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BCPST1 · SVT · semaine 29

La sédimentation des particules et des solutés

Bassins sédimentaires dont la géométrie est conditionnée par le contexte géodynamique. Espace disponible pour la sédimentation, accommodation, eustatisme et niveau de base, en lien avec la subsidence et le flux sédimentaire. Étude du Bassin parisien comme exemple de bassin intracratonique à partir de cartes et de données géophysiques et sédimentologiques.

Sommaire

La fiche de cours

Résumé en cinq points

  1. Un bassin sédimentaire est une dépression subsidente dont la géométrie dépend du contexte géodynamique, extension, refroidissement thermique, flexure ou stabilité intracratonique.
  2. L'accommodation, espace disponible entre le fond et le niveau de base, varie sous l'effet conjugué de la subsidence et de l'eustatisme, et sa comparaison avec le flux sédimentaire explique transgressions et régressions.
  3. Les dépôts détritiques sont triés par l'hydrodynamisme, et leurs structures, litage horizontal et rides, enregistrent le régime de l'écoulement.
  4. La sédimentation carbonatée est essentiellement biologique, s'organise en transect sur une plateforme et se décrit par la classification de Dunham, la sédimentation pélagique étant limitée en profondeur par la profondeur de compensation des carbonates.
  5. La sédimentation siliceuse dépend de la productivité et non de la profondeur, et les évaporites précipitent dans l'ordre inverse des solubilités, carbonates, gypse et anhydrite, halite, puis sels potassiques.
Pourquoi ce chapitre

Le chapitre précédent a produit et transporté la matière. Celui-ci la dépose. Il occupe une place centrale dans la partie sédimentaire, car il relie le contexte géodynamique, qui crée les bassins, aux caractères observables d'une roche, granulométrie, figures sédimentaires, contenu en fossiles.

C'est le chapitre le plus directement utile en travaux pratiques et sur le terrain, puisqu'il fournit la grille de lecture pour identifier une roche sédimentaire et pour reconstituer le milieu de dépôt. Il alimente ensuite la stratigraphie, la lecture des cartes géologiques et l'étude des ressources. Au concours, il donne lieu à des analyses de coupes, de cartes et de lames minces, et à des raisonnements sur les variations du niveau marin.

La stratigraphie séquentielle n'est pas au programme, et la classification de Folk est hors programme.

Notions et mécanismes

Les bassins sédimentaires et le contexte géodynamique

Un bassin sédimentaire est une dépression de la surface terrestre où les sédiments s'accumulent durablement. Sa géométrie et sa durée de vie dépendent du contexte géodynamique, qui contrôle la subsidence, c'est-à-dire l'enfoncement progressif du fond du bassin.

Plusieurs origines de subsidence coexistent. La subsidence tectonique résulte de l'étirement et de l'amincissement de la lithosphère, dans un rift ou un bassin d'arrière-arc. La subsidence thermique résulte du refroidissement et de la contraction d'une lithosphère auparavant chauffée, elle prend le relais sur les marges passives après l'ouverture. La subsidence par flexure résulte de la charge exercée par un empilement orogénique, qui fait plier la lithosphère voisine et crée un bassin d'avant-pays. À cela s'ajoute la subsidence induite par la charge des sédiments eux-mêmes et par leur compaction.

À chaque contexte correspond donc un type de bassin, une géométrie et un remplissage caractéristiques. Un bassin d'avant-pays est dissymétrique, profond près de la chaîne, et se remplit de dépôts détritiques grossiers issus du relief. Une marge passive porte un prisme sédimentaire qui s'épaissit vers le large. Un bassin intracratonique, installé sur une croûte continentale ancienne et stable, subside lentement et longtemps, avec une géométrie en cuvette.

Accommodation, eustatisme et niveau de base

L'accommodation est l'espace potentiellement disponible pour la sédimentation, c'est-à-dire la hauteur comprise entre le fond du bassin et la surface au-dessus de laquelle les sédiments ne peuvent plus s'accumuler. En domaine marin, cette surface est le niveau de la mer. En domaine continental, on utilise la notion de niveau de base, qui joue le même rôle et correspond au niveau vers lequel tend le profil d'équilibre d'un cours d'eau.

L'accommodation varie sous l'effet de deux termes. La subsidence l'augmente en abaissant le fond. L'eustatisme, c'est-à-dire la variation du niveau marin absolu, l'augmente ou la diminue. Les variations eustatiques ont deux causes principales : le glacio-eustatisme, c'est-à-dire le stockage ou la restitution d'eau par les calottes, qui a fait baisser le niveau marin d'environ 120 m au dernier maximum glaciaire, et le tectono-eustatisme, lié au volume occupé par les dorsales océaniques, qui agit sur des dizaines de millions d'années avec des amplitudes de l'ordre de la centaine de mètres.

