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PTSI · Physique · semaine 22

Mouvement d'un solide

Définition du solide et description de deux mouvements particuliers, la translation et la rotation autour d'un axe fixe. Théorème scalaire du moment cinétique appliqué au solide en rotation, avec le moment d'inertie, le couple et la liaison pivot, sur les exemples du pendule de torsion et du pendule pesant. Approche énergétique avec l'énergie cinétique de rotation, puis cas d'un système déformable où le travail des forces intérieures n'est plus nul.

Sommaire

Le cours

Résumé en cinq points

  1. Dans une translation, tous les points ont la même vitesse. Dans une rotation autour d'un axe fixe, tous les points ont la même vitesse angulaire et une vitesse égale à d ωd\,\omega en norme.
  2. Le moment cinétique scalaire d'un solide en rotation vaut JΔ ωJ_\Delta\,\omega, avec JΔJ_\Delta d'autant plus grand que la masse est loin de l'axe.
  3. Le théorème scalaire du moment cinétique, JΔ dωdt=∑MΔJ_\Delta\,\dfrac{\dd\omega}{\dd t} = \sum \mathcal{M}_\Delta, est l'analogue en rotation du principe fondamental de la dynamique.
  4. L'énergie cinétique de rotation vaut 12JΔ ω2\frac{1}{2}J_\Delta\,\omega^2 et la puissance d'un couple vaut MΔ ω\mathcal{M}_\Delta\,\omega. Pour un solide en rotation autour d'un axe fixe, l'approche énergétique et le théorème du moment cinétique donnent la même équation.
  5. Le travail des forces intérieures est nul pour un solide, pas pour un système déformable, ce qu'illustre le tabouret d'inertie.
Pourquoi ce chapitre

Jusqu'ici la mécanique se faisait sur un point matériel. Or un pendule, une poulie, un rotor de moteur ont une extension spatiale et tournent sur eux-mêmes.

Ce chapitre introduit le minimum d'outils pour traiter deux mouvements très particuliers : la translation et la rotation autour d'un axe fixe. L'outil central est le théorème scalaire du moment cinétique, qui joue pour la rotation le rôle que le principe fondamental joue pour la translation.

Le programme est restrictif :

  • tout ce qui combine translation et rotation est exclu ;
  • tout ce qui fait bouger l'axe de rotation est exclu.

La fin du chapitre sert à comprendre pourquoi un système déformable ne suit pas les mêmes règles qu'un solide, à travers le travail des forces intérieures. Ce chapitre alimente aussi le chapitre d'induction, où le rotor d'un moteur est un solide en rotation autour d'un axe fixe.

1Solide et systèmes déformables

1.1Définition

Définition 1.1Solide

Un solide est un système matériel dont la distance entre deux points quelconques reste constante au cours du temps.

C'est un modèle : aucun corps réel n'est parfaitement indéformable, mais il convient pour une poulie métallique ou une tige rigide.

Définition 1.2Système déformable

Un système déformable est un système pour lequel cette propriété n'est pas vérifiée.

Exemple 1.3Systèmes déformables

  • un gaz ;
  • un ressort ;
  • une chaîne ;
  • une personne assise sur un tabouret tournant qui écarte et rapproche les bras ;
  • deux points reliés par un fil élastique.

Pour reconnaître un système déformable, on se demande si deux points du système peuvent se rapprocher. Si oui, il est déformable.

1.2Translation

Définition 1.4Translation

Un solide est en translation quand tout vecteur liant deux de ses points garde une direction fixe au cours du mouvement. Le solide ne tourne pas sur lui-même.

À un instant donné, tous les points du solide ont le même vecteur vitesse et le même vecteur accélération. On peut alors traiter le solide comme un point matériel de masse totale, placé en son centre de masse.

Deux cas sont au programme :

  • la translation rectiligne, où chaque point décrit un segment de droite ;
  • la translation circulaire, où chaque point décrit un cercle de même rayon mais de centre différent, sans que le solide tourne sur lui-même.

Exemple 1.5

Une caisse qui glisse sur un plan incliné est en translation rectiligne. La nacelle d'une grande roue reste verticale alors que son point d'attache décrit un cercle : c'est une translation circulaire.

Attention

Décrire des cercles n'est pas tourner : une translation circulaire n'est pas une rotation.

1.3Rotation autour d'un axe fixe

Le solide tourne autour d'un axe Δ\Delta fixe dans le référentiel d'étude, orienté une fois pour toutes par un vecteur unitaire ez⃗\vec{e_z}. On repère la position par un angle θ\theta.

Définition 1.6Vitesse angulaire

La vitesse angulaire est ω=dθdt\omega = \dfrac{\dd\theta}{\dd t}. Elle est la même pour tous les points du solide : il n'y a qu'un seul degré de liberté.

Un point MM du solide situé à la distance dd de l'axe décrit un cercle de rayon dd, centré sur l'axe, dans un plan orthogonal à l'axe.

Propriété 1.7Vitesse d'un point

La vitesse de MM est orthoradiale et sa norme vaut v(M)=d ∣ω∣.v(M) = d\,\abs{\omega}.

Les points proches de l'axe vont lentement, ceux qui en sont éloignés vont vite. Sur l'axe, la vitesse est nulle.

