La fiche de cours
Résumé en cinq points
- Le voisinage de l'Union pose la question de ses limites et de sa puissance. La politique de voisinage de 2004, avec le Partenariat oriental et le volet méditerranéen, repose sur la conditionnalité.
- Avec la Russie, l'Union est passée d'un partenariat fondé sur l'interdépendance énergétique, dans les années 1990 et 2000, à une confrontation ouverte, par les étapes de 2008, 2014 et 2022.
- La guerre en Ukraine a conduit l'Union à des sanctions massives, à une aide militaire inédite, à la relance de l'élargissement et à la sortie de sa dépendance au gaz russe.
- La Méditerranée est une interface entre des espaces très inégaux. Les politiques européennes, du processus de Barcelone à l'Union pour la Méditerranée, ont eu des résultats limités, et les printemps arabes ont révélé les faiblesses de l'influence européenne.
- Les migrations sont l'enjeu le plus sensible. L'Union combine contrôle des frontières, externalisation et réforme de l'asile, au prix de débats sur l'efficacité, les valeurs et le coût humain.
Pourquoi ce chapitre
L'Union européenne ne peut pas choisir ses voisins. À l'est, elle touche la Russie, puissance nucléaire qui conteste l'ordre européen né de la fin de la guerre froide et mène depuis 2022 une guerre de grande ampleur contre l'Ukraine. Au sud, elle borde une Méditerranée qui est à la fois un espace d'échanges ancien et l'une des plus fortes discontinuités de développement du monde, traversée par des migrations, des conflits et des flux d'énergie. Ces deux voisinages mettent à l'épreuve la capacité de l'Union à agir comme une puissance, à assurer sa sécurité, son approvisionnement énergétique et le contrôle de ses frontières, tout en restant fidèle aux valeurs qu'elle proclame. Aux concours, ce point fournit des sujets sur les frontières de l'Europe, la puissance européenne, les relations euro-russes, les migrations ou la Méditerranée.
Notions et mécanismes
Voisinage, frontières et limites de l'Europe
Le voisinage désigne les États qui bordent l'Union sans en être membres. La question est liée à celle des limites de l'Europe. Le traité sur l'Union européenne ouvre l'adhésion à tout État européen qui respecte les valeurs de l'Union, sans définir ce qu'est un État européen. Les limites de l'Europe sont donc politiques autant que géographiques. Le géographe Michel Foucher a beaucoup travaillé sur ces frontières, mouvantes, héritées et négociées.
On distingue deux politiques. La politique d'élargissement concerne les États candidats ou candidats potentiels, auxquels l'adhésion est promise sous conditions, Balkans occidentaux, Turquie, et depuis 2022 Ukraine et Moldavie. La politique de voisinage concerne des États auxquels l'adhésion n'est pas proposée, ou pas encore, mais avec lesquels l'Union veut des relations étroites.
La politique européenne de voisinage
La politique européenne de voisinage est lancée en 2004, au moment du grand élargissement vers l'Europe centrale et orientale. L'Union veut éviter qu'une nouvelle ligne de fracture ne se crée à ses frontières et s'entourer d'États stables, prospères et bien gouvernés. Elle propose aux voisins un accès au marché intérieur, une aide financière et des facilités de circulation, en échange de réformes politiques et économiques. C'est le principe de conditionnalité.
Elle comporte deux volets. Le Partenariat oriental, lancé en 2009, concerne six pays, l'Ukraine, la Moldavie, la Biélorussie, la Géorgie, l'Arménie et l'Azerbaïdjan. Le volet méridional concerne les pays du sud et de l'est de la Méditerranée. La Russie a refusé d'entrer dans cette politique et a préféré une relation bilatérale, comme partenaire égal.
Puissance normative
Le politiste Ian Manners a qualifié l'Union de puissance normative, qui cherche à influencer ses voisins par la diffusion de normes, démocratie, État de droit, marché, plutôt que par la force. Le voisinage est le premier terrain de cette stratégie, et aussi celui de ses limites. Face à la Russie ou à des régimes autoritaires du sud, l'attrait du modèle européen ne suffit pas, et la conditionnalité s'efface souvent devant les intérêts de sécurité, d'énergie ou de contrôle migratoire.
L'Union européenne et la Russie, de la coopération à la confrontation
Les années 1990 et 2000, un partenariat ambitieux
Après la disparition de l'URSS en 1991, l'Union et la Russie cherchent un partenariat. L'accord de partenariat et de coopération, signé en 1994 et entré en vigueur en 1997, encadre leurs relations. En 2003, elles décident de construire quatre espaces communs, économique, de liberté, de sécurité et de justice, de sécurité extérieure, de recherche et de culture. L'interdépendance est forte. La Russie exporte vers l'Union des hydrocarbures, l'Union exporte vers la Russie des biens industriels et des capitaux. Avant 2022, la Russie fournit plus de 40 % du gaz importé par l'Union, avec une dépendance très variable selon les États, forte en Europe centrale, en Allemagne et en Italie, faible dans la péninsule Ibérique.
