Le cours
Résumé en cinq points
- Un signal se propage sans transport de matière, à une célérité fixée par le milieu, et il arrive avec le retard .
- Pour un signal sinusoïdal, . En changeant de milieu, la fréquence se conserve, la célérité et la longueur d'onde changent.
- La lumière se décrit par un modèle ondulatoire pour sa propagation et par le modèle du photon, d'énergie , pour ses échanges d'énergie avec la matière.
- Les lois de Snell-Descartes donnent l'angle de réflexion égal à l'angle d'incidence et . La réflexion totale existe pour , au-delà de l'angle limite tel que .
- Ces lois s'étendent aux ondes sismiques de volume en remplaçant les indices par les célérités, ce qui permet de sonder la structure interne de la Terre.
Pourquoi ce chapitre
Un signal est une perturbation qui transporte de l'information et de l'énergie sans transporter de matière sur de grandes distances. Le son, la houle, une secousse sismique et la lumière relèvent de la même description.
Ce chapitre apporte :
- quatre grandeurs : célérité, amplitude, période et longueur d'onde ;
- deux relations simples qui servent toute l'année ;
- le photon, dont on se sert ensuite en spectroscopie, en chimie et en biologie ;
- les lois de Snell-Descartes, outil de base de l'optique et clé de la lecture des données sismiques qui ont permis de découvrir la structure interne de la Terre.
1Les signaux physiques
Définition 1.1Signal physique
Un signal est la variation d'une grandeur physique au cours du temps, en un point. Savoir nommer cette grandeur est le premier exigible.
- Signal mécanique sur une corde ou à la surface de l'eau : le déplacement transversal d'un point du milieu, en mètres.
- Signal acoustique : la surpression, c'est-à-dire l'écart entre la pression locale et la pression au repos, en pascals.
- Signal électrique : une tension en volts ou une intensité en ampères.
- Signal sismique : le déplacement, la vitesse ou l'accélération du sol, enregistré par un sismomètre.
Exemple 1.2Ordre de grandeur d'une surpression
Pour une conversation, la surpression est de quelques centièmes de pascal, à comparer à pour la pression atmosphérique.
Dans tous les cas, le milieu revient à son état de repos après le passage du signal. Un flotteur sur une vague monte et descend, il n'avance pas avec la vague.
2Propagation dans un milieu homogène, illimité, non dispersif et transparent
Les quatre adjectifs sont les hypothèses de travail du chapitre :
- homogène : les propriétés sont les mêmes partout ;
- illimité : on ignore les bords, donc les réflexions ;
- non dispersif : la célérité ne dépend pas de la fréquence, donc le signal garde sa forme en se propageant ;
- transparent : il n'y a pas d'absorption, donc l'amplitude ne diminue pas.
2.1Célérité
Définition 2.1Célérité
La célérité est la vitesse de propagation de la perturbation dans le milieu. Elle est fixée par les propriétés du milieu, pas par la source.
Capacité exigible : obtenir l'expression de la célérité par analyse dimensionnelle à partir des grandeurs physiques fournies.
Exemple 2.2Corde tendue
Les grandeurs pertinentes sont la tension en newtons et la masse linéique en . Le rapport a pour dimension une vitesse au carré, donc à un facteur sans dimension près. Plus la corde est tendue, plus le signal va vite. Plus elle est lourde, plus il va lentement. C'est exactement ce qu'on entend en accordant une guitare.
Valeurs à citer :
- son dans l'air, dans les conditions usuelles : environ ;
- son dans l'eau : environ ;
- lumière dans le vide : ;
- ondes sismiques P, dans la croûte et le manteau supérieur : de l'ordre de 6 à ;
- ondes sismiques S : de l'ordre de 3 à .
2.2Retard temporel
Propriété 2.3Retard temporel
Un signal émis en un point A parvient en un point B situé à la distance avec le retard
C'est la relation la plus utilisée du chapitre.
Application exigible : localiser l'épicentre d'un séisme. Deux idées se combinent.
- Les ondes P sont plus rapides que les ondes S. En une station donnée, l'écart entre l'arrivée des ondes P et celle des ondes S augmente avec la distance à l'épicentre. Si la station est à la distance , cet écart vaut On en tire .
- Une seule station donne un cercle de rayon centré sur elle. Trois stations donnent trois cercles, dont l'intersection commune donne l'épicentre. C'est une triangulation.
