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BCPST2 · SVT · semaine 28

Distribution spatiale des roches métamorphiques et variations temporelles des associations minéralogiques

Distribution des roches métamorphiques à l'échelle régionale permettant d'identifier des séries métamorphiques et un gradient métamorphique. Transposition de la méthode au métamorphisme de contact. Reconstitution d'un chemin pression-température en fonction du temps avec étapes progrades et rétrogrades, reliées à l'enfouissement et à l'exhumation.

Sommaire

La fiche de cours

Résumé en cinq points

À l'échelle régionale, les roches métamorphiques se distribuent en séries organisées, repérables par des isogrades et par la juxtaposition d'assemblages typomorphes, ce qui permet de déterminer un gradient métamorphique.

Trois grands gradients se distinguent et renvoient chacun à un contexte : haute pression et basse température pour la subduction, gradient intermédiaire pour l'épaississement de collision, haute température et basse pression pour un amincissement ou une source de chaleur locale.

Le métamorphisme de contact se lit avec les mêmes méthodes à plus petite échelle, avec une auréole concentrique, une pression constante, un gradient très fort et l'absence de déformation associée.

L'étude des paragenèses successives d'une même roche, ordonnées par les relations texturales et datées par radiochronologie, permet de reconstituer un chemin pression-température en fonction du temps, avec des étapes progrades d'enfouissement et des étapes rétrogrades d'exhumation.

Ce chemin constitue une jauge de profondeur et une mesure de vitesse pour une unité crustale. Comparer les chemins d'unités voisines éclaire l'histoire géodynamique d'une chaîne de montagnes, en particulier dans les Alpes où coexistent des gradients différents et des subductions diachrones.

Pourquoi ce chapitre

Le chapitre précédent a donné les outils : faciès, paragenèses, thermobaromètres. Celui-ci les met en œuvre à deux échelles. Dans l'espace, en cartographiant la répartition des roches métamorphiques pour identifier un gradient. Dans le temps, en lisant les paragenèses successives d'un même échantillon pour reconstituer un trajet.

L'enjeu est important. Un gradient métamorphique est une signature de contexte géodynamique, parce que la répartition des températures en profondeur dépend directement de ce qui se passe à grande échelle : une plaque froide qui plonge, une croûte épaissie, une lithosphère amincie. Lire un gradient, c'est donc remonter à une géodynamique. De même, un chemin pression-température en fonction du temps constitue une jauge de profondeur : il dit jusqu'où une unité crustale est descendue, à quelle vitesse, et comment elle est revenue.

Cette partie est présentée par le programme comme une synthèse et une généralisation. Elle s'appuie largement sur les travaux pratiques consacrés aux roches métamorphiques et aux Alpes, et elle est directement réinvestie dans l'étude de la chaîne alpine et des massifs anciens français. Aux concours, c'est le chapitre des exercices de construction et d'interprétation de chemins, et des questions de synthèse reliant métamorphisme et tectonique.

Notions et mécanismes

La distribution spatiale des roches métamorphiques

À l'échelle régionale, les roches métamorphiques ne sont pas réparties au hasard. On observe des zones où les roches sont peu transformées, puis, en progressant dans une direction, des zones où apparaissent successivement de nouveaux minéraux, dans un ordre constant.

Une série métamorphique est cette succession de roches, issues de protolithes comparables, ayant subi des degrés de métamorphisme croissants. Sur le terrain et sur la carte, on trace des isogrades, lignes qui marquent l'apparition d'un minéral index donné. Le passage d'un isograde correspond au franchissement d'une réaction univariante, donc d'une condition de pression et de température.

La notion d'assemblage typomorphe complète cet outillage. Un assemblage typomorphe est un assemblage caractéristique, ressemblant à un type de roche bien identifié, qui permet de rattacher immédiatement un affleurement à un degré de métamorphisme. La juxtaposition cartographique de plusieurs assemblages typomorphes dessine la série et oriente le gradient.

Il faut rester prudent en interprétant une carte. Une juxtaposition de roches de degrés très différents peut résulter d'une zonation continue, mais aussi d'un contact tectonique qui accole deux unités d'histoires distinctes. La distinction se fait en regardant la géométrie des contacts, la continuité des formations et la présence d'une structure tectonique majeure.

