La fiche de cours
Résumé en cinq points
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La concurrence pure et parfaite repose sur cinq conditions rarement réunies. La concurrence imparfaite est la situation normale, et le pouvoir de marché se mesure par l'indice de Lerner, égal à l'inverse de l'élasticité-prix de la demande.
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Le monopole produit moins et vend plus cher que la concurrence, d'où une perte sèche. La discrimination par les prix, en trois degrés chez Pigou, accroît le profit et transfère le surplus.
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L'oligopole se caractérise par l'interdépendance stratégique. Cournot, Bertrand et Stackelberg en donnent trois lectures, et la théorie des jeux explique à la fois la formation et l'instabilité des cartels.
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La concurrence monopolistique de Chamberlin et Robinson combine grand nombre, libre entrée et différenciation. Elle aboutit à un profit nul mais à une capacité excédentaire, compensée par la variété.
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La politique de la concurrence sanctionne les ententes et les abus, contrôle les concentrations et régule les industries de réseau. Son critère est débattu, bien-être du consommateur pour l'école de Chicago, approche structurelle pour ses contradicteurs, débat central pour la régulation des plateformes.
Pourquoi ce chapitre
C'est le chapitre le plus microéconomique du module. Il prolonge le modèle de concurrence pure et parfaite du module 1, en levant ses hypothèses une à une.
Rappel utile. La concurrence pure et parfaite suppose l'atomicité, l'homogénéité du produit, l'information parfaite et gratuite, la libre entrée et sortie, et la libre circulation des facteurs. Chacune de ces cinq conditions est le plus souvent démentie. La concurrence imparfaite n'est donc pas l'exception, c'est la règle.
Il fournit les outils du pouvoir de marché, explique les stratégies des entreprises, différenciation, prédation, entente, innovation, et fonde la politique de la concurrence, donc une partie du module 4.
En dissertation, il alimente les sujets du type « la concurrence est-elle toujours souhaitable », « faut-il craindre les monopoles », « comment réguler les géants du numérique ». En colle, on attend la démonstration du prix de monopole, l'indice de Lerner, le dilemme du prisonnier appliqué aux cartels, et des exemples de sanctions datés.
Notions et mécanismes
Le monopole
Le monopole est la situation où un seul offreur fait face à une multitude de demandeurs, avec un produit sans substitut proche et des barrières empêchant l'entrée. Le monopoleur n'est pas preneur de prix, il est faiseur de prix. Il fait face à la demande de marché tout entière, donc décroissante. Vendre une unité de plus suppose baisser le prix sur toutes les unités vendues, si bien que sa recette marginale est inférieure à son prix.
Il maximise son profit en égalisant recette marginale et coût marginal. La recette marginale étant inférieure au prix, il en résulte un prix supérieur au coût marginal, alors qu'en concurrence parfaite le prix égalise le coût marginal. Le monopoleur produit moins et vend plus cher.
L'indice de Lerner mesure ce pouvoir de marché. Il est égal à la différence entre le prix et le coût marginal, rapportée au prix. À l'optimum, il est égal à l'inverse de la valeur absolue de l'élasticité-prix de la demande. Conclusion à retenir, le pouvoir de marché est d'autant plus fort que la demande est peu élastique. C'est pourquoi les firmes cherchent à rendre leur demande rigide par la fidélisation et la marque.
Le coût collectif du monopole est la perte sèche. Une partie du surplus du consommateur est transférée au producteur, question de répartition. Une autre partie disparaît purement, celle des échanges qui auraient eu lieu à un prix concurrentiel. C'est une perte d'efficacité.
La discrimination par les prix consiste à faire payer des prix différents pour un même bien, selon la disposition à payer. Arthur Cecil Pigou en distingue trois degrés. Au premier, chaque consommateur paie sa disposition à payer maximale. Au deuxième, le prix dépend de la quantité achetée, tarifs dégressifs ou abonnements. Au troisième, il dépend d'un critère observable, âge, statut, moment de l'achat. La discrimination accroît le profit et réduit la perte sèche, tout en captant davantage de surplus du consommateur.
Le monopole a plusieurs origines. Le monopole naturel existe quand une seule firme produit la quantité demandée à un coût inférieur à celui de plusieurs firmes, du fait de coûts fixes élevés et d'un coût moyen décroissant. Les réseaux d'eau, d'électricité et de chemin de fer en relèvent. Le monopole légal résulte d'une décision publique, brevet ou concession. Le monopole d'innovation est temporaire et récompense l'innovateur, c'est le monopole schumpetérien.
Les barrières à l'entrée
Une barrière à l'entrée est tout élément permettant aux firmes installées de dégager durablement des profits sans attirer d'entrants. Joe Bain en donne en 1956 la typologie fondatrice.