2.3Lire une représentation graphique
Il faut distinguer sans hésiter deux graphes qui se ressemblent.
- Coupe temporelle : on fixe un point du milieu et on trace l'amplitude en fonction du temps. L'axe des abscisses est un temps, la périodicité lue est la période en secondes.
- Coupe spatiale : on fixe un instant et on trace l'amplitude en fonction de la position. L'axe des abscisses est une longueur, la périodicité lue est la longueur d'onde en mètres.
AttentionLire une longueur d'onde sur une coupe temporelle
C'est le piège classique. Toujours regarder l'unité de l'axe des abscisses avant de conclure.
2.4Signal sinusoïdal et double périodicité
Un signal sinusoïdal est caractérisé par son amplitude, sa période temporelle et sa fréquence en hertz.
Définition 2.4Longueur d'onde
En se propageant, un signal sinusoïdal acquiert une périodicité spatiale : la longueur d'onde est la distance parcourue par le signal pendant une période.
Propriété 2.5Relation fondamentale
Conséquences :
- à célérité fixée, une fréquence élevée correspond à une petite longueur d'onde ;
- quand une onde passe d'un milieu à un autre, la fréquence est imposée par la source et donc conservée, tandis que la célérité et la longueur d'onde changent.
Ordres de grandeur :
- le spectre audible par l'être humain s'étend d'environ à ; en dessous ce sont les infrasons, au-dessus les ultrasons ;
- pour un son de dans l'air, , soit ;
- pour une échographie à dans les tissus, où la célérité vaut environ , vaut , ce qui fixe l'ordre de grandeur du détail observable.
3Le rayonnement électromagnétique
3.1Domaines spectraux
Dans le vide, toutes les ondes électromagnétiques vont à la célérité , et . Les domaines, par longueur d'onde décroissante, avec des applications à citer :
- ondes radio, du kilomètre au mètre : radiodiffusion, téléphonie, RMN ;
- micro-ondes, du mètre au millimètre : radar, four à micro-ondes, communications satellitaires ;
- infrarouge, du millimètre à environ : thermographie, télécommandes, spectroscopie IR des liaisons chimiques ;
- visible, d'environ pour le rouge à pour le violet : vision, photosynthèse, spectroscopie UV-visible ;
- ultraviolet, de à quelques nanomètres : stérilisation, synthèse de la vitamine D, mais aussi lésions de l'ADN ;
- rayons X, du nanomètre au picomètre : radiographie, diffraction par les cristaux ;
- rayons gamma, en dessous : radioactivité, imagerie nucléaire, radiothérapie.
3.2Le photon
Le modèle ondulatoire explique la propagation, les interférences, la diffraction. Il n'explique pas les échanges d'énergie entre lumière et matière, qui se font par paquets.
Définition 3.1Photon
Le photon est une particule de masse nulle qui se déplace à la célérité et transporte l'énergie donnée par la loi de Planck-Einstein : avec .
Exemple 3.2Photon visible
Un photon visible à porte environ , soit , avec . C'est l'ordre de grandeur des énergies de transitions électroniques et de bien des liaisons chimiques, ce qui explique que la lumière visible fasse de la chimie.
Dualité onde-particule : la lumière n'est ni une onde ni un flux de particules, elle se décrit par l'un ou l'autre modèle selon l'expérience.
À retenir
Modèle ondulatoire pour la propagation, modèle particulaire pour l'interaction avec la matière.
3.3Effet photoélectrique et photoionisation
Effet photoélectrique : un métal éclairé émet des électrons, mais seulement si la fréquence de la lumière dépasse un seuil, quelle que soit l'intensité lumineuse. Le modèle ondulatoire ne le prévoit pas. Le modèle particulaire l'explique immédiatement :
- l'arrachage d'un électron demande une énergie minimale, le travail d'extraction ;
- un électron reçoit l'énergie d'un seul photon ;
- si est inférieur au travail d'extraction, aucun électron ne sort, même avec des milliards de photons ;
- si le dépasse, l'électron sort, et l'excédent devient de l'énergie cinétique.
Augmenter l'intensité augmente alors le nombre d'électrons émis, pas leur énergie.
Photoionisation : même raisonnement pour un atome ou une molécule isolés. Un photon assez énergétique arrache un électron et laisse un cation. C'est la définition d'un rayonnement ionisant, à partir de l'ultraviolet lointain, puis les rayons X et gamma. Conséquence biologique directe : ces rayonnements peuvent casser des liaisons et endommager l'ADN, alors que la lumière visible ou l'infrarouge, moins énergétiques par photon, ne le peuvent pas.
