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MPSI · Physique-chimie · semaine 3

Description d'un système et évolution vers un état final

États de la matière, transformations physiques, chimiques et nucléaires, composition d'un système. Équation de réaction, avancement, constante thermodynamique d'équilibre, quotient de réaction et critère d'évolution, état final par équilibre ou rupture.

Sommaire

Le cours

Résumé en cinq points

  1. Décrire un système, c'est donner les espèces, leurs phases et les grandeurs de composition. Fractions molaires et pressions partielles se calculent phase par phase.
  2. L'avancement relie toutes les quantités de matière par ni=ni(0)+νiξn_i = n_i(0) + \nu_i \xi. Le réactif limitant fixe l'avancement maximal.
  3. L'activité vaut 1 pour un solide pur, un liquide pur et le solvant, c/c∘c/c^\circ pour un soluté dilué, P/P∘P/P^\circ pour un gaz parfait.
  4. Le critère d'évolution compare QrQ_r à K∘K^\circ. Plus petit, sens direct. Plus grand, sens indirect. Égal, équilibre.
  5. L'état final est soit un équilibre, soit une transformation totale. On suppose l'équilibre, on résout, puis on vérifie que toutes les quantités de matière sont positives.
Pourquoi ce chapitre

C'est le premier chapitre de chimie de l'année de MPSI et c'est aussi la boîte à outils de tous les autres. On y apprend à décrire un système avec un vocabulaire précis, puis à prévoir où il va s'arrêter.

Deux questions reviennent toute l'année :

  • dans quel sens le système évolue-t-il ?
  • quelle est sa composition quand il n'évolue plus ?

Les réponses se construisent avec trois objets : l'avancement, le quotient de réaction et la constante thermodynamique d'équilibre. Au second semestre, les transformations acido-basiques, de précipitation et d'oxydoréduction en solution aqueuse ne sont que des applications de ce schéma. En deuxième année, la thermodynamique chimique reprend les mêmes notions et démontre le critère d'évolution admis ici. Aux concours, ces raisonnements sont attendus vite et sans erreur, y compris dans les problèmes de physique appliquée à des procédés industriels.

1Décrire un système physico-chimique

1.1Système, espèces, phases

Définition 1.1Système physico-chimique

Un système physico-chimique est la portion d'univers que l'on choisit d'étudier. Une frontière, réelle ou fictive, le sépare de l'extérieur.

Le décrire consiste à recenser les espèces chimiques présentes, à préciser la phase de chacune, puis à donner les valeurs des grandeurs physiques pertinentes.

Définition 1.2Espèce chimique et phase

Une espèce chimique est un ensemble d'entités chimiques identiques : molécules, ions ou atomes. Une phase est une partie du système dont les grandeurs intensives varient de façon continue.

Définition 1.3Système homogène, hétérogène

Un système est homogène s'il ne comporte qu'une seule phase, hétérogène s'il en comporte plusieurs.

Exemple 1.4Homogène ou hétérogène

Un mélange de gaz est toujours homogène. Une solution aqueuse surmontant un dépôt solide est hétérogène, avec deux phases.

On note l'état physique en indice :

  • (s) pour solide ;
  • (l) pour liquide ;
  • (g) pour gaz ;
  • (aq) pour une espèce dissoute en solution aqueuse.

Deux solides différents forment en général deux phases distinctes, sauf s'ils constituent une solution solide.

1.2Grandeurs de composition

La quantité de matière nn s'exprime en mole. On la relie à la masse par n=m/Mn = m/M, et pour un gaz assimilé à un gaz parfait par n=PVRTn = \dfrac{PV}{RT}, avec R=8,314 J.K−1.mol−1R = 8{,}314 \unite{J.K^{-1}.mol^{-1}}.

Définition 1.5Concentrations

La concentration en quantité de matière d'une espèce en solution vaut ci=ni/Vc_i = n_i/V, en  mol.L−1\unite{mol.L^{-1}}. La concentration en masse vaut ti=mi/Vt_i = m_i/V, en  g.L−1\unite{g.L^{-1}}, et ti=Micit_i = M_i c_i.

Définition 1.6Fraction molaire

La fraction molaire de l'espèce ii est xi=ni/ntotx_i = n_i/n_{\text{tot}}, où ntotn_{\text{tot}} est la quantité totale de la phase où elle se trouve. Elle est sans dimension et la somme des fractions molaires d'une même phase vaut 1.

AttentionFraction molaire phase par phase

Le piège classique est de calculer une fraction molaire en mélangeant des espèces de phases différentes. Une fraction molaire se calcule toujours phase par phase.

Définition 1.7Pression partielle

La pression partielle d'un gaz ii dans un mélange gazeux est Pi=xiPP_i = x_i P, où PP est la pression totale.

Loi 1.8Loi de Dalton

Hypothèses

  • le mélange se comporte comme un mélange de gaz parfaits ;
  • pressions de l'ordre du bar et températures pas trop basses.

Alors P=∑iPiP = \sum_i P_i, et on peut écrire aussi PiV=niRTP_i V = n_i R T.

1.3Variables intensives et extensives

Définition 1.9Variables extensives et intensives

Une variable extensive est proportionnelle à la taille du système : volume, masse, quantité de matière, énergie. Une variable intensive est indépendante de la taille : température, pression, concentration, fraction molaire, masse volumique.

Le test opérationnel est simple : on réunit par la pensée deux systèmes identiques.

  • Une grandeur qui double est extensive.
  • Une grandeur inchangée est intensive.

Le quotient de deux grandeurs extensives est une grandeur intensive, ce qui explique pourquoi concentration et masse volumique sont intensives.