La montée des tensions
Plusieurs facteurs dégradent la relation.
- Les élargissements de l'OTAN et de l'Union vers l'est, en particulier en 2004 avec l'entrée des pays baltes, anciennes républiques soviétiques, que Moscou perçoit comme un recul de son influence dans son étranger proche.
- Les révolutions de couleur, en Géorgie en 2003 et en Ukraine en 2004, que le pouvoir russe interprète comme des opérations occidentales.
- Le durcissement autoritaire du régime de Vladimir Poutine, qui dénonce en 2007, lors de la conférence de Munich sur la sécurité, l'ordre unipolaire dominé par les États-Unis.
- Les crises gazières entre la Russie et l'Ukraine, en 2006 et 2009, qui interrompent des livraisons vers l'Europe et révèlent l'usage politique de l'énergie. La Russie développe des gazoducs contournant l'Ukraine, comme Nord Stream sous la mer Baltique, mis en service en 2011.
- La guerre russo-géorgienne d'août 2008, après laquelle la Russie reconnaît l'indépendance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud.
La Russie développe en parallèle son propre projet d'intégration régionale, l'Union économique eurasiatique, entrée en vigueur en 2015 avec notamment la Biélorussie, le Kazakhstan, l'Arménie et le Kirghizstan.
La rupture de 2014
À l'automne 2013, le président ukrainien Viktor Ianoukovitch renonce, sous pression russe, à signer l'accord d'association avec l'Union. Les manifestations de la place Maïdan conduisent à sa chute en février 2014. La Russie annexe la Crimée en mars 2014, puis soutient les séparatistes armés du Donbass. L'Union adopte des sanctions économiques et individuelles, et les accords de Minsk, négociés en 2014 et 2015 sous l'égide de la France et de l'Allemagne, établissent un cessez-le-feu jamais pleinement respecté. La relation reste cependant marquée par l'interdépendance énergétique, comme le montre la construction du gazoduc Nord Stream 2, achevé en 2021 et jamais mis en service.
La guerre de 2022 et ses conséquences
Le 24 février 2022, la Russie lance une invasion à grande échelle de l'Ukraine. L'Union réagit avec une ampleur inédite.
- Des sanctions massives et successives, gel des avoirs de la banque centrale russe, exclusion de banques du système de messagerie financière SWIFT, embargos commerciaux, notamment sur le charbon et le pétrole importé par mer.
- Une aide militaire à l'Ukraine, financée en partie par la Facilité européenne pour la paix, la première fois que l'Union finance la livraison d'armes létales à un pays en guerre, et une aide financière et humanitaire considérable.
- L'activation, pour la première fois, de la directive de protection temporaire, qui accorde un droit de séjour aux millions de réfugiés ukrainiens.
- L'octroi du statut de candidat à l'Ukraine et à la Moldavie en juin 2022, puis l'ouverture de négociations d'adhésion, ce qui fait revenir l'élargissement au premier plan.
- Une stratégie de sortie de la dépendance énergétique à la Russie, avec le plan REPowerEU de 2022, la diversification des fournisseurs, dont le gaz naturel liquéfié américain et qatari et le gaz norvégien, et l'accélération des énergies renouvelables. La part de la Russie dans les importations de gaz de l'Union s'effondre, et l'Union s'est fixé l'objectif de cesser totalement ces importations.
Sur le plan de la sécurité, la guerre conduit la Finlande, en 2023, et la Suède, en 2024, à rejoindre l'OTAN, ce qui transforme la mer Baltique en espace presque entièrement bordé par des membres de l'Alliance. Elle relance aussi le débat sur une défense européenne et sur l'autonomie stratégique de l'Union.
Les espaces de contact
La frontière entre l'Union et la Russie, ou ses alliés, concentre des enjeux spécifiques.
- Les pays baltes, avec d'importantes minorités russophones en Estonie et en Lettonie, et la crainte d'une menace directe.
- L'exclave russe de Kaliningrad, entre la Pologne et la Lituanie, fortement militarisée.
- La Biélorussie, alliée de Moscou, qui a utilisé en 2021 l'afflux organisé de migrants vers la frontière polonaise et lituanienne comme moyen de pression, ce qu'on appelle l'instrumentalisation des migrations.
- La Moldavie, avec la région séparatiste de Transnistrie où stationnent des troupes russes, et la Géorgie, dont le processus de rapprochement avec l'Union s'est enrayé.
- L'Arctique et la mer Noire, espaces de rivalités stratégiques.
