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MP · Maths · semaine 15

Séries entières

Rayon de convergence, lemme d'Abel, règle de d'Alembert, somme d'une série entière, dérivation et intégration, développements en série entière usuels, fonctions développables.

Sommaire

Le cours

Résumé en cinq points

  1. Le rayon de convergence est la borne supérieure des rr tels que (anrn)(a_n r^n) soit bornée. Il y a convergence absolue strictement à l'intérieur, divergence grossière strictement à l'extérieur, et rien de général sur le bord.
  2. La convergence est normale sur tout disque fermé strictement inclus dans le disque ouvert, donc la somme est continue sur le disque ouvert.
  3. Dans le cas réel, la somme est de classe C∞C^\infty sur l'intervalle ouvert, on dérive et on intègre terme à terme sans changer le rayon, et les coefficients valent f(n)(0)/n!f^{(n)}(0)/n!.
  4. Développable en série entière est strictement plus fort que de classe C∞C^\infty. Le contre-exemple est la fonction construite à partir de e−1/x2\e^{-1/x^2}.
  5. Les développements usuels et la méthode par équation différentielle couvrent la quasi-totalité des exercices de développement.
Pourquoi ce chapitre

Une série entière est le cas particulier le plus régulier de série de fonctions.

  • Son domaine de convergence est presque un disque.
  • Sa somme y est indéfiniment dérivable.
  • On peut dériver, intégrer et identifier terme à terme sans précaution supplémentaire.

On s'en sert pour résoudre des équations différentielles linéaires à coefficients non constants, pour calculer des sommes de séries numériques, et en probabilités à travers les fonctions génératrices. Le chapitre revient aussi sur la régularité, en distinguant une fonction de classe C∞C^\infty et une fonction développable en série entière, deux notions qui ne coïncident pas. Il donne enfin une première occasion de travailler avec la variable complexe.

Les coefficients considérés sont réels ou complexes.

1Rayon de convergence

1.1Définition

Définition 1.1Série entière

Une série entière de la variable complexe est une série de fonctions de terme général z↦anznz \mapsto a_n z^n, où (an)(a_n) est une suite de scalaires. On la note ∑anzn\sum a_n z^n. Dans le cas de la variable réelle, on écrit ∑anxn\sum a_n x^n.

Théorème 1.2Lemme d'Abel

Hypothèses

  • z0z_0 est un complexe tel que la suite (anz0n)(a_n z_0^n) est bornée ;
  • zz est un complexe tel que ∣z∣<∣z0∣\abs{z} < \abs{z_0}.

Alors la série ∑anzn\sum a_n z^n converge absolument.

Démonstration

Soit MM un majorant de ∣anz0n∣\abs{a_n z_0^n}. Pour zz non nul avec ∣z∣<∣z0∣\abs{z} < \abs{z_0}, posons q=∣z∣/∣z0∣q = \abs{z}/\abs{z_0}, qui appartient à [0,1[[0, 1[. Alors ∣anzn∣=∣anz0n∣ qn⩽Mqn.\abs{a_n z^n} = \abs{a_n z_0^n}\,q^n \leqslant M q^n. La série géométrique de raison qq converge, donc la série des ∣anzn∣\abs{a_n z^n} converge par comparaison.

Définition 1.3Rayon de convergence

Le rayon de convergence RR de la série entière est la borne supérieure, dans [0,+∞][0, +\infty], de l'ensemble des réels r⩾0r \geqslant 0 tels que la suite (anrn)(a_n r^n) est bornée. Cet ensemble contient 0, il est donc non vide.

1.2Comportement selon le module

Le lemme d'Abel donne aussitôt la dichotomie suivante.

Propriété 1.4Dichotomie

  • Si ∣z∣<R\abs{z} < R, la série ∑anzn\sum a_n z^n converge absolument.
  • Si ∣z∣>R\abs{z} > R, la suite (anzn)(a_n z^n) n'est pas bornée, donc elle ne tend pas vers 0, donc la série diverge grossièrement.
  • Si ∣z∣=R\abs{z} = R, on ne peut rien dire en général : il faut étudier au cas par cas.

Le disque ouvert de centre 0 et de rayon RR s'appelle le disque ouvert de convergence. Dans le cas réel, l'intervalle ]−R,R[]-R, R[ est l'intervalle ouvert de convergence.

Exemple 1.5Trois comportements au bord, tous de rayon 1

  • ∑zn\sum z^n diverge en tout point du cercle unité.
  • ∑zn/n2\sum z^n/n^2 converge absolument en tout point du cercle.
  • ∑zn/n\sum z^n/n diverge en z=1z = 1 et converge en z=−1z = -1.

Le comportement au bord n'est gouverné par rien de général.

1.3Comparaison des rayons

Propriété 1.6Comparaison des rayons

Soit RaR_a et RbR_b les rayons de ∑anzn\sum a_n z^n et ∑bnzn\sum b_n z^n.

