Aller au contenu

Accueil › MP2I › Maths

MP2I · Maths · semaine 6

Équations différentielles linéaires

Équations linéaires du premier ordre et du second ordre à coefficients constants : solutions homogènes, variation de la constante, second membre exponentiel ou polynomial, problème de Cauchy.

Sommaire

Le cours

Résumé en cinq points

  1. Les solutions de l'équation complète sont une solution particulière plus toutes les solutions de l'équation homogène, au premier comme au second ordre.
  2. Au premier ordre, l'homogène a pour solutions les C e−A(x)C\,\e^{-A(x)} où AA est une primitive de aa, et la variation de la constante donne toujours une solution particulière.
  3. Le théorème de Cauchy assure existence et unicité sur tout l'intervalle, avec une condition au premier ordre et deux au second.
  4. Au second ordre à coefficients constants, tout se lit sur l'équation caractéristique r2+ar+b=0r^2 + ar + b = 0, avec la forme eαx(λcos⁡βx+μsin⁡βx)\e^{\alpha x}\big(\lambda\cos\beta x + \mu\sin\beta x\big) quand le discriminant est négatif.
  5. Pour un second membre AeλxA\e^{\lambda x}, on cherche CeλxC\e^{\lambda x}, ou Cx eλxCx\,\e^{\lambda x} si λ\lambda est racine simple, ou Cx2eλxCx^2\e^{\lambda x} si λ\lambda est racine double, et l'on superpose pour les seconds membres composés.
Pourquoi ce chapitre

Une équation différentielle relie une fonction inconnue et ses dérivées. C'est le langage de la modélisation :

  • circuit RC, RL ou RLC ;
  • oscillateur mécanique amorti ;
  • désintégration radioactive ;
  • refroidissement d'un corps ;
  • cinétique chimique.

Le programme se limite à deux familles que l'on sait résoudre entièrement par des formules explicites. Le point de vue est pratique, mais la structure du résultat est à comprendre une fois pour toutes : l'ensemble des solutions est une solution particulière à laquelle on ajoute toutes les solutions de l'équation homogène. Cette structure se retrouvera à l'identique en algèbre linéaire, pour les systèmes linéaires. Aux concours, les méthodes sont mécaniques.

1Primitives, l'outil de base

1.1Définition et structure

Définition 1.1Primitive

Soit ff définie sur un intervalle II, à valeurs réelles ou complexes. Une primitive de ff sur II est une fonction FF dérivable sur II telle que F′=fF' = f.

Propriété 1.2Ensemble des primitives

Hypothèses

  • II est un intervalle ;
  • FF est une primitive de ff sur II.

Alors l'ensemble des primitives de ff sur II est exactement l'ensemble des F+CF + C, où CC est une constante.

La démonstration repose sur le fait qu'une fonction dérivable de dérivée nulle sur un intervalle est constante.

Attention

L'hypothèse « sur un intervalle » est indispensable : sans elle, la constante peut changer d'un morceau à l'autre du domaine.

Remarque

Résultat admis à ce stade : toute fonction continue sur un intervalle y admet des primitives.

1.2Primitives à connaître

Sur un intervalle où les expressions ont un sens :

Fonction Primitive
xαx^\alpha, α∈R∖{−1}\alpha \in \R \setminus \{-1\} xα+1α+1\dfrac{x^{\alpha+1}}{\alpha+1}
1x\dfrac{1}{x} ln⁡∣x∣\ln\abs{x}
eλx\e^{\lambda x}, λ≠0\lambda \neq 0 (complexe permis) eλxλ\dfrac{\e^{\lambda x}}{\lambda}
cos⁡\cos sin⁡\sin
sin⁡\sin −cos⁡-\cos
sh⁡\operatorname{sh} ch⁡\operatorname{ch}
ch⁡\operatorname{ch} sh⁡\operatorname{sh}
tan⁡\tan −ln⁡∣cos⁡x∣-\ln\abs{\cos x}
ln⁡\ln xln⁡x−xx\ln x - x
11+x2\dfrac{1}{1+x^2} Arctan⁡x\operatorname{Arctan} x
11−x2\dfrac{1}{\sqrt{1-x^2}} sur ]−1,1[\intoo{-1}{1} Arcsin⁡x\operatorname{Arcsin} x

MéthodePrimitiver eaxcos⁡(bx)\e^{ax}\cos(bx) ou eaxsin⁡(bx)\e^{ax}\sin(bx)

  1. Écrire la fonction comme partie réelle ou imaginaire de e(a+ib)x\e^{(a+\ii b)x}.
  2. Primitiver en une ligne cette exponentielle complexe.
  3. Revenir au réel en prenant la partie réelle ou imaginaire.

Cela évite une double intégration par parties.

1.3Reconnaître une dérivée de fonction composée

C'est le premier réflexe devant une primitive à calculer. Pour uu dérivable sur II :

  • u′unu'u^n a pour primitive un+1n+1\dfrac{u^{n+1}}{n+1} si nn est un entier différent de −1-1 ;
  • u′u\dfrac{u'}{u} a pour primitive ln⁡∣u∣\ln\abs{u} là où uu ne s'annule pas ;
  • u′euu'\e^u a pour primitive eu\e^u ;
  • u′u\dfrac{u'}{\sqrt{u}} a pour primitive 2u2\sqrt{u} là où uu est strictement positive ;
  • u′1+u2\dfrac{u'}{1+u^2} a pour primitive Arctan⁡u\operatorname{Arctan} u.