À retenir

Tous les points ont la même vitesse angulaire ω\omega et v=d ∣ω∣v = d\,\abs{\omega}.

2Théorème scalaire du moment cinétique

2.1Moment d'une force par rapport à un axe orienté

Définition 2.1Moment par rapport à un axe

Le moment par rapport à l'axe orienté Δ\Delta d'une force F⃗\vec{F} appliquée en un point MM est la composante sur ez⃗\vec{e_z} du moment en un point OO de l'axe : MΔ(F⃗)=(OM⃗∧F⃗)⋅ez⃗.\mathcal{M}_\Delta(\vec{F}) = (\vec{OM} \wedge \vec{F}) \cdot \vec{e_z}.

Cette quantité ne dépend pas du point OO choisi sur l'axe.

Pour une force contenue dans un plan orthogonal à l'axe, on utilise le bras de levier :

  • en valeur absolue, le moment est le produit de la norme de la force par la distance de l'axe à la droite d'action de la force ;
  • le signe est positif si la force tend à faire tourner le solide dans le sens positif choisi.

Deux cas de moment nul sont à repérer immédiatement :

  • une force dont la droite d'action coupe l'axe ;
  • une force parallèle à l'axe.

2.2Moment cinétique et moment d'inertie

Définition 2.2Moment cinétique et moment d'inertie

Pour un solide en rotation autour de l'axe fixe Δ\Delta à la vitesse angulaire ω\omega, le moment cinétique scalaire par rapport à Δ\Delta vaut LΔ=JΔ ω,L_\Delta = J_\Delta\,\omega, où JΔJ_\Delta est le moment d'inertie du solide par rapport à l'axe. Il s'exprime en  kg.m2\unite{kg.m^2} et ne dépend que de la géométrie du solide et de la répartition de sa masse.

Le programme précise que son expression est toujours fournie : aucun calcul d'intégrale n'est à savoir faire.

Lien qualitatif avec la répartition des masses, exigible : le moment d'inertie est d'autant plus grand que la masse est répartie loin de l'axe. Pour une même masse et un même encombrement, un cylindre creux a un moment d'inertie plus grand qu'un cylindre plein.

Exemple 2.3Tige

Une tige de masse mm et de longueur LL a pour moment d'inertie :

  • mL212\dfrac{mL^2}{12} autour d'un axe perpendiculaire passant par son milieu ;
  • mL23\dfrac{mL^2}{3} si l'axe passe par une extrémité, car la masse est alors en moyenne plus éloignée de l'axe.

Le moment d'inertie mesure l'inertie de rotation, c'est-à-dire la difficulté à mettre le solide en rotation, comme la masse mesure l'inertie de translation.

2.3Couple

Définition 2.4Couple

Un couple est un ensemble d'actions mécaniques de résultante nulle mais de moment non nul. Il ne tend pas à déplacer le solide, seulement à le faire tourner.

L'exemple type est constitué de deux forces opposées appliquées en deux points distincts. On note souvent Γ\Gamma le moment d'un couple, en  N.m\unite{N.m}.

2.4Liaison pivot

Définition 2.5Liaison pivot

Une liaison pivot est une liaison qui autorise uniquement la rotation du solide autour d'un axe fixe et bloque tous les autres mouvements. Elle exerce sur le solide des actions de contact.

Définition 2.6Liaison pivot parfaite

Une liaison pivot est parfaite quand le moment de ces actions par rapport à l'axe de rotation est nul. Elle n'intervient alors pas dans le théorème scalaire du moment cinétique et ne travaille pas.

Si la liaison n'est pas parfaite, il existe un frottement de pivot, dont le moment s'oppose au sens de rotation. On le modélise souvent par un couple de moment −α ω-\alpha\,\omega, avec α\alpha positif.

2.5Énoncé du théorème

Théorème 2.7Théorème scalaire du moment cinétique

Hypothèses

  • référentiel galiléen ;
  • solide en rotation autour d'un axe Δ\Delta orienté, fixe dans ce référentiel ;
  • solide indéformable, donc JΔJ_\Delta constant.

Alors JΔ dωdt=∑MΔ(F⃗ext).J_\Delta\,\frac{\dd\omega}{\dd t} = \sum \mathcal{M}_\Delta(\vec{F}_{\text{ext}}).

Cette relation est l'analogue de ma⃗=F⃗m\vec{a} = \vec{F} pour la rotation. Seules les actions extérieures interviennent : les actions intérieures au solide ont un moment total nul.

À retenir

JΔ dωdtJ_\Delta\,\dfrac{\dd\omega}{\dd t} est égal à la somme des moments extérieurs par rapport à Δ\Delta.

3Deux exemples de référence

3.1Pendule de torsion

Un disque ou une tige est suspendu à un fil de torsion vertical qui constitue l'axe. Écarté d'un angle θ\theta de sa position d'équilibre, le fil exerce un couple de rappel de moment −Cθ-C\theta, où CC est la constante de torsion en  N.m.rad−1\unite{N.m.rad^{-1}}.