2Modéliser une transformation par une réaction chimique

2.1Transformation et réaction

Rappel du lycée, utile pour situer le chapitre :

  • une transformation physique change l'état physique ou la répartition des espèces sans changer leur nature, par exemple la fusion de la glace ou la dissolution du sucre ;
  • une transformation chimique change la nature des espèces, les atomes se réarrangent mais les éléments sont conservés ;
  • une transformation nucléaire change la nature des noyaux, donc des éléments, comme dans la fission ou la radioactivité.

Ce chapitre traite des transformations chimiques.

Définition 2.1Transformation et réaction chimiques

Une transformation chimique est un phénomène observé : le système passe d'un état initial à un état final, sa composition change. Une réaction chimique est un modèle de cette transformation, résumé par une équation de réaction équilibrée en éléments et en charges.

Cette distinction entre le monde des phénomènes et le monde des modèles est explicitement demandée par le programme. Une même transformation peut demander plusieurs réactions pour être décrite correctement, par exemple quand un produit secondaire se forme.

2.2Avancement

Définition 2.2Nombres stœchiométriques

On écrit l'équation sous forme algébrique 0=∑iνiAi0 = \sum_i \nu_i A_i, avec un nombre stœchiométrique νi\nu_i positif pour un produit et négatif pour un réactif.

Exemple 2.3Synthèse de l'ammoniac

Pour N2+3 H2=2 NH3\mathrm{N_2} + 3\,\mathrm{H_2} = 2\,\mathrm{NH_3}, on a ν(N2)=−1\nu(\mathrm{N_2}) = -1, ν(H2)=−3\nu(\mathrm{H_2}) = -3 et ν(NH3)=+2\nu(\mathrm{NH_3}) = +2.

Définition 2.4Avancement

L'avancement ξ\xi, en mole, est défini pour toutes les espèces par ni(t)=ni(0)+νiξ.n_i(t) = n_i(0) + \nu_i \xi. Il est nul à l'état initial. En solution à volume constant, on utilise souvent l'avancement volumique x=ξ/Vx = \xi/V, en  mol.L−1\unite{mol.L^{-1}}, et alors ci=ci(0)+νixc_i = c_i(0) + \nu_i x.

Le tableau d'avancement range en lignes les états et en colonnes les espèces. Il faut y faire figurer les états physiques, car un solide pur ou le solvant n'interviennent pas dans le quotient de réaction.

Définition 2.5Réactif limitant, avancement maximal

Le réactif limitant est celui qui s'épuise le premier. L'avancement maximal ξmax⁡\xi_{\max} est la plus petite valeur de ξ\xi qui annule une quantité de réactif. On le calcule en comparant les rapports ni(0)/∣νi∣n_i(0)/\abs{\nu_i} pour chaque réactif, le plus petit rapport désignant le réactif limitant. Un mélange est stœchiométrique quand tous ces rapports sont égaux.

Définition 2.6Taux de conversion

Le taux de conversion du réactif limitant est τ=ξf/ξmax⁡\tau = \xi_f/\xi_{\max}, compris entre 0 et 1.

2.3Plusieurs réactions

Si la transformation est modélisée par plusieurs réactions, on affecte un avancement ξj\xi_j à chaque réaction jj : ni=ni(0)+∑jνij ξj.n_i = n_i(0) + \sum_j \nu_{ij}\,\xi_j. L'état final est alors déterminé par autant d'équations que de réactions indépendantes.

3Activité d'une espèce chimique

Définition 3.1Activité

L'activité aia_i est une grandeur sans dimension qui mesure l'écart d'une espèce à un état de référence appelé état standard. L'état standard est défini à la pression standard P∘=1 barP^\circ = 1 \unite{bar}, à la température de travail.

Les expressions exigibles sont les suivantes :

  • solvant d'une solution diluée, par exemple l'eau en solution aqueuse : a=1a = 1 ;
  • solide pur ou liquide pur constituant une phase à lui seul : a=1a = 1 ;
  • soluté d'une solution aqueuse très diluée : ai=ci/c∘a_i = c_i/c^\circ, avec la concentration standard c∘=1 mol.L−1c^\circ = 1 \unite{mol.L^{-1}} ;
  • gaz parfait dans un mélange gazeux : ai=Pi/P∘a_i = P_i/P^\circ, avec P∘=1 barP^\circ = 1 \unite{bar}.

RemarqueValidité

Ces expressions sont des approximations. Elles supposent des solutions très diluées, en pratique jusqu'à des concentrations de l'ordre de 10−2 mol.L−110^{-2} \unite{mol.L^{-1}}, et un comportement de gaz parfait. Au-delà, les interactions entre solutés font écarter l'activité du rapport c/c∘c/c^\circ, mais la correction est hors programme en première année.

À retenir

Une activité vaut 1, donc disparaît du quotient de réaction, pour un solide pur, un liquide pur et le solvant. Elle vaut c/c∘c/c^\circ ou P/P∘P/P^\circ seulement pour un soluté dilué ou un gaz.

4Quotient de réaction et constante thermodynamique d'équilibre

Définition 4.1Quotient de réaction

Le quotient de réaction s'écrit Qr=∏iaiνi,Q_r = \prod_i a_i^{\nu_i}, produit des activités élevées aux nombres stœchiométriques algébriques. Les produits sont donc au numérateur et les réactifs au dénominateur. QrQ_r est sans dimension et se calcule à n'importe quel instant, pas seulement à l'équilibre.

Exemple 4.2Décomposition du carbonate

Pour CaCO3(s)=CaO(s)+CO2(g)\mathrm{CaCO_3(s)} = \mathrm{CaO(s)} + \mathrm{CO_2(g)}, les deux solides ont une activité égale à 1 et Qr=P(CO2)/P∘Q_r = P(\mathrm{CO_2})/P^\circ.

Définition 4.3Constante thermodynamique d'équilibre

À chaque équation de réaction est associée une constante thermodynamique d'équilibre K∘(T)K^\circ(T). Elle ne dépend que de la température, et de la manière dont l'équation a été écrite.