Autres illustrations de l'interaction lumière-matière à savoir citer :
- la photosynthèse, où les pigments absorbent surtout dans le bleu et le rouge ;
- la vision ;
- la cellule photovoltaïque ;
- la diode électroluminescente ;
- les spectroscopies et l'imagerie médicale.
4Réflexion et réfraction
4.1Le modèle du rayon lumineux
Définition 4.1Rayon lumineux
L'optique géométrique modélise la lumière par des rayons, lignes le long desquelles l'énergie lumineuse se propage, rectilignes dans un milieu homogène.
Limite de validité : le modèle cesse d'être valable dès que la lumière rencontre des ouvertures ou des obstacles dont la dimension est comparable à la longueur d'onde. Apparaît alors la diffraction, que le modèle du rayon ne décrit pas.
Définition 4.2Indice optique
L'indice optique d'un milieu transparent est où est la célérité de la lumière dans ce milieu. Comme est inférieure à , on a .
Valeurs usuelles : pour l'air, pour l'eau, environ pour les verres courants.
4.2Lois de Snell-Descartes
Un rayon arrive sur une interface plane séparant deux milieux d'indices et . On définit la normale à l'interface au point d'incidence, et on mesure tous les angles par rapport à cette normale. Le plan d'incidence est le plan contenant le rayon incident et la normale.
Loi 4.3Lois de Snell-Descartes
Hypothèses
- interface plane entre deux milieux transparents d'indices et ;
- angles mesurés par rapport à la normale.
Alors :
- le rayon réfléchi et le rayon réfracté appartiennent au plan d'incidence ;
- réflexion : l'angle de réflexion est égal à l'angle d'incidence, de l'autre côté de la normale ;
- réfraction :
Lecture qualitative : en passant dans un milieu plus réfringent, , le rayon se rapproche de la normale. En passant dans un milieu moins réfringent, il s'en écarte.
4.3Réflexion totale
Cas , donc passage vers un milieu moins réfringent. La loi de la réfraction donne et le facteur est supérieur à 1. Comme un sinus ne peut pas dépasser 1, il existe un angle d'incidence au-delà duquel aucune valeur de ne convient : il n'y a plus de rayon réfracté, toute l'énergie repart dans le premier milieu.
Définition 4.4Réflexion totale
La réflexion totale est l'absence de rayon réfracté, toute l'énergie repartant dans le premier milieu.
Propriété 4.5Condition de réflexion totale
Hypothèse : .
Alors, en écrivant , on obtient l'angle limite tel que La réflexion totale a lieu pour .
La réflexion totale n'existe que dans le sens milieu plus réfringent vers milieu moins réfringent.
Exemple 4.6Interface eau vers air
donne voisin de .
Applications : la fibre optique, l'endoscopie, et la surface de l'eau vue de dessous qui se comporte en miroir au-delà de l'angle limite.
4.4Extension aux ondes sismiques de volume
Les lois de Snell-Descartes se généralisent aux ondes sismiques, en remplaçant les indices par les célérités, puisque l'indice optique n'est qu'un rapport de célérités. À une interface entre deux terrains où la célérité change, une onde sismique donne une onde réfléchie et une onde réfractée, avec les mêmes règles géométriques. On appelle rai sismique le trajet suivi.
Conséquences exigibles à savoir exploiter :
- dans la Terre, la célérité augmente globalement avec la profondeur dans le manteau ; un rai sismique ne suit donc pas une droite, il se courbe progressivement et finit par remonter vers la surface ;
- les discontinuités internes, où la célérité change brutalement, provoquent réflexions et réfractions marquées ; c'est en analysant ces arrivées que l'on a mis en évidence la limite entre la croûte et le manteau, puis celle entre le manteau et le noyau, vers de profondeur ;
- les ondes S sont des ondes de cisaillement et ne se propagent pas dans un liquide ; leur absence au-delà d'une certaine distance angulaire de l'épicentre est l'argument central en faveur d'un noyau externe liquide ;
- la forte réfraction à l'entrée du noyau crée par ailleurs une zone d'ombre pour les ondes P.