Le gradient métamorphique et sa signification géodynamique

Un gradient métamorphique est la façon dont la température varie avec la profondeur, donc avec la pression, dans un domaine donné. Graphiquement, c'est la direction que dessinent dans le plan pression-température les conditions de formation des roches d'une même série.

Trois grands types sont à distinguer.

Un gradient de haute pression et basse température correspond à une pente très forte dans le plan pression-température, la pression augmentant beaucoup pour une faible élévation de température. Les roches traversent les faciès schistes bleus puis éclogite. Un tel gradient exige que du matériel froid descende vite, plus vite qu'il ne se réchauffe par conduction. C'est la signature d'une subduction, où une lithosphère refroidie plonge dans le manteau.

Un gradient intermédiaire, de type barrovien, traverse les faciès schistes verts puis amphibolite puis granulite. Il correspond à un géotherme voisin du géotherme continental moyen, un peu perturbé. C'est la signature de l'épaississement crustal d'une collision, où la croûte enfouie se réchauffe progressivement, notamment par la désintégration des éléments radioactifs qu'elle contient.

Un gradient de haute température et basse pression correspond à une pente faible, la température montant fortement à faible profondeur. Il suppose une source de chaleur locale ou une remontée d'isothermes : amincissement lithosphérique, contexte extensif, proximité d'une dorsale, ou intrusion magmatique.

Dans le cadre des Alpes, cette lecture est particulièrement démonstrative. Les zones les plus internes portent des témoins de haute pression et basse température, schistes bleus et éclogites, hérités de la subduction du domaine océanique. Les zones plus externes et certains massifs cristallins portent un métamorphisme de type intermédiaire lié à l'épaississement de la collision. La carte métamorphique des Alpes montre donc côte à côte des gradients différents, ce qui traduit des épisodes distincts et non un seul événement. Les datations révèlent en outre que les épisodes de haute pression ne sont pas contemporains d'une unité à l'autre, ce qui conduit à parler de diachronisme des subductions. Le programme ne demande pas la connaissance chronostratigraphique détaillée de ces événements.

Le métamorphisme de contact

La même méthode se transpose à plus petite échelle autour d'une intrusion. Une auréole de contact se dispose en couronnes concentriques autour du pluton, avec des isogrades eux aussi concentriques, les conditions les plus chaudes étant au contact.

Les caractères propres du métamorphisme de contact sont à connaître. Le gradient y est extrêmement fort, plusieurs dizaines à plusieurs centaines de degrés par kilomètre, puisque la source de chaleur est locale. La pression reste constante dans toute l'auréole, ce qui donne dans le plan pression-température une trajectoire quasi horizontale. Enfin, il n'y a pas de déformation associée : les roches produites, les cornéennes, sont dures, compactes, à grain fin et sans schistosité, contrairement aux roches du métamorphisme régional. L'extension de l'auréole renseigne sur le volume et la température de l'intrusion.

Les variations temporelles : le chemin pression-température-temps

Une roche métamorphique conserve souvent plusieurs paragenèses successives, car les réactions sont incomplètes. Chacune enregistre un instant de l'histoire. En les ordonnant, on reconstitue un trajet.

L'ordre relatif se lit en lame mince. Un minéral inclus dans un autre lui est antérieur. Une couronne réactionnelle qui entoure un minéral lui est postérieure et marque une transformation entamée puis bloquée. Une paragenèse qui recoupe une schistosité est postérieure à cette déformation. On dispose ainsi d'une chronologie relative des assemblages, que l'on convertit en conditions à l'aide des grilles pétrogénétiques et des thermobaromètres.

La chronologie absolue s'obtient en datant des minéraux appartenant à ces paragenèses, zircon, monazite ou micas selon le couple utilisé. Il faut garder à l'esprit qu'une méthode radiochronologique date la fermeture du système, donc le passage sous une température de fermeture propre au couple et au minéral. Croiser plusieurs couples de températures de fermeture différentes fournit ainsi plusieurs points du trajet de refroidissement.

Le chemin obtenu se trace dans le plan pression-température, les points étant ordonnés dans le temps. Il comporte deux types d'étapes. Les étapes progrades correspondent à une augmentation du degré de métamorphisme, généralement liée à l'enfouissement. Les étapes rétrogrades correspondent à une diminution, généralement liée à l'exhumation.