Deux règles à connaître :

  • si on multiplie tous les nombres stœchiométriques par un facteur α\alpha, la constante devient (K∘)α(K^\circ)^\alpha ;
  • si on écrit la réaction dans l'autre sens, la constante devient 1/K∘1/K^\circ.

Quand on additionne deux équations, les constantes se multiplient.

5Critère d'évolution spontanée

Propriété 5.1Critère d'évolution spontanée

On compare le quotient de réaction dans l'état considéré à la constante d'équilibre :

  • si Qr<K∘Q_r < K^\circ, le système évolue dans le sens direct, c'est-à-dire de gauche à droite, ξ\xi augmente ;
  • si Qr>K∘Q_r > K^\circ, le système évolue dans le sens indirect, ξ\xi diminue ;
  • si Qr=K∘Q_r = K^\circ, le système est à l'équilibre chimique et n'évolue plus à l'échelle macroscopique.

RemarqueStatut du critère

Ce critère est admis en première année. Il se démontre en deuxième année à l'aide de l'enthalpie libre de réaction, avec la relation entre le signe de cette grandeur et le rapport Qr/K∘Q_r/K^\circ. Hors programme en MPSI, mais utile à savoir pour ne pas croire que le critère tombe du ciel.

AttentionSystème hétérogène

Le quotient de réaction ne se calcule que si toutes les espèces dont l'activité est variable sont présentes. Si un solide qui figure dans l'équation est absent du système, la réaction ne peut pas se produire dans le sens qui le consomme.

RemarqueÉquilibre dynamique

L'équilibre chimique est un équilibre dynamique. Les deux sens de la transformation ont lieu simultanément et à la même vitesse, les concentrations ne varient plus. Ce point relève de l'échelle microscopique, que le programme de MPSI n'approfondit pas ici.

6Composition du système dans l'état final

Deux situations, et une seule méthode.

Définition 6.1Équilibre chimique

Dans le cas d'un équilibre chimique, le système atteint Qr=K∘Q_r = K^\circ avant l'épuisement de tout réactif. L'avancement final ξf\xi_f est strictement inférieur à ξmax⁡\xi_{\max}. Tous les réactifs restent présents, en quantité non nulle.

Définition 6.2Transformation totale

Dans le cas d'une transformation totale, un réactif est entièrement consommé avant que le quotient n'ait rejoint K∘K^\circ. Alors ξf=ξmax⁡\xi_f = \xi_{\max} et QrQ_r final est différent de K∘K^\circ.

MéthodeDéterminer l'état final

  1. Supposer un état d'équilibre et écrire Qr(ξ)=K∘Q_r(\xi) = K^\circ.
  2. Résoudre.
  3. Vérifier que toutes les quantités de matière obtenues sont positives.
  4. Si l'une est négative, l'hypothèse d'équilibre est fausse : la transformation est totale, avec ξf=ξmax⁡\xi_f = \xi_{\max}.

Cette vérification est systématiquement attendue.

RemarqueRepères d'ordre de grandeur

Pour des conditions initiales usuelles et des nombres stœchiométriques égaux à 1 :

  • une constante supérieure à environ 10410^4 conduit à une transformation quasi totale ;
  • une constante inférieure à environ 10−410^{-4} conduit à une transformation quasi nulle ;
  • entre les deux, l'équilibre n'est déplacé nettement d'aucun côté.

Ces seuils sont des repères pratiques, pas des théorèmes, et ils dépendent des quantités initiales. Ils aident à anticiper sans dispenser du calcul.

Définition 6.3Rupture d'équilibre

La rupture d'équilibre est le cas où, en système hétérogène, un solide disparaît complètement avant que l'équilibre ne soit atteint. L'état final n'est alors pas un état d'équilibre chimique.

Exemple 6.4Chauffage du carbonate de calcium

Si on chauffe du carbonate de calcium dans une enceinte où la pression en dioxyde de carbone reste inférieure à la valeur d'équilibre, tout le solide se décompose.

7Deux exemples traités

7.1Estérification, un équilibre

Exemple 7.1Estérification

On mélange 1,0 mol1{,}0 \unite{mol} d'acide éthanoïque et 1,0 mol1{,}0 \unite{mol} d'éthanol, sans eau ni ester au départ. La réaction s'écrit acide + alcool = ester + eau, et sa constante vaut K∘≈4K^\circ \approx 4 à température ambiante. Toutes les espèces sont dans la même phase liquide et aucune n'est le solvant. Dans ce cas particulier, on assimile l'activité de chaque espèce à sa fraction molaire dans le mélange liquide. Comme la quantité totale de matière reste égale à 2,0 mol2{,}0 \unite{mol} et que les nombres stœchiométriques valent tous 1, elle se simplifie, et le quotient s'exprime directement avec les quantités de matière. Ce modèle d'activité dépasse les cas exigibles, il est donné ici comme illustration.

Dans l'état initial, les produits sont absents, Qr=0<K∘Q_r = 0 < K^\circ, donc le système évolue dans le sens direct.

À l'équilibre : ξ2(1−ξ)2=4,\frac{\xi^2}{(1-\xi)^2} = 4, soit ξ1−ξ=2\dfrac{\xi}{1-\xi} = 2 en ne gardant que la racine positive, d'où ξf=2/3 mol\xi_f = 2/3 \unite{mol}. L'avancement maximal vaut 1 mol1 \unite{mol}. Le taux de conversion est de 67 %, et les quatre espèces coexistent dans l'état final. C'est un exemple typique d'équilibre, ni total ni nul.