Propriété 3.1Équation du pendule de torsion

Le théorème scalaire du moment cinétique donne Jθ¨=−CθJ\ddot\theta = -C\theta, soit θ¨+CJ θ=0.\ddot\theta + \frac{C}{J}\,\theta = 0. C'est l'équation d'un oscillateur harmonique, de pulsation propre et de période ω0=CJ,T0=2πJC.\omega_0 = \sqrt{\frac{C}{J}}, \quad T_0 = 2\pi\sqrt{\frac{J}{C}}. Les oscillations sont isochrones : leur période ne dépend pas de l'amplitude.

Propriété 3.2Intégrale première du pendule de torsion

12Jθ˙2+12Cθ2=constante.\frac{1}{2}J\dot\theta^2 + \frac{1}{2}C\theta^2 = \text{constante}.

Démonstration

On multiplie l'équation par θ˙\dot\theta et on intègre.

On reconnaît la somme de l'énergie cinétique de rotation et de l'énergie potentielle de torsion. C'est la conservation de l'énergie mécanique, cohérente avec le fait qu'aucune force ne dissipe d'énergie dans ce modèle.

3.2Pendule pesant

Un solide de masse mm est mobile autour d'un axe horizontal fixe ne passant pas par son centre de masse GG. On note dd la distance de GG à l'axe et θ\theta l'angle entre la verticale descendante et la droite joignant l'axe à GG.

Bilan des moments : le poids a pour moment −mgdsin⁡θ-mgd\sin\theta, la liaison pivot supposée parfaite a un moment nul.

Propriété 3.3Équation du pendule pesant

Jθ¨+mgdsin⁡θ=0.J\ddot\theta + mgd\sin\theta = 0. Aux petites oscillations, sin⁡θ≈θ\sin\theta \approx \theta : l'équation devient harmonique, de pulsation et de période ω0=mgdJ,T0=2πJmgd.\omega_0 = \sqrt{\frac{mgd}{J}}, \quad T_0 = 2\pi\sqrt{\frac{J}{mgd}}.

Propriété 3.4Intégrale première du pendule pesant

12Jθ˙2+mgd (1−cos⁡θ)=constante.\frac{1}{2}J\dot\theta^2 + mgd\,(1 - \cos\theta) = \text{constante}.

Démonstration

On multiplie l'équation du mouvement par θ˙\dot\theta et on intègre.

C'est encore la conservation de l'énergie mécanique, avec l'énergie potentielle de pesanteur du centre de masse.

3.3Non isochronisme

Sans l'approximation des petits angles, la période dépend de l'amplitude θm\theta_m et augmente avec elle.

Remarque

Le développement au premier ordre en θm2\theta_m^2, qui donne une correction en θm2/16\theta_m^2/16, est hors programme, pour la culture.

Le programme demande de mettre ce non isochronisme en évidence numériquement :

MéthodeMettre en évidence le non isochronisme

  1. Écrire le système du premier ordre sur (θ,θ˙)(\theta, \dot\theta).
  2. L'intégrer pour plusieurs amplitudes initiales.
  3. Repérer les instants d'annulation de θ˙\dot\theta pour mesurer la période.
  4. Tracer la période en fonction de l'amplitude.

On constate que la période croît, d'abord très lentement, puis nettement au-delà d'une amplitude de l'ordre du radian.

3.4Étude énergétique expérimentale

En mesurant θ(t)\theta(t) sur un pendule réel, on reconstitue θ˙\dot\theta par dérivation numérique, puis on trace l'énergie mécanique en fonction du temps. On observe une décroissance, due aux frottements dans la liaison pivot et à la résistance de l'air. L'énergie mécanique n'est donc pas conservée dans l'expérience, contrairement au modèle.

4Approche énergétique

4.1Énergie cinétique de rotation

Propriété 4.1Énergie cinétique de rotation

Pour un solide en rotation autour d'un axe fixe Δ\Delta, Ec=12JΔ ω2.E_c = \frac{1}{2}J_\Delta\,\omega^2.

L'analogie avec 12mv2\frac{1}{2}mv^2 est complète : le moment d'inertie remplace la masse et la vitesse angulaire remplace la vitesse.

Propriété 4.2Puissance d'un couple

La puissance d'une force ou d'un couple de moment MΔ\mathcal{M}_\Delta agissant sur ce solide est P=MΔ ω.P = \mathcal{M}_\Delta\,\omega.

Cette formule est le pendant de P=F⃗⋅v⃗P = \vec{F}\cdot\vec{v}. Elle sert dans tous les bilans de puissance des machines tournantes.

4.2Équivalence avec le théorème du moment cinétique

Le théorème de l'énergie cinétique appliqué au solide s'écrit dEcdt\dfrac{\dd E_c}{\dd t} égal à la puissance des forces extérieures, soit ddt(12Jω2)=Jω dωdt=ω∑MΔ.\begin{aligned} \frac{\dd}{\dd t}\left(\frac{1}{2}J\omega^2\right) &= J\omega\,\frac{\dd\omega}{\dd t} \\ &= \omega \sum \mathcal{M}_\Delta. \end{aligned}

Si ω\omega n'est pas nul, on simplifie par ω\omega et on retrouve exactement le théorème scalaire du moment cinétique.

Propriété 4.3Équivalence des deux théorèmes

Pour un solide en rotation autour d'un axe fixe, le théorème de l'énergie cinétique et le théorème scalaire du moment cinétique sont équivalents et ne donnent qu'une seule équation.

Il ne faut pas espérer tirer une information supplémentaire en écrivant les deux.