5Capacités expérimentales et numériques
- Mesurer la célérité d'un phénomène ondulatoire :
- méthode du retard : deux microphones séparés d'une distance connue, acquisition simultanée, mesure du décalage temporel entre les deux signaux, puis ;
- méthode des ondes stationnaires sur une corde ou dans un tuyau, en relevant la distance entre deux nœuds et la fréquence imposée.
- Utiliser un oscilloscope numérique ou une carte d'acquisition pour relever une coupe temporelle, puis en extraire période, fréquence et amplitude.
- Mesurer un indice de réfraction au réfractomètre, ou en relevant des couples d'angles et en traçant en fonction de . La pente donne , obtenue par régression linéaire avec
polyfitde numpy. - Tracer avec matplotlib les temps d'arrivée des ondes P et S en fonction de la distance à l'épicentre, à partir de données réelles, et en déduire les célérités.
- Toujours donner l'incertitude associée à une célérité mesurée et discuter l'écart au modèle.
Méthodes
MéthodeLire un graphe
- Lire d'abord l'unité de l'axe des abscisses.
- Si c'est la seconde, on lit une période. Si c'est le mètre, on lit une longueur d'onde.
MéthodeObtenir une célérité par analyse dimensionnelle
- Écrire les dimensions des grandeurs fournies.
- Chercher la combinaison qui donne des mètres par seconde.
MéthodeTraiter un problème de retard
- Écrire .
- Vérifier les unités avant de calculer.
MéthodeChanger de milieu
- Se rappeler que la fréquence ne change pas.
- Se rappeler que et changent.
MéthodeAppliquer la réfraction
- Mesurer les angles par rapport à la normale, jamais par rapport à l'interface.
- Avant d'appliquer la loi, comparer et pour savoir si la réflexion totale est possible.
Ce qu'il faut savoir refaire en khôlle
- Nommer la grandeur physique qui se propage pour un signal acoustique, mécanique, électrique et sismique.
- Obtenir la célérité d'une onde sur une corde par analyse dimensionnelle et commenter la dépendance obtenue.
- Citer la célérité du son dans l'air et dans l'eau, et les bornes du spectre audible.
- Relier période, fréquence, longueur d'onde et célérité, et faire une application numérique propre.
- Localiser un épicentre à partir des écarts d'arrivée entre ondes P et ondes S sur plusieurs stations.
- Citer les domaines spectraux avec leurs ordres de grandeur et une application de chacun.
- Interpréter l'effet photoélectrique et la photoionisation avec le modèle du photon, et expliquer pourquoi l'intensité lumineuse ne remplace pas la fréquence.
- Établir la condition de réflexion totale et l'appliquer à l'interface eau-air, puis transposer les lois de Snell-Descartes aux rais sismiques.
Méthodes et exercices
Les résultats à connaître
- Un signal est la variation d'une grandeur physique en un point au cours du temps. Déplacement transversal pour un signal mécanique, surpression pour un signal acoustique, tension ou intensité pour un signal électrique, déplacement, vitesse ou accélération du sol pour un signal sismique : exigible, à savoir nommer.
- Hypothèses de travail du chapitre, milieu homogène, illimité, non dispersif et transparent : exigible, cadre de toutes les formules.
- La célérité est fixée par le milieu, pas par la source, et s'obtient par analyse dimensionnelle à partir des grandeurs fournies : exigible, capacité explicite.
- Valeurs à citer, son dans l'air environ 340 m/s, dans l'eau environ 1,5×10³ m/s, lumière dans le vide 3,00×10⁸ m/s, ondes P sismiques 6 à 8 km/s, ondes S 3 à 4,5 km/s : exigible.
- Retard temporel τ = d/c : exigible avec utilisation.
- Localisation d'un épicentre par l'écart d'arrivée entre ondes P et ondes S, puis triangulation à partir de plusieurs stations : exigible, capacité explicite.
- Une coupe temporelle, axe des abscisses en secondes, donne une période. Une coupe spatiale, axe en mètres, donne une longueur d'onde : exigible.
- Pour un signal sinusoïdal, amplitude, période T, fréquence f = 1/T, et relation λ = cT = c/f entre longueur d'onde, célérité et fréquence : exigible avec utilisation.
- En changeant de milieu, la fréquence se conserve, imposée par la source, tandis que la célérité et la longueur d'onde changent : exigible.
- Spectre audible humain, d'environ 20 Hz à 20 kHz : exigible, à citer.