7.2Décomposition du carbonate de calcium, une rupture d'équilibre

Exemple 7.2Décomposition du carbonate de calcium

On place n0n_0 mol de carbonate de calcium dans une enceinte vide de volume VV fixé, à une température TT où la constante de CaCO3(s)=CaO(s)+CO2(g)\mathrm{CaCO_3(s)} = \mathrm{CaO(s)} + \mathrm{CO_2(g)} vaut K∘K^\circ. L'équilibre impose P(CO2)=K∘P∘P(\mathrm{CO_2}) = K^\circ P^\circ, donc une quantité de gaz neq=K∘P∘VRT.n_{\text{eq}} = \frac{K^\circ P^\circ V}{R T}.

  • Si n0>neqn_0 > n_{\text{eq}}, l'équilibre est atteint, avec ξf=neq\xi_f = n_{\text{eq}} et un reste de carbonate.
  • Si n0<neqn_0 < n_{\text{eq}}, tout le solide se décompose avant que la pression n'atteigne sa valeur d'équilibre, ξf=n0\xi_f = n_0 et le quotient final reste inférieur à K∘K^\circ. Le carbonate de calcium a disparu, il n'y a plus d'équilibre chimique.

Cet exemple montre que, pour un système hétérogène, l'état final dépend de la quantité de solide introduite, alors qu'elle n'intervient pas dans le quotient de réaction.

AttentionSolide absent

Erreur fréquente : écrire que Qr=K∘Q_r = K^\circ dans l'état final sans vérifier que le solide est encore présent.

8Capacité numérique

Le programme de MPSI demande de déterminer l'état final à l'aide d'un langage de programmation, pour une transformation modélisée par une réaction, à partir des conditions initiales et de la valeur de la constante d'équilibre.

Pour une réaction, on construit la fonction f(ξ)=Qr(ξ)−K∘f(\xi) = Q_r(\xi) - K^\circ, qui est continue et strictement monotone sur l'intervalle des avancements physiquement acceptables. On cherche son zéro par dichotomie, ou avec une fonction de résolution d'équation d'une bibliothèque scientifique. Les bornes de l'intervalle sont données par les valeurs qui annulent une quantité de matière.

MéthodeDichotomie

  1. Partir d'un intervalle [a,b][a, b] où ff change de signe.
  2. Calculer ff au milieu mm.
  3. Garder la moitié de l'intervalle où le changement de signe persiste.
  4. S'arrêter quand la largeur de l'intervalle est inférieure à la précision voulue.
  5. Renvoyer les quantités de matière finales, dont on vérifie la positivité.

Si ff ne change pas de signe sur tout l'intervalle physiquement acceptable, aucun équilibre n'est possible et la transformation est totale, ξf\xi_f vaut la borne atteinte. Le cas de deux réactions simultanées, traité numériquement en PCSI, n'est pas au programme de MPSI.

Méthodes

MéthodeDécrire le système

  1. Recenser les espèces et leurs phases.
  2. Faire un tableau d'avancement complet, avec états physiques et quantités initiales, même quand l'énoncé donne des concentrations.

Beaucoup d'erreurs viennent d'un solide oublié ou d'une activité prise égale à c/c∘c/c^\circ pour un liquide pur.

MéthodePrévoir puis calculer l'état final

  1. Calculer QrQ_r dans l'état initial et le comparer à K∘K^\circ avant tout calcul d'état final. Cela donne le sens d'évolution et évite de chercher une solution hors domaine.
  2. Résoudre en supposant l'équilibre.
  3. Vérifier la positivité des quantités de matière.

MéthodeContrôler les résultats

  1. Vérifier l'homogénéité : QrQ_r et K∘K^\circ sont sans dimension, un avancement est en mole.
  2. Pour comparer deux constantes, ramener les équations à la même écriture avant de conclure.

Ce qu'il faut savoir refaire en khôlle

  1. Décrire un système donné : recenser espèces et phases, exprimer fractions molaires et pressions partielles, classer les variables en intensives et extensives.
  2. Construire un tableau d'avancement, identifier le réactif limitant et calculer l'avancement maximal.
  3. Écrire l'activité de chaque espèce d'un système hétérogène, puis exprimer le quotient de réaction.
  4. Prévoir le sens d'évolution d'un système à partir de QrQ_r initial et de K∘K^\circ.
  5. Déterminer la composition finale, en justifiant le choix entre équilibre chimique et transformation totale.
  6. Calculer un taux de conversion et commenter sa valeur.
  7. Traiter un cas de rupture d'équilibre avec un solide, et dire pourquoi l'état final n'est pas un équilibre.
  8. Décrire l'algorithme de recherche numérique de l'avancement final par dichotomie.

Méthodes et exercices

Les résultats à connaître

  • Gaz parfait : n = PV/(RT). Pour un mélange idéal de gaz parfaits, Pi = ni RT/V = xi P et P = Σ Pi (Dalton). Exigible, démonstration immédiate.
  • Dans une phase, Σ xi = 1. Une fraction molaire se définit phase par phase. Exigible.
  • Le quotient de deux grandeurs extensives est intensif. Exigible avec justification.
  • Système fermé, réaction unique : ni = ni,0 + νi ξ pour toute espèce, avec un seul ξ. Définition exigible.
  • Bornes de l'avancement : ξmax est le minimum des ni,0/|νi| sur les réactifs. ξmin est l'opposé du minimum des ni,0/νi sur les produits. Exigible avec démonstration.
  • Activités : 1 pour le solvant, pour un solide pur ou un liquide pur seul dans sa phase. ci/c° pour un soluté très dilué. Pi/P° pour un gaz parfait. Modèle exigible sans démonstration.
  • Quotient de réaction Qr = Π aiνi, défini dans tout état. Exigible.
  • K°(T) ne dépend que de la température et de l'écriture de l'équation. Admis.
  • Combinaisons : équation multipliée par α, la constante devient K° puissance α. Équation inversée, 1/K°. Somme d'équations, produit des constantes. Exigible avec démonstration.
  • Critère d'évolution : Qr < K° sens direct, Qr > K° sens indirect, Qr = K° équilibre. Admis en MPSI, démontré en deuxième année avec l'enthalpie libre de réaction.
  • Un solide qui figure dans l'équation doit être présent pour que Qr = K° décrive un équilibre. S'il est absent, il bloque le sens qui le consomme. Exigible.
  • Unicité de l'état final pour une réaction unique dont les activités variables sont proportionnelles aux quantités de matière (solution à volume fixé, gaz à volume fixé) : Qr est strictement croissant en ξ. Justification attendue en exercice.
  • Hors programme en MPSI : coefficients d'activité, activité dans un mélange liquide non dilué, étude quantitative à plusieurs réactions, optimisation d'un procédé et lois de déplacement d'équilibre.