En pratique :

  • on utilise le théorème du moment cinétique pour l'équation différentielle du mouvement ;
  • on utilise l'approche énergétique pour une intégrale première ou un bilan de puissance.

4.3Système déformable et forces intérieures

Le théorème de l'énergie cinétique pour un système quelconque s'écrit ΔEc=Wext+Wint.\Delta E_c = W_{\text{ext}} + W_{\text{int}}.

Pour un solide, le travail des forces intérieures est nul, puisque les distances entre les points ne varient pas. Pour un système déformable, ce terme n'est pas nul et il faut en tenir compte.

Exemple 4.4Deux blocs reliés par un ressort

Le travail des forces intérieures est l'opposé de la variation de l'énergie potentielle élastique du ressort.

Exemple 4.5Tabouret d'inertie

Une personne assise sur un tabouret tournant à liaison pivot parfaite tient des masses à bout de bras. Le système est déformable. Aucun moment extérieur n'agit par rapport à l'axe vertical, donc le moment cinétique se conserve : J1 ω1=J2 ω2.J_1\,\omega_1 = J_2\,\omega_2. En repliant les bras, la personne diminue le moment d'inertie, donc la vitesse angulaire augmente. L'énergie cinétique vaut Ec=L22JE_c = \dfrac{L^2}{2J} avec LL constant : elle augmente quand JJ diminue.

Cette énergie supplémentaire ne vient pas de l'extérieur. Elle est fournie par le travail des forces intérieures, c'est-à-dire par les muscles de la personne, qui doivent lutter contre l'effet centrifuge pour ramener les masses vers l'axe.

À retenir

Sur un système déformable, la conservation du moment cinétique ne s'accompagne pas de la conservation de l'énergie cinétique.

Méthodes

MéthodeTraiter un problème de solide

  1. Identifier le mouvement : translation ou rotation autour d'un axe fixe. Si le solide fait les deux, le problème est hors programme en PCSI.
  2. Choisir et annoncer une orientation de l'axe, puis un angle. Tous les signes en découlent. Une erreur de signe sur un moment change complètement la nature de la position d'équilibre.
  3. Faire la liste des actions extérieures et éliminer d'emblée celles dont le moment est nul : poids d'un solide dont le centre de masse est sur l'axe, liaison pivot parfaite, force dont la droite d'action coupe l'axe.
  4. Appliquer le théorème scalaire du moment cinétique.

MéthodeObtenir une intégrale première

Deux voies équivalentes :

  1. multiplier l'équation du mouvement par θ˙\dot\theta et intégrer ;
  2. écrire directement la conservation de l'énergie mécanique.

MéthodeBilan énergétique d'un système déformable

  1. Écrire le théorème de l'énergie cinétique avec les deux termes, extérieur et intérieur.
  2. Ne jamais oublier le travail des forces intérieures, même quand le moment cinétique se conserve.

Ce qu'il faut savoir refaire en khôlle

  1. Distinguer un solide d'un système déformable et donner un exemple de translation circulaire.
  2. Exprimer la vitesse d'un point d'un solide en rotation en fonction de sa distance à l'axe et de la vitesse angulaire.
  3. Calculer le moment d'une force par rapport à un axe avec un bras de levier, en justifiant le signe.
  4. Expliquer qualitativement pourquoi un cylindre creux a un moment d'inertie supérieur à celui d'un cylindre plein de même masse.
  5. Établir l'équation du mouvement du pendule de torsion et du pendule pesant, puis en déduire une intégrale première.
  6. Montrer que pour un solide en rotation autour d'un axe fixe, théorème de l'énergie cinétique et théorème scalaire du moment cinétique sont équivalents.
  7. Mener le bilan complet du tabouret d'inertie : moment cinétique conservé, énergie cinétique qui augmente, origine de cette énergie.
  8. Décrire le protocole numérique qui met en évidence le non isochronisme des oscillations du pendule pesant.

Méthodes et exercices

Les résultats à connaître

  • Solide. La distance entre deux points quelconques reste constante. Définition exigible, il faut savoir reconnaître un système déformable.
  • Translation. À chaque instant, tous les points ont même vitesse et même accélération. Exigible, il faut distinguer translation rectiligne et translation circulaire.
  • Rotation autour d'un axe fixe. Un point à la distance d de l'axe décrit un cercle d'axe Δ, avec v = d θ̇ e_θ, de norme d |ω|. Exigible, démonstration courte à savoir refaire.
  • Moment par rapport à un axe orienté. M_Δ(F) = (OM ∧ F)·ez ne dépend pas du point O choisi sur l'axe. Exigible, le calcul par bras de levier doit être maîtrisé.
  • Moment cinétique d'un solide en rotation. L_Δ = J_Δ ω, avec J_Δ fourni. Exigible. Le calcul intégral de J_Δ est hors programme.
  • Couple. Résultante nulle, moment non nul et indépendant du point. Définition exigible.
  • Liaison pivot parfaite. Moment nul par rapport à l'axe, puissance nulle. Exigible, il faut aussi justifier le moment de frottement d'une liaison réelle.
  • Théorème scalaire du moment cinétique (TMC). Hypothèses : référentiel galiléen, axe fixe, solide. J_Δ dω/dt = Σ M_Δ(Fext). Exigible sans démonstration.
  • Pendule de torsion et pendule pesant. Équation du mouvement et intégrale première, exigibles avec démonstration.
  • Énergie cinétique de rotation Ec = ½ J_Δ ω² et puissance P = M_Δ ω. Exigibles, J_Δ étant fourni.
  • Équivalence entre le théorème de l'énergie cinétique (TEC) et le TMC pour un solide en rotation autour d'un axe fixe. Exigible avec démonstration.
  • TEC pour un système quelconque. ΔE_c = Wext + Wint, avec Wint = 0 pour un solide. Exigible, nullité à justifier.
  • Hors programme, à signaler si un énoncé les utilise : théorème de Huygens, théorèmes de König, roulement sans glissement, solide dont l'axe de rotation se déplace, formule de Borda pour la période aux grands angles.