Exemple 1.3

  • x1+x2\dfrac{x}{1+x^2} a pour primitive 12ln⁡(1+x2)\dfrac{1}{2}\ln(1+x^2).
  • cos⁡x esin⁡x\cos x\,\e^{\sin x} a pour primitive esin⁡x\e^{\sin x}.

1.4Primitives de 1/(ax2+bx+c)1/(ax^2+bx+c)

Ce calcul est exigible. On discute selon le discriminant Δ\Delta du trinôme, sur un intervalle où celui-ci ne s'annule pas.

MéthodePrimitiver 1ax2+bx+c\dfrac{1}{ax^2+bx+c}

  1. Si Δ>0\Delta > 0, le trinôme se factorise en a(x−r1)(x−r2)a(x-r_1)(x-r_2). On décompose 1(x−r1)(x−r2)\dfrac{1}{(x-r_1)(x-r_2)} en somme de deux fractions simples : on obtient une combinaison de ln⁡∣x−r1∣\ln\abs{x-r_1} et de ln⁡∣x−r2∣\ln\abs{x-r_2}.
  2. Si Δ=0\Delta = 0, le trinôme vaut a(x−r)2a(x-r)^2 et une primitive est −1a(x−r)-\dfrac{1}{a(x-r)}.
  3. Si Δ<0\Delta < 0, on met le trinôme sous forme canonique a((x+p)2+q2)a\big((x+p)^2+q^2\big) avec q>0q > 0 : une primitive est 1aqArctan⁡x+pq\dfrac{1}{aq}\operatorname{Arctan}\dfrac{x+p}{q}.

Exemple 1.4

1x2+2x+5=1(x+1)2+4\dfrac{1}{x^2+2x+5} = \dfrac{1}{(x+1)^2+4} a pour primitive 12Arctan⁡x+12\dfrac{1}{2}\operatorname{Arctan}\dfrac{x+1}{2} sur R\R.

1.5Intégration par parties et changement de variable

Théorème 1.5Intégration par parties

Hypothèses

  • uu et vv sont de classe C1\mathcal{C}^1 sur un segment [a,b][a, b].

Alors ∫abuv′=u(b)v(b)−u(a)v(a)−∫abu′v.\int_a^b u v' = u(b)v(b) - u(a)v(a) - \int_a^b u' v.

Elle sert quand le produit comporte un facteur qui se simplifie en dérivant : polynôme, logarithme, Arctan.

Exemple 1.6

Pour primitiver ln⁡\ln, on écrit ln⁡x=1×ln⁡x\ln x = 1 \times \ln x et on dérive le logarithme.

Théorème 1.7Changement de variable

Hypothèses

  • φ\varphi est de classe C1\mathcal{C}^1 sur [α,β][\alpha, \beta] ;
  • ff est continue.

Alors ∫αβf(φ(t)) φ′(t) dt=∫φ(α)φ(β)f(x) dx.\int_\alpha^\beta f(\varphi(t))\,\varphi'(t)\,\dd t = \int_{\varphi(\alpha)}^{\varphi(\beta)} f(x)\,\dd x.

En pratique on pose x=φ(t)x = \varphi(t), on remplace dx\dd x par φ′(t) dt\varphi'(t)\,\dd t et on change les bornes. Dans les applications pratiques, on ne demande pas de rappeler les hypothèses de régularité.

2Vocabulaire et structure

Définition 2.1Équation linéaire du premier ordre

Une équation différentielle linéaire du premier ordre s'écrit, sous forme normalisée, y′+a(x) y=b(x),y' + a(x)\,y = b(x), où aa et bb sont continues sur un intervalle II, à valeurs réelles ou complexes. Une solution est une fonction yy dérivable sur II qui vérifie l'égalité en tout point de II.

Résoudre l'équation, c'est décrire toutes les solutions, sur un intervalle précisé.

Définition 2.2Équation homogène associée

L'équation homogène associée est y′+a(x) y=0y' + a(x)\,y = 0, obtenue en remplaçant le second membre par 00.

Propriété 2.3Structure de l'ensemble des solutions

Hypothèses

  • ypy_p est une solution particulière de l'équation complète.

Alors les solutions de l'équation complète sont exactement les yp+yhy_p + y_h, où yhy_h parcourt les solutions de l'équation homogène.

La vérification est immédiate par linéarité : la différence de deux solutions de l'équation complète est solution de l'équation homogène.

Propriété 2.4Principe de superposition

Si y1y_1 est solution de l'équation de second membre b1b_1 et y2y_2 solution de celle de second membre b2b_2, alors λy1+μy2\lambda y_1 + \mu y_2 est solution de l'équation de second membre λb1+μb2\lambda b_1 + \mu b_2.

On l'utilise pour découper un second membre compliqué en morceaux simples.

Attention

Si l'énoncé donne α(x) y′+β(x) y=γ(x)\alpha(x)\,y' + \beta(x)\,y = \gamma(x) avec α\alpha qui s'annule, on ne peut pas normaliser sur tout le domaine. On résout sur chaque intervalle où α\alpha ne s'annule pas, puis on étudie séparément le raccordement au point où α\alpha s'annule, en imposant la continuité et la dérivabilité. C'est un exercice classique.

3Premier ordre

3.1Équation homogène

Théorème 3.1Solutions de l'équation homogène

Hypothèses

  • aa est continue sur l'intervalle II ;
  • AA est une primitive de aa sur II.