Les économies d'échelle obligent l'entrant à démarrer très grand. Les coûts irrécupérables, non récupérables en cas de sortie, rendent l'entrée risquée. Les avantages absolus de coûts tiennent à l'accès privilégié à une technologie, une ressource ou un financement. La fidélité à la marque impose des dépenses de publicité considérables. L'accès aux réseaux de distribution peut être verrouillé. La réglementation, les licences et les brevets créent des barrières juridiques. Dans le numérique enfin, les effets de réseau sont décisifs, la valeur du service croissant avec le nombre d'utilisateurs.
La théorie des marchés contestables, proposée en 1982 par William Baumol, John Panzar et Robert Willig, apporte une nuance décisive. Si l'entrée et la sortie sont libres et sans coûts irrécupérables, la seule menace d'une entrée rapide contraint le monopoleur à fixer un prix proche du coût moyen. Ce n'est donc pas le nombre de firmes présentes qui compte, c'est la possibilité d'entrer. L'exemple canonique est une ligne aérienne, puisque l'avion se redéploie ailleurs.
L'oligopole et l'interdépendance stratégique
L'oligopole est un marché où quelques offreurs se partagent la demande. Sa caractéristique n'est pas le nombre mais l'interdépendance. Chaque firme doit anticiper les réactions des autres avant de décider.
Trois modèles structurent l'analyse. Antoine Augustin Cournot, en 1838, suppose que chaque firme choisit sa quantité en tenant celle de la rivale pour donnée. L'équilibre donne un prix intermédiaire entre monopole et concurrence, qui se rapproche du prix concurrentiel à mesure que le nombre de firmes augmente. Joseph Bertrand, en 1883, objecte que la variable de décision est le prix. Avec des produits homogènes et des capacités illimitées, deux firmes suffisent alors à ramener le prix au coût marginal, c'est le paradoxe de Bertrand. Heinrich von Stackelberg, en 1934, introduit une asymétrie, une firme joue la première et l'autre suit, ce qui avantage le leader.
La théorie des jeux fournit le langage moderne. L'équilibre de Nash désigne une situation où aucune firme n'a intérêt à modifier unilatéralement sa stratégie compte tenu de celle des autres. Le dilemme du prisonnier en est l'illustration centrale. Deux firmes gagneraient à s'entendre sur un prix élevé, mais chacune a intérêt à baisser légèrement son prix pour capter tout le marché, si bien que l'équilibre non coopératif est un prix bas. La coopération n'est stable que si le jeu est répété et si la déviation est détectée et punie.
Le cartel est une entente explicite sur les prix, les quantités ou le partage des marchés. Il transforme l'oligopole en monopole collectif. Sa faiblesse interne est le mécanisme du dilemme du prisonnier, chaque membre ayant intérêt à tricher sur son quota, d'où des dispositifs de surveillance mutuelle. Interdits par le droit de la concurrence, les cartels sont clandestins et difficiles à détecter.
La concurrence monopolistique
Edward Chamberlin et Joan Robinson proposent en 1933, indépendamment, le modèle intermédiaire le plus réaliste. La concurrence monopolistique associe un grand nombre d'offreurs, la libre entrée, et des produits différenciés. Chaque firme détient donc un petit monopole sur sa variété, ce qui lui donne une demande décroissante, mais la libre entrée annule le profit à long terme.
Le résultat de long terme est instructif. Le prix reste supérieur au coût marginal et la firme produit en deçà de la quantité qui minimise son coût moyen. Il existe donc une capacité excédentaire. Cette inefficacité apparente a une contrepartie, la variété offerte au consommateur, qui a une valeur en elle-même.
Harold Hotelling montre en 1929, avec son modèle de localisation le long d'une rue, que la concurrence peut pousser deux vendeurs à se rapprocher du centre plutôt qu'à se différencier, ce qu'on appelle le principe de différenciation minimale. On distingue enfin la différenciation horizontale, où les variétés sont de qualité comparable et où les préférences diffèrent, et la différenciation verticale, où les variétés sont classées de la même façon en qualité et où seul le prix arbitre.
Abus de position dominante et politique de la concurrence
Une position dominante est la capacité d'une entreprise à se comporter de façon indépendante de ses concurrents et de ses clients. Point de droit essentiel, détenir une position dominante n'est pas illicite, c'est l'abus qui l'est. Les abus caractérisés sont les prix prédateurs, vendre à perte pour évincer un rival puis remonter les prix, les ventes liées, le refus d'accès à une infrastructure essentielle, les remises conditionnées à l'exclusivité, et la discrimination entre partenaires. Les ententes sont sanctionnées séparément.
