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MPSI · Maths · semaine 2

Ensembles et applications

Opérations sur les ensembles, applications, injections, surjections, bijections, images directes et réciproques. Le vocabulaire de base de toute la prépa.

Sommaire

Le cours

Résumé en cinq points

  1. Une égalité d'ensembles se prouve par double inclusion, et les opérations ensemblistes ne font que traduire les connecteurs logiques.
  2. Une application est la donnée d'un départ, d'une arrivée et d'une image unique par point. Changer l'arrivée change l'injectivité ou la surjectivité.
  3. L'image réciproque f−1(B)f^{-1}(B) existe sans bijectivité et commute avec toutes les opérations. L'image directe ne commute qu'avec la réunion.
  4. Injective veut dire au plus un antécédent, surjective au moins un, bijective exactement un. La réciproque de g∘fg \circ f est f−1∘g−1f^{-1} \circ g^{-1}.
  5. Une relation d'équivalence partitionne l'ensemble en classes. Une relation d'ordre peut n'être que partielle, comme l'inclusion ou la divisibilité.
Pourquoi ce chapitre

Ce chapitre installe le langage commun à toute la prépa.

  • Un espace vectoriel est un ensemble.
  • Une application linéaire est une application.
  • Un isomorphisme est une bijection.
  • Une matrice représente une application.

Sans ce vocabulaire précis, l'algèbre linéaire du second semestre reste incompréhensible. Le point de vue reste intuitif : on ne construit pas les ensembles, on apprend à les manipuler.

Les deux difficultés réelles sont :

  • l'image réciproque, qui n'a rien à voir avec la fonction réciproque ;
  • la distinction injectif, surjectif, bijectif.

Aux concours, ces notions apparaissent rarement seules, mais elles sont exigées partout, dans les preuves d'algèbre comme dans les raisonnements d'analyse.

1Ensembles

1.1Appartenance et inclusion

Définition 1.1Ensemble, appartenance

Un ensemble est une collection d'objets appelés ses éléments. On écrit x∈Ex \in E si xx est un élément de EE, et x∉Ex \notin E sinon. L'ensemble vide, noté ∅\varnothing, n'a aucun élément.

Définition 1.2Inclusion

On dit que AA est inclus dans EE, ou que AA est une partie ou un sous-ensemble de EE, et on note A⊂EA \subset E, lorsque tout élément de AA est un élément de EE. En formule : ∀x, (x∈A⇒x∈E).\forall x,\ (x \in A \Rightarrow x \in E).

Propriété 1.3

L'ensemble vide est inclus dans tout ensemble, car l'implication x∈∅⇒x∈Ex \in \varnothing \Rightarrow x \in E a une hypothèse toujours fausse.

Attention

Ne pas confondre ∈\in et ⊂\subset. Si E={1,2}E = \{1, 2\}, on a 1∈E1 \in E et {1}⊂E\{1\} \subset E, mais 1⊂E1 \subset E et {1}∈E\{1\} \in E sont des écritures fausses ou au moins suspectes.

1.2Égalité par double inclusion

Deux ensembles sont égaux quand ils ont les mêmes éléments.

MéthodeDouble inclusion

  1. Prouver A⊂BA \subset B : prendre un élément quelconque de AA et montrer qu'il appartient à BB.
  2. Prouver B⊂AB \subset A de la même façon.
  3. Conclure A=BA = B.

C'est le réflexe de base du chapitre.

1.3Ensemble des parties

Définition 1.4Ensemble des parties

L'ensemble des parties de EE est noté P(E)\mathcal{P}(E). Ses éléments sont les sous-ensembles de EE.

Toujours ∅∈P(E)\varnothing \in \mathcal{P}(E) et E∈P(E)E \in \mathcal{P}(E). Un énoncé du type A∈P(E)A \in \mathcal{P}(E) signifie exactement A⊂EA \subset E.

Exemple 1.5

Si E={a,b}E = \{a, b\}, alors P(E)={∅,{a},{b},{a,b}}\mathcal{P}(E) = \{\varnothing, \{a\}, \{b\}, \{a, b\}\}, qui a 4 éléments.

1.4Opérations sur les parties

Définition 1.6Réunion, intersection, différence, complémentaire

Soit AA et BB deux parties de EE.

  • Réunion : A∪BA \cup B est l'ensemble des xx qui appartiennent à AA ou à BB, au sens inclusif.
  • Intersection : A∩BA \cap B est l'ensemble des xx qui appartiennent à AA et à BB. Si A∩B=∅A \cap B = \varnothing, on dit que AA et BB sont disjoints.
  • Différence : A∖BA \setminus B est l'ensemble des xx de AA qui ne sont pas dans BB.
  • Complémentaire de AA dans EE : E∖AE \setminus A, aussi noté A‾\overline{A} ou AcA^c. C'est l'ensemble des xx de EE qui ne sont pas dans AA.

Les règles de calcul viennent directement des règles de logique du chapitre 1.

Propriété 1.7Règles de calcul

Pour AA, BB, CC parties de EE :

  • ∪\cup et ∩\cap sont commutatives et associatives ;
  • distributivité croisée : A∩(B∪C)=(A∩B)∪(A∩C),A∪(B∩C)=(A∪B)∩(A∪C);\begin{aligned} A \cap (B \cup C) &= (A \cap B) \cup (A \cap C),\\ A \cup (B \cap C) &= (A \cup B) \cap (A \cup C) ; \end{aligned}
  • A∖B=A∩B‾A \setminus B = A \cap \overline{B}.