Alors les solutions de y′+a(x) y=0y' + a(x)\,y = 0 sur II sont exactement les fonctions x↦C e−A(x)x \mapsto C\,\e^{-A(x)}, où CC est une constante, réelle ou complexe selon le cadre.

Démonstration

Si yy est solution, on pose z(x)=y(x) eA(x)z(x) = y(x)\,\e^{A(x)}. Alors zz est dérivable et z′(x)=(y′(x)+a(x) y(x))eA(x)=0,z'(x) = \big(y'(x) + a(x)\,y(x)\big)\e^{A(x)} = 0, donc zz est constante sur l'intervalle II. Réciproquement, ces fonctions conviennent par calcul direct.

Une solution de l'équation homogène qui s'annule en un point est identiquement nulle, puisque l'exponentielle ne s'annule jamais.

Si aa est constante égale à α\alpha, les solutions sont les C e−αxC\,\e^{-\alpha x}.

Exemple 3.2

y′−2xy=0y' - 2xy = 0 sur R\R. Ici a(x)=−2xa(x) = -2x et A(x)=−x2A(x) = -x^2, les solutions sont les C ex2C\,\e^{x^2}.

3.2Solution particulière et variation de la constante

MéthodeVariation de la constante

  1. Chercher une solution sous la forme y(x)=C(x) e−A(x)y(x) = C(x)\,\e^{-A(x)}, où CC est une fonction dérivable inconnue.
  2. Reporter dans l'équation : les termes en C(x)C(x) se simplifient, il reste C′(x) e−A(x)=b(x)C'(x)\,\e^{-A(x)} = b(x), soit C′(x)=b(x) eA(x)C'(x) = b(x)\,\e^{A(x)}.
  3. Primitiver C′C'.

Que les termes en CC se simplifient est un contrôle de calcul : s'il reste un terme en C(x)C(x), il y a une erreur.

Exemple 3.3

y′+y=xy' + y = x sur R\R. L'homogène donne C e−xC\,\e^{-x}. On pose y=C(x) e−xy = C(x)\,\e^{-x}, d'où C′(x)=x exC'(x) = x\,\e^{x}, puis par intégration par parties C(x)=(x−1)ex+KC(x) = (x-1)\e^{x} + K. Les solutions sont y(x)=x−1+Ke−xy(x) = x - 1 + K\e^{-x}. On peut vérifier directement que x−1x - 1 est solution particulière.

3.3Problème de Cauchy

Définition 3.4Problème de Cauchy

Un problème de Cauchy est la donnée de l'équation et d'une condition initiale y(x0)=y0y(x_0) = y_0, avec x0∈Ix_0 \in I.

Théorème 3.5Cauchy au premier ordre

Hypothèses

  • aa et bb sont continues sur II ;
  • x0∈Ix_0 \in I et y0y_0 est un scalaire.

Alors le problème de Cauchy admet une unique solution sur II tout entier.

La condition initiale fixe la constante CC. Interprétation : par chaque point du domaine passe une et une seule courbe intégrale, et deux courbes intégrales distinctes ne se coupent jamais.

4Second ordre à coefficients constants

4.1L'équation homogène

On considère y′′+a y′+b y=f(x),y'' + a\,y' + b\,y = f(x), où aa et bb sont des scalaires constants et ff est continue sur un intervalle II, à valeurs réelles ou complexes.

Définition 4.1Équation caractéristique

L'équation caractéristique associée est r2+ar+b=0r^2 + ar + b = 0. Elle s'obtient en cherchant des solutions de la forme erx\e^{rx}.

Théorème 4.2Cas complexe

Hypothèses

  • aa et bb sont des complexes ;
  • Δ=a2−4b\Delta = a^2 - 4b.

Alors, pour l'équation homogène :

  • si Δ≠0\Delta \neq 0, l'équation caractéristique a deux racines distinctes r1r_1 et r2r_2, et les solutions sont les x↦λer1x+μer2xx \mapsto \lambda\e^{r_1 x} + \mu\e^{r_2 x}, avec λ\lambda et μ\mu complexes ;
  • si Δ=0\Delta = 0, il y a une racine double rr, et les solutions sont les x↦(λx+μ)erxx \mapsto (\lambda x + \mu)\e^{rx}.

Théorème 4.3Cas réel, solutions réelles

Hypothèses

  • aa et bb sont réels ;
  • on cherche les solutions réelles ;
  • Δ=a2−4b\Delta = a^2 - 4b.

Alors, pour l'équation homogène :

  • si Δ>0\Delta > 0 : deux racines réelles distinctes r1r_1 et r2r_2, solutions λer1x+μer2x\lambda\e^{r_1 x} + \mu\e^{r_2 x} avec λ\lambda et μ\mu réels ;
  • si Δ=0\Delta = 0 : racine double réelle rr, solutions (λx+μ)erx(\lambda x + \mu)\e^{rx} ;
  • si Δ<0\Delta < 0 : deux racines complexes conjuguées α±iβ\alpha \pm \ii\beta avec β≠0\beta \neq 0, et les solutions réelles sont les x↦eαx(λcos⁡(βx)+μsin⁡(βx))x \mapsto \e^{\alpha x}\big(\lambda\cos(\beta x) + \mu\sin(\beta x)\big).

On peut aussi écrire ces dernières eαxAcos⁡(βx−φ)\e^{\alpha x} A\cos(\beta x - \varphi), ce qui fait apparaître une amplitude et une phase, forme utile en physique. Dans tous les cas, la solution générale de l'équation homogène dépend de deux constantes arbitraires.