Clés de démonstration

Loi de Dalton. Chaque gaz occupe tout le volume V à la température T, donc Pi = ni RT/V. En sommant, P = ntot RT/V. En divisant membre à membre, Pi = xi P. Astuce : appliquer la loi des gaz parfaits à chaque constituant seul, avec le volume total.

Bornes de l'avancement. Toute quantité de matière reste positive ou nulle. Pour un réactif, ni,0 − |νi| ξ ≥ 0 donne ξ ≤ ni,0/|νi|. La contrainte la plus sévère l'emporte, d'où le minimum. Astuce : écrire une inégalité par espèce, puis les intersecter.

Règles de combinaison. Dans un état donné, l'équation multipliée par α a pour quotient Qr puissance α, l'équation inversée a pour quotient 1/Qr, et la somme de deux équations a pour quotient le produit des quotients. Un même état d'équilibre vérifie toutes ces écritures à la fois. Il suffit donc d'écrire Qr = K° pour chacune en cet état et de comparer. Astuce : un seul état physique, plusieurs écritures.

Existence et unicité de l'état final. On écrit ln Qr = Σ νi ln ai. Si chaque activité variable est proportionnelle à ni, la dérivée par rapport à ξ vaut Σ ν_i²/ni, somme de termes positifs, donc Qr croît strictement. Si le réactif limitant a une activité variable, Qr tend vers +∞ en ξmax. Si de plus Qr < K° à la borne inférieure, ce qui est automatique quand un produit d'activité variable s'y annule (Qr tend alors vers 0), le théorème des valeurs intermédiaires donne une unique solution. Sinon, il n'y a pas d'équilibre dans l'intervalle, et on raisonne comme au paragraphe « Validité » ci-dessous. Astuce : dériver le logarithme plutôt que le produit.

Conséquence souvent ignorée. Dans ce modèle, si l'espèce qui s'épuise est dissoute ou gazeuse, l'équilibre est atteint juste avant ξmax. « Totale » veut alors dire quasi totale. Une transformation rigoureusement totale exige que l'espèce épuisée ait une activité constante, un solide par exemple : c'est la rupture d'équilibre. Astuce : regarder la limite de Qr aux bornes.

Validité de « supposer l'équilibre, puis vérifier ». Si Qr(ξ) = K° n'a pas de solution dans l'intervalle permis, Qr − K° garde un signe constant sur cet intervalle. Le système évolue donc jusqu'à la borne, où une espèce disparaît, ou y reste s'il s'y trouve déjà. Astuce : c'est le même argument que celui de la dichotomie.

Exemples et contre-exemples à connaître

  1. L'air sec contient environ 78 % de diazote et 21 % de dioxygène en quantité de matière. Sous 1 bar, P(O₂) ≈ 0,21 bar, sans calculatrice.
  2. De l'eau liquide surmontée de glace : une seule espèce, deux phases. Contre-exemple à « une phase par espèce ».
  3. Eau et éthanol forment une phase, eau et huile deux. C'est la miscibilité qui fixe le nombre de phases.
  4. Le chlorure de sodium dissous s'écrit Na⁺(aq) et Cl⁻(aq), pas NaCl(aq).
  5. Le chlorure d'argent, Ks ≈ 1,8 × 10⁻¹⁰ : très peu de solide dans beaucoup d'eau se dissout entièrement. C'est une rupture d'équilibre en solution, sans gaz.
  6. L'acide éthanoïque dans l'eau, K° ≈ 1,6 × 10⁻⁵ : le solvant est un réactif d'activité 1, et la transformation est très limitée.
  7. Qr ≠ K° sans évolution : du carbonate de calcium sous une pression de CO₂ supérieure à la pression d'équilibre, sans oxyde de calcium. Le sens indirect consommerait CaO, absent, donc rien ne se passe.
  8. La combustion du méthane a une constante gigantesque mais ne démarre pas sans étincelle. Le critère dit où va le système, pas à quelle vitesse.
  9. N₂ + 3 H₂ = 2 NH₃ et ½ N₂ + 3/2 H₂ = NH₃ ont pour constantes K° et √K°. Une constante sans son équation n'a pas de sens.

Techniques du chapitre

Technique 1 : recenser, puis écrire les activités. Fer dans l'acide chlorhydrique : Fe(s) + 2 H₃O⁺(aq) = Fe²⁺(aq) + H₂(g) + 2 H₂O(l). Le fer et l'eau ont une activité 1, Cl⁻ est spectateur. Qr = c(Fe²⁺) P(H₂) c° / (c(H₃O⁺)² P°).

Technique 2 : pressions partielles depuis les quantités. Mélange de 1,0 mol de N₂ et 3,0 mol de H₂ sous 200 bar. x(N₂) = 0,25 et x(H₂) = 0,75, donc P(N₂) = 50 bar et P(H₂) = 150 bar. Contrôle : la somme redonne 200 bar.