Propriété 1.8Lois de De Morgan

Pour AA et BB parties de EE : A∪B‾=A‾∩B‾,A∩B‾=A‾∪B‾.\begin{aligned} \overline{A \cup B} &= \overline{A} \cap \overline{B},\\ \overline{A \cap B} &= \overline{A} \cup \overline{B}. \end{aligned} Elles traduisent les négations de « ou » et de « et ».

Exemple 1.9Distributivité par double inclusion

Soit x∈A∩(B∪C)x \in A \cap (B \cup C). Alors x∈Ax \in A, et x∈Bx \in B ou x∈Cx \in C. Dans le premier cas x∈A∩Bx \in A \cap B, dans le second x∈A∩Cx \in A \cap C, donc xx est dans la réunion.

Réciproquement, si x∈(A∩B)∪(A∩C)x \in (A \cap B) \cup (A \cap C), alors dans les deux cas x∈Ax \in A et x∈B∪Cx \in B \cup C.

1.5Produit cartésien

Définition 1.10Produit cartésien

Le produit cartésien de EE et FF, noté E×FE \times F, est l'ensemble des couples (x,y)(x, y) avec x∈Ex \in E et y∈Fy \in F. Deux couples sont égaux quand leurs deux composantes le sont, dans l'ordre.

On généralise à un nombre fini d'ensembles : E1×⋯×EnE_1 \times \dots \times E_n est l'ensemble des nn-uplets. On note EnE^n le produit de EE par lui-même nn fois. Ainsi R2\R^2 est le plan usuel et R3\R^3 l'espace.

1.6Fonction indicatrice

Définition 1.11Fonction indicatrice

La fonction indicatrice d'une partie AA de EE est l'application 1A\mathbb{1}_A de EE dans {0,1}\{0, 1\} qui vaut 1 sur AA et 0 ailleurs.

Elle transforme les opérations ensemblistes en calculs.

Propriété 1.12Calculs avec les indicatrices

Pour AA et BB parties de EE :

  • 1A=1B\mathbb{1}_A = \mathbb{1}_B si et seulement si A=BA = B ;
  • 1A∩B=1A×1B\mathbb{1}_{A \cap B} = \mathbb{1}_A \times \mathbb{1}_B ;
  • 1A‾=1−1A\mathbb{1}_{\overline{A}} = 1 - \mathbb{1}_A ;
  • 1A∪B=1A+1B−1A1B\mathbb{1}_{A \cup B} = \mathbb{1}_A + \mathbb{1}_B - \mathbb{1}_A \mathbb{1}_B.

Pour démontrer une identité ensembliste, on peut vérifier l'égalité des indicatrices.

1.7Recouvrement disjoint et partition

Définition 1.13Recouvrement et partition

Une famille (Ai)(A_i) de parties de EE est un recouvrement de EE si la réunion des AiA_i vaut EE. Le recouvrement est disjoint si les AiA_i sont deux à deux disjoints. Une partition de EE est un recouvrement disjoint formé de parties non vides.

Exemple 1.14

  • Les entiers pairs et les entiers impairs forment une partition de Z\Z.
  • Pour AA une partie de EE, distincte de ∅\varnothing et de EE, les parties AA et E∖AE \setminus A forment une partition de EE.

2Applications

2.1Définition et vocabulaire

Définition 2.1Application

Une application ff de EE dans FF associe à tout élément xx de EE un unique élément de FF, noté f(x)f(x). EE est l'ensemble de départ, FF l'ensemble d'arrivée. Le graphe de ff est la partie de E×FE \times F formée des couples (x,f(x))(x, f(x)).

Le programme ne distingue pas fonction et application. L'ensemble des applications de EE dans FF se note F(E,F)\mathcal{F}(E, F) ou FEF^E.

Deux applications sont égales quand elles ont même ensemble de départ, même ensemble d'arrivée, et prennent la même valeur en chaque point.

Définition 2.2Famille

Une famille d'éléments de EE indexée par un ensemble II est une application de II dans EE, notée (xi)i∈I(x_i)_{i \in I}.

C'est le même objet, vu sous un autre angle. Les suites sont les familles indexées par N\N.

Définition 2.3Identité

L'application identité de EE est idE\mathrm{id}_E, définie par idE(x)=x\mathrm{id}_E(x) = x.

2.2Restriction et prolongement

Définition 2.4Restriction, prolongement

Si A⊂EA \subset E, la restriction de ff à AA, notée f∣Af|_A, est l'application de AA dans FF qui coïncide avec ff sur AA. Inversement, si gg est définie sur AA, un prolongement de gg à EE est une application ff définie sur EE dont la restriction à AA est gg.

Un prolongement n'a aucune raison d'être unique, sauf contrainte supplémentaire, par exemple la continuité.

2.3Composition

Définition 2.5Composée

Si ff va de EE dans FF et gg de FF dans GG, la composée g∘fg \circ f va de EE dans GG et vaut (g∘f)(x)=g(f(x))(g \circ f)(x) = g(f(x)).

Attention

L'ordre compte : f∘gf \circ g n'a en général aucun sens, et même quand les deux existent elles diffèrent. Avec f(x)=x+1f(x) = x + 1 et g(x)=x2g(x) = x^2 sur R\R : g(f(x))=(x+1)2g(f(x)) = (x + 1)^2 et f(g(x))=x2+1f(g(x)) = x^2 + 1.