Les autorités disposent de trois leviers. Le contrôle préalable des concentrations. La sanction des pratiques anticoncurrentielles, par des amendes proportionnées au chiffre d'affaires. La régulation sectorielle, qui organise l'accès des concurrents aux infrastructures de réseau. La procédure de clémence, qui exonère le premier membre d'un cartel à le dénoncer, exploite directement le dilemme du prisonnier.
Auteurs et théories de référence
Antoine Augustin Cournot, en 1838, fonde l'analyse mathématique du duopole et de la concurrence en quantités. Joseph Bertrand lui répond en 1883 par la concurrence en prix.
Edward Chamberlin et Joan Robinson, en 1933, construisent la concurrence monopolistique. Robinson introduit aussi l'analyse du monopsone, situation d'acheteur unique, très utilisée aujourd'hui pour le marché du travail.
Joseph Schumpeter défend en 1942 une thèse hétérodoxe. La concurrence qui compte n'est pas la concurrence par les prix mais celle qui provient du produit nouveau et de la technique nouvelle. Le monopole temporaire est le prix à payer pour l'innovation, car il en constitue la récompense attendue. Kenneth Arrow objecte en 1962 que l'incitation à innover est plus forte en concurrence, le monopoleur ayant tendance à protéger sa rente existante plutôt qu'à la détruire.
Joe Bain, en 1956, propose le paradigme structure, comportement, performance, où la structure du marché détermine les comportements et donc les résultats.
Michael Porter, en 1980, formalise cinq forces qui déterminent l'intensité concurrentielle, rivalité entre firmes établies, menace d'entrants, menace de substituts, pouvoir de négociation des fournisseurs et des clients. Il en tire trois stratégies génériques, domination par les coûts, différenciation, niche.
William Baumol et ses coauteurs, en 1982, introduisent la contestabilité des marchés.
Robert Bork, en 1978, formule la doctrine de l'école de Chicago, selon laquelle le seul critère légitime du droit de la concurrence est le bien-être du consommateur, mesuré par les prix, ce qui conduit à tolérer les grandes tailles et l'intégration verticale. Le courant qualifié de néo-brandeisien, dont Lina Khan est la figure la plus connue depuis un article de 2017 sur le commerce en ligne, conteste ce critère et propose de prendre en compte la structure du marché, le pouvoir des grandes plateformes et les effets sur les fournisseurs et les travailleurs.
Faits, chiffres et repères historiques
Repères juridiques. Sherman Act en 1890 et Clayton Act en 1914 aux États-Unis, démantèlement de la Standard Oil en 1911 puis de l'opérateur téléphonique historique au début des années 1980. En Europe, le traité de Rome de 1957 contient dès l'origine des règles de concurrence, codifiées aujourd'hui aux articles 101 pour les ententes et 102 pour les abus de position dominante. En France, le Conseil de la concurrence est créé en 1986 et devient l'Autorité de la concurrence en 2009.
Sanctions marquantes. La Commission européenne a sanctionné en 2004 l'éditeur de systèmes d'exploitation dominant pour vente liée, puis a prononcé à partir de 2017 trois amendes contre le premier moteur de recherche mondial, pour un total supérieur à 8 milliards d'euros, sur le comparateur de prix, le système d'exploitation mobile et la régie publicitaire. Le cartel des constructeurs européens de camions a été sanctionné en 2016 d'environ 3 milliards d'euros. En France, l'Autorité de la concurrence a sanctionné plusieurs cartels de biens de consommation courante pour plusieurs centaines de millions d'euros.
Concentration numérique. Le principal moteur de recherche détient de l'ordre de 90 % des requêtes mondiales et le principal système d'exploitation mobile équipe environ 70 % des téléphones. Ces ordres de grandeur expliquent l'adoption par l'Union européenne du règlement sur les marchés numériques en 2022, applicable à partir de 2024, qui impose des obligations préventives aux plateformes désignées comme contrôleurs d'accès, dont l'interopérabilité et l'interdiction de l'auto-préférence.
Cartels de matières premières. L'Organisation des pays exportateurs de pétrole, créée en 1960, regroupe des États et non des entreprises. Ses membres assurent de l'ordre du tiers de la production mondiale, davantage avec les pays associés. Son histoire illustre l'instabilité des ententes, avec des épisodes de non-respect des quotas et des guerres de prix.
Pouvoir de marché. Les travaux de Jan De Loecker, Jan Eeckhout et Gabriel Unger, publiés en 2020, estiment que le rapport du prix au coût marginal, pour les entreprises américaines, est passé d'environ 1,2 au début des années 1980 à environ 1,6 au milieu des années 2010, la hausse étant concentrée dans le haut de la distribution. Enfin, la protection par brevet est en général de vingt ans à compter du dépôt, monopole temporaire destiné à rentabiliser la recherche.