  • Si an=O(bn)a_n = O(b_n), en particulier si an=o(bn)a_n = o(b_n), alors Ra⩾RbR_a \geqslant R_b.
  • Si an∼bna_n \sim b_n, alors Ra=RbR_a = R_b.

Exemple 1.7Série ∑nαxn\sum n^\alpha x^n

Pour tout réel α\alpha, la série ∑nαxn\sum n^\alpha x^n a pour rayon 1, puisque nαrnn^\alpha r^n est borné si et seulement si r<1r < 1, ou r=1r = 1 et α⩽0\alpha \leqslant 0.

Multiplier le coefficient par une puissance de nn ne change pas le rayon.

1.4Règle de d'Alembert

Propriété 1.8Règle de d'Alembert

Hypothèses

  • les ana_n sont non nuls à partir d'un certain rang ;
  • ∣an+1∣/∣an∣\abs{a_{n+1}}/\abs{a_n} tend vers une limite ℓ∈[0,+∞]\ell \in [0, +\infty].

Alors R=1/ℓR = 1/\ell, avec les conventions 1/0=+∞1/0 = +\infty et 1/(+∞)=01/(+\infty) = 0.

Attention

La règle ne s'applique que si la limite existe, ce qui exclut les séries lacunaires du type ∑z2n\sum z^{2n}, où un coefficient sur deux est nul. On revient alors à la définition, ou on pose Z=z2Z = z^2 pour se ramener à une série entière en ZZ.

1.5Opérations

Propriété 1.9Somme

Le rayon de ∑(an+bn)zn\sum (a_n + b_n) z^n est au moins min⁡(Ra,Rb)\min(R_a, R_b), avec égalité dès que Ra≠RbR_a \neq R_b. Sur le disque ouvert commun, la somme des sommes est la somme de la série somme.

Propriété 1.10Produit de Cauchy

On pose cn=∑k=0nakbn−kc_n = \sum_{k=0}^{n} a_k b_{n-k}. Le rayon de ∑cnzn\sum c_n z^n est au moins min⁡(Ra,Rb)\min(R_a, R_b), et sur le disque ouvert commun la somme de ∑cnzn\sum c_n z^n est le produit des deux sommes.

La justification vient du produit de Cauchy de deux séries absolument convergentes.

Exemple 1.11Inégalités strictes

Pour an=1a_n = 1 et bn=−1b_n = -1 sauf b0=0b_0 = 0, la série somme a un rayon infini alors que chaque rayon vaut 1.

2Continuité de la somme

Théorème 2.1Convergence normale sur un disque fermé

Hypothèses

  • ∑anzn\sum a_n z^n est une série entière de rayon RR ;
  • 0⩽r<R0 \leqslant r < R.

Alors la série converge normalement sur le disque fermé de centre 0 et de rayon rr.

Démonstration

Pour ∣z∣⩽r\abs{z} \leqslant r, on a ∣anzn∣⩽∣an∣rn\abs{a_n z^n} \leqslant \abs{a_n} r^n, et la série des ∣an∣rn\abs{a_n} r^n converge puisque r<Rr < R.

La somme d'une série entière est donc continue sur le disque ouvert de convergence : la continuité est une propriété locale, et tout point du disque ouvert est intérieur à un disque fermé de rayon r<Rr < R.

Attention

Il n'y a en général ni convergence normale ni convergence uniforme sur le disque ouvert tout entier. L'exemple de ∑zn\sum z^n le montre, puisque la borne supérieure de ∣zn∣\abs{z^n} sur le disque ouvert vaut 1. On dit convergence normale sur tout disque fermé strictement inclus, jamais sur le disque ouvert.

3Régularité de la somme dans le cas réel

Dans cette section, ∑anxn\sum a_n x^n est une série entière de la variable réelle, de rayon R>0R > 0, et ff désigne sa somme sur ]−R,R[]-R, R[.

3.1Dérivation terme à terme

Théorème 3.1Dérivation terme à terme

Les séries entières ∑anxn\sum a_n x^n et ∑nanxn−1\sum n a_n x^{n-1} ont même rayon de convergence. La fonction ff est de classe C∞C^\infty sur ]−R,R[]-R, R[, et ses dérivées s'obtiennent par dérivation terme à terme. En particulier f′(x)f'(x) est la somme de la série de terme général nanxn−1n a_n x^{n-1}.

De la même façon, la primitive de ff qui s'annule en 0 est la somme de la série de terme général anxn+1n+1\dfrac{a_n x^{n+1}}{n+1}, de même rayon RR.

Attention

Ces égalités sont valables sur l'intervalle ouvert. Rien n'est affirmé aux extrémités.

3.2Expression des coefficients

En dérivant nn fois et en évaluant en 0, tous les termes disparaissent sauf un. On obtient an=f(n)(0)n!pour tout n.a_n = \frac{f^{(n)}(0)}{n!} \quad \text{pour tout } n. Les coefficients d'une série entière de rayon strictement positif sont donc entièrement déterminés par sa somme.