L'Union européenne et l'espace méditerranéen
Un espace d'échanges et une discontinuité majeure
La Méditerranée a été pendant des siècles un espace commun, comme l'a montré l'historien Fernand Braudel dans La Méditerranée et le monde méditerranéen à l'époque de Philippe II, en 1949. Elle est aujourd'hui une interface entre deux ensembles très inégaux. Au nord, des États riches, à la population vieillissante et en faible croissance démographique. Au sud et à l'est, des États aux revenus nettement plus faibles, à la population jeune, où le chômage des jeunes diplômés est élevé. Cet écart de développement, l'un des plus forts au monde de part et d'autre d'une frontière, alimente les migrations. Les liens restent pourtant très denses, liens historiques et coloniaux, diasporas, tourisme, échanges commerciaux, l'Union étant le premier partenaire commercial de la plupart des pays du Maghreb.
Les politiques européennes en Méditerranée
- Le processus de Barcelone, lancé en 1995, crée le partenariat euro-méditerranéen, avec l'ambition d'une zone de paix, de stabilité et de prospérité partagée, et d'une zone de libre-échange. Des accords d'association sont signés avec la plupart des pays du sud et de l'est.
- La politique européenne de voisinage, à partir de 2004, bilatéralise ces relations et module l'aide selon les réformes.
- L'Union pour la Méditerranée, lancée à Paris en 2008 à l'initiative de la France, doit relancer la coopération par des projets concrets, énergie solaire, dépollution de la Méditerranée, transports. Elle souffre des conflits régionaux, notamment israélo-arabe, et de moyens limités.
- La Turquie, candidate officielle depuis 1999, a ouvert des négociations d'adhésion en 2005. Elles sont de fait gelées depuis la seconde moitié des années 2010, en raison de la dérive autoritaire du régime et de désaccords sur Chypre et en Méditerranée orientale. La Turquie reste un partenaire incontournable, unie à l'Union par une union douanière depuis 1995 et membre de l'OTAN.
Les printemps arabes et leurs suites
Les soulèvements de 2011, partis de Tunisie, ont d'abord été vus comme une chance démocratique. Les suites ont été contrastées, transition démocratique en Tunisie, remise en cause ensuite, retour d'un pouvoir militaire en Égypte, effondrement de l'État en Libye après l'intervention de 2011, guerre civile en Syrie. L'Union, prise de court, a montré les limites de sa capacité d'influence, tandis que d'autres puissances, Russie, Turquie, monarchies du Golfe, s'imposaient dans la région.
Les migrations, un enjeu central
La Méditerranée est traversée par plusieurs routes migratoires. La route de Méditerranée centrale, de la Libye ou de la Tunisie vers l'Italie et Malte. La route orientale, de la Turquie vers la Grèce. La route occidentale, du Maroc et de l'Algérie vers l'Espagne, prolongée par la route atlantique vers les Canaries. En 2015, l'Union connaît un afflux exceptionnel de demandeurs d'asile, plus d'un million, fuyant notamment la guerre en Syrie, ce qu'on a appelé la crise migratoire, ou crise de l'accueil.
Les réponses européennes combinent plusieurs instruments.
- Le règlement de Dublin, qui confie l'examen d'une demande d'asile au premier pays d'entrée, et fait peser une charge disproportionnée sur les pays du sud de l'Union.
- Le renforcement du contrôle des frontières extérieures, avec l'agence Frontex, créée en 2004 et devenue en 2016 l'Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes.
- L'externalisation, qui consiste à confier le contrôle des départs à des pays tiers, contre une aide financière. Déclaration Union européenne-Turquie de mars 2016, coopération avec les garde-côtes libyens, accords avec la Tunisie en 2023 et l'Égypte en 2024.
- Le pacte sur la migration et l'asile, adopté en 2024, qui organise des procédures aux frontières et une solidarité obligatoire mais flexible entre États membres.
Ces politiques sont très débattues. Leurs défenseurs y voient une maîtrise nécessaire des flux. Leurs critiques dénoncent une Europe forteresse, la dépendance à des régimes autoritaires et le coût humain, l'Organisation internationale pour les migrations ayant recensé plusieurs dizaines de milliers de morts et de disparus en Méditerranée depuis 2014.
Énergie et sécurité
La Méditerranée est aussi un espace énergétique. L'Algérie livre du gaz à l'Espagne et à l'Italie par gazoducs, et sa place a grandi avec la réduction des importations russes. Les découvertes de gisements en Méditerranée orientale, au large d'Israël, de l'Égypte et de Chypre, suscitent coopérations et rivalités, notamment entre la Grèce, Chypre et la Turquie sur les délimitations maritimes. La sécurité est une autre préoccupation, terrorisme, trafics, instabilité de la Libye et du Sahel, conflits au Proche-Orient. Enfin, le potentiel solaire et éolien de la rive sud nourrit des projets de production d'hydrogène et d'électricité renouvelables pour l'Europe.