Débats et controverses
Premier débat, le monopole est-il toujours nuisible. L'analyse statique conclut à une perte sèche et à un transfert de surplus. L'analyse dynamique, avec Schumpeter, répond que la perspective d'une rente finance l'innovation. Arrow renverse l'argument. Un compromis empirique existe, la relation entre concurrence et innovation aurait la forme d'un U inversé, l'innovation étant maximale pour un degré intermédiaire de concurrence, résultat associé à Philippe Aghion.
Deuxième débat, comment traiter un monopole naturel. La tarification au coût marginal serait optimale mais fait perdre de l'argent, le coût marginal étant inférieur au coût moyen. Les solutions sont la subvention, la tarification au coût moyen, la tarification en deux parties, ou la mise en concurrence pour le marché plutôt que sur le marché, selon Demsetz. La séparation entre infrastructure et services, appliquée au rail et à l'électricité en Europe, en découle.
Troisième débat, quel critère pour le droit de la concurrence. Le bien-être du consommateur, mesuré par les prix, est clair mais aveugle aux services gratuits financés par la publicité et aux effets sur les fournisseurs et les travailleurs. Le critère structurel est plus large mais moins opératoire. Ce débat commande la politique appliquée aux plateformes.
Quatrième débat, l'efficacité de la sanction. Les amendes, même très élevées, restent faibles au regard des profits cumulés et interviennent des années après les faits, d'où le glissement européen vers une régulation préventive par obligations.
Cinquième débat, concurrence et champions industriels. L'interdiction en 2019 d'une fusion ferroviaire européenne majeure a relancé la question de savoir si le droit de la concurrence, centré sur le marché européen, empêche l'émergence d'acteurs de taille mondiale.
Ce qu'il faut savoir mobiliser en dissertation
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Savoir démontrer le prix de monopole. Recette marginale égale coût marginal, recette marginale inférieure au prix du fait de la demande décroissante, donc prix supérieur au coût marginal, d'où perte sèche.
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L'indice de Lerner et sa lecture. Le pouvoir de marché est l'inverse de l'élasticité-prix de la demande, ce qui explique toutes les stratégies de fidélisation.
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Un plan type pour « faut-il craindre les monopoles ». Oui en statique, avec la perte sèche et l'abus. Non nécessairement en dynamique, avec Schumpeter et la contestabilité. Donc une régulation qui distingue le monopole conquis par l'innovation du monopole maintenu par l'éviction.
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Le dilemme du prisonnier appliqué au cartel, et son exploitation institutionnelle par la procédure de clémence.
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Les trois grands modèles d'oligopole, Cournot en quantités, Bertrand en prix, Stackelberg en séquentiel, avec leurs résultats respectifs.
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Cinq repères sûrs. Cournot en 1838, Chamberlin et Robinson en 1933, Bain en 1956, contestabilité en 1982, règlement européen sur les marchés numériques en 2022. S'y ajoutent les amendes européennes supérieures à 8 milliards d'euros contre le moteur de recherche dominant depuis 2017.
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Pièges à éviter. Dire que le monopoleur fixe un prix libre, alors qu'il est contraint par la demande. Confondre position dominante et abus de position dominante. Oublier que le paradoxe de Bertrand disparaît avec des capacités limitées ou des produits différenciés. Traiter la concurrence monopolistique comme une simple variante du monopole.
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Une nuance appréciée. La contestabilité déplace le critère du nombre de firmes vers la liberté d'entrée, ce qui permet de conclure qu'un marché très concentré peut être discipliné, et qu'un marché atomisé peut ne pas l'être.
Méthodes et exercices
Notions et mécanismes clés
- Pouvoir de marché : capacité d'une firme à fixer durablement un prix supérieur à son coût marginal sans perdre toute sa clientèle.
- Recette marginale : supplément de recette procuré par la dernière unité vendue. Si la demande inverse s'écrit P = a − bQ, la recette marginale vaut a − 2bQ. Sa droite part du même point que la demande, avec une pente double.
- Élasticité-prix de la demande : variation relative de la quantité demandée rapportée à la variation relative du prix. Si son coût marginal est positif, un monopoleur se place toujours sur la partie élastique de la demande, là où la valeur absolue de l'élasticité dépasse 1.
- Surplus du consommateur : écart entre ce que les acheteurs étaient prêts à payer et ce qu'ils paient. Surplus du producteur : écart entre la recette et les coûts variables.
- Perte sèche : surplus total qui disparaît par rapport à l'équilibre concurrentiel. Il ne s'agit pas d'un transfert.
- Rente : profit supérieur à la rémunération normale des capitaux, que des barrières à l'entrée rendent durable.
- Coût irrécupérable : dépense engagée à l'entrée et perdue en cas de sortie, par exemple la publicité ou un équipement spécifique.
- Prix limite : prix fixé par la firme installée juste assez bas pour rendre l'entrée non rentable.