Exemple 4.4Oscillateur harmonique

y′′+ω2y=0y'' + \omega^2 y = 0 avec ω>0\omega > 0. L'équation caractéristique r2+ω2=0r^2 + \omega^2 = 0 donne r=±iωr = \pm\ii\omega, donc les solutions réelles sont λcos⁡(ωx)+μsin⁡(ωx)\lambda\cos(\omega x) + \mu\sin(\omega x).

Exemple 4.5

y′′−3y′+2y=0y'' - 3y' + 2y = 0. Racines 11 et 22, solutions λex+μe2x\lambda\e^{x} + \mu\e^{2x}.

Exemple 4.6Régime critique

y′′+2y′+y=0y'' + 2y' + y = 0. Racine double −1-1, solutions (λx+μ)e−x(\lambda x + \mu)\e^{-x}.

4.2Solution particulière, second membre exponentiel

Pour un second membre f(x)=Aeλxf(x) = A\e^{\lambda x}, avec AA et λ\lambda complexes, on cherche une solution particulière selon la place de λ\lambda par rapport aux racines de l'équation caractéristique.

MéthodeSecond membre AeλxA\e^{\lambda x}

  1. Si λ\lambda n'est pas racine, chercher yp=Ceλxy_p = C\e^{\lambda x}.
  2. Si λ\lambda est racine simple, chercher yp=Cx eλxy_p = Cx\,\e^{\lambda x}.
  3. Si λ\lambda est racine double, chercher yp=Cx2eλxy_p = Cx^2\e^{\lambda x}.
  4. Reporter dans l'équation et identifier CC.

Le cas λ=0\lambda = 0 correspond à un second membre constant, et redonne la règle : une constante convient si b≠0b \neq 0.

Le phénomène de montée en degré quand λ\lambda est racine est ce qu'on appelle en physique la résonance.

4.3Second membre trigonométrique

MéthodeSecond membre Bcos⁡(ωx)B\cos(\omega x) ou Bsin⁡(ωx)B\sin(\omega x)

Hypothèses : BB et ω\omega réels, aa et bb réels.

  1. Résoudre l'équation de second membre BeiωxB\e^{\ii\omega x}, ce qui relève du cas précédent.
  2. Prendre la partie réelle de la solution obtenue pour le cosinus, la partie imaginaire pour le sinus.

Ce passage est licite parce que les coefficients aa et bb sont réels.

4.4Second membre polynomial

MéthodeSecond membre polynôme de degré nn

  1. Si b≠0b \neq 0, chercher une solution particulière polynomiale de degré nn.
  2. Si b=0b = 0 et a≠0a \neq 0, la chercher de degré n+1n+1.
  3. Si aa et bb sont tous deux nuls, l'équation se réduit à y′′=fy'' = f : primitiver deux fois.
  4. Identifier les coefficients.

4.5Superposition

Pour un second membre somme de plusieurs termes de ces types, on traite chaque terme séparément et on additionne les solutions particulières obtenues.

Exemple 4.7

Pour y′′+y=x+exy'' + y = x + \e^{x}, une solution particulière pour xx est xx lui-même, pour ex\e^{x} c'est ex/2\e^{x}/2, et la somme x+ex/2x + \e^{x}/2 convient.

4.6Problème de Cauchy

Théorème 4.8Cauchy au second ordre

Hypothèses

  • x0∈Ix_0 \in I ;
  • y0y_0 et y1y_1 sont deux scalaires.

Alors il existe une unique solution yy sur II vérifiant y(x0)=y0y(x_0) = y_0 et y′(x0)=y1y'(x_0) = y_1.

La démonstration de ce résultat est hors programme. Deux conditions sont nécessaires, car il y a deux constantes à déterminer, et elles portent sur la fonction et sur sa dérivée au même point.

Remarque

En physique, ces deux conditions sont typiquement la position et la vitesse initiales, ou la charge et l'intensité initiales.

Méthodes

MéthodeRéflexes du chapitre

  1. Annoncer l'intervalle de résolution avant de commencer.
  2. Mettre l'équation sous forme normalisée, en vérifiant que le coefficient de la dérivée d'ordre le plus élevé ne s'annule pas sur l'intervalle choisi.
  3. Résoudre l'homogène d'abord, chercher une solution particulière ensuite, additionner enfin. Ne jamais additionner les constantes avant d'avoir la solution particulière.
  4. Au premier ordre, tenter de deviner une solution particulière évidente, constante ou affine, avant de lancer la variation de la constante.
  5. Au second ordre, écrire l'équation caractéristique, discuter le discriminant, puis choisir la forme de la solution particulière selon que λ\lambda est racine ou non.
  6. Vérifier la solution trouvée en la reportant dans l'équation : le calcul est court et élimine la plupart des erreurs de signe.
  7. Ne fixer les constantes avec les conditions initiales qu'à la toute fin, sur la solution générale complète.