Technique 3 : réactif limitant par les rapports ni,0/|νi|. 2 H₂ + O₂ = 2 H₂O avec 3,0 mol de H₂ et 2,0 mol de O₂. Rapports 1,5 et 2,0 : H₂ limite, ξmax = 1,5 mol, il reste 0,5 mol de O₂. Comparer les quantités brutes aurait désigné O₂ à tort.

Technique 4 : construire une constante par combinaison. (1) CH₃COOH + H₂O = CH₃COO⁻ + H₃O⁺, K₁ = 1,6 × 10⁻⁵. (2) NH₄⁺ + H₂O = NH₃ + H₃O⁺, K₂ = 6,3 × 10⁻¹⁰. La réaction CH₃COOH + NH₃ = CH₃COO⁻ + NH₄⁺ est (1) − (2), donc K = K₁/K₂ ≈ 2,5 × 10⁴.

Technique 5 : sens d'évolution par Qr initial. Solution où c(Ag⁺) = c(Cl⁻) = 1,0 × 10⁻⁴ mol·L⁻¹, avec du chlorure d'argent solide. Pour AgCl(s) = Ag⁺ + Cl⁻, Qr = 1,0 × 10⁻⁸ > Ks : sens indirect, le solide précipite.

Technique 6 : approximation validée a posteriori. Acide éthanoïque à 0,10 mol·L⁻¹, autoprotolyse de l'eau négligée. À l'équilibre x²/(0,10 − x) = 1,6 × 10⁻⁵. Si x ≪ 0,10, x ≈ √(1,6 × 10⁻⁶) ≈ 1,3 × 10⁻³, soit 1,3 % de 0,10 : hypothèse validée.

Technique 7 : réaction quasi totale, calculer la trace. Acide éthanoïque à 0,10 mol·L⁻¹ et ammoniac à 0,050 mol·L⁻¹, K ≈ 2,5 × 10⁴. On pose x ≈ 0,050, puis K = (0,050 × 0,050)/(0,050 × ε), d'où ε ≈ 2,0 × 10⁻⁶ mol·L⁻¹ d'ammoniac restant. ε ≪ 0,050 confirme l'hypothèse.

Exercices classiques corrigés

Choisis ton niveau. Difficulté indicative ; les exercices qui se suivent restent dans l'ordre.

Exercice 1. Décrire un système hétérogène

Classiques de khôlle et concours · Khôlle

Une enceinte fermée à 298 K contient une phase gazeuse de 10,0 L, formée de 0,200 mol de N₂ et 0,100 mol de O₂, et un bécher de 100 mL d'eau où l'on a dissous 1,0 × 10⁻² mol de chlorure de sodium. On néglige la vapeur d'eau et la dissolution des gaz. Recenser espèces et phases, calculer pressions partielles, concentrations et x(Na⁺). Classer les grandeurs.

Technique une phase à la fois.

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  1. Deux phases. Gaz : N₂(g), O₂(g). Liquide : H₂O(l), Na⁺(aq), Cl⁻(aq).
  2. P = 0,300 × 2,48 × 10³ / 1,00 × 10⁻² ≈ 7,4 × 10⁴ Pa, soit 0,74 bar.
  3. x(N₂) = 2/3 et x(O₂) = 1/3, donc P(N₂) ≈ 0,50 bar et P(O₂) ≈ 0,25 bar.
  4. c(Na⁺) = c(Cl⁻) = 0,10 mol·L⁻¹.
  5. n(H₂O) ≈ 100/18 ≈ 5,56 mol. La phase liquide contient 5,58 mol, donc x(Na⁺) ≈ 1,8 × 10⁻³.
  6. Pressions, concentrations et fractions molaires sont intensives. Volumes et quantités de matière sont extensives.

piège : Calculer x(O₂) avec une quantité totale qui inclut l'eau liquide.

Exercice 2. Combustion en défaut de dioxygène

Classiques de khôlle et concours · Khôlle

On brûle 1,0 mol de propane avec 4,0 mol de dioxygène. La transformation est modélisée par C₃H₈ + 5 O₂ = 3 CO₂ + 4 H₂O, de constante très grande. Identifier le réactif limitant, donner l'état final, la fraction de propane consommée et x(CO₂) à 400 K, où l'eau est gazeuse.

Technique rapports ni,0/|νi|, puis tableau d'avancement.

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  1. Rapports : 1,0 pour le propane, 4,0/5 = 0,80 pour O₂. O₂ limite et ξmax = 0,80 mol.
  2. La constante est très grande : transformation quasi totale, ξf ≈ 0,80 mol.
  3. État final : 0,20 mol de C₃H₈, O₂ à l'état de traces, 2,4 mol de CO₂, 3,2 mol de H₂O.
  4. 80 % du propane est consommé. Le taux de conversion ξf/ξmax vaut 1.
  5. La quantité de gaz passe de 5,0 à 5,8 mol, et x(CO₂) = 2,4/5,8 ≈ 0,41.

piège : Désigner le propane comme limitant parce qu'il est en moindre quantité.

Exercice 3. Quotients et combinaison de constantes

Classiques de khôlle et concours · Khôlle

Écrire Qr pour (a) Cu(s) + 2 Ag⁺(aq) = Cu²⁺(aq) + 2 Ag(s), (b) CaCO₃(s) + 2 H₃O⁺(aq) = Ca²⁺(aq) + CO₂(g) + 3 H₂O(l), (c) 2 SO₂(g) + O₂(g) = 2 SO₃(g), cette dernière aussi en fractions molaires. Si K°_c est la constante de (c), que vaut celle de SO₃(g) = SO₂(g) + ½ O₂(g) ?

Technique activités, puis règles de combinaison.