Le bilan sédimentaire s'écrit alors comme une comparaison entre l'accommodation créée et le flux sédimentaire apporté. Si l'accommodation créée dépasse le flux, le milieu s'approfondit, la mer avance sur le continent, c'est une transgression, et les faciès de plus en plus distaux se superposent verticalement. Si le flux dépasse l'accommodation créée, le bassin se comble, la mer recule, c'est une régression, et les faciès deviennent de plus en plus proximaux vers le haut. Ce raisonnement est la clé de lecture de toute succession sédimentaire.

Le Bassin parisien

C'est l'exemple imposé de bassin intracratonique, traité en travaux pratiques de cartographie. Il s'est installé sur un socle hercynien érodé et pénéplané et a fonctionné du Trias au Cénozoïque.

Sa géométrie est celle d'une cuvette. Les couches, à pendage très faible, plongent vers le centre, ce qui donne en carte une disposition en auréoles concentriques, les terrains les plus anciens affleurant en périphérie, près des massifs anciens, et les plus récents au centre, vers Paris. L'épaisseur du remplissage atteint quelques milliers de mètres au centre et s'amincit vers les bords. L'alternance de couches dures et de couches tendres y engendre un relief de côtes, chaque cuesta présentant un front abrupt tourné vers l'extérieur et un revers en pente douce.

Le remplissage alterne dépôts marins et dépôts continentaux, ce qui traduit la succession de transgressions et de régressions. Les données de forage et de géophysique permettent de construire des courbes de subsidence, qui montrent un enfoncement lent, de l'ordre de quelques dizaines de mètres par million d'années, prolongé pendant plus de cent millions d'années. C'est la signature d'une subsidence thermique et flexurale de longue durée, sans tectonique active majeure.

Le dépôt des particules détritiques

Les particules transportées se déposent quand l'énergie du milieu devient insuffisante pour les maintenir en mouvement, conformément au diagramme de Hjulström. La granulométrie d'un dépôt est donc un indicateur direct de l'énergie du milieu. Les environnements de dépôt détritique sont variés : cônes alluviaux, chenaux fluviatiles, plaines d'inondation, milieux deltaïques et estuariens, plages, plateformes marines, milieux profonds alimentés par des courants de turbidité, milieux glaciaires et éoliens.

Les roches détritiques à savoir identifier macroscopiquement se classent d'abord par la taille des grains. Les conglomérats contiennent des éléments de plus de 2 mm, arrondis dans un poudingue, anguleux dans une brèche. Les grès sont formés de grains de la taille des sables, visibles à la loupe et rugueux au toucher. Les argilites sont tendres, à grain invisible, et donnent une odeur de terre mouillée quand on les humecte. Les marnes sont un mélange d'argile et de carbonate, elles font effervescence à l'acide tout en restant tendres.

Structures et figures sédimentaires

Les structures sédimentaires enregistrent le régime hydrodynamique au moment du dépôt. Le programme limite l'identification à deux d'entre elles.

Le litage horizontal correspond à des lits parallèles au plan de stratification. Il traduit soit un dépôt par décantation dans un milieu calme, soit au contraire un écoulement rapide sur un lit plan.

Les rides sont des ondulations du fond de quelques centimètres de hauteur. Les rides de courant sont asymétriques, avec un flanc doux du côté d'où vient le courant et un flanc raide de l'autre, ce qui donne le sens du courant. Les rides de vagues sont symétriques, avec des crêtes pointues, et traduisent un mouvement oscillatoire en milieu peu profond.

Le diagramme d'Allen relie la figure obtenue à la vitesse du courant et à la taille des grains. Il permet, à partir d'une figure observée, de retrouver les conditions hydrodynamiques. Il n'est pas à mémoriser, il est fourni et doit être exploité.

Deltas et estuaires

À l'embouchure d'un fleuve, la répartition des dépôts dépend du rapport entre l'apport fluviatile et la capacité de la mer à redistribuer les particules.

Quand l'apport domine, il se construit un delta. Le courant fluviatile perd brutalement de la vitesse en entrant dans le bassin, les particules les plus grossières se déposent immédiatement près de l'embouchure, les plus fines sont emportées plus au large. Les argiles, maintenues en suspension par la répulsion électrostatique entre particules, floculent au contact de l'eau salée riche en ions et se déposent alors rapidement. Le résultat est une construction qui progresse vers le large, avec un granoclassement décroissant du proximal vers le distal.