La forme du chemin est riche d'information. Dans un contexte de collision, on observe classiquement une boucle dans le sens des aiguilles d'une montre : enfouissement rapide avec forte montée en pression et faible réchauffement, puis réchauffement à pression à peu près constante pendant le séjour en profondeur, puis décompression accompagnée d'un refroidissement. Le point de pression maximale n'est alors pas le point de température maximale, et il est plus précoce. C'est le piège classique de l'exercice.

Un chemin de métamorphisme de contact est au contraire une trajectoire quasi horizontale, aller et retour en température à pression fixée.

Le chemin comme jauge de profondeur

Un chemin pression-température en fonction du temps constitue une jauge de profondeur dans l'histoire tectonique d'une unité crustale. La pression maximale, convertie en profondeur, donne l'enfouissement maximal atteint. La comparaison des pressions maximales d'unités voisines montre si elles ont été enfouies ensemble ou séparément, donc si leur assemblage est tectonique.

Les âges permettent en outre de calculer des vitesses. En divisant la variation de profondeur par la durée, on obtient une vitesse d'enfouissement ou d'exhumation, que l'on compare aux vitesses tectoniques connues. Une exhumation rapide est d'ailleurs nécessaire pour préserver les paragenèses de haute pression : un retour lent laisserait le temps aux réactions rétrogrades de s'accomplir, et l'éclogite serait entièrement transformée en amphibolite puis en roche du faciès schistes verts.

La nature des séries métamorphiques et la forme des chemins sont donc étroitement liées à l'histoire géodynamique, et c'est à ce titre que le métamorphisme est présenté comme un marqueur de la géodynamique interne.

Exemples et ordres de grandeur

Le géotherme continental moyen est de l'ordre de 25 à 30 degrés par kilomètre dans la croûte supérieure. Un gradient de subduction descend à moins de 10 degrés par kilomètre. Un gradient de haute température et basse pression dépasse 50 degrés par kilomètre, et une auréole de contact peut correspondre localement à bien davantage.

Une éclogite formée vers 1,5 à 2 gigapascals a été enfouie entre 50 et 70 kilomètres de profondeur. Une roche du faciès amphibolite d'une chaîne de collision correspond typiquement à 20 à 30 kilomètres.

Les vitesses d'exhumation déduites des chemins alpins sont de l'ordre de quelques millimètres par an, soit quelques kilomètres par million d'années. Une auréole de contact autour d'un pluton kilométrique s'étend sur quelques centaines de mètres à quelques kilomètres.

Trois figures sont à savoir décrire. Une carte simplifiée montrant des isogrades successifs et la direction du gradient, avec la position du protolithe le moins transformé. Un plan pression-température portant les cinq faciès et trois droites de gradient issues de l'origine, haute pression et basse température, intermédiaire, haute température et basse pression. Enfin un chemin en boucle horaire, avec le repérage séparé du pic de pression et du pic de température, la partie prograde et la partie rétrograde fléchées, et les paragenèses positionnées le long du trajet.

Méthodes et savoir-faire

Analyser et exploiter une carte géologique permettant l'étude d'une série métamorphique. On repère les figurés des terrains métamorphiques, on identifie les roches par la notice, on ordonne les degrés, on trace la direction d'augmentation du métamorphisme et on vérifie que les contacts sont compatibles avec une zonation continue.

Exploiter la juxtaposition d'assemblages typomorphes pour déterminer un gradient métamorphique, c'est-à-dire pour placer les conditions de chaque assemblage dans le plan pression-température et en tirer une direction.

Relier les principaux gradients à des contextes géodynamiques dans le cadre des Alpes, en associant haute pression et basse température à la subduction, gradient intermédiaire à l'épaississement de collision, et haute température et basse pression à un amincissement ou à une source de chaleur locale.

Exploiter des données illustrant le métamorphisme de contact, en utilisant la géométrie concentrique, la constance de la pression et l'absence de déformation.

Exploiter des données pétrogénétiques et structurales pour proposer un chemin pression-température en fonction du temps. La méthode est toujours la même : établir la chronologie relative des paragenèses en lame mince, convertir chaque paragenèse en domaine de conditions avec la grille pétrogénétique, placer les points dans l'ordre, puis ajouter les contraintes d'âge.