- Domaines spectraux du rayonnement électromagnétique, radio, micro-ondes, infrarouge, visible, ultraviolet, rayons X, rayons gamma, avec ordres de grandeur de longueur d'onde et applications : exigible, à citer.
- Le photon a une énergie E = hν = hc/λ, avec h = 6,63×10⁻³⁴ J·s : exigible.
- Effet photoélectrique et photoionisation, interprétés par le modèle particulaire, seuil en fréquence et non en intensité : exigible.
- Modèle du rayon lumineux, indice optique n = c/v ≥ 1, limite de validité, la diffraction apparaît si l'obstacle est comparable à la longueur d'onde : exigible.
- Lois de Snell-Descartes, réflexion, angle réfléchi égal à l'angle incident, réfraction, n₁sin(i₁) = n₂sin(i₂), rayons dans le plan d'incidence : exigible.
- Condition de réflexion totale, sin(ilim) = n₂/n₁ pour n₁ > n₂, réflexion totale au-delà de ilim : exigible avec établissement.
- Généralisation aux rais sismiques, indices remplacés par les célérités, courbure des rais avec la profondeur, discontinuités majeures, Moho et limite manteau-noyau vers 2900 km : exigible, capacité d'application.
Clés de démonstration
Célérité par analyse dimensionnelle. On écrit les dimensions des grandeurs physiques fournies par l'énoncé, puis on cherche la combinaison qui donne des mètres par seconde. Pour une corde, T en newtons et µ en kg/m donnent T/µ en m²/s², donc c = √(T/µ) à un facteur sans dimension près. L'astuce : la vitesse au carré apparaît toujours en cherchant l'homogénéité, jamais la vitesse directement.
Condition de réflexion totale. La loi de la réfraction donne sin(i₂) = (n₁/n₂)sin(i₁). Si n₁ > n₂, le facteur n₁/n₂ dépasse 1, donc au-delà d'un certain i₁, l'expression obtenue dépasse 1, ce qui est impossible pour un sinus. Il n'existe alors plus de rayon réfracté. L'astuce : chercher l'angle limite en posant sin(i₂) = 1, la valeur maximale possible.
Interprétation de l'effet photoélectrique. Un électron reçoit l'énergie d'un seul photon à la fois, jamais la somme de plusieurs. Si hν est inférieur au travail d'extraction, aucun photon isolé ne fournit assez d'énergie, quel que soit leur nombre. Si hν le dépasse, chaque photon absorbé arrache un électron. L'astuce : raisonner photon par photon, jamais sur l'énergie totale du faisceau.
Localisation d'un épicentre. L'écart entre l'arrivée de l'onde P, rapide, et l'onde S, lente, croît avec la distance parcourue, car Δt = d(1/cS − 1/cP). Une seule station donne donc un cercle de rayon d autour d'elle. Trois stations donnent trois cercles dont l'intersection commune est l'épicentre. L'astuce : une mesure de temps se traduit en distance, une distance en cercle, plusieurs cercles en un point.
Courbure des rais sismiques. Comme la célérité croît globalement avec la profondeur dans le manteau, un rai qui s'enfonce rencontre des couches successives de plus en plus rapides, ce qui l'écarte à chaque fois un peu plus de la normale locale, exactement comme une suite de réfractions successives. Le rai finit par se courber et remonter. L'astuce : traiter une variation continue de célérité comme une succession de petites réfractions selon Snell-Descartes.
Exemples et contre-exemples à connaître
- Un flotteur sur une vague monte et descend sur place, il n'avance pas avec la vague : un signal transporte de l'énergie, pas de matière.
- La surpression d'une conversation vaut quelques centièmes de pascal, à comparer aux 10⁵ Pa de la pression atmosphérique : ordre de grandeur à connaître pour ne pas confondre les deux échelles.
- Une corde deux fois plus tendue et deux fois plus lourde garde la même célérité, car seul le rapport T/µ compte : contre-exemple à l'idée que doubler toutes les grandeurs change nécessairement le résultat.
- Lire une longueur d'onde sur une coupe temporelle, en secondes, est une erreur classique : l'unité de l'axe des abscisses tranche toujours entre période et longueur d'onde.
- En changeant de milieu, c'est la fréquence qui reste fixe, pas la longueur d'onde : contre-exemple à l'intuition selon laquelle tout resterait identique ou tout changerait.
- Augmenter l'intensité d'une lumière sous le seuil de fréquence n'arrache aucun électron par effet photoélectrique, même avec un faisceau très puissant : contre-exemple central au raisonnement ondulatoire naïf.