Propriété 2.6Associativité

La composition est associative : h∘(g∘f)=(h∘g)∘fh \circ (g \circ f) = (h \circ g) \circ f. On peut donc écrire h∘g∘fh \circ g \circ f sans parenthèses. De plus f∘idE=ff \circ \mathrm{id}_E = f et idF∘f=f\mathrm{id}_F \circ f = f.

3Image directe et image réciproque

3.1Définitions

Définition 3.1Image directe, image réciproque

Soit ff de EE dans FF, AA une partie de EE et BB une partie de FF.

  • L'image directe de AA est f(A)={f(x):x∈A}f(A) = \{f(x) : x \in A\}. C'est une partie de FF. Ainsi, y∈f(A)y \in f(A) signifie qu'il existe x∈Ax \in A tel que y=f(x)y = f(x).
  • L'image réciproque de BB est f−1(B)={x∈E:f(x)∈B}f^{-1}(B) = \{x \in E : f(x) \in B\}. C'est une partie de EE. Ainsi, x∈f−1(B)x \in f^{-1}(B) signifie f(x)∈Bf(x) \in B.

Attention

La notation f−1(B)f^{-1}(B) a un sens pour toute application ff, bijective ou non. Elle ne suppose pas l'existence d'une application réciproque. Le programme signale le risque de confusion. f−1(B)f^{-1}(B) est un ensemble, jamais un élément. L'écriture f−1(y)f^{-1}(y) pour un élément yy est à proscrire tant que ff n'est pas bijective : on écrit f−1({y})f^{-1}(\{y\}).

Exemple 3.2Avec f(x)=x2f(x) = x^2 sur R\R

  • f([−1,2])=[0,4]f([-1, 2]) = [0, 4] ;
  • f−1([1,4])=[−2,−1]∪[1,2]f^{-1}([1, 4]) = [-2, -1] \cup [1, 2] ;
  • f−1(R−∗)=∅f^{-1}(\R_-^*) = \varnothing.

3.2Propriétés

Propriété 3.3Image réciproque

L'image réciproque commute avec toutes les opérations. Pour BB et B′B' parties de FF : f−1(B∪B′)=f−1(B)∪f−1(B′),f−1(B∩B′)=f−1(B)∩f−1(B′).\begin{aligned} f^{-1}(B \cup B') &= f^{-1}(B) \cup f^{-1}(B'),\\ f^{-1}(B \cap B') &= f^{-1}(B) \cap f^{-1}(B'). \end{aligned} L'image réciproque du complémentaire est le complémentaire de l'image réciproque.

Propriété 3.4Image directe

Pour AA et A′A' parties de EE : f(A∪A′)=f(A)∪f(A′),f(A \cup A') = f(A) \cup f(A'), mais seulement f(A∩A′)⊂f(A)∩f(A′).f(A \cap A') \subset f(A) \cap f(A').

Exemple 3.5Contre-exemple à l'égalité

Avec f(x)=x2f(x) = x^2, A=R+A = \R_+ et A′=R−A' = \R_- : A∩A′={0}A \cap A' = \{0\}, son image est {0}\{0\}, alors que f(A)∩f(A′)=R+f(A) \cap f(A') = \R_+.

Propriété 3.6Image directe puis réciproque

Pour AA partie de EE et BB partie de FF : A⊂f−1(f(A)),f(f−1(B))⊂B.A \subset f^{-1}(f(A)), \qquad f(f^{-1}(B)) \subset B. Les inclusions réciproques sont fausses en général.

Exemple 3.7Avec f(x)=x2f(x) = x^2

  • f−1(f([1,2]))=[−2,−1]∪[1,2]f^{-1}(f([1, 2])) = [-2, -1] \cup [1, 2], strictement plus gros que [1,2][1, 2] ;
  • f(f−1(R))=R+f(f^{-1}(\R)) = \R_+, strictement plus petit que R\R.

Remarque

On peut démontrer que l'égalité A=f−1(f(A))A = f^{-1}(f(A)) pour toute partie AA équivaut à l'injectivité de ff, et que l'égalité f(f−1(B))=Bf(f^{-1}(B)) = B pour toute partie BB équivaut à la surjectivité. C'est un exercice classique.

4Injections, surjections, bijections

4.1Définitions

Définition 4.1Injective, surjective, bijective

Soit ff de EE dans FF.

  • ff est injective si deux éléments distincts ont des images distinctes. Formulation pratique : pour tous xx et x′x' de EE, f(x)=f(x′)⇒x=x′f(x) = f(x') \Rightarrow x = x'. Autrement dit, tout élément de FF a au plus un antécédent.
  • ff est surjective si tout élément de FF a au moins un antécédent : ∀y∈F, ∃x∈E, y=f(x)\forall y \in F,\ \exists x \in E,\ y = f(x). Cela revient à dire f(E)=Ff(E) = F.
  • ff est bijective si elle est injective et surjective : tout élément de FF a exactement un antécédent.

Ces propriétés dépendent de l'ensemble d'arrivée.

Exemple 4.2La fonction carré

  • De R\R dans R\R : ni injective ni surjective.
  • De R\R dans R+\R_+ : surjective, non injective.
  • De R+\R_+ dans R\R : injective, non surjective.
  • De R+\R_+ dans R+\R_+ : bijective.