Exploiter des assemblages typomorphes et des chemins dans le cadre d'une histoire régionale, en comparant les chemins d'unités voisines pour discuter leur assemblage.

Utiliser l'évolution dans le temps des associations minéralogiques pour éclairer l'exemple d'une chaîne de montagnes en termes géodynamiques.

Savoir que les compositions minérales peuvent être mesurées in situ, à la microsonde, sans que le détail de la technique soit exigible.

Ce qu'il faut savoir mobiliser en colle et à l'écrit

Le plan pression-température avec les faciès et les trois directions de gradient, tracé de mémoire et correctement orienté, la pression augmentant vers le bas si l'on porte la profondeur.

L'association de chaque gradient à un contexte, avec l'argument physique correspondant : plaque froide qui plonge, croûte épaissie qui se réchauffe lentement, isothermes remontés.

Les trois critères qui distinguent métamorphisme de contact et métamorphisme régional : géométrie concentrique, pression constante, absence de schistosité.

La méthode complète de construction d'un chemin, depuis les relations texturales jusqu'au tracé, avec l'énoncé explicite du sens de parcours.

Le tracé d'une boucle horaire de collision, avec le décalage entre pic de pression et pic de température et son explication par l'inertie thermique.

L'argument de l'exhumation rapide comme condition de préservation des paragenèses de haute pression.

La lecture d'une carte métamorphique régionale, avec la mise en évidence de gradients différents côte à côte et la conclusion en termes d'épisodes distincts.

Deux pièges à éviter. Ne pas confondre le degré de métamorphisme et la seule température : une éclogite est de haute pression et n'est pas forcément de haute température. Ne pas lire un chemin dans le mauvais sens, la partie prograde et la partie rétrograde devant être justifiées par la chronologie des paragenèses, jamais supposées.

Méthodes et exercices

Notions et mécanismes clés

  • Minéral index : minéral dont l'apparition signale le franchissement d'une réaction métamorphique connue. Exemples : biotite, grenat, staurotide, disthène, sillimanite dans les pélites.
  • Isograde : ligne cartographique qui joint les premiers points d'apparition d'un minéral index. Elle est la trace, sur la surface topographique, d'une réaction dans le plan pression-température.
  • Zone métamorphique : bande de terrain comprise entre deux isogrades successifs. On la nomme d'après le minéral index qui y apparaît.
  • Série de faciès : succession des faciès traversés par une même série métamorphique. Elle traduit le type de gradient.
  • Gradient métamorphique de terrain : courbe qui relie, dans le plan pression-température, les conditions du pic atteintes par les roches d'une série. Ce n'est pas un géotherme instantané, car les roches n'atteignent pas forcément leur pic au même moment.
  • Polymorphes du silicate d'alumine : andalousite à basse pression, disthène à haute pression, sillimanite à haute température. Leur point triple se situe vers 0,4 gigapascal et 500 °C environ. C'est un repère de pression très utilisé.
  • Pic de pression et pic de température : deux points distincts d'un chemin. Le pic de métamorphisme doit toujours être précisé, en pression ou en température.
  • Relations texturales : l'inclusion est antérieure à son hôte. La couronne réactionnelle est postérieure au minéral qu'elle entoure. La pseudomorphose remplace un minéral en gardant sa forme, elle est donc postérieure. La symplectite, fine intercroissance de deux minéraux, marque la déstabilisation rapide d'une phase, souvent lors d'une décompression.
  • Porphyroblaste : gros cristal qui a poussé dans la roche solide. S'il englobe une schistosité, il est postérieur à cette schistosité. S'il est moulé par elle, il lui est antérieur.
  • Rétromorphose : transformation rétrograde, souvent favorisée par l'apport d'eau et par la déformation.
  • Température de fermeture : température sous laquelle un minéral cesse d'échanger les isotopes du couple radiochronologique considéré. L'âge obtenu date ce passage.
  • Cornéenne : roche du métamorphisme de contact, massive, à grain fin, sans schistosité.
  • Microsonde : mesure ponctuelle de la composition des minéraux en lame mince. On sait qu'elle existe, la technique n'est pas exigible.

Chaînes de raisonnement

Pourquoi une subduction donne un gradient froid. La plaque qui plonge est une lithosphère déjà refroidie. Elle descend de plusieurs centimètres par an, alors que la chaleur ne diffuse que lentement par conduction. La pression suit donc la profondeur presque immédiatement, tandis que la température accuse un retard. Les roches traversent alors les schistes bleus puis les éclogites.

