Aller au contenu

Accueil › MPSI › Physique-chimie

MPSI · Physique-chimie · semaine 30

Énergie échangée par un système au cours d'une transformation

Transformations isochore, monobare, isotherme, monotherme. Travail des forces de pression, travail et aire dans le diagramme de Watt, transferts thermiques, transformation adiabatique, thermostat.

Sommaire

Le cours

Résumé en cinq points

  1. Une transformation fait passer d'un état d'équilibre à un autre, sous l'effet d'une modification des contraintes extérieures. La première chose à faire est de définir le système.
  2. « Iso » porte sur le système et « mono » sur l'extérieur. Isotherme implique monotherme, la réciproque est fausse.
  3. Le travail des forces de pression vaut toujours δW=−Pext dV\delta W = - P_{\text{ext}}\,\dd V, et δW=−P dV\delta W = - P\,\dd V seulement si la transformation est mécaniquement quasi statique.
  4. Le travail dépend du chemin suivi. Dans le diagramme de Clapeyron il se lit comme une aire, et sur un cycle horaire le système fournit du travail.
  5. Il y a trois modes de transfert thermique : conduction, convection et rayonnement. Adiabatique signifie QQ nul, ce qui s'obtient par calorifugeage ou par rapidité.
Pourquoi ce chapitre

Le chapitre précédent décrivait des états d'équilibre. Celui-ci décrit le passage d'un état d'équilibre à un autre, et compte l'énergie qui traverse la frontière du système pendant ce passage.

Deux modes d'échange seulement existent en thermodynamique :

  • le travail ;
  • le transfert thermique.

Ce chapitre apprend à les calculer avant d'avoir énoncé le premier principe, ce qui est l'ordre logique. Il fixe aussi un vocabulaire que les énoncés de concours utilisent sans le rappeler. Isotherme et monotherme ne sont pas synonymes, isobare et monobare non plus. Enfin il introduit l'interprétation géométrique du travail dans le diagramme de Clapeyron, qui sert pour tous les cycles de machines thermiques.

1Transformation thermodynamique

1.1Définition et méthode

Définition 1.1Transformation

Une transformation est le passage d'un système d'un état d'équilibre initial à un état d'équilibre final, provoqué par une modification des contraintes imposées par le milieu extérieur.

Exemple 1.2Contraintes que l'on relâche

  • On libère un piston bloqué.
  • On met en contact deux corps par une paroi conductrice.
  • On perce une paroi.

Première étape de toute résolution : définir un système adapté au problème. Il y a souvent plusieurs choix possibles, et le bon choix simplifie tout.

MéthodeChoisir le système

  1. Choisir un système fermé, car le premier principe au programme s'écrit pour un système fermé.
  2. Choisir si possible un système isolé, en englobant tout ce qui échange de l'énergie : les échanges deviennent internes et disparaissent du bilan.

Exemple 1.3Calorimètre

On prend comme système la réunion du calorimètre, de l'eau et du corps introduit. Le système est adiabatique et on n'a pas à calculer les transferts entre ses parties.

1.2Détermination de l'état final

L'état final est imposé par les contraintes extérieures. Il faut savoir l'écrire avant tout calcul.

Propriété 1.4Conditions imposées à l'état final

  • Paroi mobile en contact mécanique avec l'extérieur : l'équilibre mécanique final donne Pfinal=PextP_{\text{final}} = P_{\text{ext}}.
  • Contact thermique avec un thermostat : l'équilibre thermique final donne Tfinal=TthermostatT_{\text{final}} = T_{\text{thermostat}}.
  • Volume imposé par une paroi rigide : Vfinal=VinitialV_{\text{final}} = V_{\text{initial}}.

AttentionÉgalités valables à l'état final seulement

Le piège est d'écrire ces égalités pendant la transformation alors qu'elles ne valent qu'à l'état final.

1.3Vocabulaire des transformations

Le préfixe « iso » porte sur le système, le préfixe « mono » porte sur le milieu extérieur.

Définition 1.5Vocabulaire

  • Isochore : le volume du système est constant tout au long de la transformation.
  • Isotherme : la température du système est définie et constante à chaque instant.
  • Isobare : la pression du système est définie et constante à chaque instant.
  • Monotherme : la température du milieu extérieur est constante. Celle du système peut varier, et n'est même pas forcément définie pendant la transformation.
  • Monobare : la pression du milieu extérieur est constante. Celle du système peut varier.
  • Adiabatique : aucun transfert thermique entre le système et l'extérieur.
  • Quasi statique : le système passe par une suite continue d'états d'équilibre, ce qui suppose une transformation infiniment lente devant les temps de relaxation.
  • Cyclique : l'état final est identique à l'état initial. Toute fonction d'état y a donc une variation nulle.