MéthodeInjectivité et surjectivité

  1. Injectivité : partir de f(x)=f(x′)f(x) = f(x') et conclure x=x′x = x'.
  2. Non-injectivité : il suffit d'un couple x≠x′x \neq x' de même image.
  3. Surjectivité : se donner yy quelconque dans FF et résoudre l'équation f(x)=yf(x) = y d'inconnue xx dans EE ; il suffit d'exhiber une solution.

4.2Réciproque

Définition 4.3Application réciproque

Si ff est bijective de EE dans FF, l'application réciproque f−1f^{-1} de FF dans EE associe à chaque yy son unique antécédent.

Propriété 4.4

Elle vérifie f−1∘f=idEf^{-1} \circ f = \mathrm{id}_E et f∘f−1=idFf \circ f^{-1} = \mathrm{id}_F, et elle est elle-même bijective, de réciproque ff.

Propriété 4.5Critère de bijectivité

Hypothèses

  • ff est une application de EE dans FF ;
  • il existe gg de FF dans EE telle que g∘f=idEg \circ f = \mathrm{id}_E et f∘g=idFf \circ g = \mathrm{id}_F.

Alors ff est bijective et g=f−1g = f^{-1}.

On devine l'inverse et on vérifie les deux compositions.

Attention

Les deux égalités sont nécessaires : une seule ne suffit pas en général.

Cette notation f−1f^{-1} est compatible avec celle de l'image réciproque : quand ff est bijective, l'image réciproque de BB par ff coïncide avec l'image directe de BB par l'application f−1f^{-1}.

4.3Composition

Propriété 4.6Composée et injectivité, surjectivité

Pour ff de EE dans FF et gg de FF dans GG :

  • la composée de deux injections est une injection ;
  • la composée de deux surjections est une surjection ;
  • la composée de deux bijections est une bijection, et (g∘f)−1=f−1∘g−1(g \circ f)^{-1} = f^{-1} \circ g^{-1}.

Attention

Dans la réciproque d'une composée, l'ordre s'inverse.

Propriété 4.7Deux résultats plus fins

Pour ff de EE dans FF et gg de FF dans GG :

  • si g∘fg \circ f est injective, alors ff est injective ;
  • si g∘fg \circ f est surjective, alors gg est surjective.

Ces résultats sont très utiles en algèbre linéaire. Les conclusions ne portent pas sur la même application.

5Relations binaires

5.1Définitions

Définition 5.1Relation binaire

Une relation binaire R\mathcal{R} sur EE est une propriété qui, pour chaque couple (x,y)(x, y) d'éléments de EE, est vraie ou fausse. On écrit xRyx \mathrel{\mathcal{R}} y quand elle est vraie.

Propriétés possibles :

  • réflexive : xRxx \mathrel{\mathcal{R}} x pour tout xx ;
  • symétrique : xRy⇒yRxx \mathrel{\mathcal{R}} y \Rightarrow y \mathrel{\mathcal{R}} x ;
  • antisymétrique : (xRy et yRx)⇒x=y(x \mathrel{\mathcal{R}} y \text{ et } y \mathrel{\mathcal{R}} x) \Rightarrow x = y ;
  • transitive : (xRy et yRz)⇒xRz(x \mathrel{\mathcal{R}} y \text{ et } y \mathrel{\mathcal{R}} z) \Rightarrow x \mathrel{\mathcal{R}} z.

5.2Relations d'équivalence

Définition 5.2Relation d'équivalence

Une relation d'équivalence est réflexive, symétrique et transitive. La classe d'équivalence de xx est l'ensemble des yy tels que xRyx \mathrel{\mathcal{R}} y.

Propriété 5.3Classes

Deux classes sont égales ou disjointes, et la réunion de toutes les classes est EE : les classes forment une partition de EE.

Remarque

La notion d'ensemble quotient est hors programme.

Exemple 5.4Exemples exigibles

  • Sur Z\Z, la congruence modulo un entier nn : x≡y [n]x \equiv y\ [n] signifie que nn divise x−yx - y. Il y a nn classes pour n⩾1n \geqslant 1.
  • Sur R\R, la congruence modulo un réel α\alpha : x≡y [α]x \equiv y\ [\alpha] signifie qu'il existe k∈Zk \in \Z avec x−y=kαx - y = k\alpha. C'est la relation qui gère les arguments d'un nombre complexe, avec α=2π\alpha = 2\pi.

5.3Relations d'ordre

Définition 5.5Relation d'ordre

Une relation d'ordre est réflexive, antisymétrique et transitive. L'ordre est total si deux éléments quelconques sont toujours comparables, et partiel sinon.

Exemple 5.6

  • L'ordre usuel ⩽\leqslant sur R\R est total.
  • L'inclusion sur P(E)\mathcal{P}(E) est un ordre partiel dès que EE a au moins deux éléments : {a}\{a\} et {b}\{b\} ne sont pas comparables.
  • La divisibilité sur N\N est un ordre partiel, 2 et 3 n'étant pas comparables.

Attention

Sur Z\Z, la divisibilité n'est pas antisymétrique, puisque 2 divise −2-2 et −2-2 divise 2.