Pourquoi une collision donne une boucle horaire. L'épaississement crustal enfouit la croûte plus vite qu'elle ne se réchauffe, d'où une montée en pression presque sans réchauffement. Pendant le séjour en profondeur, la croûte épaisse se réchauffe par sa propre radioactivité et les isothermes se rééquilibrent, ce qui donne un réchauffement à pression à peu près constante. L'érosion et l'extension ramènent ensuite la roche vers la surface, avec décompression puis refroidissement. Le pic de pression précède donc le pic de température.

Pourquoi l'exhumation doit être rapide pour préserver une éclogite. Pendant la remontée, l'éclogite entre dans le domaine de stabilité de l'amphibolite puis dans celui des schistes verts. Si la remontée est lente et que de l'eau circule, les réactions rétrogrades ont le temps de s'accomplir. Seule une remontée rapide, souvent associée à une roche sèche, fige l'assemblage de haute pression.

Du repère de pression à la profondeur. La pression lithostatique vaut ρgh. Avec une masse volumique de 2 800 à 3 000 kilogrammes par mètre cube, un gigapascal correspond à environ 35 kilomètres. Une paragenèse datée devient ainsi un point profondeur-temps, et deux points donnent une vitesse.

De la carte au scénario géodynamique. Si les isogrades sont parallèles, réguliers et recoupent sans rupture les formations d'un même protolithe, la zonation est continue et indique un gradient unique. Si deux zones de gradients différents sont séparées par un contact anormal, les unités ont été enfouies séparément puis accolées. La carte des Alpes relève de ce second cas, avec plusieurs épisodes superposés.

Pourquoi le contact se lit à part. La source de chaleur est locale et la chaleur diffuse sur quelques centaines de mètres autour du pluton. La profondeur reste la même dans toute l'auréole, donc la pression aussi. Le pluton ne déforme pas l'encaissant de façon pénétrative, et la roche recristallise sans orientation préférentielle.

Exemples et références à connaître

  1. Zones de Barrow, Highlands d'Écosse, fin du dix-neuvième siècle : chlorite, biotite, grenat, staurotide, disthène, sillimanite. Il s'agit de la série de référence du gradient intermédiaire. La présence de disthène puis de sillimanite, sans andalousite, situe la série au-dessus du point triple.
  2. Akiho Miyashiro, années 1960 : notion de série de faciès et de ceintures métamorphiques appariées au Japon. La ceinture de Sanbagawa est de haute pression et basse température, celle de Ryoke-Abukuma de haute température et basse pression. Les deux ceintures sont parallèles à une zone de subduction, l'une côté fosse, l'autre côté arc.
  3. Queyras : schistes lustrés à glaucophane et lawsonite, faciès schistes bleus. Ce sont des sédiments océaniques subduits.
  4. Mont Viso : métagabbros éclogitiques à omphacite et grenat, issus d'une croûte océanique enfouie vers 2 gigapascals ou davantage. C'est le support classique des exercices de chemin.
  5. Dora Maira : coésite en inclusion dans le grenat pyrope, découverte par Christian Chopin en 1984. La coésite est un polymorphe de haute pression de la silice. Sa présence prouve qu'une croûte continentale a été enfouie à plus de 90 kilomètres, puis exhumée. C'est un métamorphisme d'ultra-haute pression.
  6. Chenaillet : ophiolite presque dépourvue de métamorphisme alpin de haute pression. Elle porte surtout une altération hydrothermale héritée du plancher océanique. Ce contre-exemple montre une lithosphère océanique qui a échappé à la subduction profonde.
  7. Dôme lépontin, Tessin : métamorphisme de haute température postérieur aux épisodes de haute pression, au cœur de la chaîne. Il illustre la superposition de gradients différents dans le temps.
  8. Flamanville, Cotentin : pluton granitique entouré d'une auréole de contact à cornéennes, avec cordiérite et andalousite. C'est l'exemple français type du métamorphisme de contact.
  9. Ordres de grandeur des températures de fermeture, à citer avec prudence : zircon en uranium-plomb au-delà de 900 °C, amphibole en argon-argon vers 500 °C, muscovite vers 400 °C, biotite vers 300 °C. Ces valeurs dépendent de la taille des grains et de la vitesse de refroidissement.