Clés de démonstration

Vitesse d'un point du solide. En coordonnées cylindriques d'axe Δ, un point du solide garde sa distance d à l'axe et sa cote z. Seul l'angle varie, de la même quantité pour tous les points. De OM = d er + z ez on tire v = d θ̇ e_θ. L'astuce est de repérer ce qui reste constant avant de dériver.

Indépendance du moment vis-à-vis de O. Pour un autre point O' de l'axe, on écrit O'M = O'O + OM. Le terme supplémentaire (O'O ∧ F)·ez est un produit mixte contenant deux vecteurs colinéaires, O'O et ez, donc il est nul.

Relation L_Δ = J_Δ ω. Un point de masse mi à la distance di de l'axe a une vitesse orthoradiale di ω et un bras de levier di. Son moment cinétique scalaire vaut donc mi d_i² ω. En sommant avec le même ω pour tous, J_Δ = Σ mi d_i², et le facteur d_i² explique le rôle de la répartition des masses.

Pendule de torsion. On applique le TMC avec le couple de rappel −Cθ, le poids parallèle à l'axe ayant un moment nul. On multiplie par θ̇ et on reconnaît les dérivées de ½ J θ̇² et de ½ C θ².

Pendule pesant. Le bras de levier du poids vaut d |sin θ|. Pour le signe, on teste un petit angle positif : le poids ramène vers θ = 0, donc son moment vaut −m g d sin θ. On multiplie ensuite par θ̇ et on intègre.

Équivalence TEC et TMC. On dérive : d(½ J ω²)/dt = J ω dω/dt. La puissance des actions extérieures vaut ω Σ M_Δ. On simplifie par ω là où ω ≠ 0, puis on étend par continuité aux instants isolés où ω s'annule.

Travail intérieur nul pour un solide. Les forces d'interaction entre Mi et Mj sont opposées et portées par la droite M_jM_i, donc fj→i = λ M_jM_i. La puissance de la paire vaut fj→i·(vi − vj) = (λ/2) d(M_jM_i²)/dt, nulle si la distance est constante. L'astuce est de dériver le carré de la distance.

Tabouret d'inertie. L est conservé et Ec = L²/(2J). Donc Wint = (L²/2)(1/J₂ − 1/J₁), positif quand le moment d'inertie diminue.

Exemples et contre-exemples à connaître

  1. La nacelle d'une grande roue. Translation circulaire : chaque point décrit un cercle, mais la nacelle ne tourne pas sur elle-même.
  2. La roue d'un vélo qui roule. Son axe se déplace, c'est le contre-exemple type d'un mouvement hors programme.
  3. La porte poussée près des gonds. Le bras de levier est petit, il faut une force bien plus grande pour le même moment.
  4. L'anneau et le disque de même masse m et de même rayon R. Moments d'inertie m R² et m R²/2 : à même ω, l'anneau stocke deux fois plus d'énergie, d'où les volants d'inertie à masse périphérique.
  5. La tige de masse m et de longueur L. m L²/12 autour de son milieu, m L²/3 autour d'une extrémité, car la masse est en moyenne plus loin de l'axe.
  6. Le pendule simple vu comme pendule pesant. Avec J = m ℓ² et d = ℓ, on retrouve ω₀ = √(g/ℓ), test de cohérence systématique.
  7. La tige suspendue par une extrémité. J/(m d) = 2L/3, elle oscille comme un pendule simple de longueur 2L/3.
  8. Le disque équilibré. G est sur l'axe, le moment du poids est nul et toute position est d'équilibre : c'est l'équilibrage des roues.
  9. Le tabouret d'inertie. Moment cinétique conservé, énergie cinétique non conservée.
  10. Deux blocs reliés par un ressort. Les forces intérieures ont une résultante nulle, mais leur travail vaut −ΔE_p élastique.

Techniques du chapitre

Calculer un moment par le bras de levier, puis fixer le signe. Mini-exercice : une force de 40 N agit au bout d'une clé de 25 cm, inclinée à 60° sur la clé. Le bras de levier vaut 0,25 × sin 60° = 0,217 m, d'où un moment de 8,7 N·m, contre 10 N·m pour une force perpendiculaire.

Éliminer d'emblée les moments nuls. Mini-exercice : une roue de loterie tourne autour d'un axe horizontal passant par G, pivot parfait, air négligé. Le poids passe par l'axe et le pivot est parfait, donc la somme des moments est nulle et ω reste constante.