Auteurs et théories de référence
- Fernand Braudel, La Méditerranée et le monde méditerranéen à l'époque de Philippe II, 1949.
- Michel Foucher, géographe des frontières, auteur notamment de L'Obsession des frontières, 2007.
- Ian Manners, pour le concept de puissance normative, 2002.
- Zbigniew Brzezinski, Le Grand Échiquier, 1997, qui fait de l'Ukraine un pivot géopolitique dont dépend le statut impérial de la Russie.
- Samuel Huntington, Le Choc des civilisations, 1996, dont la lecture de la Méditerranée et de l'Europe orientale comme lignes de fracture civilisationnelles est très discutée.
Faits et repères chronologiques
- 1994, accord de partenariat et de coopération avec la Russie, en vigueur en 1997. 1995, processus de Barcelone, union douanière avec la Turquie.
- 2004, élargissement à l'Europe centrale et orientale, lancement de la politique européenne de voisinage, création de Frontex. 2005, ouverture des négociations d'adhésion avec la Turquie.
- 2006 et 2009, crises gazières russo-ukrainiennes. 2007, discours de Vladimir Poutine à Munich. 2008, guerre russo-géorgienne, Union pour la Méditerranée. 2009, Partenariat oriental.
- 2011, printemps arabes. 2014, annexion de la Crimée, sanctions européennes. 2015, crise migratoire. 2016, déclaration Union européenne-Turquie.
- 24 février 2022, invasion de l'Ukraine. Juin 2022, statut de candidat pour l'Ukraine et la Moldavie. 2023 et 2024, adhésion de la Finlande et de la Suède à l'OTAN. 2024, pacte sur la migration et l'asile.
Débats et controverses
- Élargir ou approfondir. Intégrer l'Ukraine, la Moldavie et les Balkans occidentaux renforcerait l'Union face à la Russie, mais poserait des problèmes budgétaires, agricoles et institutionnels.
- Les causes de la confrontation avec la Russie. Réaction à l'élargissement de l'OTAN, selon une lecture dite réaliste, ou projet impérial et révisionniste du pouvoir russe, selon la plupart des historiens de la région.
- La dépendance énergétique d'avant 2022. Pari rationnel sur l'interdépendance pacificatrice, dans la tradition du changement par le commerce, ou aveuglement stratégique ?
- L'externalisation des frontières. Efficacité pour réduire les arrivées, mais dépendance envers des régimes qui peuvent utiliser les migrants comme moyen de pression, et atteintes aux droits humains.
- L'Union, puissance ou espace ? Les deux voisinages révèlent les limites d'une puissance normative et poussent vers une Europe puissance.
Ce qu'il faut savoir mobiliser en dissertation
- La distinction entre politique d'élargissement et politique de voisinage, et les deux volets de la seconde.
- Une périodisation des relations entre l'Union et la Russie, de 1991 à la guerre de 2022, avec la question énergétique.
- Les conséquences de 2022 pour l'Union, sanctions, aide, élargissement, énergie, défense.
- Les instruments de la politique méditerranéenne, de Barcelone à l'Union pour la Méditerranée, et leurs limites.
- Les routes migratoires, les réponses européennes et les débats qu'elles suscitent.
- Une analyse multiscalaire des espaces de contact, pays baltes, Kaliningrad, Méditerranée centrale, Méditerranée orientale.
Méthodes et exercices
Notions et mécanismes clés
- Étranger proche : expression employée à Moscou dès le début des années 1990 pour désigner les anciennes républiques soviétiques. La Russie y revendique une sphère d'influence légitime.
- Accord d'association : traité entre l'Union et un État tiers qui associe dialogue politique, coopération et libéralisation des échanges. Il ne contient aucune promesse d'adhésion.
- Zone de libre-échange approfondi et complet : volet commercial des accords d'association signés en 2014 avec l'Ukraine, la Moldavie et la Géorgie. Le partenaire reprend une large part des normes du marché intérieur.
- Principe « plus pour plus » : règle issue de la révision de la politique de voisinage en 2011, après les printemps arabes. L'aide augmente avec les réformes et doit baisser en cas de recul.
- Conflit gelé : conflit armé arrêté sans règlement politique, qui laisse un territoire séparatiste sous protection extérieure. Exemples : la Transnistrie, l'Abkhazie, l'Ossétie du Sud. Le Haut-Karabakh a cessé d'en être un après l'offensive azerbaïdjanaise de septembre 2023.
- Interdépendance asymétrique : relation où chaque partie dépend de l'autre, mais inégalement. Celle qui peut rompre au moindre coût détient un moyen de pression.
- Arme énergétique : usage politique des livraisons, des prix ou du transit de l'énergie.