Ce qu'il faut savoir refaire en khôlle

  1. Démontrer que deux primitives d'une même fonction sur un intervalle diffèrent d'une constante, et dire où sert l'hypothèse d'intervalle.
  2. Résoudre y′+a(x) y=0y' + a(x)\,y = 0 en justifiant la méthode du facteur eA(x)\e^{A(x)}.
  3. Appliquer la variation de la constante sur un exemple, en expliquant pourquoi les termes en C(x)C(x) se simplifient.
  4. Énoncer le théorème de Cauchy au premier ordre et l'utiliser pour dire que deux courbes intégrales ne se croisent pas.
  5. Résoudre une équation homogène du second ordre dans les trois cas de discriminant, et donner la forme réelle quand Δ<0\Delta < 0.
  6. Trouver une solution particulière pour un second membre AeλxA\e^{\lambda x}, y compris quand λ\lambda est racine simple ou double.
  7. Traiter un second membre en cos⁡(ωx)\cos(\omega x) par passage au complexe, en justifiant le passage à la partie réelle.
  8. Résoudre un problème de Cauchy du second ordre complet, avec second membre.

Méthodes et exercices

Les résultats à connaître

  • Deux primitives d'une même fonction sur un intervalle I diffèrent d'une constante : exigible avec démonstration, l'hypothèse « intervalle » est indispensable.
  • Toute fonction continue sur un intervalle admet des primitives : admis à ce stade.
  • Intégration par parties pour u et v de classe C¹ sur un segment : exigible avec démonstration, c'est la dérivée d'un produit.
  • Changement de variable, φ de classe C¹ sur I et f continue sur φ(I) : exigible, c'est la dérivée d'une composée.
  • Primitives de 1/(ax² + bx + c) selon le signe du discriminant, sur un intervalle où le trinôme ne s'annule pas : calcul exigible.
  • Solutions de y' + a(x)y = 0 sur I : ce sont les C e−A(x) où A est une primitive de a sur I, C constante réelle ou complexe. Exigible avec démonstration.
  • Structure des solutions de l'équation complète : une solution particulière plus la solution générale de l'homogène. Exigible avec démonstration.
  • Principe de superposition : exigible avec démonstration, c'est la linéarité.
  • Méthode de variation de la constante : exigible, elle fournit toujours une solution particulière au premier ordre.
  • Problème de Cauchy au premier ordre, a et b continues sur I, x₀ ∈ I : existence et unicité d'une solution sur I tout entier. Exigible avec démonstration.
  • Second ordre homogène y'' + ay' + by = 0, a et b complexes : si Δ ≠ 0, solutions λer₁x + μer₂x, si Δ = 0, solutions (λx + μ)erx. Exigible avec démonstration.
  • Cas réel, a et b réels, solutions réelles : trois cas, dont eαx(λ cos βx + μ sin βx) quand les racines sont α ± iβ avec β ≠ 0. Exigible.
  • Solution particulière pour un second membre Aeλx, avec montée en degré si λ est racine simple ou double, et pour B cos(ωx), B sin(ωx) par passage au complexe : exigible.
  • Problème de Cauchy au second ordre, y(x₀) = y₀ et y'(x₀) = y₁ : existence et unicité sur I. Exigible sans démonstration, la preuve est hors programme.
  • Hors programme signalé : équations non linéaires, équations à variables séparables, wronskien, variation des constantes au second ordre, équations d'Euler, systèmes différentiels. Un énoncé qui en a besoin doit guider.

Clés de démonstration

Primitives et constante. Si F et G sont deux primitives de f sur I, alors (F − G)' = 0 sur l'intervalle I, donc F − G est constante. L'astuce : tout repose sur « dérivée nulle sur un intervalle implique constante », faux sur une réunion d'intervalles disjoints.

Équation homogène du premier ordre. Pour y dérivable sur I, on pose z = y eA. Alors z' = (y' + ay)eA, donc y est solution si et seulement si z' = 0, c'est à dire z constante. L'astuce : l'exponentielle ne s'annule pas, on peut multiplier et diviser sans perdre de solutions.

Structure et superposition. Si y et yp sont deux solutions de l'équation complète, y − yp vérifie l'équation homogène par linéarité. Réciproquement yp + yh est solution. L'astuce : soustraire deux solutions fait disparaître le second membre.

Variation de la constante. On cherche y = C(x)e−A(x) avec C dérivable. Alors y' + ay = C'e−A − aCe−A + aCe−A = C'e−A. Les termes en C se compensent parce que e−A est solution de l'homogène. Il reste C' = b eA, qui est continue, donc admet des primitives. L'astuce : le calcul est toujours le même, et un terme en C qui survit signale une erreur.

Cauchy au premier ordre. La solution générale est y = (C + P(x))e−A(x) où P est une primitive de b eA. La condition y(x₀) = y₀ s'écrit C = y₀ eA(x₀) − P(x₀), qui détermine C de façon unique. L'astuce : l'existence et l'unicité se lisent sur la formule explicite.

Second ordre homogène. Soit r₁ une racine de r² + ar + b. On pose y = z er₁x. Un calcul donne z'' + (2r₁ + a)z' = 0, et 2r₁ + a = r₁ − r₂ puisque r₁ + r₂ = −a. Donc z' est solution d'une équation du premier ordre : z' = K e(r₂ − r₁)x. Si r₁ ≠ r₂, on primitive et z = μe(r₂ − r₁)x + λ. Si r₁ = r₂, z'' = 0 donc z = λx + μ. L'astuce : le facteur er₁x abaisse l'ordre de un.

Forme réelle quand Δ < 0. Les solutions complexes sont λe(α + iβ)x + μe(α − iβ)x. Une telle fonction est à valeurs réelles si et seulement si μ est le conjugué de λ, et elle vaut alors 2 Re(λ e(α + iβ)x) = eαx(A cos βx + B sin βx). L'astuce : partie réelle d'une exponentielle complexe.