Lire la pulsation par identification. Mini-exercice : tige de 1,0 m suspendue par une extrémité, J = m L²/3. L'équation J θ̈ = −m g (L/2) sin θ donne aux petits angles ω₀² = 3g/(2L) = 14,7 s⁻², d'où T₀ = 1,64 s.

Utiliser l'intégrale première pour obtenir une vitesse. Mini-exercice : un pendule pesant est lâché sans vitesse depuis θ₀. La conservation de l'énergie donne θ̇²max = 2 m g d (1 − cos θ₀)/J, atteint en θ = 0.

Résoudre l'équation du premier ordre d'une machine tournante. Mini-exercice : couple moteur Γ et frottement −αω. J dω/dt = Γ − αω donne ωlim = Γ/α, τ = J/α et, depuis le repos, ω(t) = ωlim (1 − exp(−t/τ)).

Conserver le moment cinétique quand les moments extérieurs sont nuls. Mini-exercice : une patineuse fait passer son moment d'inertie de 3,0 à 1,0 kg·m². Sa rotation passe de 1 à 3 tours par seconde.

Tester la stabilité d'un équilibre. Mini-exercice : pendule pesant près de θ = π. Avec θ = π + ε, sin θ ≈ −ε et ε̈ = (m g d/J) ε. La solution croît exponentiellement, l'équilibre est instable, là où m g d (1 − cos θ) est maximale.

Traiter plusieurs solides reliés par un fil. On écrit un théorème par solide et la condition de non glissement v = R ω. Un fil sans masse transmet la même tension tout au long d'un brin.

Exercices classiques corrigés

Choisis ton niveau. Difficulté indicative ; les exercices qui se suivent restent dans l'ordre.

Exercice 1. Moment d'inertie au pendule de torsion

Classiques de khôlle et concours · Niveau khôlle

Un objet suspendu à un fil de torsion oscille avec la période T₁ = 1,20 s. On lui ajoute, sur le même axe, un disque de moment d'inertie Jd = 2,0 × 10⁻³ kg·m². La période devient T₂ = 2,00 s. Déterminer le moment d'inertie J de l'objet et la constante de torsion C.

Technique Deux mesures pour éliminer une inconnue.

Voir le corrigé
  1. Les moments d'inertie par rapport au même axe s'additionnent : T₁² = 4π² J/C et T₂² = 4π²(J + Jd)/C.
  2. Le rapport donne T₂²/T₁² = 1 + Jd/J, d'où J = Jd T₁²/(T₂² − T₁²) = 2,0 × 10⁻³ × 1,44/2,56 = 1,1 × 10⁻³ kg·m².
  3. La différence donne C = 4π² Jd/(T₂² − T₁²) = 3,1 × 10⁻² N·m·rad⁻¹.
  4. Les oscillations étant isochrones, l'amplitude importe peu. On chronomètre dix périodes pour gagner en précision.

piège : Additionner les périodes ou les pulsations au lieu des moments d'inertie.

Exercice 2. Tige lâchée depuis l'horizontale

Classiques de khôlle et concours · Niveau khôlle

Une tige homogène (m, L) tourne autour d'un axe horizontal passant par une extrémité, liaison parfaite, J = m L²/3. On la lâche sans vitesse depuis l'horizontale. Déterminer l'accélération de l'extrémité libre juste après le lâcher, puis sa vitesse au passage à la verticale. Comparer à une chute libre.

Technique TMC pour l'accélération, intégrale première pour la vitesse.

Voir le corrigé
  1. Avec θ mesuré depuis la verticale descendante, J θ̈ = −m g (L/2) sin θ.
  2. Au lâcher, θ = π/2 et θ̇ = 0, donc θ̈ = −3g/(2L). L'accélération de l'extrémité est purement tangentielle, de norme L |θ̈| = 3g/2.
  3. L'intégrale première s'écrit ½ J θ̇² − m g (L/2) cos θ = 0. En θ = 0, θ̇² = 3g/L.
  4. L'extrémité passe à v = √(3gL), plus que √(2gL) en chute libre sur la même hauteur.
  5. Au lâcher, le point situé à 2L/3 de l'axe a exactement l'accélération g, les points plus éloignés davantage. Une pièce posée au bout de la tige décolle.

piège : Croire qu'aucun point d'un solide pesant ne peut accélérer plus vite que g.

Exercice 3. Démarrage et arrêt d'un moteur

Classiques de khôlle et concours · Niveau khôlle

Un rotor (J = 2,0 × 10⁻² kg·m²) subit un couple moteur Γ = 0,50 N·m et un frottement de pivot −αω avec α = 1,0 × 10⁻³ N·m·s. Il démarre du repos. Trouver ω(t) et la vitesse limite. En régime permanent, on coupe le moteur : combien de tours avant l'arrêt, et quelle énergie dissipée ?

Technique Équation du premier ordre et bilan de puissance.