- Menace hybride : combinaison de moyens restant sous le seuil de la guerre ouverte. Elle comprend la désinformation, les cyberattaques, le sabotage, l'instrumentalisation des migrations et l'ingérence électorale.
- Externalisation des frontières : délégation à des pays tiers du contrôle des départs. L'Union offre en échange de l'aide, des facilités de visa ou des avantages commerciaux.
- Interface : espace de contact entre deux ensembles différents, où la différence elle-même crée des flux. En Méditerranée, l'écart de développement est à la fois une barrière et un moteur d'échanges.
- Délimitation maritime : partage des eaux territoriales et des zones économiques exclusives. En Méditerranée orientale, elle conditionne l'accès aux gisements de gaz.
- Autonomie stratégique : capacité de l'Union à agir seule dans les domaines vitaux (défense, énergie, technologies) sans dépendre de ses adversaires ni entièrement de ses alliés.
- Sanctions européennes : mesures restrictives de la politique étrangère et de sécurité commune, décidées à l'unanimité au Conseil. Elles sont individuelles (gel des avoirs, interdiction de visa) ou sectorielles (finance, énergie, technologies).
Chaînes de raisonnement
De l'élargissement à la crainte de l'encerclement. Entre 1999 et 2004, l'OTAN puis l'Union s'étendent à l'ancien bloc soviétique, et même à trois anciennes républiques de l'URSS. Au sommet de Bucarest en avril 2008, l'OTAN promet une adhésion future à l'Ukraine et à la Géorgie, sans calendrier ni garantie. La guerre de Géorgie éclate quatre mois plus tard, ce qui montre qu'une promesse sans protection peut exposer un pays plus qu'elle ne le protège.
De l'interdépendance au chantage énergétique. L'Allemagne en particulier parie que le commerce rapproche les régimes et rend la guerre trop coûteuse. Mais l'interdépendance est asymétrique : la Russie a besoin de recettes, alors que plusieurs États membres ont besoin d'un gaz qu'ils ne peuvent pas remplacer vite. En 2022, la réduction des livraisons russes fait flamber les prix, et l'Union doit refaire en urgence ses approvisionnements, preuve que la dépendance était un risque stratégique.
De l'annexion aux sanctions graduées. En mars 2014, l'Union commence par des sanctions individuelles, car l'unanimité est difficile entre États inégalement liés à la Russie. La destruction de l'avion MH17 au-dessus du Donbass en juillet 2014, qui tue de nombreux ressortissants européens, fait basculer vers des sanctions sectorielles. Un choc émotionnel débloque donc l'escalade, et la même logique se retrouve en 2022 à une tout autre échelle.
De la guerre à la géopolitique de l'élargissement. Après 2022, laisser l'Ukraine et la Moldavie dans une zone grise paraît plus dangereux que de les intégrer. L'élargissement, longtemps pensé comme une procédure technique de reprise de l'acquis, redevient un instrument de sécurité. Il pose en retour la question de la capacité d'absorption de l'Union : politique agricole, fonds de cohésion, règle de l'unanimité.
De l'écart démographique aux migrations. La rive sud est jeune, la rive nord vieillit, et l'écart de revenu reste considérable. Le chômage des diplômés, les crises politiques et les guerres transforment ce différentiel en départs, auxquels s'ajoutent des migrants d'Afrique subsaharienne et d'Asie qui transitent par le Maghreb ou la Turquie. La rive sud est donc à la fois espace de départ et espace de transit, et une politique limitée aux seuls riverains ne peut pas suffire.
De l'externalisation à la dépendance. Pour réduire les arrivées, l'Union finance des pays tiers qui retiennent les migrants. Ces pays découvrent qu'ils tiennent un levier : la Turquie ouvre sa frontière avec la Grèce fin février 2020, et le Maroc laisse passer des milliers de personnes vers Ceuta en mai 2021. L'Union protège ainsi ses frontières en créant une vulnérabilité nouvelle, symétrique de sa dépendance énergétique à l'est.
Des printemps arabes au recul européen. En 2011, l'Union croit que la démocratisation servira à la fois ses valeurs et sa sécurité. L'effondrement libyen et la guerre syrienne produisent au contraire des réfugiés et des foyers terroristes, tandis que d'autres puissances s'imposent, la Russie en Syrie dès 2015, la Turquie en Libye en 2020. L'Union revient alors à une priorité à la stabilité, ce qui l'expose au reproche de soutenir des régimes autoritaires.
Exemples et références à connaître
- Narva, ville estonienne très majoritairement russophone, fait face à Ivangorod, en Russie, de l'autre côté du fleuve. C'est l'exemple type de l'échelle locale : une frontière extérieure qui coupe une même communauté linguistique.
- Le corridor de Suwałki, bande frontalière de quelques dizaines de kilomètres entre la Pologne et la Lituanie, sépare la Biélorussie de Kaliningrad. Il passe pour le point le plus vulnérable du flanc oriental de l'OTAN.