Propriété 3.2Unicité du développement

Hypothèses

  • deux séries entières ont des rayons strictement positifs ;
  • leurs sommes coïncident sur un intervalle ]0,α]]0, \alpha] avec α>0\alpha > 0.

Alors elles ont les mêmes coefficients.

C'est le principe d'identification, utilisé en permanence pour résoudre une équation différentielle ou une récurrence.

3.3Théorème d'Abel radial

Théorème 3.3Théorème d'Abel radial

Hypothèses

  • ∑anxn\sum a_n x^n a un rayon RR strictement positif et fini ;
  • la série numérique ∑anRn\sum a_n R^n converge.

Alors lim⁡x→R−f(x)=∑n=0+∞anRn.\lim_{x \to R^-} f(x) = \sum_{n=0}^{+\infty} a_n R^n.

Résultat dont la démonstration est hors programme. Il permet de récupérer une valeur au bord par passage à la limite.

Exemple 3.4Somme de la série harmonique alternée

Pour x∈]−1,1[x \in ]-1, 1[, la somme de ∑(−1)n−1xn/n\sum (-1)^{n-1} x^n/n vaut ln⁡(1+x)\ln(1 + x). La série numérique de terme général (−1)n−1/n(-1)^{n-1}/n converge par le critère des séries alternées. Le théorème d'Abel radial donne donc que sa somme vaut ln⁡2\ln 2.

Attention

Le théorème ne dit rien sur la convergence de la série au bord : il suppose cette convergence et en tire la continuité radiale. Ne pas l'inverser.

4Fonctions développables en série entière

4.1Définition

Définition 4.1Fonction développable en série entière

Soit ff une fonction définie sur un intervalle contenant 0. On dit que ff est développable en série entière sur ]−R,R[]-R, R[ s'il existe une série entière de rayon au moins RR dont la somme coïncide avec ff sur ]−R,R[]-R, R[. On définit de même le développement sur un disque ouvert dans le cas complexe.

Si ff est développable en série entière, alors ff est de classe C∞C^\infty au voisinage de 0 et, d'après l'expression des coefficients, son développement est nécessairement sa série de Taylor en 0, c'est-à-dire la série de terme général f(n)(0)n!xn\dfrac{f^{(n)}(0)}{n!}x^n.

Attention

La réciproque est fausse, et c'est le point conceptuel du chapitre : une fonction peut être de classe C∞C^\infty sans être développable en série entière.

Exemple 4.2Fonction e−1/x2\e^{-1/x^2}

Soit f(x)=e−1/x2f(x) = \e^{-1/x^2} pour x≠0x \neq 0 et f(0)=0f(0) = 0. Elle est de classe C∞C^\infty sur R\R et toutes ses dérivées sont nulles en 0. Sa série de Taylor est donc la série nulle, dont la somme ne coïncide avec ff sur aucun voisinage de 0.

Pour prouver qu'une fonction de classe C∞C^\infty est développable, il faut montrer que le reste de Taylor tend vers 0, ou construire le développement autrement.

4.2Développements usuels

Ils sont à connaître par cœur, avec leur rayon.

Propriété 4.3Développements usuels

  • exp⁡(z)=∑n=0+∞znn!\exp(z) = \sum_{n=0}^{+\infty} \dfrac{z^n}{n!} sur C\C tout entier, rayon infini. Même formule pour exp⁡(x)\exp(x) sur R\R.
  • ch⁡x=∑x2n(2n)!\operatorname{ch} x = \sum \dfrac{x^{2n}}{(2n)!} et sh⁡x=∑x2n+1(2n+1)!\operatorname{sh} x = \sum \dfrac{x^{2n+1}}{(2n+1)!}, rayon infini.
  • cos⁡x=∑(−1)nx2n(2n)!\cos x = \sum \dfrac{(-1)^n x^{2n}}{(2n)!} et sin⁡x=∑(−1)nx2n+1(2n+1)!\sin x = \sum \dfrac{(-1)^n x^{2n+1}}{(2n+1)!}, rayon infini.
  • 11−z=∑n=0+∞zn\dfrac{1}{1 - z} = \sum_{n=0}^{+\infty} z^n sur le disque ouvert de rayon 1.
  • ln⁡(1+x)=∑n=1+∞(−1)n−1xnn\ln(1 + x) = \sum_{n=1}^{+\infty} \dfrac{(-1)^{n-1} x^n}{n}, rayon 1.
  • Arctan⁡x=∑(−1)nx2n+12n+1\operatorname{Arctan} x = \sum \dfrac{(-1)^n x^{2n+1}}{2n+1}, rayon 1.
  • (1+x)α=∑α(α−1)⋯(α−n+1)n!xn(1 + x)^\alpha = \sum \dfrac{\alpha(\alpha - 1)\cdots(\alpha - n + 1)}{n!}x^n, rayon 1 si α\alpha n'est pas un entier naturel, rayon infini sinon puisque la série est alors un polynôme.