Méthodes

MéthodeRéflexes du chapitre

  1. Égalité d'ensembles : double inclusion, ou chaîne d'équivalences sur l'appartenance, ou calcul sur les indicatrices.
  2. Inclusion : « soit xx dans le premier ensemble », puis dérouler les définitions.
  3. Injectivité : supposer f(x)=f(x′)f(x) = f(x') et conclure x=x′x = x'.
  4. Surjectivité : fixer yy dans l'ensemble d'arrivée et résoudre f(x)=yf(x) = y.
  5. Bijectivité : soit injectivité plus surjectivité, soit exhibition d'une réciproque avec les deux compositions vérifiées, soit, pour les fonctions réelles, le théorème de la bijection du chapitre sur la continuité.
  6. Image réciproque : revenir à « x∈f−1(B)x \in f^{-1}(B) équivaut à f(x)∈Bf(x) \in B ». Cette équivalence résout tous les exercices sur les images réciproques.
  7. Relation : vérifier les trois propriétés une par une, en rédigeant chacune.

Ce qu'il faut savoir refaire en khôlle

  1. Démontrer une identité ensembliste par double inclusion, puis la redémontrer par les indicatrices.
  2. Énoncer et prouver les lois de De Morgan pour les parties d'un ensemble.
  3. Montrer que f(A∩B)⊂f(A)∩f(B)f(A \cap B) \subset f(A) \cap f(B) et donner un contre-exemple à l'égalité.
  4. Prouver que l'image réciproque commute avec la réunion, l'intersection et le complémentaire.
  5. Étudier l'injectivité et la surjectivité d'une application donnée, en changeant l'ensemble d'arrivée.
  6. Montrer que si g∘fg \circ f est injective alors ff est injective, et que si g∘fg \circ f est surjective alors gg est surjective.
  7. Établir qu'une application est bijective en exhibant sa réciproque, et calculer la réciproque d'une composée.
  8. Vérifier qu'une relation donnée est d'équivalence ou d'ordre, et décrire ses classes ou dire si l'ordre est total.

Méthodes et exercices

Les résultats à connaître

  • Égalité de deux ensembles par double inclusion, distributivité de ∩ sur ∪ et de ∪ sur ∩, lois de De Morgan pour les parties d'un ensemble. Exigibles avec démonstration, par double inclusion ou par indicatrices.
  • Fonctions indicatrices : 1A ∩ B = 1A × 1B, 1E \ A = 1 − 1A, 1A ∪ B = 1A + 1B − 1A × 1B, et A = B si et seulement si 1A = 1B. Exigibles avec démonstration, par vérification point par point.
  • L'image réciproque commute avec la réunion, l'intersection et le complémentaire. Exigible avec démonstration.
  • L'image directe commute avec la réunion, et f(A ∩ A') ⊂ f(A) ∩ f(A') seulement. Exigible, avec le contre-exemple.
  • A ⊂ f⁻¹(f(A)) et f(f⁻¹(B)) ⊂ B pour toute application f. Exigibles avec démonstration, les inclusions réciproques étant fausses en général.
  • La composée de deux injections est injective, de deux surjections est surjective, de deux bijections est bijective, avec (g ∘ f)⁻¹ = f⁻¹ ∘ g⁻¹. Exigibles avec démonstration.
  • Si g ∘ f est injective alors f est injective. Si g ∘ f est surjective alors g est surjective. Exigibles avec démonstration.
  • Caractérisation de la bijectivité : f est bijective si et seulement s'il existe g telle que g ∘ f = id_E et f ∘ g = id_F, et alors g = f⁻¹. Exigible avec démonstration.
  • Les classes d'une relation d'équivalence forment une partition de l'ensemble. Exigible avec démonstration.
  • Congruences modulo n dans Z et modulo α dans R. Exigibles.
  • Hors programme : ensemble quotient, théorie axiomatique, cardinaux infinis. Le théorème de Cantor de l'exercice 9 n'est pas au programme mais se démontre avec ses seuls outils.

Clés de démonstration

Lois de De Morgan. Soit x ∈ E. Dire que x n'est pas dans A ∪ B, c'est nier « x ∈ A ou x ∈ B », donc affirmer « x ∉ A et x ∉ B ». On a traduit ligne à ligne la règle de De Morgan logique. Astuce : une identité ensembliste sans image ni composition n'est jamais qu'une identité logique déguisée.

Image réciproque et intersection. On écrit une chaîne d'équivalences : x ∈ f⁻¹(B ∩ B') équivaut à f(x) ∈ B ∩ B', qui équivaut à f(x) ∈ B et f(x) ∈ B', qui équivaut à x ∈ f⁻¹(B) ∩ f⁻¹(B'). Astuce : le seul geste est « x ∈ f⁻¹(B) équivaut à f(x) ∈ B », et il fournit des équivalences, donc les deux inclusions d'un coup.

Image directe et intersection. Si y ∈ f(A ∩ A'), il existe x ∈ A ∩ A' tel que y = f(x). Comme x ∈ A, y ∈ f(A), et de même y ∈ f(A'). L'inclusion réciproque échoue car un y de f(A) ∩ f(A') a un antécédent dans A et un antécédent dans A', qui n'ont aucune raison d'être le même point. Astuce : l'image directe introduit un « il existe », et deux « il existe » ne se recollent pas.

Composées et injectivité. Si g ∘ f est injective et si f(x) = f(x'), on applique g : g(f(x)) = g(f(x')), donc x = x'. Si g ∘ f est surjective, tout z de G s'écrit g(f(x)), donc z a l'antécédent f(x) par g. Astuce : on ne conclut jamais sur la même application, f pour l'injectivité, g pour la surjectivité.

Caractérisation par une réciproque. Si g ∘ f = id_E, alors g ∘ f est injective, donc f est injective. Si f ∘ g = id_F, alors f ∘ g est surjective, donc f est surjective. Donc f est bijective, et g = g ∘ (f ∘ f⁻¹) = (g ∘ f) ∘ f⁻¹ = f⁻¹. Astuce : chaque composition ne donne qu'une des deux propriétés, ce qui explique pourquoi il en faut deux.