- La réflexion totale n'existe que du milieu plus réfringent vers le milieu moins réfringent, jamais de l'air vers l'eau : contre-exemple à l'idée qu'elle pourrait se produire dans les deux sens.
- Les ondes S ne traversent pas le noyau externe liquide de la Terre, contrairement aux ondes P qui le traversent en étant fortement réfractées : argument historique majeur sur la structure interne du globe.
- Le modèle du rayon lumineux cesse d'être valable si l'obstacle rencontré a une dimension comparable à la longueur d'onde, où apparaît la diffraction : limite de validité à toujours vérifier avant de l'appliquer.
- Un photon visible à 500 nm porte environ 2,5 eV, bien trop peu pour ioniser la plupart des molécules, contrairement à un photon ultraviolet lointain ou X : contre-exemple à croire que toute lumière peut ioniser.
Techniques du chapitre
Technique 1, obtenir une célérité par analyse dimensionnelle à partir des grandeurs fournies. Mini-exercice : pour une onde de surface sur eau profonde, la célérité dépend de l'accélération de la pesanteur g et de la longueur d'onde λ. La seule combinaison homogène à une vitesse est c = √(gλ), à un facteur sans dimension près.
Technique 2, distinguer coupe temporelle et coupe spatiale par l'unité de l'axe des abscisses. Mini-exercice : un graphe en secondes montre une périodicité de 2 ms. C'est nécessairement une période T = 2 ms, jamais une longueur d'onde.
Technique 3, utiliser l'écart P-S pour retrouver une distance. Mini-exercice : un écart de 8,0 s est mesuré, avec 1/cS − 1/cP = 0,10 s/km. La distance à l'épicentre vaut d = 8,0/0,10 = 80 km.
Technique 4, garder la fréquence fixe pour recalculer une longueur d'onde après un changement de milieu. Mini-exercice : un son de 1 kHz passe de l'air, 340 m/s, à l'eau, 1500 m/s. λ passe de 34 cm à 1,5 m, la fréquence restant 1 kHz.
Technique 5, comparer l'énergie d'un photon à un seuil pertinent. Mini-exercice : un photon ultraviolet à 200 nm porte E = hc/λ ≈ 6,2 eV, largement suffisant pour ioniser de nombreuses molécules dont les énergies de liaison sont de l'ordre de quelques eV.
Technique 6, comparer n₁ et n₂ avant d'appliquer Snell-Descartes, pour savoir si la réflexion totale est possible. Mini-exercice : un rayon va de l'eau, n = 1,33, vers l'air, n = 1,00. n₁ > n₂, la réflexion totale est possible au-delà de ilim ≈ 49°.
Technique 7, pour un rai sismique, remplacer les indices par les célérités et raisonner par discontinuités. Mini-exercice : à une interface où la célérité passe de 8 à 6 km/s, en descendant, le rai s'écarte de la normale, exactement comme en passant vers un milieu moins réfringent en optique.
Exercices classiques corrigés
Choisis ton niveau. Difficulté indicative ; les exercices qui se suivent restent dans l'ordre.
Exercice 1
Classiques de khôlle et concours · Khôlle
Une corde de guitare a une masse linéique µ = 1,0 g/m et une tension T = 80 N. Calculer la célérité des ondes transversales. Une corde deux fois plus tendue et deux fois plus lourde aurait-elle la même célérité ?
Technique formule de la célérité par analyse dimensionnelle.
Voir le corrigé
- c = √(T/µ) = √(80/1,0×10⁻³) ≈ 283 m/s.
- Avec T' = 2T et µ' = 2µ, c' = √(2T/2µ) = √(T/µ) = c : la célérité est inchangée.
- Seul le rapport T/µ compte, pas les valeurs individuelles des deux grandeurs.
- Ce résultat correspond à l'expérience, doubler simultanément tension et masse linéique ne change pas la hauteur du son produit.
piège : Croire que multiplier toutes les grandeurs par un même facteur change nécessairement la célérité.
Exercice 2
Classiques de khôlle et concours · Khôlle
Un séisme est enregistré à 120 km de l'épicentre, avec cP = 8,0 km/s et cS = 4,5 km/s. Calculer l'écart de temps d'arrivée entre l'onde P et l'onde S.
Technique formule du retard, écart entre deux célérités.