- Prix prédateur : prix fixé sous le coût pour évincer un rival déjà entré, avec des pertes volontaires que la firme compte récupérer ensuite.
- Fonction de réaction : meilleure quantité, ou meilleur prix, d'une firme pour chaque décision possible de sa rivale.
- Stratégie dominante : stratégie qui rapporte le plus quelle que soit la stratégie de l'autre joueur.
- Jeu répété : jeu joué un nombre indéfini de fois. La menace de représailles futures peut y rendre la coopération rationnelle.
- Indice de Herfindahl-Hirschman : somme des carrés des parts de marché exprimées en pourcentage. Il vaut 10 000 pour un monopole et tend vers 0 pour un marché atomisé.
- Monopsone : acheteur unique face à de nombreux vendeurs. Il paie un prix inférieur à la valeur de ce qu'il achète et achète moins que l'optimum.
- Effet de réseau direct : la valeur du service croît avec le nombre d'utilisateurs du même côté. Effet indirect : elle croît avec le nombre d'acteurs de l'autre côté d'une plateforme biface, par exemple vendeurs et acheteurs.
- Forclusion, ou verrouillage : pratique par laquelle une firme intégrée verticalement prive ses concurrents d'un intrant ou d'un débouché.
Chaînes de raisonnement
De la demande décroissante à la perte sèche. Pour vendre une unité de plus, le monopoleur doit baisser le prix de toutes les unités, donc sa recette marginale est inférieure au prix. Il s'arrête là où la recette marginale égale le coût marginal, donc avant la quantité pour laquelle le prix égalerait le coût marginal. Les échanges situés entre ces deux quantités auraient profité à la fois aux acheteurs et au vendeur. Ils n'ont pas lieu, et c'est la perte sèche.
De l'élasticité aux stratégies commerciales. À l'optimum du monopoleur, l'indice de Lerner est égal à l'inverse de la valeur absolue de l'élasticité. Toute action qui rend la demande moins sensible au prix augmente donc la marge soutenable. La marque, les programmes de fidélité, les coûts de changement de fournisseur et les écosystèmes fermés sont des investissements en pouvoir de marché.
De l'intérêt collectif à la tricherie. Ensemble, les membres d'un cartel maximisent leur profit joint en restreignant la production. Mais au prix du cartel, chaque membre gagne à vendre davantage, car la baisse de prix qu'il provoque pèse surtout sur les autres. L'entente ne tient que si la tricherie est vite détectée et durement punie. Cela dépend de la transparence du marché, du petit nombre de membres et de la patience des firmes.
De la libre entrée au profit nul en concurrence monopolistique. Un profit positif attire de nouvelles variétés. Chaque entrée capte une partie de la clientèle des firmes installées, dont la demande recule et devient plus élastique. Le processus s'arrête quand la demande de chaque firme est tangente à son coût moyen. Le profit est alors nul, mais le prix reste supérieur au coût marginal.
De la menace d'entrée à la discipline des prix. Supposons l'entrée libre et la sortie sans coût irrécupérable. Tout prix supérieur au coût moyen offre alors une occasion de profit à un entrant qui entre, vend, puis repart. La firme installée, même seule, doit donc fixer un prix proche de son coût moyen. Dès que les coûts irrécupérables sont importants, la menace d'entrée n'est plus crédible et l'argument tombe.
Des effets de réseau au marché qui bascule. Quand la valeur d'un service croît avec le nombre de ses utilisateurs, la firme qui prend l'avance attire mécaniquement les suivants. Le marché tend vers un acteur dominant, et la concurrence se joue pour le marché plutôt que sur le marché. Une sanction prononcée des années plus tard arrive après le basculement, d'où l'intérêt d'une régulation préventive.
Du coût moyen décroissant au dilemme tarifaire. Si le coût moyen décroît sur toute la plage de la demande, une seule firme produit moins cher que plusieurs. Le coût marginal est alors inférieur au coût moyen, et un prix égal au coût marginal fait perdre de l'argent. Il faut choisir entre subventionner, tarifer au coût moyen ou pratiquer un tarif en deux parties.
Exemples et références à connaître
- Standard Oil, démantelée en 1911 en 34 sociétés. John McGee soutient en 1958 que ses baisses de prix n'étaient pas de la prédation, car la prédation coûte plus cher que le rachat des rivaux. Cette relecture montre que l'école de Chicago juge la prédation rarement rationnelle.
- OPEP et contre-choc pétrolier de 1986. Le principal producteur cesse de réduire seul sa production pour compenser les dépassements de quotas des autres membres, et les prix s'effondrent. C'est l'illustration historique de l'instabilité d'une entente.