Propriété 1.6Relations entre ces notions

  • Une transformation isotherme est monotherme, la réciproque est fausse.
  • Une transformation monotherme quasi statique est isotherme.
  • Même chose pour isobare et monobare.

Exemple 1.7Détente brutale

Une détente rapide n'est ni isobare ni isotherme, car la pression et la température du système ne sont pas définies pendant la transformation. Elle peut parfaitement être monobare.

À retenir

« Iso » porte sur le système, « mono » sur l'extérieur.

2Travail des forces de pression

2.1Travail élémentaire

Schéma de référence : un gaz est enfermé dans un cylindre de section SS fermé par un piston mobile sans frottement. L'extérieur exerce sur le piston la pression PextP_{\text{ext}}.

Propriété 2.1Travail élémentaire des forces de pression

Le travail WW est le travail reçu par le système (convention du receveur). Pour toute transformation, brutale ou non : δW=−Pext dV.\delta W = - P_{\text{ext}}\,\dd V. Cette expression ne fait intervenir que la pression extérieure, toujours définie.

Démonstration

Quand le piston se déplace de dx\dd x vers l'extérieur, le volume du gaz augmente de dV=S dx\dd V = S\,\dd x. La force pressante extérieure sur le piston vaut PextSP_{\text{ext}} S et est dirigée vers l'intérieur. Son travail vaut donc −PextS dx-P_{\text{ext}} S\,\dd x, soit −Pext dV-P_{\text{ext}}\,\dd V.

RemarqueSigne

  • Une compression, avec dV<0\dd V < 0, correspond à W>0W > 0 : le système reçoit du travail.
  • Une détente correspond à W<0W < 0.

Propriété 2.2Cas quasi statique

Hypothèses

  • transformation mécaniquement quasi statique.

Alors la pression du système est définie à chaque instant et vaut PextP_{\text{ext}}, et seulement dans ce cas δW=−P dV.\delta W = - P\,\dd V.

C'est cette forme que l'on utilise pour intégrer le long d'un chemin dans un diagramme de Clapeyron.

2.2Calcul par découpage et sommation

On découpe la transformation en étapes infinitésimales, on écrit le travail élémentaire, puis on somme le long du chemin suivi. Il n'y a qu'une seule variable, le volume : l'intégration est une intégrale simple. Trois résultats sont à savoir refaire.

Propriété 2.3Transformation isochore

Hypothèses

  • dV=0\dd V = 0 à chaque instant.

Alors W=0W = 0 : le travail des forces de pression est nul à volume constant.

Propriété 2.4Transformation monobare

Hypothèses

  • PextP_{\text{ext}} constante, qui sort de l'intégrale.

Alors W=−Pext (Vfinal−Vinitial).W = - P_{\text{ext}}\,(V_{\text{final}} - V_{\text{initial}}).

Seuls l'état initial et l'état final interviennent, bien que le travail ne soit pas une fonction d'état. C'est une particularité du cas monobare.

Propriété 2.5Détente isotherme quasi statique d'un gaz parfait

Hypothèses

  • gaz parfait, P=nRT/VP = nRT/V ;
  • TT constante ;
  • transformation quasi statique.

Alors W=−∫P dV=−nRTln⁡VfinalVinitial.\begin{aligned} W &= - \int P\,\dd V \\ &= - nRT \ln\frac{V_{\text{final}}}{V_{\text{initial}}}. \end{aligned}

Dans une détente isotherme, le gaz fournit du travail à l'extérieur, WW est négatif, ce qui est cohérent.

AttentionLe travail dépend du chemin

Deux transformations reliant les mêmes états initial et final par des chemins différents ne donnent pas le même travail. Comparer une détente monobare brutale et une détente isotherme quasi statique entre les mêmes états le montre immédiatement. Le travail n'est pas une fonction d'état, c'est pourquoi on note δW\delta W et jamais dW\dd W.

2.3Interprétation géométrique dans le diagramme de Clapeyron

Pour une transformation quasi statique, on trace PP en fonction de VV. Le travail reçu vaut −∫P dV-\int P\,\dd V : son opposé est l'aire algébrique comprise entre la courbe et l'axe des volumes.

  • Détente : on parcourt la courbe vers la droite, l'aire sous la courbe est le travail fourni par le système, et WW est négatif.
  • Compression : on va vers la gauche et WW est positif.

Sur un cycle fermé, le travail total reçu est, au signe près, l'aire enfermée par le cycle.

  • Sens horaire : le travail reçu est négatif, le système fournit du travail, c'est un cycle moteur.
  • Sens trigonométrique : le travail reçu est positif, c'est un cycle récepteur.

Cette règle se retient en comparant l'aire sous la branche de détente et l'aire sous la branche de compression.