Exemples et contre-exemples à connaître

  1. y' = y² n'est pas linéaire : la fonction x ↦ 1/(1 − x) est solution sur ]−∞, 1[ et explose en 1. L'existence globale du théorème de Cauchy est propre au cas linéaire.
  2. xy' = 2y sur R. Sur chaque demi-droite les solutions sont Cx². Le raccordement en 0 autorise C₁ à gauche et C₂ à droite, car les deux morceaux ont une dérivée nulle en 0. L'espace des solutions sur R est de dimension 2, alors que l'équation est du premier ordre : l'équation n'est pas normalisée en 0.
  3. xy' + y = 0 sur R. Les solutions sur chaque demi-droite sont C/x, et seule la fonction nulle est continue en 0. Une équation non normalisée peut aussi avoir trop peu de solutions.
  4. Une solution de l'homogène qui s'annule en un point est nulle partout, puisque Ce−A ne s'annule que si C = 0. Deux courbes intégrales distinctes ne se coupent jamais.
  5. y'' + y = cos x. Comme i est racine de r² + 1, la solution particulière est (x/2) sin x, non bornée. C'est la résonance, et chercher C cos x + D sin x échoue.
  6. y'' − y = ex donne yp = (x/2)ex, alors que y'' − y = e2x donne yp = e2x/3. Regarder si λ est racine avant de choisir la forme.
  7. y'' + 2y' + y = e−x : −1 est racine double, il faut yp = Cx²e−x, et C = 1/2.
  8. Sur R*, les primitives de 1/x sont ln|x| + C₁ sur ]−∞, 0[ et ln|x| + C₂ sur ]0, +∞[, avec deux constantes indépendantes. C'est l'exemple qui justifie l'hypothèse « intervalle ».
  9. y'' + ω²y = 0 a pour solutions réelles λ cos(ωx) + μ sin(ωx), toutes bornées, alors que y'' − ω²y = 0 a pour solutions λ ch(ωx) + μ sh(ωx), non bornées sauf la solution nulle. Le signe change tout.

Techniques du chapitre

Technique 1, normaliser et annoncer l'intervalle. Mini-exercice : résoudre (1 + x²)y' + 2xy = 1 sur R. Le coefficient 1 + x² ne s'annule pas, on peut normaliser, mais on remarque mieux : le membre de gauche est la dérivée de (1 + x²)y. Donc (1 + x²)y = x + C et y = (x + C)/(1 + x²).

Technique 2, deviner une solution particulière avant de calculer. Mini-exercice : résoudre y' − 2xy = −2x sur R. L'homogène donne Cex². La constante y = 1 vérifie 0 − 2x = −2x. Solutions : 1 + Cex².

Technique 3, variation de la constante quand on ne devine rien. Mini-exercice : résoudre y' + y = 1/(1 + ex) sur R. On pose y = C(x)e−x, d'où C'(x) = ex/(1 + ex), primitive ln(1 + ex). Solutions : e−x(ln(1 + ex) + K).

Technique 4, passer au complexe pour un second membre en cosinus ou sinus. Mini-exercice : trouver une solution particulière de y' + y = cos x. On résout z' + z = eix avec z = Ceix : C(i + 1) = 1, donc C = (1 − i)/2. Alors z = (1 − i)(cos x + i sin x)/2 et sa partie réelle est (cos x + sin x)/2. Vérification : la dérivée vaut (−sin x + cos x)/2, la somme redonne cos x.

Technique 5, identifier la constante avec la formule de report. Pour y = Cx eλx, on a y'' + ay' + by = Ceλx((λ² + aλ + b)x + 2λ + a). Si λ est racine simple, le premier terme disparaît et il reste C(2λ + a)eλx. Mini-exercice : y'' − 3y' + 2y = ex. Ici λ = 1 est racine simple, 2λ + a = 2 − 3 = −1, donc C = −1 et yp = −xex.

Technique 6, superposer. Mini-exercice : solution particulière de y'' + y = x + ex. Pour x, le polynôme x convient. Pour ex, la constante 1 n'est pas racine, on trouve ex/2. Somme : x + ex/2.

Technique 7, fixer les constantes en dernier. Mini-exercice : y'' + y = 1 avec y(0) = 0 et y'(0) = 0. Solution générale 1 + λ cos x + μ sin x. En 0 : 1 + λ = 0 et μ = 0. Solution : 1 − cos x. Fixer λ et μ sur l'homogène seule, avant d'ajouter la particulière, donne un résultat faux.

Exercices classiques corrigés

Choisis ton niveau. Difficulté indicative ; les exercices qui se suivent restent dans l'ordre.

Exercice 1. Résoudre y' + 2xy = x sur R, puis trouver la solution vérifiant y(0) = 1

Classiques de khôlle et concours · Khôlle

Technique homogène, solution particulière évidente, condition initiale en dernier.

Voir le corrigé
  1. a(x) = 2x a pour primitive x². L'homogène a pour solutions Ce−x².
  2. La constante 1/2 vérifie 0 + 2x × 1/2 = x. Solutions : 1/2 + Ce−x².
  3. y(0) = 1/2 + C = 1 donne C = 1/2. La solution du problème de Cauchy est (1 + e−x²)/2.

piège : Lancer la variation de la constante alors qu'une constante convient, ou écrire e−2x au lieu de e−x² en oubliant de primitiver a.

Exercice 2. Résoudre xy' − 2y = x³ sur R

Classiques de khôlle et concours · Khôlle

Technique résolution sur chaque demi-droite, puis raccordement.