- Cartel européen des camions, sanctionné en 2016. L'entente a duré environ quatorze ans. Le membre qui l'a dénoncée a échappé à l'amende grâce à la procédure de clémence, ce qui fait de ce dossier l'exemple du dilemme du prisonnier retourné contre le cartel.
- Hotelling et les vendeurs de glaces sur une plage. À prix identiques, les deux vendeurs se placent au centre, alors que l'optimum collectif serait de se placer aux quarts de la plage. L'exemple sert aussi pour l'offre politique et pour la ressemblance des produits.
- Déréglementation aérienne américaine de 1978. Elle devait tester la contestabilité. Les études ont montré que les tarifs baissent surtout quand un concurrent est effectivement présent sur la ligne, et non sous la seule menace d'entrée.
- De Loecker, Eeckhout et Unger, 2020. Le rapport entre prix et coût marginal passe d'environ 1,2 à environ 1,6 aux États-Unis. C'est le chiffre à citer pour un sujet sur la montée du pouvoir de marché.
- Aghion et ses coauteurs, 2005 : la relation entre concurrence et innovation a la forme d'un U inversé. On la cite pour dépasser l'opposition entre Schumpeter et Arrow.
- Expiration des brevets pharmaceutiques. L'arrivée des génériques fait chuter le prix du médicament. C'est un exemple observable de la fin d'un monopole légal temporaire.
- Demsetz, 1968 : la concurrence pour le marché. En France, les délégations de service public pour l'eau ou les transports urbains en sont une application, avec une mise en concurrence au moment de l'appel d'offres.
- Card et Krueger, 1994 : une hausse du salaire minimum dans le New Jersey ne réduit pas l'emploi dans la restauration rapide. Une des lectures possibles de ce résultat mobilise le monopsone de Joan Robinson.
Techniques
Résoudre un monopole en quatre étapes
Écrire la recette totale, en déduire la recette marginale, l'égaliser au coût marginal, puis remonter à la demande pour obtenir le prix. On conclut toujours par l'indice de Lerner et par la comparaison avec la concurrence.
Mini-exemple. Demande P = 50 − Q, coût marginal constant égal à 10. La recette marginale vaut 50 − 2Q. En l'égalant à 10, on obtient Q = 20, puis P = 30. L'indice de Lerner vaut (30 − 10) sur 30, soit un tiers. En concurrence, on aurait P = 10 et Q = 40.
Trouver un équilibre de Nash dans une matrice
Pour chaque choix de l'adversaire, on souligne le meilleur gain du joueur. On fait de même pour l'autre joueur. Une case où les deux gains sont soulignés est un équilibre de Nash. On vérifie ensuite si une autre case donnerait plus aux deux joueurs : si c'est le cas, on a un dilemme du prisonnier.
Mini-exemple. Deux firmes choisissent un prix haut ou un prix bas. Les gains sont 10 et 10 si les deux choisissent haut, 15 et 2 si la première choisit bas et la seconde haut, et symétriquement, 5 et 5 si les deux choisissent bas. Le prix bas est dominant pour chacune, puisque 15 dépasse 10 et que 5 dépasse 2. L'équilibre est donc bas-bas, avec des gains de 5 et 5, alors que haut-haut donnerait 10 et 10.
Tracer les graphiques sans erreur
Pour le monopole, la droite de recette marginale est placée sous la demande et la quantité se lit à l'intersection entre recette marginale et coût marginal. Le prix se lit ensuite sur la demande, jamais sur la recette marginale. Le triangle de perte sèche est situé entre la demande et le coût marginal, de la quantité de monopole à la quantité concurrentielle. Pour la concurrence monopolistique de long terme, la demande est tangente au coût moyen, à gauche de son minimum. C'est ce qui fait voir la capacité excédentaire.
Analyser un document de parts de marché
On calcule l'indice de Herfindahl-Hirschman avant et après l'opération étudiée, puis on discute ce que l'indice ne dit pas : contestabilité, substituts, pouvoir des acheteurs.
Mini-exemple. Quatre firmes détiennent 40, 30, 20 et 10 %. L'indice vaut 1 600 plus 900 plus 400 plus 100, soit 3 000. Si les deux plus petites fusionnent, il passe à 1 600 plus 900 plus 900, soit 3 400. La hausse est égale à deux fois 20 fois 10, soit 400. Un tel marché est très concentré, et l'autorité examinerait la fusion de près.
Construire un plan de dissertation sur ce chapitre
Deux gabarits reviennent. Le premier est statique puis dynamique : on établit d'abord la perte d'efficacité, puis on montre les gains d'innovation ou la discipline par l'entrée. Le second est structure puis comportement : on part de la concentration, on montre qu'elle ne suffit pas à juger, et on conclut sur les pratiques. Dans les deux cas, la troisième partie porte sur la régulation.