À retenir

Vers la droite, le système fournit du travail. Cycle horaire : moteur.

2.4Autres travaux

Le programme se concentre sur les forces de pression, mais un système peut recevoir du travail autrement.

Exemple 2.6Travail électrique

Une résistance chauffante plongée dans un calorimètre reçoit W=UI ΔtW = UI\,\Delta t. Il faut penser à le compter dans le bilan.

3Transferts thermiques

3.1Définition

Définition 3.1Transfert thermique

Le transfert thermique QQ est l'énergie échangée avec l'extérieur autrement que par un travail macroscopique. Microscopiquement, c'est un transfert d'agitation désordonnée, par chocs ou par rayonnement, sans déplacement d'ensemble de la frontière. Il est compté positivement quand il est reçu par le système.

Comme le travail, il dépend du chemin suivi : on note δQ\delta Q et jamais dQ\dd Q. Un système ne possède ni travail ni chaleur, il possède de l'énergie interne.

3.2Les trois modes de transfert

Le programme demande de les distinguer qualitativement.

Définition 3.2Conduction

La conduction est un transfert de proche en proche au sein de la matière, par agitation des particules, sans déplacement macroscopique de matière. C'est le mode dominant dans les solides.

Exemple 3.3Conduction

Le manche d'une cuillère métallique chauffe dans une casserole. Les métaux conduisent bien, l'air et les isolants comme la laine de verre conduisent mal.

Définition 3.4Convection

La convection est un transfert associé à un déplacement macroscopique de matière dans un fluide.

  • Elle est naturelle quand le mouvement est provoqué par les différences de masse volumique dues à l'échauffement, par exemple au-dessus d'un radiateur.
  • Elle est forcée quand un ventilateur ou une pompe impose l'écoulement.

Elle est en général bien plus efficace que la conduction dans un fluide.

Définition 3.5Rayonnement

Le rayonnement est un transfert par ondes électromagnétiques, qui ne nécessite aucun support matériel et se fait donc dans le vide. Tout corps rayonne, d'autant plus que sa température est élevée.

Exemple 3.6Rayonnement

Le Soleil chauffe la Terre.

Dans une situation réelle, les trois modes coexistent presque toujours. Une tasse de café chaud perd de l'énergie par conduction à travers la paroi, par convection dans l'air au-dessus, et par rayonnement.

3.3Transformation adiabatique

Définition 3.7Transformation adiabatique

Une transformation est adiabatique quand Q=0Q = 0.

MéthodeRéaliser une transformation adiabatique

  1. Isoler thermiquement le système : parois calorifugées, polystyrène, vase Dewar, calorimètre.
  2. Faire la transformation suffisamment rapidement. Les transferts thermiques sont des phénomènes lents : si la transformation dure bien moins longtemps que le temps caractéristique de diffusion thermique, l'échange est négligeable.

C'est ce qui justifie de traiter la propagation du son ou une compression rapide dans un cylindre comme adiabatique, bien que les parois ne soient pas isolantes.

AttentionAdiabatique n'est pas isotherme

C'est même souvent le contraire : une compression adiabatique échauffe le gaz.

3.4Thermostat

Définition 3.8Thermostat

Un thermostat, ou source de chaleur, est un système dont la température reste constante quels que soient les transferts thermiques qu'il échange. Le modèle correspond à une capacité thermique très grande devant celle du système étudié.

Savoir identifier un thermostat dans une situation expérimentale est une capacité exigible.

Exemple 3.9Thermostats

  • L'atmosphère pour une expérience de paillasse.
  • Un grand bain d'eau thermostaté.
  • L'eau d'une rivière pour le condenseur d'une centrale.
  • Le sol profond pour une pompe à chaleur géothermique.

Exemple 3.10Contre-exemple

Un petit bécher d'eau dans lequel on plonge un bloc de métal chaud n'est pas un thermostat : sa température monte notablement.

Propriété 3.11Contact avec un unique thermostat

Un système en contact avec un unique thermostat subit une transformation monotherme. Si en plus la transformation est quasi statique, elle est isotherme et la température du système est celle du thermostat à chaque instant.

Méthodes

MéthodePoser le problème

  1. Écrire le système, la nature de la transformation et les contraintes extérieures avant tout calcul : trois lignes qui évitent la plupart des erreurs.
  2. Pour l'état final, chercher systématiquement les conditions d'équilibre mécanique et thermique imposées par l'extérieur.

MéthodeCalculer un travail

  1. Partir toujours de δW=−Pext dV\delta W = - P_{\text{ext}}\,\dd V.
  2. Ne remplacer PextP_{\text{ext}} par PP que si la transformation est mécaniquement quasi statique, et le dire.
  3. Identifier immédiatement les cas où le travail est nul (transformation isochore) ou se calcule sans intégrale (transformation monobare).