Quand la marée et les courants marins dominent, l'embouchure reste ouverte et forme un estuaire, où les sédiments sont repris, triés et en partie renvoyés vers l'amont. La connaissance de la structure interne des deltas n'est pas exigible, seuls les mécanismes le sont.

La sédimentation carbonatée

La sédimentation des solutés suppose une étape préalable de précipitation, chimique ou biologiquement induite. Pour les carbonates, c'est l'activité des êtres vivants qui domine largement : organismes construisant un test ou une coquille, coraux, bivalves, gastéropodes, foraminifères, algues calcaires, et bactéries dont l'activité provoque la précipitation de calcite, comme dans les stromatolithes, constructions litées connues depuis l'Archéen.

La production carbonatée est maximale en domaine marin de plateforme, dans des eaux chaudes, peu profondes, claires et bien éclairées. Sur un transect allant du continent vers le large, on rencontre successivement un lagon, calme et abrité, où se dépose une boue carbonatée fine, un récif, construit par des organismes fixés, qui forme une barrière soumise à une forte énergie, un avant-récif, où s'accumulent les débris arrachés au récif, puis le large, où la sédimentation redevient fine.

La classification de Dunham, seule exigible, décrit une roche carbonatée d'après la présence de boue et l'agencement des éléments. Le mudstone est une boue presque dépourvue d'éléments figurés, le wackestone contient des éléments dispersés dans la boue, le packstone a des éléments jointifs avec de la boue entre eux, le grainstone a des éléments jointifs sans boue, remplacée par un ciment cristallin, et le boundstone correspond à des éléments liés entre eux dès le dépôt, ce qui est le cas des constructions récifales. La lecture est immédiate : plus l'hydrodynamisme est fort, plus la boue est lavée et évacuée, donc plus on va vers le grainstone. Un mudstone traduit un milieu calme, lagon ou domaine profond, un grainstone un milieu agité, barrière ou haut-fond.

La sédimentation pélagique et la profondeur de compensation

Au large, loin des apports détritiques, la sédimentation est assurée par les tests de micro-organismes planctoniques qui tombent depuis la zone éclairée. Pour les carbonates, ce sont les foraminifères planctoniques et les coccolithophoridés, algues unicellulaires dont les plaquettes calcaires constituent l'essentiel de la craie. Pour la silice, ce sont les diatomées et les radiolaires.

La solubilité de la calcite augmente quand la pression augmente, quand la température diminue et quand la teneur en dioxyde de carbone dissous augmente, toutes conditions réunies en profondeur. On définit donc la lysocline comme la profondeur à partir de laquelle la dissolution des tests carbonatés devient nettement sensible, et la profondeur de compensation des carbonates comme celle où la dissolution compense exactement l'apport. Au-delà, aucun carbonate ne se dépose. Cette profondeur se situe typiquement entre 3 000 et 5 000 m, elle varie d'un océan à l'autre, étant plus profonde dans l'Atlantique que dans le Pacifique, et elle a fluctué au cours des temps géologiques.

La sédimentation siliceuse, elle, n'est pas limitée par la profondeur. Elle est en revanche très inégalement distribuée, car elle dépend de la productivité des eaux de surface et donc de la disponibilité en nutriments, ce qui la concentre sous les zones de remontée d'eaux profondes, à l'équateur et aux hautes latitudes.

Les évaporites

En domaine lagunaire ou littoral, dans un bassin où les échanges avec la mer ouverte sont restreints et où l'évaporation dépasse les apports, la solution se concentre progressivement jusqu'à saturation successive vis-à-vis des différents sels. Les minéraux précipitent alors dans l'ordre inverse de leur solubilité.

L'ordre à retenir est le suivant : d'abord les carbonates, puis le gypse et son équivalent déshydraté l'anhydrite, ensuite la halite, enfin les sels les plus solubles, potassiques et magnésiens comme la sylvite. Une séquence évaporitique complète enregistre donc une concentration croissante, et la nature du sel observé renseigne directement sur le degré d'évaporation atteint.

Les roches à identifier macroscopiquement sont la halite, cristaux cubiques incolores à translucides, très solubles et de saveur salée, et le gypse, tendre au point d'être rayé à l'ongle, souvent en cristaux clairs à éclat nacré.

Exemples et objets de référence

Le Bassin parisien, à décrire sur une carte géologique par ses auréoles concentriques, ses cuestas et son pendage centripète, et sur une coupe par sa géométrie en cuvette.

Une plateforme carbonatée actuelle, avec son lagon, sa barrière récifale et sa pente externe, à mettre en parallèle avec une série calcaire fossile pour reconstituer un transect.