Voir le corrigé
  1. Sur ]0, +∞[ et sur ]−∞, 0[, l'équation normalisée est y' − (2/x)y = x². L'homogène a pour solutions Cx² sur chaque demi-droite, car une primitive de −2/x est −2 ln|x| et e2 ln|x| = x².
  2. Variation de la constante : C'(x)x² = x², donc C(x) = x, et yp = x³. Sur chaque demi-droite, solutions x³ + Cx².
  3. Soit y solution sur R. Il existe C₁ et C₂ avec y = x³ + C₁x² pour x < 0 et y = x³ + C₂x² pour x > 0. La continuité en 0 impose y(0) = 0, ce qui est compatible. La dérivabilité en 0 : les deux morceaux ont une dérivée nulle en 0, donc y'(0) = 0 quels que soient C₁ et C₂. L'équation en 0 se lit 0 − 0 = 0.
  4. Réciproquement ces fonctions sont solutions. Les solutions sur R forment une famille à deux paramètres.

piège : Diviser par x sur R tout entier, ou conclure que C₁ = C₂ sans avoir vérifié la dérivabilité en 0. Ici les deux constantes restent libres.

Exercice 3. Résoudre y'' − 2y' + 5y = 0 avec y(0) = 0 et y'(0) = 1

Classiques de khôlle et concours · Khôlle

Technique équation caractéristique à discriminant négatif, forme réelle.

Voir le corrigé
  1. r² − 2r + 5 = 0 a pour discriminant −16, racines 1 ± 2i. Solutions réelles : ex(λ cos 2x + μ sin 2x).
  2. y(0) = λ = 0. Alors y = μ ex sin 2x et y' = μ ex(sin 2x + 2 cos 2x), d'où y'(0) = 2μ = 1.
  3. Solution : (1/2)ex sin 2x.

piège : Dériver ex sin 2x en oubliant le facteur 2, ou donner les solutions sous forme complexe alors que l'énoncé demande les solutions réelles.

Exercice 4. Résoudre y'' + y = cos x sur R et montrer qu'aucune solution n'est bornée

Classiques de khôlle et concours · Khôlle

Technique passage au complexe, cas où λ est racine simple.

Voir le corrigé
  1. Homogène : λ cos x + μ sin x.
  2. On résout z'' + z = eix. Comme i est racine simple de r² + 1, on cherche z = Cxeix. La formule de report donne C(2i + 0) = 1, donc C = 1/(2i) = −i/2.
  3. z = −(i/2)x(cos x + i sin x) = (x/2) sin x − (i/2)x cos x. Partie réelle : yp = (x/2) sin x.
  4. Solutions : λ cos x + μ sin x + (x/2) sin x. Aux points xk = π/2 + 2kπ, la solution vaut μ + xk/2, qui tend vers +∞. Aucune solution n'est bornée.

piège : Chercher C cos x + D sin x, qui donne 0 = cos x. Le cas résonant se repère avant tout calcul.

Exercice 5. Trouver les fonctions f dérivables sur R telles que f'(x) = f(−x) pour tout x

Classiques de khôlle et concours · Khôlle, type oral

Technique dériver l'équation pour se ramener à une équation linéaire, puis reporter dans l'équation initiale.

Voir le corrigé
  1. Si f convient, f' est dérivable car x ↦ f(−x) l'est, et f''(x) = −f'(−x) = −f(x). Donc f'' + f = 0.
  2. Il existe λ et μ avec f = λ cos + μ sin. Alors f'(x) = −λ sin x + μ cos x et f(−x) = λ cos x − μ sin x.
  3. L'égalité pour tout x impose λ = μ, en évaluant en 0 puis en π/2. Réciproquement f = λ(cos + sin) convient.

piège : Oublier la réciproque. Dériver n'est pas une équivalence, l'étape 2 fournit des candidats, l'étape 3 les trie.

Exercice 6. Soit ω₀ > 0 et ω > 0. Résoudre y'' + ω₀²y = cos(ωt) sur R, en distinguant ω ≠ ω₀ et ω = ω₀

Classiques de khôlle et concours · Écrit, type CCINP

Technique discussion selon que iω est racine ou non de r² + ω₀².

Voir le corrigé
  1. Homogène : λ cos(ω₀t) + μ sin(ω₀t).
  2. Si ω ≠ ω₀, iω n'est pas racine. On cherche z = Ceiωt pour z'' + ω₀²z = eiωt : C(ω₀² − ω²) = 1. Partie réelle : yp = cos(ωt)/(ω₀² − ω²).
  3. Si ω = ω₀, iω₀ est racine simple. On cherche z = Cteiω₀t : C × 2iω₀ = 1, C = −i/(2ω₀). Partie réelle : yp = t sin(ω₀t)/(2ω₀).
  4. Interprétation : l'amplitude 1/|ω₀² − ω²| de la réponse forcée tend vers l'infini quand ω tend vers ω₀, et à la résonance exacte la réponse croît linéairement en temps.

piège : Appliquer la formule du cas 2 en ω = ω₀, ce qui divise par zéro. La discussion doit précéder le calcul.

Exercice 7

Classiques de khôlle et concours · Écrit, type CCINP

Trouver les fonctions f dérivables sur R telles que f(x + y) = f(x)f(y) pour tous réels x et y.

Technique dériver par rapport à une variable, l'autre étant fixée, pour obtenir une équation linéaire.