Voir le corrigé
- Δt = d(1/cS − 1/cP) = 120 × (1/4,5 − 1/8,0).
- 1/4,5 ≈ 0,222 s/km, 1/8,0 = 0,125 s/km, écart 0,097 s/km.
- Δt = 120 × 0,097 ≈ 11,7 s.
- Réciproquement, mesurer Δt = 11,7 s à une station inconnue permettrait de retrouver d = 120 km, puis de tracer un cercle de ce rayon autour de la station.
piège : Intervertir cP et cS dans la différence, ou oublier que l'onde P arrive toujours en premier.
Exercice 3
Classiques de khôlle et concours · Khôlle
Un son de fréquence 2,5 kHz se propage dans l'air, c = 340 m/s, puis pénètre dans l'eau, c = 1500 m/s. Calculer la longueur d'onde dans chaque milieu.
Technique conservation de la fréquence lors d'un changement de milieu.
Voir le corrigé
- Dans l'air, λair = cair/f = 340/2500 ≈ 13,6 cm.
- La fréquence est imposée par la source et se conserve, f = 2,5 kHz dans l'eau aussi.
- Dans l'eau, λeau = ceau/f = 1500/2500 = 0,60 m.
- La longueur d'onde a plus que quadruplé alors que la fréquence n'a pas changé.
piège : Recalculer une nouvelle fréquence à partir d'une supposée conservation de λ, alors que c'est l'inverse qui est vrai.
Exercice 4
Classiques de khôlle et concours · Khôlle vers écrit
Calculer l'énergie et la longueur d'onde d'un photon capable d'ioniser un atome d'hydrogène, d'énergie d'ionisation 13,6 eV. Ce photon appartient-il au domaine visible ?
Technique conversion d'énergie, relation E = hc/λ.
Voir le corrigé
- E = 13,6 eV = 13,6 × 1,60×10⁻¹⁹ ≈ 2,18×10⁻¹⁸ J.
- λ = hc/E = (6,63×10⁻³⁴ × 3,00×10⁸)/2,18×10⁻¹⁸ ≈ 9,1×10⁻⁸ m, soit 91 nm.
- 91 nm est inférieur à 400 nm, ce photon appartient au domaine ultraviolet, pas au visible.
- Cela confirme que la lumière visible, moins énergétique par photon, ne peut ioniser un atome d'hydrogène isolé.
piège : Oublier la conversion eV vers joules, ou comparer une énergie en eV directement à une longueur d'onde sans repasser par E = hc/λ.
Exercice 5
Classiques de khôlle et concours · Khôlle
Un faisceau passe de l'air, n = 1,00, dans un verre d'indice n = 1,50, avec un angle d'incidence de 40°. Calculer l'angle de réfraction. Un rayon revenant du verre vers l'air avec un angle d'incidence de 50° dans le verre peut-il sortir ?
Technique loi de la réfraction, puis condition de réflexion totale dans le sens retour.
Voir le corrigé
- sin(i₂) = (1,00/1,50)sin(40°) ≈ 0,667 × 0,643 ≈ 0,429, donc i₂ ≈ 25,4°.
- Le rayon se rapproche de la normale en entrant dans le milieu plus réfringent, cohérent avec i₂ < i₁.
- Pour le retour, n₁ = 1,50 > n₂ = 1,00, sin(ilim) = 1,00/1,50 ≈ 0,667, soit ilim ≈ 41,8°.
- Avec un angle de 50° supérieur à ilim, il y a réflexion totale, aucun rayon ne sort dans l'air.
piège : Appliquer la loi de la réfraction sans vérifier d'abord que l'angle d'incidence reste inférieur à l'angle limite.
Exercice 6
Classiques de khôlle et concours · Type écrit CCINP ou e3a
L'énergie d'extraction du sodium métallique vaut 2,3 eV. Une lumière verte, λ = 530 nm, puis une lumière ultraviolette, λ = 250 nm, éclairent successivement une plaque de sodium. Dans quel cas y a-t-il émission d'électrons, et avec quelle énergie cinétique maximale ?
Technique comparaison de hν au travail d'extraction pour chaque longueur d'onde.
Voir le corrigé
- E_vert = hc/λ_vert = (6,63×10⁻³⁴ × 3,00×10⁸)/(530×10⁻⁹) ≈ 2,34 eV.
- E_vert dépasse de justesse le seuil de 2,3 eV, l'effet photoélectrique a donc lieu avec la lumière verte.