Sujets classiques traités
Choisis ton niveau. Difficulté indicative ; les exercices qui se suivent restent dans l'ordre.
Sujet 1. Monopole, perte sèche et monopole naturel
Classiques de khôlle et concours · Exercice chiffré de khôlle
La demande est P = 100 − Q et le coût marginal est constant, égal à 20. On demande de calculer l'équilibre de monopole, l'équilibre concurrentiel, les surplus et la perte sèche. On ajoute ensuite un coût fixe de 500 et l'on étudie la tarification publique.
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Étape 1 : la recette marginale vaut 100 − 2Q. En l'égalant à 20, on obtient Q = 40, puis P = 60. Le profit, hors coût fixe, vaut 40 fois 40, soit 1 600. Étape 2 : en concurrence, P = 20 et Q = 80. Étape 3 : le surplus du consommateur vaut 3 200 en concurrence, soit la moitié de 80 fois 80. En monopole, il tombe à 800. La perte sèche vaut la moitié de 40 fois 40, soit 800. On vérifie que 800 plus 1 600 plus 800 donnent bien 3 200. Étape 4 : l'indice de Lerner vaut 40 sur 60, soit deux tiers. L'élasticité au point Q = 40 vaut 60 sur 40, soit 1,5, et son inverse est bien deux tiers. Étape 5 : avec un coût fixe de 500, fixer le prix au coût marginal fait perdre 500. Pour tarifer au coût moyen, on résout 100 − Q = 20 + 500 sur Q. On obtient Q proche de 73,2 et P proche de 26,8. La perte sèche résiduelle est d'environ 23, bien inférieure à 800.
piège : Lire le prix sur la recette marginale, ce qui donne 20 au lieu de 60, ou oublier que le coût fixe ne modifie pas la quantité de monopole.
Sujet 3. Pourquoi les cartels sont-ils instables ?
Classiques de khôlle et concours · Khôlle
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Accroche : le contre-choc de 1986. Problématique : pourquoi une entente profitable à tous est-elle si difficile à tenir, et à quelles conditions tient-elle quand même ?
I. L'incitation à tricher. Reprenons le modèle précédent. Si chaque membre produit 20, le cartel reproduit le monopole et chacun gagne 800. Si l'un passe à 30 pendant que l'autre respecte son quota, le prix tombe à 50 et le tricheur gagne 900. C'est la structure du dilemme du prisonnier.
II. Les conditions de stabilité. Dans un jeu répété, la menace de revenir pour toujours à l'équilibre de Cournot, à 711 par firme, peut dissuader. Le calcul donne un facteur d'actualisation seuil d'environ 0,53, c'est-à-dire 100 sur 189. Il s'agit d'un approfondissement, qui n'est pas exigible. Les ententes tiennent mieux quand les membres sont peu nombreux et semblables, que les prix sont observables et que la demande est stable.
III. L'exploitation institutionnelle. La clémence récompense le premier membre qui dénonce l'entente et recrée un dilemme du prisonnier face à l'autorité, comme l'a montré le dossier des camions. Les amendes proportionnées au chiffre d'affaires réduisent le gain espéré de l'entente.
Sujet 5. Pourquoi les entreprises différencient-elles leurs produits ?
Classiques de khôlle et concours · Khôlle
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Plan attendu. Un, pour échapper au paradoxe de Bertrand : des produits différenciés permettent un prix supérieur au coût marginal même à deux. Deux, pour rendre la demande moins élastique et relever l'indice de Lerner. Porter fait de la différenciation l'une de ses trois stratégies génériques. Trois, les limites. La libre entrée ramène le profit à zéro, comme chez Chamberlin. La publicité est un coût irrécupérable qui peut aussi servir de barrière. Hotelling montre enfin que la concurrence peut au contraire rapprocher les produits. Il faut distinguer la différenciation verticale, fondée sur la qualité, de la différenciation horizontale, fondée sur les goûts.
Sujet 7. Un marché concentré est-il nécessairement peu concurrentiel ?
Classiques de khôlle et concours · Khôlle
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Plan attendu. Un, la concentration mesurée par l'indice de Herfindahl-Hirschman est corrélée au pouvoir de marché, comme le veut le paradigme de Bain et comme le montre le modèle de Cournot. Deux, la concentration ne suffit pas. Chez Bertrand, deux firmes suffisent à ramener le prix au coût marginal. Un marché contestable discipline même un monopole. Un acheteur puissant compense le pouvoir du vendeur. Trois, l'exemple aérien montre que la contestabilité parfaite est rare. Il faut donc juger au cas par cas les coûts irrécupérables et les pratiques, ce que fait le contrôle des concentrations.
Sujet 2. Cournot, Stackelberg, Bertrand : comparer les équilibres
Autres exercices · Exercice
On garde la même demande et le même coût. Deux firmes s'affrontent. Il faut comparer les équilibres de Cournot, de Stackelberg et de Bertrand avec le monopole.