Une carte de formations superficielles montrant des moraines, des alluvions fluviatiles étagées en terrasses, des colluvions de versant, à exploiter pour reconstituer l'histoire récente d'une région.

Ordres de grandeur : taux de sédimentation de quelques millimètres par millénaire en domaine pélagique et de plusieurs centaines de mètres par million d'années dans un delta actif, subsidence d'un bassin intracratonique de quelques dizaines de mètres par million d'années, baisse eustatique de 120 m au dernier maximum glaciaire, profondeur de compensation des carbonates de 3 000 à 5 000 m, salinité moyenne de l'eau de mer de 35 g par litre.

Méthodes et savoir-faire

Relier un type de bassin à un contexte géodynamique en croisant la géométrie du remplissage, la nature des dépôts et les données géophysiques disponibles.

Exploiter une courbe de subsidence. Lire l'enfoncement cumulé en fonction du temps, calculer une vitesse moyenne, repérer les changements de pente et proposer une cause tectonique ou thermique.

Raisonner en termes d'accommodation. Comparer la variation d'espace disponible au flux sédimentaire, en déduire transgression ou régression, et vérifier sur la succession verticale des faciès.

Analyser une figure sédimentaire pour en déduire l'hydrodynamisme et, pour une ride de courant, le sens de l'écoulement, en s'appuyant sur le diagramme d'Allen fourni.

Identifier macroscopiquement et de manière raisonnée un conglomérat, un grès, une argilite, une marne, un calcaire, une bauxite, une halite et un gypse, en énonçant à chaque fois le critère utilisé, granulométrie, effervescence à l'acide, dureté, saveur, aspect.

Analyser une lame mince de calcaire avec la classification de Dunham, en cherchant d'abord s'il y a de la boue, puis si les éléments sont jointifs, puis s'ils sont liés, et en conclure sur la position sur le transect.

Reconnaître les principaux micro-organismes pélagiques, foraminifères planctoniques et coccolithophoridés pour le carbonate, diatomées et radiolaires pour la silice.

Ce qu'il faut savoir mobiliser en colle et à l'écrit

  1. Le schéma d'un transect de plateforme carbonatée avec lagon, récif, avant-récif et large, et le faciès de Dunham associé à chaque domaine.
  2. Le raisonnement complet reliant accommodation, subsidence, eustatisme et flux sédimentaire, et son application à une série transgressive.
  3. La coupe et la carte du Bassin parisien, avec auréoles, cuestas et pendage vers le centre.
  4. Le schéma d'une embouchure deltaïque avec granoclassement et floculation des argiles.
  5. La séquence évaporitique complète, dans l'ordre, avec sa justification par les solubilités.
  6. L'explication de la profondeur de compensation des carbonates et de ses facteurs de contrôle.
  7. Piège fréquent : confondre régression, qui est un recul de la mer, et émersion générale. Une régression peut résulter d'un simple comblement à niveau marin constant.
  8. Piège fréquent : croire que la sédimentation carbonatée est purement chimique. Elle est pour l'essentiel d'origine biologique.

Méthodes et exercices

Notions et mécanismes clés

  • Subsidence totale : enfoncement du fond du bassin. Elle additionne une composante tectonique ou thermique et une composante due à la charge des sédiments, qui amplifie l'enfoncement initial.
  • Niveau marin relatif : position de la mer par rapport au fond. Il dépend de l'eustatisme et de la subsidence, alors que l'eustatisme seul est un niveau absolu.
  • Accommodation créée par unité de temps : subsidence plus variation eustatique, ce second terme étant positif en cas de montée et négatif en cas de baisse.
  • Flux sédimentaire : épaisseur de sédiment apportée par unité de temps, à comparer à l'accommodation créée.
  • Transgression et régression : déplacement de la ligne de rivage vers le continent ou vers le large. Ce ne sont pas nécessairement des variations du niveau marin.
  • Proximal et distal : proche ou loin de la source des apports. En domaine marin, cela revient en général à peu profond ou profond.
  • Tri granulométrique : un dépôt bien trié signale un agent sélectif, l'eau ou le vent. Un dépôt mal trié signale souvent un dépôt en masse, glace ou coulée.
  • Granoclassement : variation progressive de la taille des grains, verticale dans un banc ou latérale le long d'un profil.
  • Diagramme de Hjulström : rappelé du chapitre précédent. Une particule se dépose quand la vitesse du courant passe sous la courbe de sédimentation correspondant à sa taille.
  • Diagramme d'Allen : champs de stabilité des formes de fond selon la vitesse et la taille des grains. Il est fourni en épreuve, jamais à mémoriser.
  • Floculation : agrégation des particules argileuses quand les cations de l'eau salée neutralisent leurs charges négatives de surface. Les flocs, plus gros, chutent plus vite.
  • Bioprécipitation : précipitation d'un minéral contrôlée ou induite par un être vivant, par opposition à la précipitation chimique déclenchée par la seule sursaturation.
  • Micrite et sparite : la micrite est une boue carbonatée à cristaux microscopiques, sombre en lame mince. La sparite est un ciment cristallin limpide, formé après le dépôt dans les vides.
  • Lysocline et profondeur de compensation des carbonates (PCC) : la lysocline marque le début d'une dissolution nette, la PCC l'équilibre entre apport et dissolution.
  • Boues pélagiques : calcaires au-dessus de la PCC, siliceuses sous les zones productives, argiles rouges des grands fonds là où les deux autres manquent.
  • Séquence évaporitique : succession des sels précipités quand la concentration d'une saumure croît. Une séquence inverse traduit une dilution.
  • Bauxite : roche résiduelle d'altération sous climat chaud et humide, riche en hydroxydes d'aluminium. Souvent rouge par ses oxydes de fer, fréquemment pisolithique, sans effervescence.