Deux façons rapides de les retrouver :

  • pour ln⁡(1+x)\ln(1 + x) et Arctan⁡x\operatorname{Arctan} x, on part de la série géométrique, on remplace xx par −x-x ou par −x2-x^2, puis on intègre terme à terme ;
  • pour (1+x)α(1 + x)^\alpha, on résout l'équation différentielle (1+x)y′=αy(1 + x)y' = \alpha y avec y(0)=1y(0) = 1.

4.3Développement par équation différentielle

C'est une capacité explicitement exigée.

MéthodeDévelopper une solution d'équation différentielle

  1. Analyse. On suppose que la solution s'écrit comme somme d'une série entière de rayon R>0R > 0. On dérive terme à terme, on reporte dans l'équation, et on identifie les coefficients de chaque puissance de xx. On obtient une récurrence sur les ana_n.
  2. Calcul du rayon. On résout la récurrence et on calcule le rayon, souvent par la règle de d'Alembert, pour vérifier qu'il est strictement positif.
  3. Synthèse. On vérifie que la fonction construite est bien solution sur l'intervalle ouvert de convergence, ce qui est légitime puisque la dérivation terme à terme y est valide.

Exemple 4.4Équation (1+x)y′=αy(1 + x)y' = \alpha y, y(0)=1y(0) = 1

L'identification donne (n+1) an+1=(α−n) an.(n + 1)\,a_{n+1} = (\alpha - n)\,a_n. Donc ana_n est le produit des (α−k)(\alpha - k) pour kk de 0 à n−1n - 1, divisé par n!n!. Le rapport de deux coefficients consécutifs tend vers 1 en module, donc le rayon vaut 1 lorsque α\alpha n'est pas entier naturel.

4.4Usages

  • Pour calculer une somme de série numérique, on reconnaît la valeur en un point d'une série entière connue. Par exemple, la somme des n/2nn/2^n se calcule en dérivant la série géométrique.
  • Pour obtenir un développement limité à tout ordre, il suffit de tronquer le développement en série entière.
  • En probabilités, la fonction génératrice d'une variable aléatoire à valeurs dans N\N est une série entière de rayon au moins 1. Les résultats de ce chapitre en donnent la continuité, la dérivabilité sur ]−1,1[]-1, 1[ et l'unicité des coefficients, qui traduit le fait que la fonction génératrice caractérise la loi.

Méthodes

MéthodeRéflexes du chapitre

  1. Pour un rayon de convergence, essayer d'abord la règle de d'Alembert. Si elle ne s'applique pas, revenir à la définition avec le caractère borné de (anrn)(a_n r^n), ou utiliser une comparaison avec une série de rayon connu.
  2. Ne jamais oublier que multiplier les coefficients par nαn^\alpha ou par une constante ne change pas le rayon.
  3. Pour une série lacunaire, poser un changement de variable du type Z=z2Z = z^2 ou Z=z3Z = z^3.
  4. Pour développer une fonction, préférer les opérations sur les développements usuels (dérivation, intégration, produit, substitution) au calcul des dérivées successives.
  5. Pour une fraction rationnelle, décomposer en éléments simples puis utiliser la série géométrique.
  6. Pour identifier deux séries entières, s'assurer d'abord que les deux rayons sont strictement positifs, puis identifier coefficient par coefficient.
  7. Pour une valeur au bord, penser au théorème d'Abel radial, après avoir prouvé la convergence de la série numérique correspondante.

Ce qu'il faut savoir refaire en khôlle

  1. Énoncer et démontrer le lemme d'Abel, puis en déduire la dichotomie selon que ∣z∣\abs{z} est plus petit ou plus grand que RR.
  2. Donner trois séries de rayon 1 ayant des comportements différents sur le cercle unité.
  3. Calculer un rayon de convergence par la règle de d'Alembert et traiter un cas lacunaire où elle ne s'applique pas.
  4. Justifier la convergence normale sur tout disque fermé de rayon r<Rr < R, et expliquer pourquoi elle échoue sur le disque ouvert.
  5. Démontrer que les coefficients sont donnés par les dérivées en 0, et en déduire l'unicité du développement.
  6. Écrire de mémoire les développements usuels avec leur rayon, et retrouver celui de Arctan⁡\operatorname{Arctan} à partir de la série géométrique.
  7. Donner un exemple de fonction de classe C∞C^\infty non développable en série entière et expliquer pourquoi.
  8. Développer en série entière une solution d'équation différentielle linéaire, en menant l'analyse, le calcul du rayon et la synthèse.