Voir le corrigé
  1. En x = y = 0, f(0) = f(0)², donc f(0) vaut 0 ou 1. Si f(0) = 0, alors f(x) = f(x)f(0) = 0 pour tout x : f est nulle, et elle convient.
  2. Supposons f(0) = 1. On fixe x et l'on dérive par rapport à y : f'(x + y) = f(x)f'(y). En y = 0 : f'(x) = f'(0)f(x). On note a = f'(0).
  3. f est solution de y' − ay = 0, donc f = Ceax, et f(0) = 1 donne C = 1.
  4. Réciproquement ea(x + y) = eaxeay. Les solutions sont la fonction nulle et les x ↦ eax, a réel.

piège : Dériver f(x + y) par rapport à y en oubliant que c'est une composée, ou omettre le cas f(0) = 0.

Exercice 8

Approfondissement · Écrit, type Mines ou Centrale

Soit f de classe C¹ sur R telle que f' + f tend vers 0 en +∞. Montrer que f tend vers 0 en +∞.

Technique voir f comme solution d'une équation dont on connaît le second membre, puis majorer l'intégrale en la coupant.

Voir le corrigé
  1. On pose g = f' + f, continue sur R. La variation de la constante donne, pour tout x, f(x) = e−x(f(0) + ∫₀ˣ g(t)et dt).
  2. Soit ε > 0. Il existe T ≥ 0 tel que |g(t)| ≤ ε pour t ≥ T. Pour x ≥ T on coupe l'intégrale en T : f(x) = e−x(f(0) + KT) + e−x∫_Tx g(t)et dt, où KT = ∫₀T g(t)et dt ne dépend pas de x.
  3. Le second terme se majore en valeur absolue par e−x × ε(ex − eT) ≤ ε. Le premier tend vers 0 quand x tend vers +∞.
  4. Donc pour x assez grand, |f(x)| ≤ 2ε. C'est la définition de la limite nulle.

piège : Écrire « f' + f tend vers 0 donc f' et f tendent vers 0 », ce qui n'a aucun sens, ou majorer |∫₀ˣ g et| par ε ∫₀ˣ et alors que g n'est petite qu'à partir de T.

Exercice 9

Approfondissement

Sur I = ]0, +∞[, résoudre xy'' − (2 + 2x)y' + 4y = 0. Poser y = e2xz. Changement fourni, résolu avec les outils du premier ordre.

Technique ramener l'équation au premier ordre.

Voir le corrigé
  1. Pour φ = e2x, φ' = 2e2x, φ'' = 4e2x. Le membre gauche vaut e2x(4x − 4 − 4x + 4) = 0.
  2. Pour y de classe C², écrire y = e2xz. Deux dérivations donnent xz'' + (2x − 2)z' = 0.
  3. Avec w = z', on obtient w' + (2 − 2/x)w = 0. La primitive 2x − 2 ln x donne w = Cx²e−2x.
  4. Une primitive de x²e−2x est −(2x² + 2x + 1)e−2x/4. Ainsi y = Ae2x + B(2x² + 2x + 1), A et B réels. Par équivalence, toutes conviennent.

piège : Utiliser une équation caractéristique à coefficients variables, ou diviser par w et perdre w = 0.

Exercice 10

Approfondissement

Pour a > 0, T > 0 et g continue et T-périodique sur R, montrer que y' + ay = g possède une unique solution T-périodique et déterminer y(0). Prérequis : intégration.

Technique utiliser l'unicité du problème de Cauchy.

Voir le corrigé
  1. La solution de valeur initiale c est y(x) = e−ax(c + ∫₀ˣ eatg(t) dt), sur R.
  2. La condition y(T) = y(0) impose c = (∫₀ᵀ eatg(t) dt)/(eaT − 1). Dénominateur non nul : aT > 0.
  3. Alors y et x ↦ y(x + T) satisfont la même équation, car g est périodique, et la même condition initiale. L'unicité de Cauchy donne leur égalité sur R, donc la périodicité.
  4. Deux solutions périodiques diffèrent de Ce−ax. Périodicité : C = Ce−aT, donc C = 0.

piège : Croire que y(T) = y(0) prouve seule la périodicité. L'unicité de Cauchy est essentielle.

Erreurs fréquentes

  1. Oublier l'intervalle. Une solution est définie sur un intervalle, et une constante d'intégration n'est constante que sur un intervalle. Sur R* il y a deux constantes.
  2. Additionner deux fois les constantes. On fixe λ et μ avec les conditions initiales sur la solution générale complète, jamais sur l'homogène seule.
  3. Se tromper de forme pour la solution particulière. Toujours comparer λ aux racines de l'équation caractéristique avant de choisir entre Ceλx, Cxeλx et Cx²eλx.
  4. Prendre la partie réelle d'un produit en multipliant les parties réelles. Re(Ceix) n'est pas Re(C) cos x, il faut développer C(cos x + i sin x).
  5. Diviser par le coefficient de y' sans regarder s'il s'annule. Le raccordement est un exercice à part entière, avec continuité, dérivabilité et vérification de l'équation au point de jonction.

Fiche de cours rédigée à partir du programme officiel de MPSI (2021), partie « Techniques fondamentales de calcul différentiel et intégral », section B « Primitives et équations différentielles linéaires ». Sont traités le calcul de primitives, les équations linéaires du premier ordre et celles du second ordre à coefficients constants. La construction de l'intégrale est reportée au chapitre « Intégration ».