MéthodeLire un diagramme de Clapeyron

  1. Repérer le sens de parcours.
  2. Vers la droite, le système fournit du travail ; vers la gauche, il en reçoit.

Ce qu'il faut savoir refaire en khôlle

  1. Distinguer isotherme et monotherme, isobare et monobare, avec un exemple de transformation monobare non isobare.
  2. Établir δW=−Pext dV\delta W = - P_{\text{ext}}\,\dd V à partir du travail de la force pressante sur un piston.
  3. Calculer le travail reçu dans une transformation isochore, dans une transformation monobare, et dans une détente isotherme quasi statique d'un gaz parfait.
  4. Montrer sur un exemple que le travail dépend du chemin suivi.
  5. Interpréter géométriquement le travail dans un diagramme de Clapeyron, y compris le signe pour un cycle.
  6. Distinguer conduction, convection et rayonnement, avec un exemple pour chacun.
  7. Justifier qu'une transformation rapide peut être considérée comme adiabatique.
  8. Identifier un thermostat dans une situation expérimentale décrite, et dire ce qu'il impose.

Méthodes et exercices

Les résultats à connaître

  • Travail élémentaire des forces de pression. δW = − Pext dV, où Pext est la pression exercée par l'extérieur sur la partie mobile de la frontière. Convention receveur, valable pour toute transformation. Exigible avec démonstration.
  • Cas mécaniquement quasi statique. P = Pext à chaque instant, donc δW = − P dV. Exigible, et l'hypothèse doit être énoncée.
  • Transformation isochore. W = 0. Exigible.
  • Transformation monobare. W = − Pext (Vf − Vi). Exigible avec démonstration.
  • Isotherme quasi statique d'un gaz parfait. W = n R T ln(Vi/Vf) = n R T ln(Pf/Pi). Exigible avec démonstration.
  • Diagramme de Clapeyron. Pour un chemin quasi statique, |W| est l'aire sous la courbe, et pour un cycle l'aire enfermée. Un cycle horaire est moteur (W < 0), un cycle trigonométrique est récepteur (W > 0). Exigible.
  • W et Q dépendent du chemin suivi, ce ne sont pas des fonctions d'état. Exigible, à montrer sur un exemple.
  • Isotherme implique monotherme. Monotherme et quasi statique implique isotherme. Mêmes énoncés pour isobare et monobare. Exigible avec justification.
  • État final. Une paroi mobile impose l'équilibre mécanique. Un thermostat derrière une paroi diatherme impose Tf = T_thermostat. Une paroi rigide impose Vf = Vi. Exigible.
  • Adiabaticité. Q = 0, par calorifugeage ou par une durée courte devant le temps caractéristique des transferts thermiques. Exigible qualitativement.
  • Thermostat. Sa température reste fixe car sa capacité thermique est très grande devant celle du système. Identification exigible.
  • Conduction, convection et rayonnement. Distinction qualitative exigible.
  • Hors de ce chapitre, à signaler si un énoncé les utilise. Le premier principe relève du chapitre suivant, la loi de Laplace d'un chapitre ultérieur. La loi de Fourier et la diffusion thermique sont vues en seconde année. La loi de Stefan est hors programme.

Clés de démonstration

δW = − Pext dV. Seule la face du piston, de section S, est mobile. L'extérieur exerce une force Pext S dirigée vers le gaz, et le piston avance de dx vers l'extérieur, donc δW = − Pext S dx. L'astuce est de reconnaître dV = S dx : la géométrie disparaît, et le résultat vaut pour toute frontière déformable.

Travail monobare. On somme les δW le long du chemin réel. Pext constante sort de l'intégrale, et la somme des dV vaut Vf − Vi. L'astuce est de ne jamais utiliser la pression du système, non définie pendant une transformation brutale.

Isotherme quasi statique d'un gaz parfait. Le quasi statique donne Pext = P = n R T/V à chaque instant. T constante sort de l'intégrale, et ∫ dV/V = ln(Vf/Vi). L'astuce est de justifier le passage de Pext à P avant d'utiliser l'équation d'état.

Signe du travail sur un cycle. On découpe le cycle en une branche aller, vers les grands volumes, et une branche retour. L'aller donne moins l'aire sous sa courbe, le retour plus l'aire sous la sienne. La somme vaut moins l'aire enfermée si l'aller est au-dessus, donc si le cycle est horaire.

Monotherme et quasi statique implique isotherme. Quasi statique signifie que le système est à chaque instant en équilibre, y compris thermique, avec l'extérieur. Cet extérieur est un thermostat de température T₀, donc le système est à T₀ à chaque instant. L'astuce est de lire une transformation quasi statique comme une suite d'états finaux.