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Étape 1 : pour Cournot, le profit de la firme 1 s'écrit (80 − q1 − q2) fois q1. Sa fonction de réaction est q1 = (80 − q2) sur 2. Étape 2 : par symétrie, chaque firme produit 80 sur 3, soit environ 26,7. La quantité totale est d'environ 53,3, le prix d'environ 46,7 et le profit de chaque firme d'environ 711. Étape 3 : pour Stackelberg, le leader intègre la fonction de réaction du suiveur dans son profit. Il produit 40, le suiveur 20, le prix vaut 40, et les profits sont de 800 pour le leader et 400 pour le suiveur. Étape 4 : pour Bertrand, toute firme qui fixe un prix au-dessus de 20 est sous-cotée, donc P = 20 et le profit est nul. Étape 5 : on conclut sur le classement. Le prix passe de 60 en monopole à 46,7 chez Cournot, 40 chez Stackelberg et 20 chez Bertrand. Avec n firmes à la Cournot, la quantité totale vaut 80 fois n sur n plus 1, et elle tend vers 80.
piège : Croire que le leader gagne parce qu'il est plus efficace. Il gagne parce qu'il s'engage le premier.
Sujet 4. La concurrence est-elle toujours souhaitable ?
Autres exercices · Dissertation, type sujet ESCP
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Problématique : la concurrence est un moyen au service de l'efficacité et de l'innovation. Jusqu'où l'est-elle ?
I. Oui en statique. Le prix tend vers le coût marginal, sans perte sèche. Cournot montre que le prix baisse avec le nombre de firmes. Le chiffre de De Loecker et de ses coauteurs signale le coût d'une concurrence qui s'affaiblit.
II. Pas toujours. Dans un monopole naturel, la concurrence multiplie les coûts fixes. Une concurrence trop intense ôte la rente qui finance l'innovation, comme le montrent Schumpeter et la courbe en U inversé. Chez Hotelling, elle conduit à des produits trop semblables. Le bien-être du consommateur ne résume pas tout, car la concurrence par les prix peut aussi peser sur les fournisseurs et les salariés.
III. Organiser la concurrence plutôt que la maximiser. On peut mettre en concurrence pour le marché, avec Demsetz, séparer l'infrastructure des services, protéger temporairement l'innovation par le brevet, et sanctionner l'éviction plutôt que la taille.
Sujet 6. Comment réguler les géants du numérique ?
Autres exercices · Dissertation, type sujet HEC
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I. Des monopoles d'un type nouveau. Les effets de réseau, les rendements croissants des données et le caractère biface de ces marchés font basculer vers un acteur dominant. Les services gratuits rendent le critère du prix inopérant.
II. Les limites du droit classique. Les procédures sont longues et interviennent après le basculement. Les amendes sont élevées mais faibles au regard des profits cumulés. Le critère de Bork ne voit pas d'effet sur les prix.
III. Les voies nouvelles. Le règlement européen de 2022 impose des obligations préventives. Le courant néo-brandeisien propose de raisonner sur la structure, jusqu'à la séparation des activités. On peut aussi rendre ces marchés contestables par l'interopérabilité et la portabilité des données. Limite à signaler : l'innovation schumpetérienne peut aussi déloger un dominant.
Erreurs fréquentes
- Chercher la courbe d'offre du monopole. Elle n'existe pas : la quantité offerte dépend de la forme de la demande, et pas seulement du prix.
- Dire que le monopoleur fixe le prix le plus élevé possible, ou qu'il maximise son chiffre d'affaires. Il maximise son profit sous la contrainte de la demande, en égalant recette marginale et coût marginal.
- Calculer l'indice de Lerner avec le coût moyen. Il se calcule avec le coût marginal. Un profit nul reste compatible avec un indice positif, comme en concurrence monopolistique.
- Confondre prix limite et prix prédateur. Le premier dissuade l'entrée, le second évince un rival déjà entré, et seul le second est un abus caractérisé.
- Assimiler oligopole et entente. L'oligopole est une structure de marché, légale. Le cartel est un comportement, interdit, et l'équilibre non coopératif d'un oligopole peut être très concurrentiel.
- Traiter la contestabilité comme un fait général. C'est un cas limite, qui suppose l'absence de coût irrécupérable, et que les données empiriques confirment rarement.
Fiche rédigée à partir du programme officiel d'ESH (2021), module 2 « Croissance et développement », partie 2.3 « Entreprise et organisations », point 2.3.2 « Concurrence imparfaite et stratégies des firmes ». Elle traite le monopole, l'oligopole, la concurrence monopolistique, les cartels, les barrières à l'entrée et l'abus de position dominante.