Techniques

Lire une carte métamorphique en cinq gestes

Premier geste : isoler les terrains métamorphiques et identifier leur protolithe grâce à la notice. Deuxième geste : ordonner les roches par degré croissant. Troisième geste : tracer une flèche perpendiculaire aux isogrades, dirigée vers le degré le plus fort. Quatrième geste : placer chaque assemblage typomorphe dans le plan pression-température et relier les points pour obtenir le gradient. Cinquième geste : examiner chaque contact et décider s'il est progressif ou anormal.

Mini-exemple : une zone à andalousite passe à une zone à sillimanite sans jamais montrer de disthène. On en déduit un gradient qui passe sous le point triple, donc de basse pression et haute température.

Construire un chemin pression-température-temps

  1. Lister les minéraux par génération, à partir des inclusions, de la matrice, puis des couronnes et des fissures.
  2. Justifier chaque antériorité par une relation texturale nommée.
  3. Placer chaque assemblage sous la forme d'un domaine, et non d'un point, sur la grille pétrogénétique.
  4. Relier les domaines dans l'ordre et flécher le parcours.
  5. Ajouter les âges au bon endroit, en tenant compte des températures de fermeture.
  6. Nommer la partie prograde, le pic de pression, le pic de température et la partie rétrograde.

Le sens horaire se définit avec la température en abscisse et la pression croissante vers le haut. Si la pression est orientée vers le bas, la même boucle paraît tourner dans l'autre sens. Il faut donc toujours écrire la convention retenue.

Calculer une vitesse

On convertit chaque pression en profondeur, à raison d'environ 35 kilomètres par gigapascal. On divise ensuite l'écart de profondeur par l'écart d'âge. Un kilomètre par million d'années équivaut à un millimètre par an.

Mini-exemple : de 1,4 à 0,4 gigapascal en 5 millions d'années, la roche remonte de 35 kilomètres, soit 7 millimètres par an.

Plan de synthèse

Le sujet porte souvent sur le métamorphisme comme archive. On suit alors ce gabarit : lire dans l'espace, lire dans le temps, puis intégrer dans un scénario. Chaque partie doit s'appuyer sur un objet précis, carte, lame mince ou chemin, et non sur une liste de faciès.

Sujets classiques traités

Choisis ton niveau. Difficulté indicative ; les exercices qui se suivent restent dans l'ordre.

Sujet 1. Gradients métamorphiques et contextes géodynamiques

Classiques de khôlle et concours · Khôlle

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Plan attendu. Un : définir le gradient de terrain et tracer de mémoire le plan pression-température avec les cinq faciès et les trois droites. Deux : associer à chaque droite un moteur thermique. L'advection d'une plaque froide explique le gradient de haute pression, l'épaississement et la radioactivité expliquent le gradient intermédiaire, la remontée des isothermes ou un apport magmatique expliquent le gradient de haute température. Trois : illustrer chaque gradient par un exemple, Queyras et Mont Viso, zones de Barrow, Flamanville ou Ryoke. Le colleur attend l'argument physique de la compétition entre advection et conduction, et pas seulement la correspondance apprise.

Sujet 4. Chemin d'un métagabbro alpin

Classiques de khôlle et concours · Exercice type écrit Agro-Véto

En lame mince, on observe les éléments suivants. Des grenats contiennent des inclusions de glaucophane et de lawsonite. La matrice est faite d'omphacite, de grenat et de rutile. L'omphacite est bordée d'une symplectite d'amphibole et de plagioclase. Enfin, les grenats sont fissurés et envahis de chlorite, d'actinote et d'albite. Une grille pétrogénétique est fournie.

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Étape 1 : les inclusions sont les plus anciennes. Elles forment un assemblage du faciès schistes bleus, vers 1 gigapascal et 400 °C. Étape 2 : la matrice omphacite et grenat constitue une éclogite, vers 2 gigapascals et 550 °C. Il s'agit du pic de pression, atteint le long d'un gradient froid. Étape 3 : la symplectite marque la déstabilisation de l'omphacite lors de la décompression, dans le faciès amphibolite. Étape 4 : la chlorite, l'actinote et l'albite des fissures, les plus tardives, relèvent des schistes verts. Étape 5 : on trace un trajet prograde de haute pression, puis une remontée rétrograde, et l'on flèche chaque segment en citant la texture qui le justifie. Le scénario se conclut par une subduction océanique suivie d'une exhumation. Point où l'on se trompe : prendre les inclusions pour un produit tardif, ou placer des points précis là où la grille ne donne que des domaines.