Adiabaticité par rapidité. Les transferts thermiques ont un temps caractéristique τ fixé par la taille et les matériaux. Si la durée de la transformation est très petite devant τ, l'énergie échangée est une faible fraction de ce qu'elle serait après un temps long. L'astuce est une comparaison de durées, pas un calcul.

Exemples et contre-exemples à connaître

  1. Détente de Joule et Gay-Lussac. Un gaz se répand dans un compartiment vide à parois rigides. Le volume augmente et pourtant W = 0. C'est le contre-exemple définitif à W = − ∫ P dV hors du quasi statique.
  2. Gaz chauffé dans une bouteille rigide. Isochore, W = 0, mais T et P augmentent. L'énergie entre uniquement par transfert thermique.
  3. Eau qui bout dans une casserole ouverte. Isobare et isotherme, et pourtant l'eau reçoit un transfert thermique. Contre-exemple à « isotherme donc pas de chaleur ».
  4. Piston libéré brutalement. Monobare et monotherme, mais ni isobare ni isotherme. L'exemple type de khôlle.
  5. Pompe à vélo. On pompe vite, l'embout chauffe. Compression presque adiabatique, pas isotherme.
  6. Mélange d'eau et de glace. Thermostat à 0 °C sous 1 bar tant que les deux phases coexistent. Il tient par le changement d'état, pas par une grande masse.
  7. Piston lourd. Pour le gaz seul, la pression extérieure utile n'est pas la pression atmosphérique. Il faut inclure le piston dans le système, ou raisonner à l'équilibre final.
  8. Cycle rectangle dans le plan (V, P). Son aire se lit à vue, (P₂ − P₁)(V₂ − V₁). Il sert à vérifier la règle du sens de parcours.
  9. Vase Dewar. Un seul objet bloque les trois modes de transfert. Question de cours habituelle.

Techniques du chapitre

Écrire les trois lignes préalables. Mini-exercice : on libère d'un coup le piston, de masse négligeable, d'un cylindre métallique à l'air libre. Système : le gaz. Contraintes : Patm et Tatm constantes. Nature : monobare, monotherme, brutale. Donc W = − Patm ΔV, Pf = Patm et Tf = Tatm.

Déterminer l'état final avant le travail. Mini-exercice : un gaz parfait est à 3,0 bar, 2,0 L et T₀, parois diathermes. On libère le piston sous 1,0 bar. Tf = T₀ et Pf = 1,0 bar, donc Vf = 6,0 L. Alors W = − 1,0 × 10⁵ × 4,0 × 10⁻³ = − 400 J.

Additionner les étapes. Mini-exercice : un gaz est chauffé dans une enceinte rigide, puis détendu contre l'atmosphère de 1,0 L à 1,5 L. La première étape donne 0, la seconde, monobare, − 1,0 × 10⁵ × 0,5 × 10⁻³ = − 50 J. Au total W = − 50 J, sans intégrale.

Exprimer P en fonction de V seul avant d'intégrer. Mini-exercice : un chemin quasi statique rectiligne va de (1,0 L, 1,0 bar) à (3,0 L, 2,0 bar). W est l'opposé de l'aire du trapèze : − 1,5 × 10⁵ × 2,0 × 10⁻³ = − 300 J.

Lire le signe sur le diagramme. Mini-exercice : le cycle passe par (1 L, 1 bar), (3 L, 1 bar), (3 L, 2 bar), (1 L, 2 bar) dans cet ordre. La détente se fait en bas, la compression en haut, donc le sens est trigonométrique. W = − 200 J + 400 J = + 200 J, le cycle est récepteur.

Choisir le système pour que les forces extérieures soient constantes. Mini-exercice : un piston de masse M repose sur un gaz, sous l'atmosphère P₀. On prend le système gaz, piston et masse. Le poids et la force atmosphérique sont constants. Le travail reçu vaut − (P₀ + Mg/S) ΔV_gaz, car l'énergie cinétique du piston est nulle au début et à la fin.

Comparer des durées pour justifier l'adiabaticité. Mini-exercice : une onde sonore de 1 kHz dans l'air. Une compression dure 0,5 ms et s'étend sur environ 17 cm. Avec a = 2 × 10⁻⁵ m²·s⁻¹ et la loi d'échelle √(a t) donnée par l'énoncé, la chaleur se déplace d'environ 0,1 mm. L'échange thermique est négligeable.

Exercices classiques corrigés

Choisis ton niveau. Difficulté indicative ; les exercices qui se suivent restent dans l'ordre.