Chaînes de raisonnement

De la subsidence à la succession verticale. La subsidence et l'eustatisme créent de l'espace, les apports le remplissent. Si l'espace créé l'emporte, la profondeur augmente en un point donné et les faciès distaux recouvrent les faciès proximaux. Lue de bas en haut, une succession qui s'approfondit est transgressive, une succession qui devient moins profonde est régressive.

Une régression sans baisse du niveau marin. Prenons un niveau marin stable et une subsidence modérée. Un delta très alimenté apporte plus de sédiment que l'espace créé. Le bassin se comble et le rivage avance vers le large, c'est une régression par comblement, sans émersion générale.

De la vitesse du courant à la figure sédimentaire. Quand un courant ralentit, sa compétence baisse et seules les particules plus fines restent en mouvement. Pour un sable fin à moyen, le fond forme des rides à vitesse modérée, des dunes à vitesse plus forte, puis un lit plan à vitesse élevée. Une même taille de grain peut donc donner un litage horizontal ou des rides, et seul le diagramme d'Allen tranche.

De l'embouchure au dépôt argileux. À l'entrée dans la mer, le fleuve s'étale et perd sa vitesse, donc les sables se déposent aussitôt. Les argiles, dispersées en eau douce par répulsion électrostatique, floculent dès que la salinité augmente. Elles se déposent alors plus près de l'embouchure que ne le prévoirait leur taille, d'où les vasières estuariennes et les vases qui se déposent au large de l'embouchure d'un delta.

De l'hydrodynamisme au faciès carbonaté. Les organismes fournissent à la fois de la boue et des grains, coquilles et débris. Une agitation forte exporte la boue et laisse des grains jointifs, cimentés ensuite par de la sparite. Le degré de lavage de la boue, lu avec Dunham, mesure donc l'énergie du milieu.

De la profondeur à la disparition des carbonates. En profondeur, la pression augmente, la température baisse et le dioxyde de carbone s'accumule par respiration et vieillissement des masses d'eau. Chacun de ces facteurs augmente la solubilité de la calcite. Sous une certaine profondeur, la dissolution consomme tout l'apport.

Du plancher qui vieillit à la superposition des boues. Une dorsale est haute, au-dessus de la PCC, et reçoit des boues calcaires sur ses basaltes. En s'éloignant de l'axe, la lithosphère refroidit, s'enfonce par subsidence thermique et passe sous la PCC. Les boues calcaires sont alors recouvertes d'argiles rouges ou de boues siliceuses, sans aucune variation de la PCC.

De l'évaporation à l'ordre des sels. L'évaporation retire de l'eau et conserve les ions, donc la concentration augmente. Chaque sel précipite quand la saumure atteint sa saturation, le moins soluble en premier. On obtient carbonates, gypse, halite, puis sels potassiques et magnésiens, et un sel donné indique un degré d'évaporation minimal.