- En février 2025, les réseaux électriques des trois pays baltes se synchronisent avec le réseau européen et quittent le système hérité de l'URSS. C'est une preuve concrète de la déconnexion d'avec la Russie.
- À la fin de 2023, la Finlande ferme ses postes-frontières avec la Russie après l'arrivée organisée de demandeurs d'asile. La Biélorussie n'est donc pas le seul cas d'instrumentalisation des migrations.
- Lampedusa est une île italienne plus proche de la Tunisie que de la Sicile. Le naufrage d'octobre 2013 déclenche l'opération italienne de sauvetage Mare Nostrum, arrêtée un an plus tard. L'île symbolise le débat entre sauvetage et contrôle.
- Ceuta et Melilla, enclaves espagnoles au Maroc protégées par des clôtures, sont les seules frontières terrestres de l'Union en Afrique. Elles incarnent la frontière barrière et le levier marocain.
- Le gazoduc Maghreb-Europe, qui traversait le Maroc, est fermé par l'Algérie en 2021, sur fond de conflit du Sahara occidental. L'Espagne reste alimentée par Medgaz, qui la relie directement à l'Algérie. L'énergie méditerranéenne dépend donc aussi des rivalités entre voisins du sud.
- Les gisements de Léviathan, au large d'Israël, et de Zohr, découvert en 2015 au large de l'Égypte, fondent un forum du gaz de la Méditerranée orientale dont la Turquie ne fait pas partie. Ils nourrissent sa rivalité avec la Grèce et Chypre.
- L'accord céréalier de la mer Noire est conclu en juillet 2022 sous l'égide de la Turquie et de l'ONU, puis abandonné par la Russie un an plus tard. Il relie les deux voisinages : la guerre à l'est menace la sécurité alimentaire de la rive sud, grande importatrice de blé.
- Deux documents à confronter sur les causes de la guerre. D'un côté, le texte de Vladimir Poutine de juillet 2021 sur l'unité historique des Russes et des Ukrainiens. De l'autre, l'article de John Mearsheimer paru en 2014 dans Foreign Affairs, qui impute la crise ukrainienne aux Occidentaux.
Techniques
Définir les termes du sujet
Réflexe d'introduction : le voisinage n'a pas un seul périmètre. Le voisinage institutionnel est celui de la politique européenne de voisinage. Le voisinage géographique est celui des États frontaliers. Le voisinage stratégique inclut les « voisins des voisins », Sahel, Golfe, Asie centrale. De même, la Méditerranée peut désigner la mer, les États riverains ou l'ensemble des pays du sud et de l'est de la Méditerranée.
Mini-exemple. Sujet : « L'Union européenne et la Méditerranée ». La Jordanie ne borde pas la mer mais appartient au volet méridional de la politique de voisinage. Le Portugal n'est pas riverain mais pèse dans les politiques méditerranéennes de l'Union. D'où la problématique : la Méditerranée est-elle pour l'Union un espace géographique ou une construction politique ?
Comparer les deux voisinages
Le défaut le plus courant est une première partie sur la Russie et une seconde sur la Méditerranée. On préfère un plan thématique qui croise les deux voisinages : énergie, migrations, sécurité, normes.
Mini-exemple. L'énergie : dépendance au gaz russe à l'est, gaz algérien et gisements de Méditerranée orientale au sud. Les migrations : instrumentalisation par la Biélorussie à l'est, par la Turquie et le Maroc au sud. La conclusion porte sur un même mécanisme, l'interdépendance devenue levier, observé à deux frontières.
Raisonner à plusieurs échelles
Mini-exemple. La frontière entre la Pologne et la Biélorussie en 2021. À l'échelle locale, une forêt frontalière transformée en zone interdite, puis un mur construit en 2022. À l'échelle nationale, un gouvernement polonais qui refuse l'aide de Frontex. À l'échelle européenne, de nouvelles sanctions contre Minsk. À l'échelle mondiale, des migrants venus notamment d'Irak, acheminés par avion jusqu'à Minsk. Un seul lieu mobilise ainsi quatre échelles.
Périodiser une relation
Une bonne périodisation justifie chaque césure par un changement de nature de la relation, pas par un simple événement.
Mini-exemple. L'Union et la Turquie. De 1963 à 1999 domine une association économique, avec l'accord d'Ankara puis l'union douanière de 1995. De 1999 à la seconde moitié des années 2010 prévaut une perspective d'adhésion, avec le statut de candidat puis l'ouverture des négociations. Depuis s'installe une relation transactionnelle, fondée sur les migrations, le commerce et la sécurité.
Critiquer un document
On présente la nature, l'auteur, la date et le contexte, puis on dit ce que le document montre et ce qu'il cache.