Exercice 1. Nommer les transformations

Classiques de khôlle et concours · Niveau khôlle

Qualifier les situations suivantes. a) On enfonce très lentement le piston d'une seringue bouchée à paroi métallique, dans une pièce à 20 °C. b) On libère d'un coup le piston bloqué d'un cylindre métallique contenant un gaz comprimé, à l'air libre. c) On chauffe un gaz dans un récipient rigide scellé. d) On comprime en un quart de seconde l'air d'une pompe à vélo bouchée.

Technique « Iso » porte sur le système, « mono » sur l'extérieur.

Voir le corrigé
  1. a) Quasi statique au contact de l'air, qui joue le rôle de thermostat : monotherme, donc isotherme. La pression du gaz et la force de l'opérateur varient : ni isobare ni monobare.
  2. b) L'extérieur impose Patm et Tatm : monobare et monotherme. Pendant le mouvement, P et T du gaz ne sont pas définies : ni isobare ni isotherme.
  3. c) Parois rigides : isochore, W = 0. Ni isotherme ni adiabatique.
  4. d) Rapide devant la diffusion thermique : presque adiabatique, le gaz s'échauffe. Lente devant la propagation du son dans la pompe, environ 1 ms : mécaniquement quasi statique. Aussi monotherme.

piège : Croire qu'une transformation monotherme exige que la température du système soit définie.

Exercice 2. Deux chemins, deux travaux

Classiques de khôlle et concours · Niveau khôlle

Un gaz parfait est dans un cylindre diatherme au contact d'un thermostat T₀, à P₀ = 2,0 bar et V₀ = 10 L. On le fait passer à 2V₀ de deux façons. a) Pext passe brutalement à P₀/2 et reste constante. b) Par une détente isotherme quasi statique. Calculer les travaux et conclure.

Technique Monobare contre intégration quasi statique.

Voir le corrigé
  1. État final commun : Tf = T₀, Vf = 2V₀, donc Pf = P₀/2, cohérent avec la pression extérieure du cas a).
  2. Cas a), monobare : Wa = − (P₀/2)(2V₀ − V₀) = − P₀V₀/2 = − 1,0 kJ.
  3. Cas b) : Wb = − n R T₀ ln 2 = − P₀V₀ ln 2 = − 1,39 kJ.
  4. Mêmes états extrêmes, travaux différents : W n'est pas une fonction d'état.
  5. Dans le diagramme de Clapeyron, le rectangle de hauteur P₀/2 est sous l'hyperbole. Le système fournit plus de travail sur le chemin quasi statique.

piège : Calculer Wa avec la pression du gaz, ce qui redonne à tort le résultat quasi statique.

Exercice 3. La bouteille isotherme

Classiques de khôlle et concours · Niveau khôlle

Une bouteille isotherme comporte une double paroi de verre séparée par du vide, des faces argentées et un bouchon. Donner le rôle de chaque élément. Pourquoi le café finit-il par refroidir ?

Technique Associer chaque obstacle à un mode de transfert.

Voir le corrigé
  1. Le vide supprime la matière entre les parois, donc la conduction et la convection à travers cet espace.
  2. L'argenture réfléchit le rayonnement infrarouge, seul mode qui traverse le vide.
  3. Le bouchon isolant bloque la convection de l'air au-dessus du liquide et l'évaporation.
  4. Il reste des fuites : conduction par le col, où les parois se rejoignent, et par le bouchon, rayonnement jamais nul. Le refroidissement passe de quelques minutes à plusieurs heures.
  5. Le nom est trompeur. Le café est un système presque adiabatique, dont la température varie peu parce que Q est petit. Aucun thermostat ne la fixe.

piège : Affirmer que le vide arrête le rayonnement.

Exercice 4. Reconnaître un thermostat

Classiques de khôlle et concours · Niveau khôlle

Un bloc de cuivre de 200 g à 80 °C a une capacité thermique massique de 385 J·kg⁻¹·K⁻¹. On le plonge a) dans un lac à 15 °C, b) dans 100 mL d'eau à 20 °C (4,18 kJ·kg⁻¹·K⁻¹), c) dans un grand récipient d'eau contenant beaucoup de glace. Où l'extérieur est-il un thermostat ? Que sait-on de l'état final ?

Technique Comparer les capacités thermiques.

Voir le corrigé
  1. Capacité du bloc : C = 0,200 × 385 = 77 J·K⁻¹.
  2. a) Le lac a une capacité supérieure de nombreux ordres de grandeur : thermostat, Tf = 15 °C. La transformation est monotherme, pas isotherme.
  3. b) L'eau a une capacité de 418 J·K⁻¹, à peine cinq fois celle du bloc. Ce n'est pas un thermostat. Le chapitre suivant donnera Tf ≈ 29 °C.
  4. c) Tant qu'il reste de la glace, le mélange est à 0 °C : thermostat. Il faudra vérifier que la glace ne fond pas entièrement.

piège : Juger un thermostat à son volume au lieu de sa capacité thermique ou de son changement d'état.