Méthodes et exercices

Les résultats à connaître

  • Lemme d'Abel : si (an z₀n) est bornée, Σ an zn converge absolument pour |z| < |z₀|. Exigible avec démonstration.
  • Définition du rayon R comme borne supérieure dans [0, +∞]. Convergence absolue si |z| < R, divergence grossière si |z| > R. Exigible avec démonstration.
  • Si an = O(bn), alors Ra ≥ Rb. Si an ∼ bn, alors Ra = Rb. Exigible avec démonstration.
  • Pour tout réel α, Σ nα xn a pour rayon 1. Exigible.
  • Règle de d'Alembert : si |a_(n+1)|/|an| tend vers ℓ dans [0, +∞], alors R = 1/ℓ. Utilisable directement.
  • Somme et produit de Cauchy : rayon au moins min(Ra, Rb), et la somme de la série obtenue est la somme ou le produit des sommes sur le disque commun. Exigible.
  • Convergence normale sur tout disque fermé de centre 0 et de rayon r < R. Continuité de la somme sur le disque ouvert. Exigible avec démonstration.
  • Σ an xn et Σ n an xn ont même rayon. Exigible avec démonstration.
  • La somme est de classe C infini sur ]−R, R[, avec dérivation et primitivation terme à terme. Exigible.
  • an = fn(0)/n!. Si deux sommes coïncident sur ]0, α] avec α > 0, les coefficients sont égaux. Exigible avec démonstration.
  • Théorème d'Abel radial : si R est strictement positif et fini et si Σ an Rn converge, alors f(x) tend vers Σ an Rn quand x tend vers R⁻. Exigible sans démonstration, preuve hors programme.
  • Une fonction développable en série entière est de classe C infini au voisinage de 0, et son développement est sa série de Taylor. Exigible.
  • Développements de exp(z) sur C et de 1/(1 − z) sur le disque unité. Développements réels de exp, ch, sh, cos, sin, Arctan, ln(1 + x), (1 + x)α. Exigibles avec leur rayon.
  • Hors programme : la formule de Hadamard avec une limite supérieure, la dérivation par rapport à la variable complexe, les développements centrés en un point autre que 0, et le principe des zéros isolés comme théorème. Ce dernier se redémontre dans les cas simples, voir la clé sur l'unicité.

Clés de démonstration

Dichotomie selon |z|. Si |z| < R, la définition de la borne supérieure fournit un r tel que |z| < r ≤ R et (an rn) bornée. Le lemme d'Abel s'applique alors avec z₀ = r. Si |z| > R et que (an zn) était bornée, |z| appartiendrait à l'ensemble dont R est la borne supérieure, ce qui est absurde. Astuce : intercaler un réel entre |z| et R.

Comparaison des rayons. Si |an| ≤ M |bn| et si (bn rn) est bornée, alors (an rn) l'est aussi. L'ensemble des r associé à b est donc inclus dans celui associé à a, d'où l'inégalité entre les bornes supérieures. Astuce : comparer des ensembles, pas des nombres.

Même rayon pour Σ n an xn. Comme an = O(n an), on a R' ≤ R. Réciproquement, soit r < R. On choisit r' avec r < r' < R, puis on écrit n |an| rn = |an| r'n × n (r/r')n. Le premier facteur est borné, le second tend vers 0. Astuce : un rayon intermédiaire absorbe la puissance de n.

Classe C infini. Sur [−r, r] avec r < R, la série dérivée converge normalement, puisqu'elle a le même rayon. Le théorème de dérivation des séries de fonctions donne une somme C¹ et une dérivée obtenue terme à terme. On conclut par récurrence sur l'ordre de dérivation. Astuce : tout se passe sur des segments strictement inclus.

Unicité sur ]0, α]. On pose cn = an − bn, dont la somme g est nulle sur ]0, α]. Si les cn ne sont pas tous nuls, soit p le premier indice tel que cp ≠ 0. Alors g(x) = xp h(x), où h est la somme d'une série entière de même rayon, donc continue en 0 avec h(0) = cp. Or h est nulle sur ]0, α], donc cp = 0 par continuité, ce qui est absurde. Astuce : factoriser par la première puissance non nulle, puis utiliser la continuité en 0.

Développement de exp. L'inégalité de Taylor-Lagrange donne un reste d'ordre n majoré par |x|n+1 e^|x| / (n + 1)!, qui tend vers 0. On peut aussi dire que la série de terme général xn/n! est solution de y′ = y avec y(0) = 1. Astuce : pour les autres fonctions usuelles, on combine ou on intègre, sans jamais recalculer de reste.

Exemples et contre-exemples à connaître

  1. Σ n! zn a un rayon nul. La somme n'existe qu'en 0, et aucun des théorèmes du chapitre ne s'applique.
  2. Pour an = (2 + (−1)n)n, le rapport |a_(n+1)|/|an| n'a pas de limite, mais |an| rn est bornée si et seulement si 3r ≤ 1. Le rayon vaut donc 1/3. C'est le cas typique où d'Alembert échoue et où la définition conclut.
  3. Σ sin(n) xn a pour rayon 1. Les coefficients sont bornés, donc R ≥ 1. Comme sin(n) ne tend pas vers 0, la série diverge grossièrement en x = 1, donc R ≤ 1.
  4. Σ zn² a pour rayon 1. C'est une série lacunaire que l'on traite directement par la définition.
  5. Σ (−1)n xn a pour somme 1/(1 + x), qui tend vers 1/2 en 1⁻, alors que la série diverge en 1. La réciproque du théorème d'Abel radial est fausse.
  6. La fonction 1/(1 + x²) est de classe C infini sur R, mais son développement en série entière a pour rayon 1. Le rayon est limité par les pôles complexes ±i, invisibles sur R.
  7. Le produit de 1 − z, de rayon infini, par Σ zn, de rayon 1, vaut 1. Le produit de Cauchy peut donc avoir un rayon strictement supérieur au minimum des deux rayons.
  8. Σ xn/(n(n + 1)) converge normalement sur [−1, 1], car son terme général est majoré par 1/n². La somme est alors continue sur le segment fermé sans qu'il soit besoin d'Abel radial.