Mini-exemple. Une carte des routes migratoires établie à partir des données de Frontex compte des franchissements irréguliers détectés, non des personnes. Un même migrant peut être compté plusieurs fois, et les entrées non détectées n'apparaissent pas. Il faut donc parler de tendances, pas d'effectifs exacts.
Construire un croquis de synthèse
Premier niveau de légende, l'Union et ses cercles : États membres, candidats, partenaires orientaux et méridionaux, Russie et alliés. Deuxième niveau, les flux : gazoducs et terminaux de gaz liquéfié, routes migratoires, échanges commerciaux. Troisième niveau, les tensions : conflits gelés, Kaliningrad, mer Noire, zones maritimes disputées. Le titre exprime la thèse, par exemple « Une Union entourée d'un arc d'instabilité ».
Sujets classiques traités
Choisis ton niveau. Difficulté indicative ; les exercices qui se suivent restent dans l'ordre.
Sujet 1. L'Union européenne et la Russie depuis 1991 : de l'interdépendance à la confrontation ?
Classiques de khôlle et concours · Dissertation, type concours BCE
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Problématique : la confrontation résulte-t-elle d'une interdépendance mal pensée ou d'une rupture imposée par Moscou ?
I. Une interdépendance recherchée. Accord de partenariat, espaces communs, entrée de la Russie au Conseil de l'Europe en 1996 et au G8. L'Union achète de l'énergie et vend des biens industriels. Chacun croit y gagner.
II. Des divergences croissantes, masquées par l'énergie. Élargissements, révolutions de couleur et guerre de Géorgie creusent l'écart. Même après 2014, Nord Stream 2 se construit, et les États membres divergent : la Pologne et les baltes alertent, l'Allemagne, l'Italie et la Hongrie ménagent Moscou.
III. Une confrontation assumée mais incomplète. Sanctions, exclusion du Conseil de l'Europe en 2022, sortie du gaz russe. Des limites demeurent : contournement des sanctions par des pays tiers, flotte fantôme pour le pétrole, exemptions obtenues par la Hongrie et la Slovaquie pour le pétrole acheminé par oléoduc.
Argument attendu : l'interdépendance n'a pas causé la guerre, mais elle a retardé la prise de conscience européenne.
Sujet 6. L'Ukraine, frontière de l'Europe ?
Classiques de khôlle et concours · Khôlle
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Plan attendu. Un, un espace de transition : héritages polonais, austro-hongrois et russe, clivage linguistique à nuancer, place dans le transit du gaz. Deux, un pivot disputé : Brzezinski, accord d'association de 2014, guerre depuis 2014 puis 2022. Trois, une frontière déplacée vers l'est : candidature, négociations d'adhésion ouvertes en juin 2024, intégration militaire de fait par l'aide. Le colleur attend qu'on distingue la frontière de l'Union, celle de l'OTAN et celle de l'Europe géographique.
Sujet 7. La Turquie, partenaire ou rivale de l'Union européenne ?
Classiques de khôlle et concours · Khôlle
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Plan attendu. Un, un partenaire indispensable : union douanière, membre de l'OTAN, déclaration migratoire de 2016, médiation de l'accord céréalier. Deux, un rival régional : pression migratoire de 2020, intervention en Libye, contentieux maritimes avec la Grèce et Chypre, rapprochement avec la Russie sans application des sanctions. Trois, une relation transactionnelle : candidature gelée mais jamais retirée, coopération au cas par cas. Le colleur attend qu'on présente la Turquie comme une puissance autonome, et non comme un simple candidat recalé.
Sujet 2. La Méditerranée, frontière ou interface pour l'Union européenne ?
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Problématique : l'Union a-t-elle transformé la Méditerranée en barrière, ou dépend-elle trop de sa rive sud pour la fermer ?
I. Une interface indispensable. Commerce, tourisme, diasporas, gaz algérien, perspectives d'hydrogène vert. L'Union est le premier partenaire commercial du Maghreb.
II. Une frontière qui se durcit. Frontex, clôtures de Ceuta et Melilla, accords avec la Libye en 2017, déclaration avec la Turquie en 2016, partenariats avec la Tunisie en 2023 et l'Égypte en 2024. Le coût humain est considérable.
III. Une frontière négociée avec les voisins. Le contrôle dépend des États du sud, qui monnayent leur coopération. La frontière est donc moins une ligne qu'une relation de pouvoir.
Sujet 3. La politique européenne de voisinage : un échec ?
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Problématique : l'Union a-t-elle su exporter la stabilité, ou a-t-elle importé l'instabilité de ses voisins ?
I. Des réussites réelles. Rapprochement normatif de l'Ukraine, de la Moldavie et de la Géorgie par les accords de 2014. Libéralisation des visas. Transition tunisienne soutenue.