Exemples et références à connaître

  1. Bassin d'avant-pays : dissymétrique, plus profond contre la chaîne, rempli de molasses détritiques. Le bassin molassique au nord des Alpes s'oppose bien au Bassin parisien.
  2. Bassin parisien en chiffres ronds : environ 3 km de sédiments au centre, du Trias au Cénozoïque, soit une vitesse moyenne d'accumulation de l'ordre de 10 à 20 m par million d'années, bien plus lente qu'un rift actif.
  3. Dernier maximum glaciaire : niveau marin environ 120 m plus bas, la Manche était une plaine fluviatile. Exemple de glacio-eustatisme relié au chapitre sur le climat.
  4. Taux de sédimentation : quelques millimètres par millénaire pour une boue pélagique, soit quelques mètres par million d'années, contre plusieurs centaines de mètres par million d'années dans un delta.
  5. Craie : boue à coccolithes du Crétacé supérieur, déposée sur une plateforme largement ennoyée, donc pélagique par sa nature mais épicontinentale par sa position. On la classe en mudstone.
  6. Stromatolithes : constructions bactériennes litées connues depuis l'Archéen, encore vivantes dans des baies hypersalées d'Australie occidentale. Ce sont les bioconstructeurs soulignés par le programme.
  7. PCC actuelle : plus profonde dans l'Atlantique que dans le Pacifique, dont les eaux profondes sont plus anciennes et plus chargées en dioxyde de carbone. Sous la bande équatoriale productive, l'apport abondant l'abaisse localement.
  8. Crise de salinité messinienne : des centaines de mètres d'évaporites, localement plus d'un kilomètre, déposés en Méditerranée à la fin du Miocène. Une telle épaisseur exige des réalimentations répétées en eau de mer.
  9. Eau de mer : 35 g de sels par litre, dont environ 27 g de chlorure de sodium. C'est la donnée de base de tout calcul sur les évaporites.

Techniques

Exploiter une courbe de subsidence

Lire les axes, car la profondeur est souvent comptée vers le bas. Découper la courbe en segments de pente constante. Calculer chaque vitesse en mètres par million d'années. Interpréter les changements de pente : forte et courte pour une phase tectonique, décroissante dans le temps pour une subsidence thermique.

Mini-exemple. Un forage montre 1 200 m de sédiments entre 250 et 200 Ma, puis 900 m entre 200 et 100 Ma. Les vitesses sont de 24 puis de 9 m par million d'années. Cette décroissance évoque une subsidence thermique qui s'amortit après un étirement initial.

Lire un log sédimentaire

On lit de bas en haut, la base étant le plus ancien. On attribue à chaque banc une profondeur relative, on trace une flèche d'évolution et on conclut à l'approfondissement ou au comblement, jamais directement à une variation eustatique.

Mini-exemple. Grès à rides de vagues, puis marnes, puis calcaire micritique à ammonites. La série s'approfondit, elle est transgressive. On ne sait pas si la cause est une montée eustatique ou une accélération de la subsidence.

Identification raisonnée d'une roche

Suivre une clé et énoncer chaque test. D'abord l'acide chlorhydrique dilué à froid. Effervescence vive dans une roche cohérente : calcaire. Effervescence dans une roche tendre qui laisse un résidu boueux : marne. Sans effervescence, on examine le grain. Éléments de plus de 2 mm : conglomérat, poudingue ou brèche selon leur forme. Grains de sable qui rayent le verre : grès. Grain invisible, roche tendre à odeur de terre mouillée, qui happe à la langue : argilite. Roche rayée à l'ongle en cristaux clairs : gypse. Cristaux cubiques de saveur salée : halite. Roche souvent rouge et pisolithique : bauxite.

Mini-exemple. Un grès fait effervescence. Ce n'est pas un calcaire mais un grès à ciment calcaire, car la granulométrie prime pour nommer une roche détritique.

Classer une lame mince avec Dunham

Trois questions dans l'ordre. Y a-t-il de la micrite ? Sans micrite, grains jointifs cimentés par de la sparite : grainstone. Avec micrite, les grains se soutiennent-ils mutuellement ? Si oui, packstone. Si non, wackestone au-delà d'environ 10 % d'éléments, mudstone en dessous. Enfin, une structure liée dès le dépôt, polypiers en position de vie ou lamines bactériennes, donne un boundstone.

Mini-exemple. Des oolithes jointives dans un ciment limpide sans micrite : grainstone, déposé sur une barre agitée en bordure de plateforme.

Plan de synthèse sur la sédimentation

Aller de la cause à l'effet et du grand au petit. D'abord le contenant, bassin et accommodation, puis le contenu, particules et hydrodynamisme, puis solutés et contrôles biologiques et chimiques. Éviter le catalogue de roches.

Sujets classiques traités

Choisis ton niveau. Difficulté indicative ; les exercices qui se suivent restent dans l'ordre.

Sujet 1. Accommodation et déplacement du rivage

Classiques de khôlle et concours · Khôlle

Sur une marge, la subsidence vaut 30 m par million d'années et le flux sédimentaire 40 m par million d'années. Discuter trois cas : niveau marin stable, montée eustatique de 20 m par million d'années, baisse de 15 m par million d'années.

