q, puis retour aux objets.
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- 1 / q₀ = 1/50 − 1/2000 = 39/2000, donc q₀ ≈ 51,28 mm.
- Netteté : d |q − q₀| / q ≤ ε. Pour q > q₀, q ≤ q₀ / (1 − ε/d). Pour q < q₀, q ≥ q₀ / (1 + ε/d). Ici ε / d = 0,0024.
- q est compris entre 51,159 mm et 51,405 mm.
- La distance objet vaut p = f' q / (q − f'). Pour q = 51,405 mm, p ≈ 1,83 m. Pour q = 51,159 mm, p ≈ 2,21 m. Zone nette d'environ 0,38 m.
- Avec d = 6,25 mm, ε / d double et la zone va de 1,68 m à 2,46 m, soit environ 0,78 m. La profondeur de champ augmente, mais la surface utile est divisée par quatre, donc la lumière reçue aussi.
piège : Croire la zone nette symétrique autour du plan de mise au point. Elle s'étend davantage vers l'arrière.
Exercice 9. Le caillou au fond du bassin
Approfondissement · Type oral Centrale
Un caillou A est au fond d'un bassin d'eau (n = 1,33) de profondeur h, observé depuis l'air. Montrer que le point d'où semblent venir les rayons émergents dépend de leur inclinaison. Calculer la profondeur apparente en vision quasi normale, puis pour un rayon émergeant à 30°. Pourquoi l'œil voit-il pourtant net ?
Technique Snell-Descartes exact, puis Gauss, puis lien avec le détecteur.
Voir le corrigé
- Un rayon issu de A fait l'angle i₁ avec la verticale dans l'eau et sort sous i₂, avec n sin i₁ = sin i₂, à la distance x = h tan i₁ de la verticale de A.
- Son prolongement recoupe cette verticale à la profondeur h' = h tan i₁ / tan i₂, qui dépend de i₁ : pas de stigmatisme rigoureux.
- Aux petits angles, h' ≈ h / n ≈ 0,75 h.
- Pour i₂ = 30°, sin i₁ ≈ 0,376, i₁ ≈ 22,1° et h' ≈ h × 0,406 / 0,577 ≈ 0,70 h.
- La pupille, de quelques millimètres, ne reçoit qu'un pinceau étroit dans lequel h' varie très peu. La tache est plus petite que ce que la rétine résout : l'image paraît nette.
piège : Conclure au stigmatisme rigoureux parce que l'image paraît nette. C'est un stigmatisme approché, relatif au détecteur.
Erreurs fréquentes
- Oublier les signes. Un objet réel avant la lentille a OA < 0. Un calcul en distances arithmétiques n'est juste qu'une fois sur deux.
- Invoquer la réflexion totale du moins réfringent vers le plus réfringent, ou écrire sin ilim = n₁ / n₂ avec n₁ > n₂.
- Appliquer les formules de conjugaison sans rappeler qu'elles supposent une lentille mince en conditions de Gauss.
- Inverser les rôles dans les instruments : l'œil règle sa vergence avec un capteur fixe, l'appareil photographique déplace sa lentille à focale fixée.
- Donner un résultat sans le confronter au schéma ni aux ordres de grandeur. Une image virtuelle dessinée réelle, ou une profondeur de champ de 3 km, doivent alerter.