Sujet 5. Vitesse d'exhumation

Classiques de khôlle et concours · Exercice de calcul, type khôlle

Énoncé reformulé, avec des données fictives. Le pic d'une éclogite, à 2 gigapascals, est daté de 50 millions d'années. Une muscovite de l'assemblage rétrograde, à 0,6 gigapascal, donne 42 millions d'années en argon-argon.

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Étape 1 : 2 gigapascals correspondent à environ 70 kilomètres, et 0,6 gigapascal à environ 21 kilomètres. Étape 2 : la roche remonte d'environ 49 kilomètres en 8 millions d'années, soit environ 6 millimètres par an. Étape 3 : cette vitesse est comparable à celle des plaques, ce qui est compatible avec la préservation de l'éclogite. Étape 4 : l'âge de la muscovite date son passage sous sa température de fermeture, vers 400 °C. Il ne date pas forcément la cristallisation de l'assemblage rétrograde. Point où l'on se trompe : diviser des gigapascals par des millions d'années sans conversion, ou oublier que la vitesse obtenue est une moyenne.

Sujet 6. Pourquoi le pic de pression précède-t-il le pic de température ?

Classiques de khôlle et concours · Khôlle

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Plan attendu. Un : tracer la boucle horaire, avec la convention des axes écrite, et placer les deux pics. Deux : expliquer l'enfouissement rapide et le retard thermique dû à la faible conductivité des roches. Trois : décrire la relaxation thermique de la croûte épaissie, alimentée par sa radioactivité, pendant que l'érosion commence. Quatre : montrer que la décompression se poursuit alors que la roche atteint encore sa température maximale. Ouverture prudente : un apport magmatique préalable à l'enfouissement peut donner une boucle de sens inverse, ce qui n'est pas un attendu détaillé du programme. Argument attendu : l'inertie thermique, formulée comme une compétition de vitesses entre enfouissement et conduction.

Sujet 7. Le métamorphisme, archive de l'histoire des Alpes

Classiques de khôlle et concours · Synthèse, type écrit Agro-Véto

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Accroche possible : de la coésite, formée à plus de 90 kilomètres, affleure aujourd'hui à Dora Maira. Problématique : comment les roches métamorphiques permettent-elles de reconstituer l'histoire d'une chaîne ?

I. Lire dans l'espace. Les zones internes portent des schistes bleus et des éclogites, le Tessin un métamorphisme de haute température, les zones externes un métamorphisme faible. On en déduit plusieurs gradients côte à côte.

II. Lire dans le temps. Chemin du Mont Viso, datations des pics, vitesses d'exhumation, et subduction continentale démontrée par Dora Maira.

III. Intégrer. Subduction océanique, puis subduction continentale, puis collision et épaississement. Des pics de pression d'âges différents d'une unité à l'autre signalent des subductions diachrones. Le Chenaillet, épargné, sert de témoin non subduit.

Conclusion : le métamorphisme sert de jauge de profondeur et d'horloge. Ouverture sur les massifs anciens français. La chronologie détaillée n'est pas exigée, seule compte la logique des arguments.

Sujet 2. Exploiter une carte à isogrades

Autres exercices · Exercice sur document

Une carte montre des micaschistes issus d'une même série pélitique. Cinq isogrades parallèles se succèdent vers le sud-est : biotite, grenat, staurotide, disthène, sillimanite. Au-delà, une faille jalonnée de roches broyées met en contact des schistes à glaucophane.

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Étape 1 : le métamorphisme augmente vers le sud-est, perpendiculairement aux isogrades. Étape 2 : la succession disthène puis sillimanite, sans andalousite, place la série au-dessus du point triple. Il s'agit donc d'un gradient intermédiaire de type barrovien. Étape 3 : la zonation est continue sur un même protolithe, ce qui indique un seul épisode. Étape 4 : les schistes à glaucophane relèvent d'un gradient de haute pression et basse température. Ils ne peuvent pas prolonger la série, et la faille est un contact tectonique qui accole deux unités d'histoires distinctes. Point où l'on se trompe : lire les schistes bleus comme le terme le plus métamorphique de la série, alors qu'ils sont de température plus basse que la zone à sillimanite.