Exercice 5. Compression brutale par une masse

Classiques de khôlle et concours · D'après un écrit CCINP PC

Un cylindre vertical diatherme est dans l'air, à P₀ = 1,0 bar et T₀. Un piston sans frottement, de masse négligeable et de section S, enferme V₁ = 1,0 L de gaz parfait à P₀. On pose brutalement sur le piston une masse M telle que Mg/S = P₀. Déterminer l'état final et le travail reçu. Comparer à une compression isotherme quasi statique entre les mêmes états, puis généraliser.

Technique Choix du système et forces extérieures constantes.

Voir le corrigé
  1. Équilibre final du piston : Pf = P₀ + Mg/S = 2P₀. Thermostat : Tf = T₀, donc Vf = 0,50 L.
  2. Système : gaz, piston et masse. Le poids Mg et la force atmosphérique P₀S sont constants. Le piston descend de h = (V₁ − Vf)/S.
  3. W = (Mg + P₀S) h = 2P₀ × V₁/2 = P₀V₁ = 100 J. Le piston oscille puis s'arrête, son énergie cinétique est nulle aux deux extrémités, donc toute cette énergie va au gaz.
  4. Compression quasi statique : W' = P₀V₁ ln 2 = 69 J.
  5. Cas général, avec x = Pf/P₁ > 1 : W = Pf(V₁ − Vf) = P₁V₁(x − 1) et W' = P₁V₁ ln x. Comme ln x < x − 1, la compression brutale coûte toujours plus cher.

piège : Prendre P₀ comme pression extérieure en oubliant le poids de la masse.

Exercice 6. Gaz retenu par un ressort

Classiques de khôlle et concours · D'après un écrit CCINP PC

Un cylindre horizontal de section S = 10 cm² contient un gaz à gauche d'un piston, et du vide à droite. Un ressort de raideur k = 1,0 × 10³ N·m⁻¹ relie le piston au fond droit. Il est détendu quand le volume du gaz est nul. On chauffe lentement le gaz de V₁ = 0,10 L à V₂ = 0,20 L. Exprimer P(V), calculer W et l'interpréter.

Technique Une seule variable, intégration quasi statique.

Voir le corrigé
  1. Le piston est à x = V/S du fond gauche, le ressort est comprimé de x. L'équilibre du piston donne P S = k x, soit P = kV/S².
  2. P₁ = 10³ × 10⁻⁴/10⁻⁶ = 1,0 × 10⁵ Pa et P₂ = 2,0 × 10⁵ Pa.
  3. W = − ∫ kV/S² dV = − k(V₂² − V₁²)/(2S²) = − (P₂V₂ − P₁V₁)/2 = − (40 − 10)/2 = − 15 J.
  4. Dans le diagramme de Clapeyron, c'est un segment dont le prolongement passe par l'origine. L'aire du trapèze vaut (P₁ + P₂)(V₂ − V₁)/2 = 15 J.
  5. L'énergie élastique kV²/(2S²) augmente de 15 J. Tout le travail fourni par le gaz est stocké dans le ressort, puisque le vide ne reçoit rien.

piège : Traiter la transformation comme monobare sous P₂.

Exercice 7. Cycle d'un gaz parfait

Classiques de khôlle et concours · D'après un écrit CCINP PC

Un gaz parfait part de A (P₀, V₀, T₀). De A à B, détente isobare quasi statique jusqu'à 2V₀. De B à C, refroidissement à volume constant jusqu'à T₀. De C à A, compression isotherme quasi statique. Calculer les travaux et la nature du cycle.

Technique Additivité des travaux et lecture du sens de parcours.

Voir le corrigé
  1. En B : P₀, 2V₀, 2T₀. En C : 2V₀, T₀, donc P = P₀/2.
  2. WAB = − P₀(2V₀ − V₀) = − P₀V₀.
  3. WBC = 0, transformation isochore.
  4. WCA = − n R T₀ ln(V₀/2V₀) = + P₀V₀ ln 2.
  5. W = − P₀V₀(1 − ln 2) ≈ − 0,31 P₀V₀ < 0 : cycle moteur.
  6. Vérification : à droite en haut, on descend, on revient à gauche par l'hyperbole. Sens horaire, cohérent.

piège : Écrire P = P₀ en C, alors que l'isochore a fait chuter la pression.

Exercice 8. Compression isotherme d'un gaz de Van der Waals

Classiques de khôlle et concours · D'après un écrit CCINP PC

L'énoncé fournit l'équation d'état (P + n²a/V²)(V − nb) = n R T. Calculer le travail reçu lors d'une compression isotherme quasi statique de V₁ à V₂ < V₁, puis interpréter les corrections par rapport au gaz parfait.