Classes d'équivalence. Tout x appartient à sa classe par réflexivité, donc les classes recouvrent E et sont non vides. Si deux classes cl(x) et cl(y) ont un élément commun z, alors x R z et z R y par symétrie, donc x R y par transitivité, puis tout élément de cl(y) est en relation avec x par transitivité, d'où cl(y) ⊂ cl(x), et l'autre inclusion par symétrie des rôles. Astuce : l'alternative « égales ou disjointes » se prouve en supposant un élément commun.

Exemples et contre-exemples à connaître

  1. La fonction carré, de R dans R, n'est ni injective ni surjective. De R₊ dans R₊ elle est bijective. L'injectivité et la surjectivité sont des propriétés du triplet départ, arrivée, formule.
  2. Avec f(x) = x², A = R₊ et A' = R₋ : f(A ∩ A') = {0} alors que f(A) ∩ f(A') = R₊. L'image directe ne respecte pas l'intersection.
  3. Avec f(x) = x² et A = [1, 2] : f⁻¹(f(A)) = [−2, −1] ∪ [1, 2]. L'égalité A = f⁻¹(f(A)) caractérise l'injectivité.
  4. Avec f(x) = x² et B = R : f(f⁻¹(B)) = R₊. L'égalité f(f⁻¹(B)) = B caractérise la surjectivité.
  5. Soit f de N dans N définie par f(n) = n + 1, et g de N dans N définie par g(0) = 0 et g(n) = n − 1 pour n ≥ 1. Alors g ∘ f = id_N mais f ∘ g ≠ id_N. Une seule composition égale à l'identité ne suffit pas, f n'est pas surjective et g n'est pas injective.
  6. P(∅) = {∅} a un élément, et P({a, b}) a quatre éléments. Toujours ∅ ∈ P(E) et ∅ ⊂ E, deux affirmations distinctes.
  7. L'inclusion sur P(E) est un ordre partiel dès que E a deux éléments, {a} et {b} ne se comparent pas. La divisibilité sur Z n'est pas antisymétrique, 2 et −2 se divisent mutuellement.
  8. La relation « xy > 0 » sur R* est une relation d'équivalence à deux classes. Sur R elle n'est pas réflexive, puisque 0 × 0 n'est pas strictement positif. Le domaine fait partie de la relation.

Techniques du chapitre

Technique 1 : double inclusion avec un élément générique. Mini-exercice : montrer A \ (B ∪ C) = (A \ B) ∩ (A \ C). Soit x ∈ A \ (B ∪ C). Alors x ∈ A et x ∉ B ∪ C, donc x ∉ B et x ∉ C, donc x ∈ A \ B et x ∈ A \ C. Réciproquement, si x est dans les deux différences, x ∈ A, x ∉ B, x ∉ C, donc x ∉ B ∪ C. Les deux inclusions sont établies.

Technique 2 : calculer avec les indicatrices. Mini-exercice : la différence symétrique A Δ B = (A \ B) ∪ (B \ A) vérifie 1A Δ B = 1A + 1B − 2 × 1A 1B. Les deux différences sont disjointes, donc l'indicatrice de leur réunion est la somme 1A(1 − 1B) + 1B(1 − 1A), qui se développe en la formule annoncée.

Technique 3 : chaîne d'équivalences pour une image réciproque. Mini-exercice : montrer f⁻¹(F \ B) = E \ f⁻¹(B). Pour x ∈ E, x ∈ f⁻¹(F \ B) équivaut à f(x) ∉ B, qui équivaut à x ∉ f⁻¹(B), qui équivaut à x ∈ E \ f⁻¹(B).

Technique 4 : injectivité en partant de f(x) = f(x'). Mini-exercice : f(x) = x³ + x sur R. Si f(x) = f(x'), alors (x − x')(x² + xx' + x'² + 1) = 0. Le second facteur vaut (x + x'/2)² + 3x'²/4 + 1 > 0, donc x = x'.

Technique 5 : surjectivité en résolvant f(x) = y. Mini-exercice : f de N² dans N définie par f(m, n) = m + n. Pour y ∈ N, le couple (y, 0) a pour image y, donc f est surjective. Elle n'est pas injective, car f(1, 0) = f(0, 1).

Technique 6 : exhiber une réciproque. Mini-exercice : f de R \ {1} dans R \ {1} définie par f(x) = (x + 1)/(x − 1). D'abord f(x) ≠ 1 car x + 1 = x − 1 est impossible, donc f est bien définie. Ensuite f(f(x)) = ((x + 1) + (x − 1))/((x + 1) − (x − 1)) = 2x/2 = x. Donc f ∘ f = id, f est bijective et f⁻¹ = f.

Technique 7 : vérifier une relation propriété par propriété. Mini-exercice : sur R, x R y si x − y ∈ Z. Réflexive car 0 ∈ Z. Symétrique car l'opposé d'un entier est entier. Transitive car une somme d'entiers est entière. La classe de x est x + Z, et chaque classe contient un unique représentant dans [0, 1[.

Exercices classiques corrigés

Choisis ton niveau. Difficulté indicative ; les exercices qui se suivent restent dans l'ordre.