Sujet 3. Une auréole de contact

Autres exercices · Analyse de documents, type G2E

Un granite recoupe des schistes régionaux à chlorite. Vers l'extérieur, on trouve des schistes tachetés à cordiérite. Plus près, des cornéennes à biotite et andalousite, dont les cristaux recoupent la schistosité. Au contact, des cornéennes à sillimanite et feldspath potassique. L'auréole mesure 1,5 kilomètre de large.

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Étape 1 : les zones sont concentriques autour du pluton, et c'est lui qui constitue la source de chaleur. Étape 2 : l'andalousite, qui passe à la sillimanite vers le contact, indique une pression inférieure à celle du point triple, donc une mise en place à moins de 15 kilomètres environ. Étape 3 : la pression est la même dans toute l'auréole, et le trajet est horizontal dans le plan pression-température. Étape 4 : si l'on passe d'environ 650 °C au contact à 350 °C en limite externe, le gradient horizontal atteint de l'ordre de 200 °C par kilomètre. Étape 5 : les porphyroblastes recoupent la schistosité, donc l'intrusion est postérieure à la déformation régionale. Point où l'on se trompe : exprimer ce gradient en fonction de la profondeur, alors qu'il est mesuré en fonction de la distance au contact.

Sujet 8. Deux unités voisines ont-elles une histoire commune ?

Autres exercices · Analyse de documents

L'unité A atteint son pic à 2,5 gigapascals et 600 °C, daté de 35 millions d'années. L'unité B, située juste au-dessus, atteint son pic à 1 gigapascal et 450 °C, daté de 45 millions d'années. Le contact entre les deux est une zone de cisaillement.

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Étape 1 : un écart de 1,5 gigapascal correspond à environ 50 kilomètres de différence d'enfouissement. Les deux unités n'étaient donc pas superposées au pic. Étape 2 : des pics d'âges différents indiquent deux épisodes de subduction distincts. Étape 3 : à travers une zone de cisaillement de faible épaisseur, la pression du pic saute d'environ 1,5 gigapascal, soit une cinquantaine de kilomètres de croûte manquante, et les pics n'ont pas le même âge. Une zonation continue ne peut pas produire un tel saut. L'assemblage est donc tectonique. Il est postérieur au pic de A, donc postérieur à 35 millions d'années, et s'est produit pendant ou après l'exhumation de A. Étape 4 : ce résultat illustre le diachronisme des subductions alpines. Point où l'on se trompe : conclure à une série continue parce que les unités sont en contact, sans comparer les pressions. À l'inverse, invoquer la seule superposition de l'unité la plus enfouie sous la moins enfouie ne prouve rien, car c'est l'ordre normal d'une pile continue.

Erreurs fréquentes

  1. Assimiler le gradient métamorphique à un géotherme. Le premier relie des pics atteints à des moments différents, le second décrit l'état thermique à un instant donné.
  2. Tracer un chemin sans justifier chaque segment par une texture. L'ordre des paragenèses se démontre à partir des inclusions, des couronnes, des symplectites et des relations avec la schistosité.
  3. Dire « sens horaire » sans préciser l'orientation des axes. Avec la pression croissante vers le bas, la boucle de collision paraît antihoraire.
  4. Traiter un âge radiochronologique comme l'âge de formation de l'assemblage. Il date le passage sous une température de fermeture propre au couple et au minéral.
  5. Interpréter toute juxtaposition de degrés différents comme une série continue. Il faut chercher un contact anormal et comparer les gradients avant de conclure.
  6. Exprimer le gradient d'une auréole de contact en degrés par kilomètre de profondeur. Il se mesure à partir du contact, à pression constante.

Fiche rédigée à partir du programme officiel de BCPST (2021), thématique « Sciences de la Terre », partie ST-G « Le métamorphisme, marqueur de la géodynamique interne », sous-partie ST-G-2. Elle traite des séries métamorphiques et des gradients à l'échelle régionale, du métamorphisme de contact, et de la reconstitution des chemins pression-température en fonction du temps.