Technique Isoler P, puis intégrer à T fixée.

Voir le corrigé
  1. P = n R T/(V − nb) − n²a/V².
  2. W = − ∫ P dV = n R T ln((V₁ − nb)/(V₂ − nb)) + n²a(1/V₁ − 1/V₂).
  3. Si a = b = 0, on retrouve n R T ln(V₁/V₂).
  4. Comme V₁ > V₂, (V₁ − nb)/(V₂ − nb) > V₁/V₂. Le covolume rend le gaz moins compressible et augmente le travail.
  5. Le terme en a est négatif : les attractions aident la compression et diminuent le travail.

piège : Se tromper de signe en intégrant 1/V².

Exercice 9. Le moteur est-il adiabatique ?

Approfondissement · Type écrit Centrale

Un moteur à quatre temps tourne à 3 000 tr/min. Alésage 8 cm, course 10 cm, la compression dure un demi-tour. L'énoncé admet un temps de diffusion τ ≈ L²/a, avec a = 2 × 10⁻⁵ m²·s⁻¹ pour l'air, et donne la vitesse du son, 340 m·s⁻¹. Justifier le modèle adiabatique quasi statique et en discuter les limites.

Technique Deux comparaisons de durées, en sens opposés.

Voir le corrigé
  1. 50 tours par seconde, donc la compression dure 10 ms.
  2. Avec L ≈ 4 cm : τ ≈ (4 × 10⁻²)²/(2 × 10⁻⁵) = 80 s. Rapport de l'ordre de 10⁻⁴ : compression adiabatique.
  3. La pression s'uniformise en un aller du son sur la course, 0,1/340 ≈ 0,3 ms, bien moins que 10 ms : compression mécaniquement quasi statique.
  4. Le modèle repose donc sur deux justifications distinctes.
  5. Limite : l'écoulement turbulent et la convection forcée raccourcissent fortement le temps d'échange. Les pertes thermiques réelles restent notables, le modèle est une première approximation.

piège : Croire qu'une transformation rapide ne peut pas être quasi statique. Rapide et lent se jugent toujours par rapport à un temps de référence précis.

Exercice 10. Compression en N paliers

Approfondissement · Type oral Mines ou X

Un gaz parfait est dans un cylindre diatherme au contact d'un thermostat T. On fait passer Pext de P₁ à P₂ en N paliers pk = P₁ rk, avec r = (P₂/P₁)1/N. À chaque palier, on change brutalement Pext puis on attend l'équilibre. Calculer WN et étudier N → ∞.

Technique Somme de travaux monobares, puis passage à la limite.

Voir le corrigé
  1. À la fin du palier k, le gaz est à T et pk, donc Vk = n R T/pk.
  2. Palier k, monobare sous pk : Wk = − pk(Vk − V_(k−1)) = n R T(pk/p_(k−1) − 1) = n R T(r − 1).
  3. WN = N n R T(r − 1). On pose x = ln(P₂/P₁) et u = x/N. Alors WN = n R T x (eᵘ − 1)/u.
  4. Quand N → ∞, (eᵘ − 1)/u → 1, donc WN tend vers n R T ln(P₂/P₁), le travail isotherme quasi statique.
  5. En compression, x > 0 : (eᵘ − 1)/u est supérieure à 1 et croissante en u. WN décroît donc avec N et reste au-dessus de la limite. En détente, x < 0, et le système fournit moins que n R T |x|.
  6. Dans le diagramme de Clapeyron, un escalier de rectangles majore l'hyperbole en compression.

piège : Utiliser dans Wk la pression du palier précédent au lieu de pk.

Erreurs fréquentes

  1. Écrire δW = − P dV pour une transformation brutale. On part toujours de − Pext dV.
  2. Dire qu'une transformation au contact d'un thermostat est isotherme. Elle est monotherme, et isotherme seulement si elle est quasi statique.
  3. Confondre adiabatique et isotherme. Une isotherme échange de la chaleur, une adiabatique change en général de température.
  4. Oublier une contribution à la pression extérieure ou au travail : poids du piston, ressort, résistance chauffante.
  5. Se tromper de signe. W est reçu, positif en compression. Un cycle horaire est moteur. On note δW et jamais dW.

Fiche de cours rédigée à partir du programme officiel de physique-chimie de PCSI (arrêté de 2021), deuxième semestre, thème 3 « l'énergie, conversions et transferts », partie 3.2 « Énergie échangée par un système au cours d'une transformation ». Elle fait suite à la description des systèmes à l'équilibre et prépare le premier principe.