Techniques du chapitre

Technique 1 : d'Alembert sur la série numérique quand la série est lacunaire. Mini-exercice : Σ 3n x2n/(n + 1). Pour x ≠ 0, le rapport de deux termes consécutifs tend vers 3x². On a convergence si 3x² < 1 et divergence grossière si 3x² > 1. Donc R = 1/√3.

Technique 2 : encadrer les coefficients. Mini-exercice : soit d(n) le nombre de diviseurs de n. On a 1 ≤ d(n) ≤ n, et les séries Σ xn et Σ n xn ont toutes deux pour rayon 1. Par comparaison, le rayon de Σ d(n) xn vaut 1.

Technique 3 : décomposer une fraction rationnelle en éléments simples. Mini-exercice : 1/((1 − x)(2 − x)) = 1/(1 − x) − 1/(2 − x). On écrit 1/(2 − x) = (1/2) Σ (x/2)n, d'où an = 1 − 2−(n+1). Les rayons valent 1 et 2, donc R = 1.

Technique 4 : dériver la série géométrique. Mini-exercice : en dérivant puis en multipliant par x, on obtient Σ n xn = x/(1 − x)². En recommençant, Σ n² xn = x(1 + x)/(1 − x)³. En x = 1/2, on trouve Σ n²/2n = 6.

Technique 5 : écrire un polynôme en n dans la base n(n − 1), n, 1. Mini-exercice : Σ (n² + 1) xn/n!. On écrit n² + 1 = n(n − 1) + n + 1. Les trois morceaux valent x² ex, x ex et ex, d'où la somme (x² + x + 1) ex sur R.

Technique 6 : produit de Cauchy avec une série géométrique. Mini-exercice : ex/(1 − x) a pour coefficients les sommes partielles sn = Σ_(k≤n) 1/k!. Le rayon vaut au moins 1. Comme sn tend vers e, le rayon vaut exactement 1.

Technique 7 : substituer puis intégrer. Mini-exercice : (1 + u)−1/2 avec u = −x² donne 1/√(1 − x²) = Σ C(2n, n) x2n/4n sur ]−1, 1[. On intègre et on obtient Arcsin x = Σ C(2n, n) x2n+1/(4n (2n + 1)).

Technique 8 : Abel radial pour une valeur au bord. Mini-exercice : Arctan x = Σ (−1)n x2n+1/(2n + 1) sur ]−1, 1[. La série numérique Σ (−1)n/(2n + 1) converge par le critère des séries alternées. Abel radial donne alors Σ (−1)n/(2n + 1) = Arctan 1 = π/4.

Exercices classiques corrigés

Choisis ton niveau. Difficulté indicative ; les exercices qui se suivent restent dans l'ordre.

Exercice 1. Trois rayons

Classiques de khôlle et concours · Khôlle

Déterminer le rayon de Σ (n!)² xn/(2n)!, de Σ_(n≥2) ln(n) xn et de Σ n(−1)n xn.

Technique d'Alembert, puis comparaison.

Voir le corrigé
  1. Pour la première, le rapport vaut (n + 1)²/((2n + 2)(2n + 1)), qui tend vers 1/4. Donc R = 4.
  2. Pour la deuxième, ln 2 ≤ ln n ≤ n. Donc 1 = O(ln n) et ln n = O(n), ce qui donne R ≤ 1 et R ≥ 1. Donc R = 1.
  3. Pour la troisième, le coefficient vaut n si n est pair et 1/n si n est impair. On a 1/n ≤ an ≤ n, et les deux séries de comparaison ont pour rayon 1. Donc R = 1.

piège : Appliquer d'Alembert à la troisième série. Le rapport oscille entre des valeurs proches de 0 et d'autres qui tendent vers +∞, donc il n'a pas de limite.

Exercice 2. Rayons de séries transformées

Classiques de khôlle et concours · Khôlle

Soit R le rayon de Σ an zn. Déterminer le rayon de Σ an z2n et celui de Σ a_n² zn.

Technique revenir à la définition par le caractère borné.