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  1. J dω/dt = Γ − αω donne ω(t) = ωlim (1 − exp(−t/τ)), avec τ = J/α = 20 s et ωlim = Γ/α = 500 rad/s, environ 4 800 tours par minute.
  2. En régime permanent, le moteur fournit Γ ωlim = 250 W et le frottement dissipe α ω_lim² = 250 W.
  3. Après coupure, ω = ωlim exp(−t/τ). L'angle parcouru vaut ∫ ω dt = ωlim τ = 1,0 × 10⁴ rad, soit environ 1 600 tours.
  4. L'énergie dissipée vaut ½ J ω_lim² = 2,5 × 10³ J. On vérifie que ∫ α ω² dt = α ω_lim² τ/2 donne la même valeur.

piège : Dire que l'angle est infini parce que ω ne s'annule jamais. L'intégrale converge.

Exercice 4. Treuil à poulie massive

Classiques de khôlle et concours · D'après un écrit CCINP PC

Une masse m pend à un fil sans masse, inextensible, enroulé sans glisser sur une poulie de rayon R et de moment d'inertie J, montée sur un pivot parfait horizontal. On lâche sans vitesse. Trouver l'accélération de la masse, la tension, et la vitesse après une descente h. Application : poulie disque homogène de masse 2m, donc J = m R².

Technique Un théorème par solide, plus le non glissement.

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  1. La masse est en translation rectiligne, la poulie en rotation autour d'un axe fixe. On oriente x vers le bas et θ de sorte que la descente fasse croître θ. Non glissement : ẋ = R θ̇.
  2. Masse : m ẍ = m g − T.
  3. Poulie : poids et réaction de l'axe ont un moment nul, le fil tire tangentiellement à la distance R, donc J θ̈ = T R.
  4. On élimine T : ẍ = g/(1 + J/(m R²)) et T = m g (J/(m R²))/(1 + J/(m R²)).
  5. Application : ẍ = g/2 et T = m g/2.
  6. Vérification énergétique, rien ne dissipant : ½ m v² + ½ J (v/R)² = m g h donne v² = g h, cohérent avec v² = 2 a h.

piège : Écrire T = m g comme à l'équilibre. Avec une poulie massive, c'est l'écart entre tensions qui fait tourner la poulie.

Exercice 5. Pendule inversé et ressort spiral

Classiques de khôlle et concours · D'après un écrit CCINP PC

Une tige de moment d'inertie J tourne autour d'un pivot parfait horizontal, son centre de masse à la distance d au-dessus du pivot. Un ressort spiral exerce le couple −Cθ, où θ est l'angle avec la verticale ascendante. À quelle condition la verticale haute est-elle stable ? Pulsation des petites oscillations ? Que se passe-t-il sinon ?

Technique Signe du moment du poids et linéarisation.

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  1. Le poids écarte la tige de la verticale, son moment a le signe de θ et vaut + m g d sin θ.
  2. TMC : J θ̈ = −Cθ + m g d sin θ.
  3. θ = 0 est d'équilibre. Linéarisé : J θ̈ + (C − m g d) θ = 0. Si C > m g d, l'équilibre est stable, de pulsation √((C − m g d)/J). Si C < m g d, il est instable. L'énergie potentielle Ep = ½ C θ² + m g d cos θ, de dérivée seconde C − m g d en 0, confirme ces deux cas.
  4. Cas limite C = m g d : la linéarisation ne conclut pas. On a Ep − Ep(0) = m g d (θ²/2 + cos θ − 1) ≈ m g d θ⁴/24 > 0 pour θ ≠ 0. L'équilibre reste stable, mais les petites oscillations ne sont pas harmoniques.
  5. Si 0 < C < m g d, la tige bascule vers un équilibre ±θe, avec sin θe/θe = C/(m g d), qui a une unique solution θe dans ]0, π[. Il est stable car Ep″ = m g d (sin θe/θe − cos θe) > 0.

piège : Recopier −m g d sin θ du pendule pesant. Ici le poids est déstabilisant.

Exercice 6. Tabouret d'inertie chiffré

Classiques de khôlle et concours · D'après un écrit CCINP PC

Une personne sur un tabouret à pivot parfait a un moment d'inertie J₁ = 4,0 kg·m² bras écartés et J₂ = 1,6 kg·m² bras repliés. Lancée à ω₁ = 3,0 rad/s bras écartés, elle replie les bras dans un plan horizontal. Trouver ω₂, la variation d'énergie cinétique et son origine.

Technique Conservation de L et TEC pour un système déformable.

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  1. Système : personne, masses tenues, partie mobile du tabouret. Il est déformable.
  2. Les poids sont parallèles à l'axe vertical, le pivot est parfait, l'air est négligé. L est conservé.
  3. J₁ ω₁ = J₂ ω₂ donne ω₂ = 7,5 rad/s.
  4. Ec1 = ½ × 4,0 × 9,0 = 18 J et Ec2 = ½ × 1,6 × 56,25 = 45 J, donc ΔE_c = 27 J.
  5. Les poids ne travaillent pas (mouvement horizontal), le pivot non plus. Donc Wint = 27 J, fournis par les muscles. Vérification : (L²/2)(1/J₂ − 1/J₁) = 72 × 0,375 = 27 J.
  6. En réécartant les bras, elle revient à ω₁ avec Wint = −27 J : ses muscles retiennent les masses.

piège : Conserver à la fois L et Ec, ce qui donne deux équations incompatibles.

Exercice 7. Embrayage de deux disques coaxiaux

Classiques de khôlle et concours · D'après un écrit CCINP PC

Un disque J₁ tourne à ω₁ autour d'un axe vertical fixe. Un disque J₂ est immobile sur le même axe. Pivots parfaits. On les met en contact et le frottement finit par les solidariser. Trouver la vitesse finale et l'énergie perdue.