Exercice 1. Images directes et réciproques de la fonction carré

Classiques de khôlle et concours · Khôlle

Soit f de R dans R, f(x) = x². Déterminer f([−1, 3]), f⁻¹([−4, 4]), f⁻¹({−1}) et f(f⁻¹([−1, 1])).

Technique revenir aux définitions, sans jamais écrire f⁻¹(y).

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  1. f([−1, 3]) = [0, 9], car x² parcourt [0, 9] quand x parcourt [−1, 3], le minimum 0 étant atteint en 0.
  2. f⁻¹([−4, 4]) = {x : x² ≤ 4} = [−2, 2]. La partie négative de l'intervalle ne change rien.
  3. f⁻¹({−1}) = ∅, car un carré réel n'est jamais −1.
  4. f⁻¹([−1, 1]) = [−1, 1], puis f([−1, 1]) = [0, 1]. On constate que f(f⁻¹(B)) est strictement plus petit que B.

piège : Chercher des antécédents aux valeurs de [−4, 0[. Une image réciproque ignore les valeurs jamais atteintes.

Exercice 2. Caractérisations de l'injectivité et de la surjectivité

Classiques de khôlle et concours · Khôlle

Soit f de E dans F. Montrer que f est injective si et seulement si f⁻¹(f(A)) = A pour toute partie A de E, et que f est surjective si et seulement si f(f⁻¹(B)) = B pour toute partie B de F.

Technique sens direct par les définitions, sens réciproque par un choix astucieux de A ou de B.

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  1. Supposons f injective et soit A ⊂ E. L'inclusion A ⊂ f⁻¹(f(A)) est toujours vraie. Si x ∈ f⁻¹(f(A)), alors f(x) ∈ f(A), donc il existe a ∈ A avec f(x) = f(a), et l'injectivité donne x = a ∈ A.
  2. Réciproquement, supposons l'égalité pour toute partie A, et soit f(x) = f(x'). On prend A = {x}. Alors f(x') ∈ f({x}), donc x' ∈ f⁻¹(f({x})) = {x}, donc x' = x.
  3. Supposons f surjective et soit B ⊂ F. L'inclusion f(f⁻¹(B)) ⊂ B est toujours vraie. Si y ∈ B, il existe x avec f(x) = y, ce x est dans f⁻¹(B), donc y ∈ f(f⁻¹(B)).
  4. Réciproquement, on prend B = F : f⁻¹(F) = E, donc f(E) = F, ce qui est la surjectivité.

piège : Dans le sens réciproque, vouloir prouver l'injectivité « pour tout A » alors qu'il faut choisir un A précis.

Exercice 3. Une équation fonctionnelle de composition

Classiques de khôlle et concours · Khôlle

Soit f de E dans E telle que f ∘ f ∘ f = f. Montrer que f est injective si et seulement si f est surjective.

Technique appliquer l'hypothèse à un élément bien choisi.

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  1. Supposons f injective. Pour y ∈ E, f(f(f(y))) = f(y), donc par injectivité f(f(y)) = y. Ainsi y admet f(y) pour antécédent, f est surjective.
  2. Supposons f surjective. Tout x s'écrit f(a), et alors f(f(x)) = f(f(f(a))) = f(a) = x. Donc f ∘ f = id_E.
  3. Si f(x) = f(x'), en appliquant f on obtient f(f(x)) = f(f(x')), soit x = x'. Donc f est injective.

piège : Écrire f ∘ f = id directement à partir de l'hypothèse, sans l'injectivité ou la surjectivité qui permet de « simplifier » par f.

Exercice 4. Application vers un produit d'ensembles de parties

Classiques de khôlle et concours · Khôlle

Soient A et B deux parties de E. On définit Φ de P(E) dans P(A) × P(B) par Φ(X) = (X ∩ A, X ∩ B). Montrer que Φ est injective si et seulement si A ∪ B = E, et surjective si et seulement si A ∩ B = ∅.

Technique tester Φ sur des parties particulières pour les conditions nécessaires.

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  1. Si A ∪ B = E, alors pour toute partie X, X = X ∩ E = (X ∩ A) ∪ (X ∩ B). Une partie se reconstitue à partir de son image, donc Φ est injective.
  2. Si Φ est injective : Φ(E) = (A, B) = Φ(A ∪ B), donc E = A ∪ B.
  3. Si A ∩ B = ∅, soit (Y, Z) avec Y ⊂ A et Z ⊂ B. On pose X = Y ∪ Z. Alors X ∩ A = (Y ∩ A) ∪ (Z ∩ A) = Y ∪ ∅ = Y, car Z ⊂ B est disjoint de A. De même X ∩ B = Z. Donc Φ est surjective.
  4. Si Φ est surjective, le couple (A, ∅) a un antécédent X. Alors A = X ∩ A ⊂ X et X ∩ B = ∅, donc A ∩ B ⊂ X ∩ B = ∅.

piège : À l'étape 3, oublier de vérifier que X ∩ A vaut exactement Y, en se contentant de Y ⊂ X ∩ A.

Exercice 5. Une relation d'équivalence sur N × N

Classiques de khôlle et concours · Khôlle

Sur N × N, on pose (a, b) R (c, d) lorsque a + d = b + c. Montrer que R est une relation d'équivalence et décrire ses classes.

Technique les trois propriétés une par une, puis identifier l'invariant qui caractérise une classe.