- EUV = hc/λUV ≈ 4,97 eV, bien au-delà du seuil, l'effet a également lieu.
- Pour l'UV, l'énergie cinétique maximale vaut Ec = 4,97 − 2,3 ≈ 2,7 eV, contre seulement environ 0,04 eV pour le vert.
piège : Croire qu'une intensité lumineuse plus forte en dessous du seuil de fréquence pourrait compenser, ou oublier de soustraire le travail d'extraction pour obtenir l'énergie cinétique.
Exercice 7
Classiques de khôlle et concours · Type écrit CCINP ou e3a
Deux stations sismiques, à 200 km et à 350 km de l'épicentre, mesurent des écarts P-S de 19,4 s et 33,9 s, avec cP = 8,0 km/s. En déduire cS à partir de chaque station et commenter la cohérence des deux valeurs.
Technique inverser la formule de l'écart P-S, comparaison de deux mesures indépendantes.
Voir le corrigé
- 1/cS = Δt/d + 1/cP.
- Station à 200 km : 1/cS = 19,4/200 + 1/8,0 = 0,097 + 0,125 = 0,222 s/km, donc cS ≈ 4,50 km/s.
- Station à 350 km : 1/cS = 33,9/350 + 1/8,0 ≈ 0,0969 + 0,125 ≈ 0,222 s/km, donc cS ≈ 4,51 km/s.
- Les deux valeurs sont cohérentes à moins de 1 % près, ce qui valide un modèle de célérité S uniforme dans le milieu traversé.
piège : Se contenter d'une seule station sans vérifier la cohérence entre plusieurs mesures indépendantes, qui est pourtant l'esprit même de la démarche expérimentale.
Exercice 8
Approfondissement · Type écrit Centrale ou Mines, plus délicat
Au-delà d'une certaine distance angulaire de l'épicentre, les ondes S sismiques directes disparaissent de l'enregistrement à la surface, alors que les ondes P restent détectables, bien que réfractées. Expliquer ce phénomène à partir de la nature des ondes P et S et des propriétés du noyau terrestre.
Technique raisonnement qualitatif combinant nature de l'onde et état du milieu traversé.
Voir le corrigé
- Les ondes S sont des ondes de cisaillement, elles nécessitent un milieu capable de transmettre une contrainte tangentielle, donc une certaine rigidité.
- Un liquide ne résiste pas au cisaillement, il ne peut pas transmettre d'onde S.
- L'absence des ondes S directes au-delà d'une certaine distance angulaire indique donc qu'elles ne traversent pas une région interne du globe, ce qui constitue l'argument historique en faveur d'un noyau externe liquide.
- Les ondes P, ondes de compression, ne nécessitent pas de rigidité, elles traversent aussi les liquides, mais sont fortement réfractées à l'entrée et à la sortie du noyau, ce qui crée une zone d'ombre différente et plus étroite pour elles.
- La cause de l'absence des ondes S est donc structurelle, liée à l'état liquide du milieu traversé, et non une simple atténuation progressive comme pour les ondes P.
piège : Attribuer l'absence des ondes S à une atténuation avec la distance, comme pour n'importe quel signal, plutôt qu'à l'incapacité structurelle d'un liquide à transmettre le cisaillement.
Erreurs fréquentes
- Lire une longueur d'onde sur une coupe temporelle, en secondes, au lieu d'une période.
- Croire que c'est la longueur d'onde qui se conserve en changeant de milieu, alors que c'est la fréquence, imposée par la source.
- Croire qu'une intensité lumineuse plus forte peut compenser une fréquence insuffisante dans l'effet photoélectrique.
- Appliquer la loi de la réfraction sans avoir vérifié au préalable qu'on n'est pas au-delà de l'angle limite, dans le sens milieu plus réfringent vers milieu moins réfringent.
- Confondre l'atténuation progressive des ondes P avec l'absence structurelle des ondes S dans le noyau liquide, deux phénomènes de nature différente.
Fiche de cours rédigée à partir du programme officiel de BCPST 1 (2021), thème S « ondes et signaux », partie S.1. Elle couvre les signaux physiques et leur propagation, le cas du signal sinusoïdal, les modèles ondulatoire et particulaire de la lumière, puis la réflexion et la réfraction, étendues aux ondes sismiques de volume. Aucune équation de propagation n'est au programme, l'approche reste descriptive et quantitative sur les grandeurs caractéristiques.