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  1. La suite (an r2n) est bornée si et seulement si r² appartient à l'ensemble des réels r' tels que (an r'n) soit bornée. En passant aux bornes supérieures, le rayon vaut √R.
  2. On a |a_n² rn| = (|an| (√r)n)². Cette suite est bornée si et seulement si (an (√r)n) l'est. Le rayon vaut donc R².
  3. Les conventions √(+∞) = +∞ et (+∞)² = +∞ rendent les formules valables aussi si R est infini.

piège : Répondre R pour la série en z2n en oubliant que l'exposant n'est plus n.

Exercice 3. Une somme et ses valeurs au bord

Classiques de khôlle et concours · Khôlle

Calculer S(x) = Σ_(n≥1) xn/(n(n + 1)) pour x dans [−1, 1].

Technique éléments simples, séries du logarithme, continuité au bord.

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  1. Le rayon vaut 1, et la convergence est normale sur [−1, 1] puisque le terme général est majoré par 1/n². Donc S est continue sur [−1, 1].
  2. On écrit 1/(n(n + 1)) = 1/n − 1/(n + 1). Pour 0 < |x| < 1, Σ xn/n = −ln(1 − x) et Σ xn/(n + 1) = (−ln(1 − x) − x)/x.
  3. On obtient S(x) = 1 + ((1 − x)/x) ln(1 − x), et S(0) = 0.
  4. Par continuité, S(1) = 1, limite de la formule puisque (1 − x) ln(1 − x) tend vers 0. De même S(−1) = 1 − 2 ln 2.

piège : Séparer Σ xn/n et Σ xn/(n + 1) en x = 1, où les deux séries divergent. La séparation n'est licite que sur ]−1, 1[.

Exercice 4. Développement de ln(1 + x + x²)

Classiques de khôlle et concours · Écrit CCINP

Développer en série entière f(x) = ln(1 + x + x²) et préciser le rayon.

Technique factorisation astucieuse et développement usuel.

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  1. Pour |x| < 1, 1 + x + x² = (1 − x³)/(1 − x), avec 1 − x³ > 0 et 1 − x > 0. Donc f(x) = ln(1 − x³) − ln(1 − x).
  2. Or −ln(1 − x) = Σ_(n≥1) xn/n et ln(1 − x³) = −Σ_(n≥1) x3n/n.
  3. Par identification, an = 1/n si 3 ne divise pas n, et an = 1/n − 3/n = −2/n si 3 divise n.
  4. Le rayon vaut au moins 1 par somme. Comme |an| ≥ 1/n, il vaut au plus 1. Donc R = 1.

piège : Écrire x3n/n comme le coefficient de x3n sans recalculer : le coefficient de xk pour k = 3n est 1/n = 3/k, pas 1/k.

Exercice 5. Série génératrice de Fibonacci

Classiques de khôlle et concours · Khôlle

On pose F0 = 0, F1 = 1 et F_(n+2) = F_(n+1) + Fn. Calculer la somme de Σ Fn xn, en déduire Fn et le rayon.

Technique minorer le rayon d'abord, identifier ensuite.

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  1. Par récurrence forte, Fn ≤ 2n. Donc le rayon vaut au moins 1/2.
  2. Pour |x| < 1/2, notons f(x) la somme. En regroupant, (1 − x − x²) f(x) = F0 + (F1 − F0) x + Σ_(n≥2) (Fn − F_(n−1) − F_(n−2)) xn = x.
  3. On pose φ = (1 + √5)/2 et ψ = (1 − √5)/2. Alors 1 − x − x² = (1 − φx)(1 − ψx), et f(x) = (1/√5)(1/(1 − φx) − 1/(1 − ψx)).
  4. Par unicité des coefficients, Fn = (φn − ψn)/√5.
  5. Les deux séries géométriques ont des rayons distincts, 1/φ et 1/|ψ|, donc le rayon vaut 1/φ = (√5 − 1)/2.

piège : Manipuler f(x) sans avoir montré que le rayon est strictement positif.

Exercice 6. Coefficients positifs et divergence au bord

Classiques de khôlle et concours · Khôlle

Soit Σ an xn de rayon R strictement positif et fini, avec an ≥ 0 pour tout n. On suppose que Σ an Rn diverge. Montrer que f(x) tend vers +∞ quand x tend vers R⁻.

Technique minorer par une somme partielle, puis continuité d'un polynôme.

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  1. Soit A > 0. La série à termes positifs diverge, donc il existe N tel que Σ_(n≤N) an Rn ≥ A + 1.
  2. Le polynôme P(x) = Σ_(n≤N) an xn est continu en R, donc il existe δ > 0 tel que P(x) ≥ A pour x dans ]R − δ, R[.
  3. Pour x dans [0, R[, tous les termes sont positifs, donc f(x) ≥ P(x) ≥ A.
  4. Par contraposée, si an ≥ 0 et si f est bornée sur [0, R[, alors Σ an Rn converge.

piège : Oublier la positivité. La série Σ (−1)n xn a une somme bornée près de 1 mais diverge en 1.