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  1. Réflexivité : a + b = b + a. Symétrie : a + d = b + c se réécrit c + b = d + a.
  2. Transitivité : si a + d = b + c et c + f = d + e, en additionnant on obtient a + d + c + f = b + c + d + e, puis a + f = b + e en simplifiant par c + d, ce qui est licite dans N.
  3. Deux couples sont en relation si et seulement si a − b = c − d dans Z. Chaque classe est donc l'ensemble des couples de différence fixée k ∈ Z, et elle contient un unique couple de la forme (k, 0) si k ≥ 0, ou (0, −k) si k < 0.

piège : Écrire la transitivité avec des soustractions dans N sans justification. La simplification par addition est le bon geste.

Exercice 6. Deux ordres sur R²

Classiques de khôlle et concours · Khôlle

Sur R², on pose (x, y) ≤₁ (x', y') si x ≤ x' et y ≤ y', et (x, y) ≤₂ (x', y') si x < x' ou (x = x' et y ≤ y'). Montrer que ce sont deux relations d'ordre, l'une partielle, l'autre totale.

Technique antisymétrie et transitivité par disjonction de cas.

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  1. Pour ≤₁, les trois propriétés se vérifient composante par composante. L'ordre est partiel : (0, 1) et (1, 0) ne sont pas comparables.
  2. Pour ≤₂, antisymétrie : si les deux couples se dominent mutuellement, on ne peut avoir x < x' et x' < x, donc x = x', puis y = y'. Transitivité : si l'une des deux comparaisons est stricte sur la première coordonnée, la conclusion l'est aussi, sinon x = x' = x'' et y ≤ y' ≤ y''.
  3. Totalité : deux réels x et x' sont comparables, et en cas d'égalité y et y' le sont.

piège : Traiter la transitivité de ≤₂ sans distinguer les cas d'égalité des premières coordonnées.

Exercice 7. Bijectivité par compositions croisées

Classiques de khôlle et concours · Écrit CCINP

Soient f de E dans F, g de F dans G et h de G dans E. On suppose g ∘ f et h ∘ g bijectives. Montrer que f, g et h sont bijectives.

Technique les deux résultats fins sur les composées, puis composition par une réciproque.

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  1. g ∘ f bijective donne f injective et g surjective. h ∘ g bijective donne g injective et h surjective.
  2. Donc g est bijective.
  3. f = g⁻¹ ∘ (g ∘ f) est une composée de bijections, donc bijective. De même h = (h ∘ g) ∘ g⁻¹.

piège : Conclure « f injective et h surjective » et s'arrêter là. Il faut réinjecter la bijectivité de g.

Exercice 8. Une bijection de N sur Z

Classiques de khôlle et concours · Écrit CCINP

On définit f de N dans Z par f(n) = n/2 si n est pair et f(n) = −(n + 1)/2 si n est impair. Montrer que f est bijective.

Technique séparer l'ensemble de départ en deux parties d'images disjointes.

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  1. Les entiers pairs ont une image dans N, les impairs une image dans les entiers strictement négatifs. Ces deux ensembles d'images sont disjoints.
  2. Injectivité : si f(n) = f(n'), les deux entiers ont même parité. S'ils sont pairs, n/2 = n'/2 donne n = n'. S'ils sont impairs, (n + 1)/2 = (n' + 1)/2 donne n = n'.
  3. Surjectivité : un entier m ≥ 0 est l'image de 2m. Un entier m ≤ −1 est l'image de −2m − 1, qui est un entier naturel impair.

piège : Oublier de vérifier que −2m − 1 est dans N, ce qui utilise m ≤ −1.

Exercice 9. Théorème de Cantor

Approfondissement · Type oral Centrale

Soit E un ensemble et f une application de E dans P(E). Montrer que f n'est pas surjective.

Technique construire une partie qui se contredit elle-même, dite argument diagonal.

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  1. On pose D = {x ∈ E : x ∉ f(x)}. C'est une partie de E, éventuellement vide.
  2. Supposons D = f(a) pour un certain a ∈ E.
  3. Si a ∈ D, alors par définition de D, a ∉ f(a) = D, contradiction. Si a ∉ D, alors a ∉ f(a), donc a ∈ D par définition, contradiction.
  4. D n'a donc aucun antécédent, f n'est pas surjective. En particulier il n'existe aucune bijection de E sur P(E).

piège : Croire que le cas D = ∅ est un problème. L'ensemble vide est une partie de E comme une autre, et elle aussi doit avoir un antécédent pour que f soit surjective.

Erreurs fréquentes

  1. Écrire f⁻¹(y) pour un élément y sans avoir prouvé que f est bijective. Avant cela, seule f⁻¹({y}) a un sens, et c'est un ensemble.
  2. Confondre ∈ et ⊂. Un élément appartient, une partie est incluse. La phrase « A ∈ E » avec A partie de E est fausse.
  3. Parler d'injectivité ou de surjectivité sans préciser l'ensemble d'arrivée. La fonction carré change de statut selon qu'on la fait arriver dans R ou dans R₊.
  4. Ne prouver qu'une inclusion et conclure à l'égalité, ou ne vérifier qu'une composition et conclure à la bijectivité.
  5. Prouver l'injectivité en montrant « x = x' ⇒ f(x) = f(x') », qui est vraie pour toute application. L'implication à établir est l'autre.

Fiche de cours rédigée à partir du programme officiel de MPSI (2021), partie « Raisonnement et vocabulaire ensembliste », paragraphes « Ensembles » et « Applications et relations ». Les modes de raisonnement font l'objet du chapitre précédent. Toute théorie axiomatique des ensembles est hors programme.