Voir le corrigé

Étape 1, niveau stable : accommodation créée de 30, inférieure au flux de 40, donc comblement et régression. Étape 2, montée : 30 plus 20 font 50, supérieurs au flux, donc approfondissement de 10 m par million d'années et transgression. Étape 3, baisse : 30 moins 15 font 15, valeur positive mais très inférieure au flux, donc régression rapide. Étape 4 : la sédimentation continue pendant la baisse eustatique puisque l'accommodation reste positive. L'érosion suppose une accommodation négative. Point attendu : une baisse du niveau absolu n'implique pas une baisse du niveau relatif.

Sujet 2. Le Bassin parisien, un bassin intracratonique

Classiques de khôlle et concours · Analyse de documents, type écrit G2E

Documents : une carte géologique simplifiée, une coupe est-ouest et une courbe de subsidence d'un forage central.

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Plan attendu. Un, géométrie : auréoles de plus en plus jeunes vers le centre, donc pendage centripète. Les couches s'épaississent vers le centre, ce qui prouve un enfoncement maximal au centre pendant le dépôt. Deux, histoire : subsidence lente et durable, plus rapide au début puis amortie, compatible avec un refroidissement lithosphérique après un étirement initial modeste. Trois, remplissage : les alternances marines et continentales traduisent transgressions et régressions, contrôlées par le rapport entre accommodation et apports. Quatre, relief : les cuestas naissent de l'érosion différentielle de couches dures et tendres faiblement inclinées, leur front regarde vers l'extérieur du bassin. Piège : confondre l'épaississement vers le centre, contemporain du dépôt, avec un basculement tardif.

Sujet 3. Rides, litage et diagramme d'Allen

Classiques de khôlle et concours · Oral de travaux pratiques

Une dalle de grès fin à rides asymétriques est surmontée d'un grès grossier à litage horizontal. Le diagramme d'Allen est fourni.

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Étape 1, les rides asymétriques sont des rides de courant, leur flanc raide est tourné vers l'aval, ce qui donne le sens du courant. Étape 2, le grès fin placé sur le diagramme tombe dans le champ des rides, d'où une fourchette de vitesse modérée. Étape 3, pour un grès grossier, deux champs de lit plan existent, de faible et de forte énergie. On tranche par le contexte, par exemple des linéations de courant sur les surfaces, qui signent la forte énergie. Étape 4, la superposition traduit un changement de vitesse ou d'apport. Erreur fréquente : croire qu'un litage horizontal signale toujours le calme. C'est vrai pour une argilite laminée, pas pour un sable.

Sujet 4. Delta ou estuaire

Classiques de khôlle et concours · Khôlle sur cartes

Première carte : avancée lobée vers la mer, sables près de l'embouchure, vases au large. Seconde carte : embouchure en entonnoir, bancs sableux allongés dans l'axe, vasières latérales.

Voir le corrigé

Plan attendu. Un, la première est un delta, où l'apport fluviatile domine. La décélération produit un granoclassement proximal distal et l'édifice progresse vers le large. Deux, la seconde est un estuaire, où la marée domine. Les courants alternés remanient les sables en bancs parallèles au courant et renvoient une partie des sédiments vers l'amont. Trois, dans les deux cas, la floculation fixe les argiles là où l'eau devient salée. Le colleur attend un bilan apport fluviatile contre énergie marine, pas la structure interne du delta, non exigible.

Sujet 6. La sédimentation pélagique, contrôles et répartition

Classiques de khôlle et concours · Synthèse, type écrit Agro-Véto

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Problématique : pourquoi les fonds océaniques ne portent-ils pas partout le même sédiment ?

I. Une production biologique de surface. Foraminifères planctoniques et coccolithophoridés fournissent le carbonate, diatomées et radiolaires la silice. La productivité dépend des nutriments, donc des remontées d'eau.

II. Un contrôle par la profondeur pour les carbonates. Facteurs de solubilité, lysocline, PCC. La PCC varie entre océans selon l'âge des masses d'eau et l'apport biologique, et a fluctué au cours des temps géologiques.

III. Un contrôle par la productivité pour la silice. L'eau de mer est sous-saturée en silice à toutes les profondeurs, donc aucun seuil n'apparaît. La silice s'accumule là où la production est forte, à l'équateur et aux hautes latitudes.

IV. Une lecture dans le temps. Le plancher qui s'éloigne de la dorsale passe sous la PCC, d'où des boues calcaires recouvertes d'argiles rouges ou de boues siliceuses.