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  1. (a) Cuivre et argent sont des solides purs : Qr = c(Cu²⁺) c° / c(Ag⁺)².
  2. (b) Carbonate et solvant ont une activité 1 : Qr = c(Ca²⁺) P(CO₂) c° / (c(H₃O⁺)² P°).
  3. (c) Qr = P(SO₃)² P° / (P(SO₂)² P(O₂)) = x(SO₃)² P° / (x(SO₂)² x(O₂) P). Le quotient dépend de la pression totale.
  4. La nouvelle équation est (c) inversée puis multipliée par ½ : sa constante vaut 1/√K°_c.

piège : Omettre c° et P°. Qr devient dimensionné, et faux dès qu'on change d'unité.

Exercice 4. Précipité ou pas

Classiques de khôlle et concours · Khôlle

On mélange 50 mL de nitrate d'argent et 50 mL de chlorure de sodium, tous deux à la concentration c. Pour AgCl(s) = Ag⁺ + Cl⁻, Ks = 1,8 × 10⁻¹⁰. Décrire l'état final pour c = 2,0 × 10⁻⁵ puis c = 2,0 × 10⁻⁴ mol·L⁻¹.

Technique Qr initial après dilution, présence du solide.

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  1. Le mélange divise chaque concentration par deux.
  2. Premier cas : Qr = (1,0 × 10⁻⁵)² = 1,0 × 10⁻¹⁰ < Ks. Le sens direct consommerait le solide, qui est absent : rien ne se passe, pas de précipité.
  3. Second cas : Qr = 1,0 × 10⁻⁸ > Ks, sens indirect, précipitation.
  4. Avec x l'avancement volumique du sens indirect, c(Ag⁺) = c(Cl⁻) = 1,0 × 10⁻⁴ − x. Solide présent, donc (1,0 × 10⁻⁴ − x)² = Ks, et 1,0 × 10⁻⁴ − x ≈ 1,34 × 10⁻⁵.
  5. x ≈ 8,7 × 10⁻⁵ mol·L⁻¹, soit 8,7 × 10⁻⁶ mol de précipité dans 100 mL, environ 1,2 mg. Quantités positives : équilibre validé.

piège : Oublier la dilution, ou écrire Qr = Ks dans le premier cas.

Exercice 5. Choisir la bonne racine

Classiques de khôlle et concours · D'après un écrit CCINP MP

Dans une enceinte de volume fixé, à une température où K° = 50 pour H₂(g) + I₂(g) = 2 HI(g), on introduit 1,0 mol de H₂, 0,50 mol de I₂ et 2,0 mol de HI. Sens d'évolution et composition finale ?

Technique bornes de ξ, second degré, tri des racines.

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  1. La quantité totale de gaz se conserve. Les facteurs RT/(V P°) se simplifient et Qr = n(HI)² / (n(H₂) n(I₂)).
  2. Qr initial = 4,0/0,50 = 8 < 50 : sens direct.
  3. Bornes : −1,0 mol ≤ ξ ≤ 0,50 mol.
  4. Équilibre : 4 (1 + ξ)² = 50 (1 − ξ)(0,50 − ξ), soit 46 ξ² − 83 ξ + 21 = 0.
  5. Discriminant 3025 = 55², racines 1,5 et 7/23 ≈ 0,304 mol. Seule la seconde est permise.
  6. État final : 0,696 mol de H₂, 0,196 mol de I₂, 2,61 mol de HI. Contrôle : Qr ≈ 49,9.

piège : Garder 1,5 mol, qui rend n(I₂) négatif.

Exercice 6. Diluer un acide faible

Classiques de khôlle et concours · D'après un écrit CCINP MP

HA + H₂O = A⁻ + H₃O⁺, K° = 1,0 × 10⁻⁴. Calculer α = x/c pour c = 1,0 × 10⁻² puis 1,0 × 10⁻⁴ mol·L⁻¹, autoprotolyse de l'eau négligée. Commenter.

Technique résolution exacte quand l'approximation échoue.

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  1. À l'équilibre x²/(c − x) = K°, soit x² + K° x − K° c = 0, une seule racine positive.
  2. c = 1,0 × 10⁻² : x ≈ 9,5 × 10⁻⁴, α ≈ 9,5 %. L'approximation √(K° c) donnait 10 %, acceptable.
  3. c = 1,0 × 10⁻⁴ : x = (√5 − 1) × 10⁻⁴ / 2 ≈ 6,2 × 10⁻⁵, α ≈ 62 %. L'approximation donnait 100 %, absurde.
  4. À α fixé, Qr = c α²/(1 − α) diminue avec c. Après dilution, Qr < K° et le système évolue dans le sens direct : la dilution augmente α.
  5. Dans les deux cas x ≫ 10⁻⁷, l'autoprotolyse est bien négligeable.

piège : Utiliser x ≈ √(K° c) sans vérifier que x ≪ c.

Exercice 7. Équilibre de Boudouard et rupture

Classiques de khôlle et concours · D'après un écrit CCINP MP

À une température où K° = 2,0 pour C(s) + CO₂(g) = 2 CO(g), on met 1,0 mol de CO₂ au contact de carbone, sous pression totale P maintenue constante. (a) P = 1,0 bar, carbone en excès. (b) Même pression, 0,50 mol de carbone seulement. (c) Carbone en excès, P = 10 bar.

Technique pressions partielles à pression totale fixée, puis vérification du solide.