Technique Le système est déformable pendant le glissement.

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  1. Système : les deux disques. Poids parallèles à l'axe et pivots parfaits ont un moment nul. Les couples de frottement entre disques sont intérieurs et opposés, de moment total nul.
  2. Conservation : J₁ ω₁ = (J₁ + J₂) ωf.
  3. ΔE_c = ½ (J₁ + J₂) ω_f² − ½ J₁ ω₁² = −½ J₁ J₂ ω₁²/(J₁ + J₂).
  4. Le TEC donne Wint = ΔE_c < 0 : travail du frottement de glissement, converti en énergie thermique. Pour deux disques identiques, la moitié de l'énergie est perdue.
  5. C'est l'analogue en rotation d'un choc mou.

piège : Croire que les frottements ne travaillent pas parce qu'ils sont intérieurs et de moment total nul.

Exercice 8. Étude énergétique d'un pendule pesant réel

Approfondissement · Type oral Centrale

Un pendule pesant (J, m, d) subit dans son pivot un frottement de moment −α θ̇. Montrer que l'énergie mécanique décroît. Aux petits angles et pour un frottement faible, donner sa loi de décroissance. Proposer un protocole pour mesurer α.

Technique Multiplier par θ̇, puis tracer un logarithme.

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  1. TMC : J θ̈ = −m g d sin θ − α θ̇.
  2. En multipliant par θ̇ : d/dt [½ J θ̇² + m g d (1 − cos θ)] = −α θ̇² ≤ 0.
  3. Aux petits angles, θ̈ + (α/J) θ̇ + ω₀² θ = 0, avec Q = J ω₀/α. Si Q ≫ 1, l'amplitude décroît comme exp(−αt/(2J)) et l'énergie comme exp(−αt/J).
  4. Protocole. On enregistre θ(t) par vidéo ou capteur angulaire. On calcule Em aux extrema de θ, où θ̇ = 0, ce qui évite une dérivation numérique bruitée. La pente de ln Em en fonction du temps vaut −α/J.
  5. Un tracé non rectiligne signale un autre frottement, solide ou quadratique dans l'air.

piège : S'étonner des paliers de Em(t) : la dissipation α θ̇² s'annule deux fois par période.

Exercice 9. Non isochronisme du pendule pesant

Approfondissement · D'après un écrit Mines PC

Un pendule pesant sans frottement oscille avec l'amplitude θm, entre 0 et π. Exprimer sa période par une intégrale. Justifier qu'elle croît avec θm et diverge quand θm tend vers π. Décrire le script qui le montre numériquement.

Technique Séparer les variables grâce à l'intégrale première.

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  1. Avec ω₀² = m g d/J, l'intégrale première donne θ̇² = 2 ω₀² (cos θ − cos θm).
  2. Le potentiel est pair et le mouvement réversible, donc T vaut quatre fois la durée de 0 à θm : T = (2√2/ω₀) ∫₀θm dθ/√(cos θ − cos θm).
  3. Argument qualitatif : pour 0 < θ < π, sin θ < θ. Le rappel est plus faible que dans le modèle linéaire, le retour est plus lent.
  4. Preuve possible, hors exigences : avec sin(θ/2) = k sin φ et k = sin(θm/2), T = (4/ω₀) ∫₀π/2 dφ/√(1 − k² sin² φ). Cette expression croît avec k et diverge quand k tend vers 1 : le pendule s'attarde près de l'équilibre instable.
  5. Script. On pose y = (θ, θ̇) avec dy/dt = (θ̇, −ω₀² sin θ). On intègre par Runge-Kutta (solve_ivp) depuis θ = θm, θ̇ = 0. Le premier changement de signe de θ donne T/4. On trace T/T₀ en fonction de θm.
  6. Valeurs attendues : T/T₀ ≈ 1,02 à 0,5 rad, 1,07 à 1 rad, 1,18 à π/2.

piège : Utiliser Euler explicite avec un pas grossier : l'énergie croît artificiellement et la période est faussée.

Erreurs fréquentes

  1. Donner le signe d'un moment sans avoir annoncé l'orientation de l'axe. L'erreur change la nature des équilibres.
  2. Traiter une roue qui roule ou un cylindre qui descend un plan incliné comme une rotation autour d'un axe fixe. Ces problèmes sont hors programme en PCSI.
  3. Écrire T = m g pour un fil qui accélère une poulie, ou prendre des tensions égales de part et d'autre d'une poulie massive.
  4. Écrire le TEC et le TMC pour un solide en espérant deux équations. À l'inverse, conserver l'énergie cinétique d'un système déformable dont seul le moment cinétique est conservé.
  5. Utiliser une vitesse angulaire en tours par minute dans v = d ω ou Ec = ½ J ω² sans la convertir en radians par seconde.

Fiche de cours rédigée à partir du programme officiel de physique-chimie de PCSI (arrêté de 2021), deuxième semestre, thème 2 « mouvements et interactions (2) », partie 2.7 « Mouvement d'un solide ». Elle suppose connus le théorème du moment cinétique pour un point matériel et le théorème de l'énergie cinétique.