Conclusion : le sédiment pélagique enregistre la bathymétrie, la chimie des eaux profondes et la productivité de surface.

Sujet 8. Identifier cinq roches et reconstituer un milieu

Classiques de khôlle et concours · Oral de travaux pratiques

Un poudingue, un grès, une marne, un gypse et une halite, prélevés dans cet ordre en montant dans une série.

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Plan attendu. Un, identifier chaque roche par un critère énoncé, granulométrie, acide, dureté ou saveur, avec la clé de la section 4. Deux, poudingue à galets arrondis, donc transport fluviatile énergique, puis grès, puis marne, donc énergie décroissante et milieu de plus en plus calme, probablement marin. Trois, gypse puis halite, donc un milieu isolé qui se concentre sous climat aride. Conclusion : invasion marine d'une dépression continentale puis confinement. L'examinateur note la démarche au moins autant que le nom de la roche.

Sujet 5. Transect d'une plateforme carbonatée

Autres exercices · Analyse de lames minces

Quatre lames d'une série fossile. A : micrite à rares bioclastes benthiques. B : polypiers en position de vie encroûtés de lamines. C : gros débris de coraux jointifs avec peu de boue. D : micrite à foraminifères planctoniques.

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Étape 1, classement : A mudstone, B boundstone, C packstone ou grainstone selon la boue restante, D mudstone ou wackestone. Étape 2 : B est le récif, C l'avant-récif alimenté par sa destruction. Étape 3 : A et D sont micritiques, on les départage par la faune, benthique de milieu abrité pour A, donc lagon, planctonique pour D, donc large. Étape 4, schéma du transect avec énergie maximale au récif. Piège : placer tous les mudstones au même endroit. La boue indique le calme, seul le contenu biologique situe.

Sujet 7. Séquence évaporitique et bilan de masse

Autres exercices · Analyse de documents

Une carotte montre de bas en haut une dolomie, 5 m d'anhydrite, 60 m de halite, puis 2 m de sels potassiques. L'évaporation d'une seule colonne d'eau de mer suffit-elle ?

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Étape 1, l'ordre suit les solubilités croissantes, donc la saumure s'est concentrée vers le haut. Étape 2, une colonne de 1 000 m sur 1 m² contient 10⁶ litres, soit environ 27 tonnes de chlorure de sodium. Étape 3, avec une masse volumique de halite proche de 2 200 kg par m³, on obtient environ 12 m de halite. Étape 4, 60 m de halite exigent l'équivalent de 5 000 m d'eau de mer, bien plus que la profondeur d'une lagune. Le bassin a donc été réalimenté de façon répétée par une communication restreinte qui laisse entrer l'eau sans la laisser ressortir. Étape 5, les sels potassiques du sommet montrent que le stade ultime de concentration a été atteint à la fin. Piège : oublier que chaque réalimentation n'est pas forcément concentrée jusqu'au bout, d'où des séquences incomplètes répétées.

Erreurs fréquentes

  1. Assimiler transgression et montée eustatique. Une transgression peut venir d'une accélération de la subsidence à niveau absolu constant, et une montée eustatique peut coexister avec une régression si les apports sont forts.
  2. Prendre l'épaisseur de sédiment pour la subsidence tectonique. La charge sédimentaire et la compaction interviennent, et la profondeur d'eau a pu varier pendant le dépôt.
  3. Confondre sparite et micrite en lame mince. La sparite est un ciment tardif et limpide qui ne signale aucun calme, la micrite sombre le signale. Un grainstone mal lu devient un packstone, et un milieu agité est alors interprété comme moins énergique qu'il ne l'était.
  4. Expliquer la PCC par la seule pression, ou affirmer que la silice ne se dissout jamais. La PCC dépend de la pression, de la température et du dioxyde de carbone, et la silice se dissout aussi, mais sans seuil de profondeur.
  5. Réciter la séquence évaporitique sans la justifier, ou l'inverser. L'ordre suit la solubilité croissante, et une séquence inverse traduit une dilution.
  6. Utiliser des outils hors programme, stratigraphie séquentielle, cortèges de dépôt, classification de Folk ou structure tripartite des deltas. Le correcteur attend l'accommodation, la classification de Dunham et les mécanismes hydrodynamiques.

Fiche de cours rédigée à partir du programme officiel de BCPST (2021), thématique Sciences de la Terre, partie ST-E « Le phénomène sédimentaire », paragraphe ST-E-2. Elle traite des bassins sédimentaires, de l'accommodation, du dépôt des particules détritiques et de la sédimentation des solutés, carbonatée, siliceuse et évaporitique.