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  1. n(CO₂) = 1 − ξ, n(CO) = 2ξ, ngaz = 1 + ξ. Le carbone a une activité 1.
  2. Qr = P(CO)² / (P(CO₂) P°) = 4 ξ² P / ((1 − ξ²) P°).
  3. (a) 4ξ²/(1 − ξ²) = 2, donc ξ² = 1/3 et ξf ≈ 0,58 mol. x(CO) ≈ 0,73 et x(CO₂) ≈ 0,27. Le carbone est en excès : équilibre validé.
  4. (b) Le carbone impose ξ ≤ 0,50 mol. En ξ = 0,50, Qr ≈ 1,3 < 2 : le carbone disparaît avant l'équilibre. Rupture d'équilibre, avec 0,50 mol de CO₂ et 1,0 mol de CO.
  5. (c) 40ξ²/(1 − ξ²) = 2, ξ² = 1/21, ξf ≈ 0,22 mol. Le calcul montre qu'une pression plus forte défavorise le sens qui crée du gaz.

piège : Écrire Qr avec les quantités de matière alors que la somme des ν gazeux vaut +1, ou garder ngaz constant.

Exercice 8. De l'eau dans une enceinte vide

Approfondissement · Type oral Centrale

Pour H₂O(l) = H₂O(g), K° ≈ 3,2 × 10⁻² à 298 K. On introduit une masse m d'eau dans une enceinte vide de 10,0 L à 298 K. Vapeur assimilée à un gaz parfait, volume du liquide négligé. (a) m = 0,10 g. (b) m = 1,00 g. (c) m = 1,00 g : allure de P en fonction du volume V de l'enceinte.

Technique une transformation physique se traite comme une réaction, avec un liquide pur d'activité 1.

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  1. Tant que du liquide est présent, l'équilibre impose P = K° P° ≈ 3,2 kPa, quels que soient m et V.
  2. Vapeur à l'équilibre : n_éq = K° P° V/(RT) ≈ 1,3 × 10⁻² mol, soit 0,23 g.
  3. (a) 0,10 g < 0,23 g : tout se vaporise. n ≈ 5,6 × 10⁻³ mol, P ≈ 1,4 kPa, Qr < K°. Plus de liquide, pas d'équilibre.
  4. (b) Équilibre à P ≈ 3,2 kPa, avec 0,23 g de vapeur et 0,77 g de liquide.
  5. (c) n ≈ 5,6 × 10⁻² mol. Le liquide disparaît pour V₁ = nRT/(K° P°) ≈ 43 L. Pour V < V₁, palier à 3,2 kPa. Pour V > V₁, P = nRT/V décroît en hyperbole, raccordée continûment au palier.

piège : Croire que davantage de liquide augmente la pression d'équilibre.

Exercice 9. Recherche numérique de l'état final

Approfondissement · Type écrit Mines

Pour N₂O₄(g) = 2 NO₂(g), K° = 0,15 à la température de travail. On part de 1,0 mol de N₂O₄ seul, sous pression totale P fixée. Exprimer Qr(ξ), justifier l'unicité de la solution, écrire une dichotomie en Python, donner sa complexité et contrôler à P = 1 bar.

Technique fonction monotone, invariant d'encadrement.

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  1. n(N₂O₄) = 1 − ξ, n(NO₂) = 2ξ, ngaz = 1 + ξ. Qr initial est nul, donc 0 ≤ ξ < 1.
  2. Qr = 4ξ² P / ((1 − ξ²) P°) est continu, strictement croissant sur [0, 1[, nul en 0, et tend vers +∞ en 1 : une unique solution.
  3. Idée : on garde [a, b] avec Qr(a) < K° ≤ Qr(b) (invariant), et on coupe en deux à chaque tour. La largeur b − a, divisée par deux à chaque tour, sert de variant.
  4. Code, P en bar :
def Q(xi, P):
    return 4 * xi**2 * P / (1 - xi**2)

def avancement_final(K, P, eps=1e-6):
    a, b = 0.0, 1 - 1e-12
    while b - a > eps:
        m = (a + b) / 2
        if Q(m, P) < K:
            a = m
        else:
            b = m
    return (a + b) / 2
  1. Complexité : environ log₂(1/ε) évaluations de Q, soit 20 pour ε = 10⁻⁶.
  2. Contrôle : 4ξ²P = K°(1 − ξ²) donne ξ = √(K°/(K° + 4P)) ≈ √(0,15/4,15) ≈ 0,19 mol.

piège : Évaluer Q en b = 1, par exemple pour vérifier le changement de signe au départ, provoque une division par zéro. Ce code n'évalue Q qu'aux milieux, mais b = 1 − 10⁻¹² protège toute variante qui teste les bornes. Autre piège : un intervalle où Qr − K° ne change pas de signe.

Erreurs fréquentes

  1. Choisir la mauvaise activité : c/c° pour le solvant ou un solide, une concentration à la place de P/P° pour un gaz.
  2. Calculer Qr avec les concentrations d'avant mélange. La dilution se fait avant tout calcul.
  3. Écrire Qr = K° dans l'état final sans vérifier que le solide est encore là, ou garder une racine qui rend une quantité négative.
  4. Mélanger les phases dans une fraction molaire, ou supposer la quantité de gaz constante alors que la somme des ν gazeux est non nulle.
  5. Confondre thermodynamique et cinétique : une grande constante ne garantit pas une réaction rapide. Ou comparer les constantes d'équations écrites différemment.

Fiche de cours rédigée à partir du programme officiel de physique-chimie de MPSI (2021), premier semestre, thème 4 « constitution et transformations de la matière », partie 4.1 « Transformations de la matière », paragraphe 4.1.1 « Description d'un système et de son évolution vers un état final ». Elle couvre la description d'un système physico-chimique, sa modélisation par une ou plusieurs réactions chimiques, le critère d'évolution spontanée et la détermination de la composition finale. L'évolution au cours du temps fait l'objet du paragraphe 4.1.2. Par rapport au programme de PCSI, celui de MPSI limite la capacité numérique à une seule réaction et ne comporte pas de rubrique sur l'optimisation d'un procédé chimique.

Au concours

Les questions des sujets corrigés qui travaillent ce chapitre. La première question de chaque sujet est en accès libre.

CCINP 2025, MP, Physique-chimie