Exercice 7. Une équation singulière en 0

Classiques de khôlle et concours · Écrit CCINP

Trouver les solutions développables en série entière de 4x y″ + 2y′ − y = 0, puis toutes les solutions sur ]0, +∞[.

Technique analyse, rayon, synthèse, puis argument de dimension.

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  1. Analyse. Avec y = Σ an xn, le coefficient de xn donne (n + 1)(4n + 2) a_(n+1) = an, soit a_(n+1) = an/((2n + 2)(2n + 1)).
  2. Donc an = a0/(2n)!. Le rayon est infini par d'Alembert.
  3. Synthèse. La série est solution sur R car la dérivation terme à terme y est licite. Sa somme vaut a0 ch(√x) pour x ≥ 0 et a0 cos(√(−x)) pour x ≤ 0.
  4. Sur ]0, +∞[, le coefficient 4x ne s'annule pas, donc les solutions forment un espace de dimension 2. On vérifie que sh(√x) est solution et qu'elle n'est pas proportionnelle à ch(√x).
  5. Les solutions sur ]0, +∞[ sont les λ ch(√x) + μ sh(√x).

piège : Croire que la méthode donne toutes les solutions. Elle ne donne que celles qui sont développables en 0, ici une droite.

Exercice 8. Développement de Arcsin(x)/√(1 − x²)

Approfondissement · Écrit Mines

Soit f(x) = Arcsin(x)/√(1 − x²) sur ]−1, 1[. Montrer que (1 − x²) f′ − x f = 1 et en déduire le développement de f.

Technique équation différentielle d'ordre 1 et unicité de Cauchy.

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  1. On dérive : f′(x) = 1/(1 − x²) + x Arcsin(x)/(1 − x²)3/2. Donc (1 − x²) f′ = 1 + x f.
  2. Analyse. Avec g = Σ an xn et a0 = 0, le coefficient de xn donne (n + 1) a_(n+1) − n a_(n−1) = 0 pour n ≥ 1, et a1 = 1.
  3. Les coefficients pairs sont nuls, et a_(2k+1) = (2k/(2k + 1)) a_(2k−1), donc a_(2k+1) = 4k (k!)²/(2k + 1)!.
  4. Le rapport |a_(2k+1) x2k+1| / |a_(2k−1) x2k−1| tend vers x², donc le rayon vaut 1.
  5. Synthèse. g est solution sur ]−1, 1[ avec g(0) = 0. L'équation est linéaire d'ordre 1, de coefficient dominant 1 − x² non nul sur ]−1, 1[, donc sa solution nulle en 0 est unique. Ainsi f = g.

piège : Supposer d'emblée que f est développable. Le raisonnement correct construit g puis prouve que g = f par unicité.

Exercice 9. Dérangements

Approfondissement · Écrit Mines

Soit Dn le nombre de permutations de {1, …, n} sans point fixe, avec D0 = 1. Montrer que n! = Σ_(k=0)n C(n, k) Dk et en déduire Dn.

Technique série génératrice exponentielle et produit de Cauchy.

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  1. On classe les permutations selon l'ensemble de leurs points fixes. Choisir n − k points fixes puis un dérangement des k autres donne n! = Σ C(n, k) Dk.
  2. On a Dn ≤ n!, donc la série D(x) = Σ Dn xn/n! a un rayon au moins 1.
  3. En divisant par n!, on obtient 1 = Σk (1/(n − k)!) (Dk/k!). On reconnaît le coefficient du produit de Cauchy de ex par D(x). Donc ex D(x) = 1/(1 − x) pour |x| < 1.
  4. Alors D(x) = e−x/(1 − x), et par produit de Cauchy puis identification, Dn = n! Σ_(k=0)n (−1)k/k!.
  5. En particulier Dn/n! tend vers 1/e.

piège : Utiliser la série génératrice ordinaire Σ Dn xn, qui a un rayon nul. Le choix du facteur 1/n! est ce qui fait fonctionner le calcul.

Erreurs fréquentes

  1. Affirmer la convergence normale ou uniforme sur ]−R, R[ tout entier. Elle n'est garantie que sur les segments [−r, r] avec r < R.
  2. Appliquer d'Alembert aux coefficients d'une série lacunaire, ou conclure alors que le rapport n'a pas de limite. Il faut revenir à la définition ou appliquer d'Alembert à la série numérique complète.
  3. Identifier des coefficients sans avoir prouvé que le rayon est strictement positif, ou se tromper dans le décalage d'indices après une dérivation.
  4. Utiliser Abel radial à l'envers, en déduisant la convergence de Σ an Rn de l'existence d'une limite de f en R⁻.
  5. Oublier la synthèse dans la méthode par équation différentielle. Il faut vérifier le rayon, puis relier la somme obtenue à la fonction étudiée par un argument d'unicité.

Fiche de cours rédigée à partir du programme officiel de mathématiques de MP (arrêté du 5 janvier 2021), partie B de la section « Suites et séries de fonctions, séries entières ». Elle suppose connus les trois modes de convergence des séries de fonctions.