II. Des échecs patents. La Biélorussie reste alignée sur Moscou, l'Azerbaïdjan traite en fournisseur de gaz, la Libye s'effondre, la Syrie sombre dans la guerre. Le principe « plus pour plus » est rarement appliqué contre des partenaires utiles.
III. Une politique dépassée par la géopolitique. En 2022, les meilleurs élèves quittent le voisinage pour l'élargissement. Mais la Géorgie, candidate depuis décembre 2023, voit son gouvernement suspendre le processus d'adhésion en 2024. Et en Moldavie, le référendum d'octobre 2024 sur l'objectif européen n'est gagné qu'à une très courte majorité.
piège : Oublier que la réussite dépend d'abord des sociétés voisines, pas de Bruxelles.
Sujet 4. L'énergie, arme ou lien entre l'Union européenne et ses voisins ?
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Problématique : l'Union peut-elle sortir d'une dépendance sans en créer une autre ?
I. Un lien fondateur. Le gaz russe finance la Russie et alimente l'industrie européenne. Le gaz algérien et libyen arrive par gazoducs sous la Méditerranée.
II. Une arme. Crises gazières, réduction des livraisons en 2022, sabotage des gazoducs Nord Stream en septembre 2022, fermeture du gazoduc Maghreb-Europe.
III. Une diversification ambivalente. Norvège, gaz liquéfié américain et qatari, accord de juillet 2022 avec l'Azerbaïdjan pour augmenter les livraisons par le corridor méridional, renouvelables. On remplace un fournisseur autoritaire par d'autres dont les régimes posent aussi question. Le transit du gaz russe par l'Ukraine s'arrête au 1er janvier 2025.
Sujet 5. L'Union européenne face aux migrations méditerranéennes : une Europe forteresse ?
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Problématique : l'Union concilie-t-elle maîtrise des frontières et respect de ses valeurs ?
I. Un renforcement indéniable du contrôle. Frontex, externalisation, pacte de 2024, projets de traitement des demandes hors de l'Union, comme le protocole de 2023 entre l'Italie et l'Albanie, contesté devant les juges italiens.
II. Une forteresse poreuse et contestée. Les arrivées se déplacent d'une route à l'autre, et les morts en mer persistent. Le règlement de Dublin divise les États membres.
III. Une forteresse sélective. La protection temporaire accordée à environ quatre millions d'Ukrainiens montre que l'Union sait accueillir massivement. Le contraste avec l'accueil des réfugiés syriens nourrit le débat sur un double standard.
Argument attendu : l'expression « Europe forteresse » est un point de départ à discuter, pas une conclusion.
Erreurs fréquentes
- Confondre les politiques et les institutions. Voisinage n'est pas élargissement, et un accord d'association ne promet pas l'adhésion. La Russie a été exclue du Conseil de l'Europe, qui n'est pas une institution de l'Union, alors que le Conseil européen réunit les chefs d'État et de gouvernement des Vingt-Sept.
- Juxtaposer les deux voisinages. Le programme demande d'étudier la place de l'Union dans ses deux voisinages. Sans comparaison ni mécanisme commun, la copie reste descriptive.
- Adopter une lecture monocausale de la guerre. Réciter la thèse réaliste de l'élargissement de l'OTAN, ou seulement celle de l'impérialisme russe, sans les confronter, prive la copie de l'esprit critique attendu.
- Traiter les voisins et l'Union comme des blocs passifs. La Turquie, le Maroc, l'Algérie ou la Russie ont leurs propres stratégies. Les États membres ne parlent pas d'une seule voix, comme le montrent la Hongrie face à Moscou ou l'Italie face aux migrations.
- Mal manier les chiffres et le vocabulaire. Migrant, demandeur d'asile et réfugié ne sont pas synonymes. Sur un sujet aussi mouvant, mieux vaut un ordre de grandeur sûr et daté qu'un chiffre précis périmé.
Fiche rédigée à partir du programme officiel d'histoire, géographie et géopolitique du monde contemporain (2021), module III « Géodynamique de l'Union européenne, de l'Afrique, du Proche et du Moyen-Orient », partie III.1 « L'Union européenne, l'Europe et le monde », point III.1.2 « L'Union européenne et son voisinage proche : la Russie et l'espace méditerranéen ». Le commentaire du module demande d'étudier la place et le rôle de l'Union européenne au sein du reste de l'Europe, dont la Russie, et de l'ensemble des pays du sud et de l'est de la Méditerranée, dans une lecture synthétique associant histoire, géographie, géoéconomie et géopolitique, précise, nuancée et critique d'une réalité mouvante. Les pays cités sont abordés en fonction des déterminants de leur puissance et de leur rapport à leur environnement régional, sans étude exhaustive. L'Union européenne dans le reste du monde relève du point III.1.3.